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Intel a frôlé la faillite, affirme son CEO, mais veut croire à son redressement

Greg Onizuka

vendredi 22 mai à 21:35

Ailleurs

Qu’Intel ait été récemment dans de grosses difficultés, c’est un secret de polichinelle : toute personne qui s’intéresse un minimum au domaine savait pertinemment que l’entreprise n’allait pas fort. Ce qui restait à comprendre, c’est à quel point le fondeur est passé très près de sa propre fin, et à en croire les déclarations de Lip-Bu Tan à la JP Morgan Global Technology, Media and Communications Conference, le couperet est passé beaucoup plus près qu’on ne l’imagine.

Lip-Bu Tan. Image Intel.

« J’ai tenté de recruter de nouveaux talents. Ils m’ont répondu “Vous êtes une entreprise au bord de la faillite, pourquoi je vous rejoindrais ?” ». Lip-Bu Tan ne tourne pas autour du pot, et ne cache pas la misère dans laquelle l’entreprise était à son arrivée à la tête d’Intel. Sa première priorité a donc été de tout faire pour redonner une image positive de son entreprise, et la tâche était ardue.

Le CEO semble cependant avoir transformé l’essai, en ramenant des investisseurs de poids dans l’équation, avec dans un premier temps l’État Américain lui-même, Intel choisissant d’abandonner le programme CHIPS de l’administration Biden en échange d’une participation de l’administration US. Le second bon mouvement a été de se rapprocher de Jensen Huang, patron de Nvidia, et Masayoshi Son, dirigeant de Softbank, qui ont tous les deux mis la main à la poche en investissant dans l’entreprise.

L’étape suivante était de relancer les différents programmes sur la bonne voie. Si la génération 18A semble bien partie, avec des rendements s’améliorant de 7 % par mois, la 14A donne l’espoir de suivre le mouvement, Lip-Bu Tan l’indiquant comme « en avance sur son planning » d’étape de fin d’année. Ce qui lui permet de penser maintenant à la suite, avec les finesses 10A et 7A. Encore une fois, le CEO semble conscient qu’Intel doit faire preuve de sa fiabilité sur le long terme pour amener les clients les plus sérieux, et donc les plus rentables : « Les gens ne viennent pas vous voir pour seulement une génération de gravure. Ils regardent votre feuille de route, pour évaluer l’avenir. Et nous voulons conclure des partenariats à long terme. ».

Intel aurait déjà commencé la production test pour Apple

Intel aurait déjà commencé la production test pour Apple

Si le CEO n’a pas donné de prévisions exactes pour chaque gravure, il a cependant indiqué que la technologie 14A devrait commencer sa production en 2028, pour une production de masse prévue en 2029, ce qui devrait placer le fondeur côte à côte avec son concurrent TSMC. Les process 10A et 7A ne seraient donc pas à attendre avant 2030 minimum.

Intel continue son changement de paradigme, passant avec plus ou moins de chaos de statut de créateur et fondeur de ses propres puces à fondeur offrant ses services à d’autres entreprises. C’est un changement de culture radical, loin de l’histoire d’Intel, ce qui a poussé Lip-Bu Tan à aller chercher de nouvelles têtes en dehors de l’entreprise pour montrer la voie, avec entre autres Shawn Han, qui a passé 30 ans chez Samsung Foundry, prenant la tête de la division dédiée à la fonderie pour des clients externes.

Le gros avantage d’Intel dans la période actuelle est simple : les clients potentiels sont dans une position de demande, cherchant à trouver une sortie au monopole de fait de TSMC, au point de payer d’avance les matières premières nécessaires à la fabrication de leurs puces :

Une partie des matériaux de substrat est en très forte tension, et tous nous demandent de prépayer nos engagements sur ces substrats. Alors nous disons à nos clients : si vous êtes vraiment sérieux dans votre intention d’utiliser notre technologie de packaging EMIB‑T, pouvez‑vous nous aider en prépayant les substrats ? Ils ont immédiatement sauté sur l’occasion. [...] Ils montrent ainsi leur implication, leur volonté d’avoir notre technologie à leur service. Et nous ne parlons pas de quelques millions, mais bien de plusieurs milliards sur les années à venir.

Intel et Samsung : les limites du « Plan B » d

Intel et Samsung : les limites du « Plan B » d'Apple pour trouver une alternative à TSMC

Le CEO d’Intel voit aussi le rapport de force commencer à s’inverser concernant l’intelligence artificielle :

Alors que les machines d’entraînement étaient jusqu’à présent composées de 1 CPU pour 8 GPU, maintenant l’IA agentique rééquilibre le rapport de force me disent les startups : le CPU est plus utile, même en single-thread. [...] Je vois donc se réaliser mon vœu, avec un rapport de 1 pour 1. Et dans certains cas c’est même maintenant 4 pour 1, avec 4 CPU pour 1 GPU. Le CPU est donc en forte demande, et je dois faire en sorte de répondre à cette demande.

Le chemin à parcourir est encore long, Intel est clairement encore en convalescence. Cependant, si l’entreprise continue sur cette lancée, elle devrait rapidement retrouver une bonne mine. Avec qui sait de premiers profits cette année, après plusieurs années de déficit ?

Attention au chargeur du Steam Controller, il peut causer un départ d'incendie

Pierre Dandumont

vendredi 22 mai à 19:25

Matériel

Valve, avec le Steam Controller, a choisi une voie un peu particulière pour la recharge : il peut soit passer par l'USB-C, comme de nombreuses manettes modernes, soit par le Puck. C'est un petit accessoire qui se connecte magnétiquement à la manette pour la recharge et qui sert aussi de récepteur pour une liaison sans fil plus stable et plus efficace que le Bluetooth. Mais comme ce petit accessoire a des broches exposées, il est possible de créer un court-circuit si un objet en métal est en contact avec les broches. C'est ce qui est arrivé à Toikka qui expose son problème sur Reddit.

Le Puck et le bracelet vu sur Reddit.

Il montre qu'il a eu un début d'incendie à cause du bracelet en métal d'une montre Pixel Watch 3, entré en contact avec le Puck du Steam Controller. C'est un problème qui peut toucher de nombreux appareils : les broches exposées sont courantes sur les manettes, comme chez Microsoft (comme le note Ars Technica). Chez Sony, le problème est moins visible : la station d'accueil a une forme qui réduit les risques de contact et un mécanisme qui cache les broches quand elles ne sont pas utilisées. De même, certaines montres connectées utilisent ce type de broches plutôt qu'une charge à induction, moins efficace.

La station de charge de Sony évite largement les soucis. Image Sony.
À défaut de la Steam Machine, Valve annonce la sortie du Steam Controller à 99 €

À défaut de la Steam Machine, Valve annonce la sortie du Steam Controller à 99 €

Valve est bien conscient de ce petit défaut. La société indique d'ailleurs d’éviter de laisser des objets en métal à proximité. Par ailleurs, la société a remplacé le Puck de Toikka et a récupéré le modèle endommagé pour des investigations.

Vérifiez qu'aucun matériau (par exemple des objets en métal ou qui contiennent des fibres de carbone) ne bloque le signal vers le Puck.

Dans la pratique, ce n'est pas une fatalité : les prises MagSafe d'Apple ont des broches exposées et les risques sont amoindris par une petite astuce. Quand rien n'est connecté sur la prise, le chargeur ne fournit qu'une tension très faible, ce qui réduit les risques. Une protection qui est absente des copies de MagSafe et des adaptateurs MagSafe (1 ou 2) vers USB-C, dont nous avions parlé dans un test.

Les nombreux dangers des adaptateurs USB-C vers MagSafe pour les anciens MacBook

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L'outil de décompression de macOS servait de vecteur dans une faille corrigée avec macOS 26.4

Pierre Dandumont

vendredi 22 mai à 18:50

macOS

Des chercheurs viennent de mettre en avant une faille qui a été corrigée par Apple avec macOS 26.4 mais qui touchait les versions précédentes de macOS Tahoe et potentiellement d'autres versions de macOS1. Elle permettait à un malandrin d'accéder à des données normalement protégées par le système d'exploitation, à travers Utilitaire d'archive (Archive Utility), l'outil de compression et de décompression de macOS.

Utilitaire d'archive. Image Applke.

Avant macOS 26.4, cet outil qui sert à compresser (ou décompresser) les données avait un accès complet à certaines zones du SSD qui ne sont normalement pas accessibles, pour diverses raisons pratiques. Premièrement, l'outil pouvait accéder sans autorisations particulières aux dossiers Documents et au Bureau, qui stockent généralement des données importantes. En temps normal, une app doit demander un accès et l'utilisateur peut le refuser, mais ce n'est pas le cas ici. Deuxièmement, l'outil permettait d'accéder aux conteneurs liés aux applications, qui sont normalement dans un bac à sable. En temps normal, les données de Safari (par exemple) ne sont accessibles que par Safari et pas une autre application du Mac. Enfin, il peut aussi accéder au contenu d'une app (qui, avec macOS, est en réalité un dossier qui contient des données).

L'idée de l'attaque, détaillée sur le blog de Mysk, est de profiter d'une autre fonction de macOS. Si vous glissez un fichier qui se trouve sur le bureau (par exemple) vers une app, elle obtient un accès à ce fichier, même s'il est dans un dossier protégé. C'est le comportement attendu et c'est logique : il permet d'éviter les erreurs et sans ce mécanisme, le glisser/déposer ne fonctionnerait pas dans tous les cas.

La version naïve. Image Mysk.

La mise en place était finalement assez simple en réalité. Premièrement, un script que l'utilisateur devait exécuter, qui ne nécessite pas de droits particuliers. Comme les auteurs l'expliquent, l'installation d'une app ou d'un service avec une ligne de commande n'est pas inhabituelle, par exemple avec Brew. La seconde partie consiste à pousser l'utilisateur à glisser un fichier (les préférences liées à l'Utilitaire d'archive) sur le terminal de macOS. Il est possible de le faire de façon explicite en poussant l'utilisateur à le faire en lui promettant quelque chose qu'il attend (probablement illégale) ou en trichant un peu. En modifiant le contenant d'une image disque, il est possible de remplacer l'icône des préférences par l'icône d'une app et celle du Terminal par l'icône du dossier Applications par exemple.

La version camouflée.

Avec ces deux étapes finalement assez simples, l'attaquant peut avoir accès aux conteneurs normalement protégés de nombreuses apps, comme les messages, les notes, Safari, Mail, WhatsApp, etc. Ils notent que comme les données présentes dans les conteneurs sont a priori inaccessibles pour d'autres apps, elles ne sont pas nécessairement chiffrées. L'exemple donné est celui de Safari : les cookies sont en clair. C'est logique dans un sens, étant donné qu'une app malicieuse ne devrait pas y accéder.

L'attaque.

Ils montrent aussi qu'une app peut être modifiée avec du code exécutable qui demande ensuite un accès à certaines données, en requérant le mot de passe de l'utilisateur. Cette méthode a le gros avantage de ne pas reposer sur des copies de fenêtres de macOS, mais bien de passer par les API standards et donc d'afficher un message qui semble parfaitement valable.

Ce message est lié en partie à la faille. Image MacGeneration.

Apple a corrigé le problème avec macOS 26.4, en bloquant l'accès d'Utilitaire d'archive, qui ne peut plus accéder aux données normalement protégées. De même, la nouvelle protection de macOS 26.4 qui prévient l'utilisateur en cas de copier/coller suspect dans le terminal est visiblement liée à cette faille. Bien évidemment, les différentes corrections d'Apple ne protègent pas tous les utilisateurs : ceux qui donnent un accès plus large de façon explicite (comme un accès complet au disque pour le terminal) risquent encore dans certains cas de laisser des portes ouvertes. Mais avec macOS 26.4, macOS est un peu mieux protégé… jusqu'à la divulgation de la prochaine faille.

L

L'avertissement pour les copier-coller frauduleux de macOS 26.4 cible les néophytes


  1. Ils indiquent ne pas avoir vérifié.  ↩︎

Infomaniak se dote d’une fondation pour préserver sa souveraineté

Stéphane Moussie

vendredi 22 mai à 17:53

Ailleurs

« Je ne contrôle plus Infomaniak. » Les clients de l’hébergeur suisse ont dû avoir quelques sueurs froides en lisant cette phrase dans l’email envoyé par Boris Siegenthaler cette semaine. Cette formule choc annonce en fait une décision tout à fait volontaire de la part du fondateur et directeur stratégique. Celui-ci a transféré la majorité des droits de vote de son entreprise à une fondation suisse d'utilité publique à but non lucratif.

Au siège d’Infomaniak. Image MacGeneration.

Cette nouvelle structure doit protéger la société contre toute prise de contrôle hostile et permettre une ouverture du capital sans compromettre ses engagements historiques. Ce sont en l’occurrence le soutien à des projets d’intérêt général liés à la souveraineté numérique et à l’éducation, au numérique éthique, à l’environnement et à la biodiversité, ainsi qu’à la transition énergétique.

« Aujourd’hui, ces engagements ne dépendent plus de moi. Ils sont inscrits dans une charte que personne ne peut défaire », écrit Boris Siegenthaler dans son message adressé directement aux clients. La Fondation Infomaniak (statuts ici) détient maintenant 65 % des droits de vote liés à la gouvernance de l’entreprise, tandis que les 35 % restants sont entre les mains du fondateur et de 36 salariés actionnaires. Auparavant, Boris Siegenthaler contrôlait 75 % des droits de vote et les salariés les 25 % restants.

La fondation est financée grâce à une part pouvant atteindre 5 % des bénéfices de l’entreprise. Elle agit uniquement comme garde-fou chargé de préserver l’indépendance et les missions du groupe. L’équipe dirigeante actuelle reste aux commandes du fournisseur de services cloud.

Image Infomaniak

La société inscrit ce changement dans le contexte de la course à l’IA, où les acteurs américains ont encore renforcé leur domination déjà considérable sur le numérique. Dans cette optique, Infomaniak, qui ne compte actuellement aucun investisseur externe, annonce l’arrivée prochaine d’investisseurs « alignés sur ses valeurs, pour développer un cloud souverain à l’échelle européenne. »

Infomaniak compare cette organisation à celle d’autres groupes européens comme Bosch, Carl Zeiss, Bertelsmann, Rolex ou Victorinox. On peut aussi établir un parallèle avec Proton, qui a créé en 2024 une fondation suisse devenue actionnaire majoritaire de l’entreprise.

Une tech plus verte : comment Infomaniak veut chauffer Genève avec un data center

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Photoshop efface désormais les objets en local, à condition d’avoir 24 Go de RAM

Félix Cattafesta

vendredi 22 mai à 16:54

Logiciels

Adobe propose depuis quelques années des outils liés à l’IA reposant très majoritairement sur le nuage. Récemment, l’entreprise a changé son fusil d’épaule en permettant d’exécuter localement son outil de suppression d’objet. Attention, car la configuration est musclée : il faut un Mac avec au moins 24 Go de RAM pour en profiter.

Image Adobe

À la manière de la gomme magique d’Apple, cet outil permet de supprimer n’importe quel élément d’un cliché. L’IA se charge alors de combler le vide en inventant des morceaux de photos. Tout se faisait jusqu’à présent dans le cloud, mais la toute fraîche version 27.7 de Photoshop permet de faire tourner le modèle en local.

Dans sa fiche d’aide, Adobe indique qu’il faut au moins un Mac M1 Pro pour en profiter, couplé à 24 Go de RAM. Il est nécessaire d’être sur Tahoe 26.4, soit l’avant-dernière version du système. Les utilisateurs PC devront également avoir une machine avec une grosse carte graphique, Adobe exigeant 12 Go de VRAM sur les GPU Intel, 14 Go pour ceux de NVIDIA et 23 Go chez AMD.

La note de mise à jour précise qu’Adobe se charge de vérifier la configuration requise avant de télécharger le modèle, que l’on pourra dans tous les cas supprimer. Il est possible de rapidement passer d’un traitement en local à celui dans le nuage. L’option « Sur l’appareil » est simplement grisée chez les utilisateurs n’ayant pas une configuration assez puissante.

Adobe n’en est pas à son premier essai avec l’IA sur l’appareil. Photoshop propose déjà certaines fonctions de sélection traitées localement, comme Sélectionner un sujet et Supprimer l’arrière-plan, tandis que Premiere Pro dispose de Media Intelligence, qui analyse les rushes et permet de les retrouver via des descriptions (en anglais). C’est cependant la première fois qu’Adobe met aussi clairement en avant une configuration minimale pour un outil d’IA local, et surtout une configuration aussi musclée.