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Tesla veut supprimer l’Autopilot gratuit en Europe : 99 € par mois pour un maintien dans la voie de plus en plus banal

Nicolas Furno

mercredi 13 mai à 09:35

Mobilités

Maintenant que Tesla a réussi à faire valider la conduite entièrement autonome (supervisée), aussi connue sous le nom de FSD, dans un pays européen, le constructeur compte bien généraliser sa nouvelle politique. Comme aux États-Unis depuis le début de l’année, l’abonnement sera bientôt la seule option proposée pour activer cet assistant à la conduite évolué. Même si les conducteurs néerlandais sont les seuls à bénéficier de la fonctionnalité pour le moment, le changement sera effectué partout, y compris en France.

Tesla pousse la conduite autonome par abonnement avant le feu vert européen

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Néanmoins, cette bascule semble cacher une bien mauvaise surprise, repérée par Electrek. Le configurateur néerlandais n’affiche plus que le FSD, avec encore deux options pour quelques jours puisque l’abonnement à 99 € par mois sera la seule formule proposée à partir du 15 mai. L’Autopilot amélioré (EAP), une option intermédiaire jusque-là facturée 3 800 €, a disparu, ce qui est cohérent avec ce que le constructeur a effectué dans son propre pays et annoncé pour l’Europe. La surprise vient de l’absence de mention de l’Autopilot standard, qui trahit la suppression de fonctionnalités jusque-là gratuites chez Tesla.

Le configurateur néerlandais de Tesla n’affiche plus que le FSD : l’EAP intermédiaire a disparu et surtout, il n’y a plus de mention de l’Autopilot standard, un comportement déjà croisé aux États-Unis. Capture site Tesla, image MacGeneration.
Le configurateur néerlandais de Tesla n’affiche plus que le FSD : l’EAP intermédiaire a disparu et surtout, il n’y a plus de mention de l’Autopilot standard, un comportement déjà croisé aux États-Unis. Capture site Tesla, image MacGeneration.

Toutes les voitures vendues par le fabricant américain intégraient l’Autopilot, c’est-à-dire un assistant à la conduite qui maintient la voiture dans sa voie à la bonne vitesse. C’est une combinaison d’un régulateur actif, qui ajuste la cadence en fonction de la route et de la circulation, et d’une direction contrôlée par l’ordinateur embarqué pour garder le véhicule bien au centre de sa file. Ces fonctions ont disparu aux États-Unis dans la foulée du passage à un abonnement et Tesla entend manifestement suivre la même stratégie de ce côté de l’océan.

Tesla supprime l’Autopilot de base aux États-Unis pour mieux vendre sa conduite (pas encore) autonome

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C’est davantage une surprise en Europe, pour deux raisons. D’une part, le cadre réglementaire est bien plus strict dans nos pays, si bien que des assistances à la conduite sont obligatoires dans tous les véhicules neufs. Dans le cadre du règlement européen GSR2, les voitures doivent proposer plusieurs fonctionnalités de sécurité, dont une correction automatique de la trajectoire si le conducteur franchit involontairement une ligne.

Tesla était en avance sur la réglementation grâce à l’Autopilot standard, si bien qu’on pouvait penser qu’il allait rester. Hélas pour les clients, on peut respecter le GSR2 avec des assistances inférieures. Dans ce cadre, les voitures américaines pourront rester entre les voies en rebondissant entre chaque ligne, un « ping-pong » très désagréable que l’on croise parfois sur des modèles concurrents. Pour avoir mieux, il faudra obligatoirement activer le FSD et donc payer 99 € tous les mois.

Une Model 3 conduite grâce à l’Autopilot de base : une configuration gratuite jusque-là sur toutes les voitures de Tesla, qui sera désormais payante même sur le haut de gamme. Image MacGeneration.
Une Model 3 conduite grâce à l’Autopilot de base : une configuration gratuite jusque-là sur toutes les voitures de Tesla, qui sera désormais payante même sur le haut de gamme. Image MacGeneration.

L’autre raison relève justement du marché. Quand j’ai acheté ma Model 3 il y a cinq ans, la voiture était clairement au-dessus de toutes ses concurrentes grâce à ces fonctionnalités gratuites, et même encore supérieure à la majorité des options alors proposées. Cela faisait partie de la magie de Tesla au début des années 2020, ce qui donnait à ses véhicules un côté futuriste indéniable.

Six mois en Tesla : confiance et sérénité sur la route

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Six ans plus tard, l’Autopilot standard disparaît alors que les concurrents se sont alignés et même surpassent aujourd’hui Tesla, qui n’a quasiment pas fait évoluer ses fonctions de base en se concentrant exclusivement sur le FSD. Sans chercher du côté du premium allemand ou des voitures chinoises toutes équipées, même l’équivalent chez Renault est meilleur (ralentissement automatique avant un rond-point, accélération lors d’un dépassement…). La firme d’Elon Musk aurait pu maintenir son avance en améliorant son Autopilot de base, elle préfère le supprimer et perdre cet avantage historique, alors même que le maintien dans la voie se démocratise rapidement dans toute l’industrie.

La Scenic E-Tech propose un assistant à la conduite meilleur que celui de base de Tesla, pour un prix inférieur à la Model Y. Image Renault.
La Scenic E-Tech propose un assistant à la conduite meilleur que celui de base de Tesla, pour un prix inférieur à la Model Y. Image Renault.

Ce choix n’a guère de sens au moment où Tesla perd du terrain face aux acteurs historiques. Les premiers témoignages de nouveaux clients néerlandais mis devant le fait accompli (leur voiture arrivera finalement sans l’Autopilot standard même si ce n’était pas prévu à la commande) sont prévisibles et il y aura sans aucun doute des annulations. La décision s’éclaire toutefois en se souvenant qu’Elon Musk a personnellement tout intérêt à pousser l’abonnement au FSD. Tesla doit en effet compter au moins dix millions d’abonnés par mois pour que le bonus délirant de mille milliards de dollars soit débloqué dans quelques années.

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Supprimer les fonctionnalités auparavant gratuites et les remplacer par cet offre est certainement une option pour y parvenir. Est-ce que cela fera les affaires de l’homme déjà le plus riche de la planète ou de ses concurrents ? Les clients trancheront.

Apple ajoute des présentateurs IA à ses vidéos de formation interne

Greg Onizuka

mercredi 13 mai à 07:30

AAPL

L’intelligence artificielle s’immisce décidément partout, pour le meilleur et pour le pire : après les chatbots, les deepfakes, voici venu le temps des présentations entièrement réalisées avec des intervenants artificiels. Et Apple saute dans le train en marche, avec un premier essai pour la communication interne, comme rapporté par 9to5Mac.

Chaque vidéo présentée par un agent IA sera repérée par ce logo. Image Apple, par @aaronp613.

C’est l’app Apple Sales Coach qui a l’honneur d’étrenner ses premiers présentateurs entièrement créés par IA. Mais Apple Sales Coach, qu’est-ce que c’est ?

Apple modernise l’appli des revendeurs agréés : SEED devient « Sales Coach », IA en approche

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Inconnue du grand public, cette app est réservée aux employés des Apple Authorized Service Providers, ce qui veut dire que vous ne la verrez normalement jamais arriver sur votre appareil, à moins de faire partie de cette catégorie. Son rôle est de former les employés, grâce à des fiches produits, des argumentaires, des scénarios de vente et autres guides techniques.

Cette app voit donc apparaître pour la première fois des vidéos qui ont été entièrement créées avec des présentateurs virtuels. Apple insiste dans sa présentation sur les améliorations que ces présentateurs vont apporter, notamment pour la personnalisation de chaque formation suivant les pays :

Aucune équipe de formation, aussi compétente soit‑elle, ne pourrait créer quelque chose de véritablement personnalisé pour chacun d’entre vous. Jusqu’à présent. Apple Sales Coach utilisera l’IA pour générer de courtes vidéos ciblées, adaptées à ce dont vous avez besoin. Les produits que vous vendez. Les compétences que vous développez. La langue que vous parlez. C’est quelque chose qui n’était tout simplement pas possible avant l’arrivée de cette technologie.

Cupertino a tout de même veillé, y compris dans cet outil interne, de ne pas tromper les utilisateurs : chaque vidéo qui utilise un présentateur virtuel sera identifiée par un logo spécifique affiché à l’écran. Apple insiste aussi sur le fait que chaque vidéo sera supervisée par un humain, que ce soit au niveau du script comme du rendu final.

Ce type de mouvement n’est pas anodin, même si les avantages semblent énormes pour des multinationales comme Apple : un présentateur IA permet de toucher plus de publics, dans des langues plus variées, et de multiplier les contenus sans pour autant multiplier les intervenants. Reste à faire attention que ce type de présentation faisant l’économie d’un humain réel ne se généralise pas trop, et surtout reste identifiée, ne cherchant ainsi pas à tromper l’utilisateur. Si Apple semble pour le moment faire partie des bons élèves, il est fort à parier que certains seront bien moins regardants.

Starlink va couper son service de localisation caché

Pierre Dandumont

mardi 12 mai à 22:21

Services

C'est une fonction peu connue des antennes Starlink et elle va disparaître dès le 20 mai 2026, même si dans les faits il est déjà devenu impossible de l'activer. De quoi parlons-nous ? Du service de localisation caché des antennes de Starlink. Il est notamment utilisé par de nombreuses personnes dans le domaine maritime, mais aussi par certaines plateformes domotiques (comme Home Assistant) pour obtenir une localisation relativement précise, même quand les constellations classiques ne sont pas accessibles.

Une antenne sur un bateau. Image Starlink.

La fonction s'activait dans les paramètres de débogage de l'app iOS ou Android, mais l'option a été désactivée un peu avant la coupure elle-même. Elle permettait de créer un serveur accessible sur une adresse locale, qui fournissait la localisation de l'antenne. C'est un peu la même idée que le serveur NTP accessible sur le réseau généré par l'antenne, officialisé depuis quelques années.

Starlink peut tout faire, même donner l

Starlink peut tout faire, même donner l'heure à votre Mac avec son serveur NTP

La localisation est moins précise que celle d'un récepteur GNSS traditionnel, mais elle a l'avantage de fonctionner dans les zones où la réception GPS est limitée, comme actuellement au Moyen-Orient. Elle repose sur les satellites de la constellation de SpaceX, qui sont sur une orbite bien plus basse que le GPS et ses équivalents. Ceux de Starlink sont entre 300 et 600 km du sol, alors que ceux du GPS américain sont à plus de 20 000 km. La distance plus courte et la puissance bien plus élevée des satellites de Starlink rendent le brouillage plus difficile, mais le fait que les satellites ne sont pas pensés au départ pour cet usage rend par contre la précision moins bonne, mais suffisante pour de nombreux usages maritimes. Elle est de l'ordre d'une dizaine de mètres.

L'option, qui se trouvait sous Emplacement Starlink, n'est plus disponible.

Les raisons exactes de l'arrêt de ce service qui n'était pas vraiment mis en avant ne sont pas totalement claires, mais Paul Sutherland, qui développe une app qui récupère de nombreuses données fournies par l'antenne, indique que c'est probablement parce que les données sont accessibles (jusqu'au 20 mai) à n'importe quelle personne connectée sur une antenne. Il est donc possible que SpaceX demande dans le futur une authentification pour accéder aux données, avec une API dédiée.

Une carte des perturbations GPS. Image UKMTO.

Si ce changement a peu d'impact pour un utilisateur standard sur un abonnement résidentiel, c'est par contre un problème pour ceux qui utilisent le réseau sur un bateau, particulièrement dans les régions où les signaux GPS sont brouillés. Une étude récente a montré que la localisation obtenue avec une antenne Starlink permettait en effet de passer outre le brouillage.

Les Googlebooks arrivent, pour remplacer les Chromebooks avec Aluminium OS et un côté plus premium

Pierre Dandumont

mardi 12 mai à 21:14

Matériel

Google, avec sa conférence The Android Show, a dévoilé une nouvelle gamme d'ordinateurs, les Googlebooks. Il s'agit de PC portables premium, qui sont un peu là pour essayer de faire disparaître la réputation des Chromebooks, qui sont vus — à raison — comme des appareils parfois un peu cheap.

Un Googlebook. Image Google.

Les nouveaux ordinateurs seront fournis par de grands constructeurs, avec Acer, Asus, Dell, HP et Lenovo. L'idée est de proposer quelque chose de plus qualitatif que les appareils actuels, tout en intégrant évidemment l'IA Gemini. On peut par exemple noter la Glowbar, une barre lumineuse qui s'allume physiquement quand Gemini est activé.

Si Google ne donne pas trop de détails sur le système d'exploitation, il est tout de même assez clair que le système basé sur les technologies d'Android n'est pas Android directement, mais bien Aluminium OS, qui doit remplacer Android et ChromeOS, mais probablement pas sous ce nom.

Image Google.
Une vidéo d

Une vidéo d'Aluminium OS montre le nouvel OS d'hybride de Google, entre ChromeOS et Android

Une intégration prononcée d'Android

Dans les Googlebooks, l'intégration des smartphones Android est évidemment assez forte. On trouve notamment une fonction Phone Apps qui est l'équivalent du mirroring de l'iPhone… mais accessible en Europe. L'idée est de lancer les apps de votre smartphone directement sur l'ordinateur portable.

Dans les autres fonctions, on peut trouver des widgets adaptés à l'écran des ordinateurs, qui peuvent être totalement personnalisés avec Gemini. Dans la même veine, l'intégration des fichiers entre les smartphones et les ordinateurs est automatisée, avec une synchronisation des données.

Une fonction originale est le Magic Pointer, qui dépend de l'IA. L'idée est de secouer le pointeur du trackpad (ou de la souris) pour faire apparaître un menu contextuel adapté à la tâche que vous êtes en train de faire. L'IA doit être capable de détecter le contexte de vos interactions pour adapter le menu à vos besoins à un instant t.

Image Android Authority

Les Googlebooks sont attendus à l'automne 2026, avec un positionnement probablement un peu plus élevé que le récent MacBook Neo, et le combat entre une société qui a décidé de s'attaquer à l'entrée de gamme (Apple) et une autre qui décide de monter en gamme encore une fois (après l'échec des Pixelbook il y a quelques années dans la même veine) risque d'être intéressant. Reste que Google ne donne pas trop de détails sur les ordinateurs au niveau matériel, et la RAMpocalypse y est probablement pour quelque chose…

Un Googlebook. Image Google.

Comment l’IA est en train de forcer les verrous de la cybersécurité

Stéphane Moussie

mardi 12 mai à 17:17

Intelligence artificielle

Le monde de la cybersécurité semble lui aussi entrer dans une phase de profond bouleversement avec l’IA. Et Anthropic aimerait faire de Mythos, son nouveau modèle spécialisé dans la détection de failles de sécurité, le symbole de ce tournant. Cette technologie est tellement puissante qu’elle pourrait devenir dangereuse entre de mauvaises mains, affirme l’entreprise. Simple marketing de la peur pour mieux vendre ses services aux grosses entreprises ou vrai changement de paradigme ?

Mozilla, l’un des premiers partenaires d’Anthropic, penche pour la seconde option. Le mois dernier, l’éditeur a indiqué que Firefox 150 embarquait des correctifs pour pas moins de 271 failles identifiées par Mythos. Un chiffre impressionnant pour un outil utilisé seulement depuis quelques semaines, mais qui n’a pas dissipé tous les doutes, notamment sur la gravité des vulnérabilités détectées. Mozilla était en effet resté très vague sur le sujet.

C’est pas du Mythos : l’IA d’Anthropic a trouvé 271 failles de sécurité dans Firefox

C’est pas du Mythos : l’IA d’Anthropic a trouvé 271 failles de sécurité dans Firefox

L’organisation a finalement levé un coin du voile dans un billet publié le 7 mai signé par trois ingénieurs. Ceux-ci expliquent d’abord avoir volontairement gardé le silence sur les failles identifiées afin de protéger les utilisateurs n’ayant pas encore installé la dernière version de Firefox, une précaution classique.

Mais face à « l’intérêt exceptionnel » suscité par le sujet, ils ont décidé de publier un petit échantillon des rapports liés aux correctifs récemment déployés. Plusieurs des vulnérabilités présentées sont des évasions de sandbox qui doivent être combinées à d’autres exploits pour compromettre l’ensemble de la chaîne de sécurité du navigateur.

Graphique Mozilla

Les ingénieurs indiquent que ces failles sont difficiles à détecter par fuzzing, une technique qui consiste à injecter des données aléatoires dans un programme pour provoquer des comportements inattendus. Mozilla affirme avoir développé de nouvelles méthodes pour améliorer cette détection, mais estime que l’analyse par IA couvre cette surface critique de manière bien plus complète. Résultat, en avril, Firefox a reçu 423 correctifs de sécurité, soit davantage que sur l’ensemble de l’année 2025.

« Ces outils sont tout simplement excellents, résume l’ingénieur Brian Grinstead auprès de TechCrunch. Nous le constatons dans nos analyses internes, dans les rapports de bogues externes et à travers toutes sortes de signaux dans l’industrie. »

Le contre-exemple cURL

Pourtant, tout le monde n’est pas aussi enthousiaste. Daniel Stenberg, le créateur de cURL, un outil aussi discret qu’omniprésent, se montre bien plus mesuré après avoir pu expérimenter lui-même Mythos.

cURL a fêté son 25e anniversaire et vous l’utilisez tous les jours sans le savoir

cURL a fêté son 25e anniversaire et vous l’utilisez tous les jours sans le savoir

Précision importante : avant d’utiliser le nouveau modèle d’Anthropic, le projet cURL avait déjà été analysé avec plusieurs outils d’IA avancés. Ceux-ci ont permis d’intégrer entre 200 et 300 correctifs au cours des huit à dix derniers mois. Plusieurs vulnérabilités détectées par ces outils ont été validées et publiées sous forme de CVE.