Maintenant que Tesla a réussi à faire valider la conduite entièrement autonome (supervisée), aussi connue sous le nom de FSD, dans un pays européen, le constructeur compte bien généraliser sa nouvelle politique. Comme aux États-Unis depuis le début de l’année, l’abonnement sera bientôt la seule option proposée pour activer cet assistant à la conduite évolué. Même si les conducteurs néerlandais sont les seuls à bénéficier de la fonctionnalité pour le moment, le changement sera effectué partout, y compris en France.
Tesla pousse la conduite autonome par abonnement avant le feu vert européen
Néanmoins, cette bascule semble cacher une bien mauvaise surprise, repérée par Electrek. Le configurateur néerlandais n’affiche plus que le FSD, avec encore deux options pour quelques jours puisque l’abonnement à 99 € par mois sera la seule formule proposée à partir du 15 mai. L’Autopilot amélioré (EAP), une option intermédiaire jusque-là facturée 3 800 €, a disparu, ce qui est cohérent avec ce que le constructeur a effectué dans son propre pays et annoncé pour l’Europe. La surprise vient de l’absence de mention de l’Autopilot standard, qui trahit la suppression de fonctionnalités jusque-là gratuites chez Tesla.
Toutes les voitures vendues par le fabricant américain intégraient l’Autopilot, c’est-à-dire un assistant à la conduite qui maintient la voiture dans sa voie à la bonne vitesse. C’est une combinaison d’un régulateur actif, qui ajuste la cadence en fonction de la route et de la circulation, et d’une direction contrôlée par l’ordinateur embarqué pour garder le véhicule bien au centre de sa file. Ces fonctions ont disparu aux États-Unis dans la foulée du passage à un abonnement et Tesla entend manifestement suivre la même stratégie de ce côté de l’océan.
Tesla supprime l’Autopilot de base aux États-Unis pour mieux vendre sa conduite (pas encore) autonome
C’est davantage une surprise en Europe, pour deux raisons. D’une part, le cadre réglementaire est bien plus strict dans nos pays, si bien que des assistances à la conduite sont obligatoires dans tous les véhicules neufs. Dans le cadre du règlement européen GSR2, les voitures doivent proposer plusieurs fonctionnalités de sécurité, dont une correction automatique de la trajectoire si le conducteur franchit involontairement une ligne.
Tesla était en avance sur la réglementation grâce à l’Autopilot standard, si bien qu’on pouvait penser qu’il allait rester. Hélas pour les clients, on peut respecter le GSR2 avec des assistances inférieures. Dans ce cadre, les voitures américaines pourront rester entre les voies en rebondissant entre chaque ligne, un « ping-pong » très désagréable que l’on croise parfois sur des modèles concurrents. Pour avoir mieux, il faudra obligatoirement activer le FSD et donc payer 99 € tous les mois.
L’autre raison relève justement du marché. Quand j’ai acheté ma Model 3 il y a cinq ans, la voiture était clairement au-dessus de toutes ses concurrentes grâce à ces fonctionnalités gratuites, et même encore supérieure à la majorité des options alors proposées. Cela faisait partie de la magie de Tesla au début des années 2020, ce qui donnait à ses véhicules un côté futuriste indéniable.
Six mois en Tesla : confiance et sérénité sur la route
Six ans plus tard, l’Autopilot standard disparaît alors que les concurrents se sont alignés et même surpassent aujourd’hui Tesla, qui n’a quasiment pas fait évoluer ses fonctions de base en se concentrant exclusivement sur le FSD. Sans chercher du côté du premium allemand ou des voitures chinoises toutes équipées, même l’équivalent chez Renault est meilleur (ralentissement automatique avant un rond-point, accélération lors d’un dépassement…). La firme d’Elon Musk aurait pu maintenir son avance en améliorant son Autopilot de base, elle préfère le supprimer et perdre cet avantage historique, alors même que le maintien dans la voie se démocratise rapidement dans toute l’industrie.
Ce choix n’a guère de sens au moment où Tesla perd du terrain face aux acteurs historiques. Les premiers témoignages de nouveaux clients néerlandais mis devant le fait accompli (leur voiture arrivera finalement sans l’Autopilot standard même si ce n’était pas prévu à la commande) sont prévisibles et il y aura sans aucun doute des annulations. La décision s’éclaire toutefois en se souvenant qu’Elon Musk a personnellement tout intérêt à pousser l’abonnement au FSD. Tesla doit en effet compter au moins dix millions d’abonnés par mois pour que le bonus délirant de mille milliards de dollars soit débloqué dans quelques années.
Merci Patron ! Tesla adoube Musk avec un bonus à 1 000 milliards de dollars
Supprimer les fonctionnalités auparavant gratuites et les remplacer par cet offre est certainement une option pour y parvenir. Est-ce que cela fera les affaires de l’homme déjà le plus riche de la planète ou de ses concurrents ? Les clients trancheront.




















