M1 : le MacBook Air, le MacBook Pro 13" et le Mac mini adoptent les processeurs Apple Silicon

Anthony Nelzin-Santos |

Pour la première fois de la courte histoire de l’informatique personnelle, une entreprise maitrise entièrement la conception de ses ordinateurs, du système d’exploitation aux processeurs en passant par les services1. Cette entreprise, c’est Apple, et ces ordinateurs, ce sont les Mac. À l’occasion du troisième special event d’une saison d’annonces qui n’en finit plus, la firme de Cupertino a levé le voile sur sa première gamme d’ordinateurs2 embarquant ses propres processeurs.

La puce M1. Image Apple.

Ceci est (vraiment) une révolution

C’est un tremblement de terre – et pas seulement parce que le projet Kalamata, du nom d’une charmante ville du Péloponnèse qui fut l’épicentre du tremblement de terre du 13 septembre 1986, aboutit enfin. Quinze ans après avoir admis que les Mac étaient des PC comme les autres, au point que les uns peuvent faire tourner Windows et que les autres peuvent faire tourner macOS, Apple reprend son indépendance.

En abandonnant les processeurs Intel, les Mac sont des Apple Watch comme les autres. Non, vraiment. Les Mac ont désormais plus de points communs avec une montre connectée, qui reprend certains cœurs de la puce M1, qu’avec les PC concurrents. Du plus petit écran greffé au poignet au plus grand écran installé au milieu du salon, tous les appareils frappés d’une pomme utilisent désormais la même architecture de processeur.

Apple n’en est pas à son coup d’essai. Au début des années 1990, elle avait rejoint Acorn et VLSI pour plancher sur ses propres processeurs, créant une petite joint venture baptisée… ARM. Avec IBM et Motorola, elle avait formé l’alliance AIM pour concevoir les processeurs PowerPC qui ont longtemps distingué les Mac. L’histoire n’est qu’un éternel recommencement.

Les premiers Mac dotés de la puce M1. Image Apple.

Apple a formé un nouveau trio avec ARM, qui fournit ses architectures de référence, et TSMC, qui apporte son processus de gravure à 5 nm. Mais cette fois, Apple marche en tête. Après une dizaine d’acquisitions et des milliers d’embauches, elle emploie parmi les meilleurs spécialistes mondiaux de la conception des processeurs, au Texas et en Israël.

Et alors qu’elle avait adopté les processeurs Intel au pas de charge, la firme de Cupertino a longuement mûri sa décision. La présentation de la puce M1 intervient dix ans après celle de son premier processeur maison, l’A4 qui motorisait le tout premier iPad, et sept ans après celle de sa première puce « de classe PC », l’A7 de l’iPhone 5s.

Une puce d’iPhone adaptée au Mac

Cette annonce n’est pas une surprise, puisque les rumeurs circulent depuis trois ans dans la presse, ni un pari industriel, puisqu’un milliard et quelques d’appareils possèdent déjà une puce frappée d’une pomme. Pour autant, elle n’a rien d’évident. Au-delà de l’iPad et d’une poignée d’ultrabooks, les puces ARM n’ont encore jamais prouvé qu’elles pouvaient remplacer avantageusement les processeurs Intel des stations de travail.

Image Apple.

Apple l’assure : la puce M1 inaugure « une toute nouvelle catégorie de produits ». Pour la première fois, les Mac vont bénéficier d’une architecture processeur hybride. Les quatre premiers cœurs sont plus puissants, « les plus rapides du monde » même, selon Apple. Les quatre autres sont dix fois plus économes, et peuvent donc rester actifs pendant la veille, mais fournissent un niveau de performance comparable au MacBook Air actuel.

In fine, ce processeur triple les performances par watt par rapport aux processeurs x86 de la même classe. Autrement dit, la mesure utilisée pour justifier l’adoption des processeurs Intel en 2005 est aujourd’hui utilisée pour justifier leur abandon. La puce M1 n’est pas seulement un processeur : c’est un système sur puce (SoC) intégrant plusieurs circuits spécialisés.

Le processeur est ainsi flanqué d’un circuit graphique à huit cœurs, assurant une puissance de calcul de 2,6 téraflops. Pas de quoi rivaliser avec les cartes graphiques dédiées, mais largement de quoi faire oublier les circuits intégrés, d’autant que le Neural Engine à seize cœurs se charge des tâches dopées au machine learning.

Image Apple.

La puce M1 amène au Mac des circuits jusqu’ici réservés à l’iPhone et à l’iPad. La mémoire unifiée accélère les échanges entre le processeur et le circuit graphique, des circuits sont entièrement dédiés au traitement des images et des sons, le gestionnaire d’énergie gardera un œil sur la batterie, et la Secure Enclave assure la sécurité de la machine.

Des machines familières pour une puce inédite

À puce inédite, machines… familières. Apple étrenne ses puces avec le MacBook Air, le MacBook Pro 13", et le Mac mini. Au premier coup d’œil, ces machines n’ont pas changé d’un iota. Sauf que le MacBook Air est maintenant 3,5 fois plus rapide, et donc plus puissant que « 98 % des ordinateurs portables vendus dans les douze derniers mois », au point d’être capable de décoder plusieurs flux 4K ProRes simultanés en temps réel.

Grâce aux cœurs économes, le MacBook Air peut tenir jusqu’à 18 h sur une charge. Avec sa batterie plus imposante, le MacBook Pro 13" pourra atteindre 20 h d’autonomie ! Les trois machines partagent la même puce, mais elle tournera moins rapidement dans le MacBook Air3, dépourvu de ventilateur. Dans le Mac mini et le MacBook Pro 13", elle pourra tourner à fond en permanence4.

La puce M1. Image Apple.

Avec le nouveau processeur de traitement des images, la qualité de la webcam fait un bond. Avec le nouveau circuit graphique, les trois machines peuvent gérer le Pro Display XDR. Avec les nouveaux contrôleurs PCIe 4, elles intègrent des SSD plus rapides et des ports USB 4 (et donc Thunderbolt 3). Et avec les nouveaux modems, elles prennent (enfin !) en charge les réseaux Wi-Fi 6. Tout ça pour un prix inchangé, voire en baisse.

Une longue transition

Vous l’aurez compris, la transition vers les puces Apple est déjà terminée pour les machines grand public, que vous pouvez commander dès aujourd’hui :

Et les machines professionnelles comme le MacBook Pro 16", l’iMac, et le Mac Pro ? Apple confirme vouloir proposer une gamme de puces, dont certaines pourront rivaliser avec les processeurs Intel Core i9 et les cartes graphiques dédiées AMD Radeon. Mais elle se donne « deux ans » pour le faire.

Pour en savoir plus sur la transition vers les puces Apple :

Pour revenir sur toutes les annonces du special event :


  1. Vous pourriez citer Texas Instruments, mais elle a rapidement quitté le marché, ou Commodore, mais vous devriez relire l’histoire trouble de MOS et CSG. Et, surtout, vous parleriez d’une autre époque.  ↩︎

  2. Vous pourriez citer l’iPad, et vous auriez raison, mais qu’est-ce qu’un ordinateur ?  ↩︎

  3. Et avec un circuit graphique amputé d’un cœur sur le modèle d’entrée de gamme, joies du binning.  ↩︎

  4. Apple, fidèle à elle-même, ne communique pas sur la fréquence du processeur.  ↩︎

avatar CogipTelematique | 

Les mêmes qui ont déjà un avis tranché depuis des mois prédisaient avec leur boule de cristal que le « A14 du Mac » ne serait pas fiable avant deux ou trois ans, le tout basé sur l'expérience des MacBook Core Duo de 2006. Comme on pouvait s'y attendre avec les tests du DTK, les performances annoncées sont à la hauteur de ce qu'on espérait. Il ne manque plus que les tests en conditions réelles et les comparaisons avec les machines Intel, j'ai hâte.

avatar zoubi2 | 

Bon, je ne suis pas Mme Michu mais je pourrais être son mari :-)

Mon iMac 2009 commence à merdouiller sévère. Je vais devoir le remplacer... et le nouveau mini me fait de l'oeil ! Je vais quand-même attendre d'avoir qques retours, évidemment.

avatar onclebobby | 

Je maintiens que j'attendrai au moins la 3e génération d'apple silicon pour changer mes mac, histoire d'avoir aussi les retours d'utilisateurs, les évolutions de performance, la correction de bugs éventuels et surtout le portage des logiciels.

avatar alan1bangkok | 

je déteste les seins siliconés
rien d'interessant pour moi
je garde mes sous pour acheter un paquet de papillotes avec les pétards et un paquet avec les blagues dedans
joyeux noël

avatar Levrai | 

Des machines totalement inutile en dans un environnement professionnel sous Windows...

avatar elliatedm | 

Acheter un MBA ou un MBP?

avatar Glop0606 | 

Malgré les esprits chagrins, on ne peut qu'être bluffé par ce qu'Apple arrive à nous présenter. Comme l'indique Macg, on peut parler d'une petite révolution. C'est presque dérangeant de voire qu'une puce au départ conçue pour un téléphone portable arrive à quasiment dégommé les gros bousins de nos PC. Quand je vois mon PC monté dernièrement avec ses processeurs, ses cables, ses alim etc, mon coeur de Geek trouve ça joli mais ça fait un peu préhistoire au vu de ce que nous promet Apple au niveau des performances/intégration. Comme beaucoup je me pose la question de l'incidence du relatif peu de mémoire. Quid d'adobe Photoshop avec de gros filtres et de gros fichiers..., voire du multitâche et de certains programmes comme chrome qui dévore la mémoire (un refresh des pages comme sur portable serait malvenu). De mon côté je pense que je prendrai le mini entrée de gamme qui remplacera mon mini 2012 i7 qui a et fait un super job mais qui ne recevra ni Big sur et qui malheureusement ne gère pas les écrans 4k.

avatar TomVar | 

Dommage que les designs soient inchangés (après je sais pas trop se qu’ils auraient pu faire. Colorer un peu les air comme pour l’iPad.

avatar drmac | 
avatar davideneco | 

Toujours moins puissant que les TGL ou CZN ...

avatar onclebobby | 

@ davideneco
T'inquiètes, ce n'est que la première génération, patience ;)

avatar melvinxz | 

Je vends mon MacBook Air 2020 i5 256Go :)

avatar bugman23 | 

Il y a le bench du m1 sur cpu monkey c'est propre <3

avatar TBook | 

Just un truc : Comment c'est encore possible, en 2020 (bientôt 2021) de proposer une machine avec 256 Go de mémoire de masse ???
Je comprends toujours pas.

Pages

CONNEXION UTILISATEUR