Jony Ive va quitter Apple pour fonder son propre studio de design

Stéphane Moussie |

Apple annonce dans un communiqué de presse que Jony Ive va quitter l’entreprise cette année pour fonder son propre studio de design. Apple fera partie des principaux clients de cette entreprise, nommée LoveFrom. Ive va continuer à travailler en étroite collaboration avec Apple, assure la Pomme.

Tim Cook salue l’apport essentiel du designer dans la renaissance d’Apple, grâce à des produits comme l’iMac, qui a été un nouveau point de départ en 1998, l’iPhone puis l’Apple Park. Et de déclarer :

Apple continuera à bénéficier des talents de Jony en travaillant directement avec lui sur des projets exclusifs et grâce au travail continu de l’équipe brillante et passionnée qu’il a créée. Après tant d’années à travailler ensemble, je suis heureux que notre relation continue d’évoluer et j’ai hâte de travailler avec Jony dans le futur.

Le départ du designer emblématique d’Apple entraîne une réorganisation. Personne ne va le remplacer au rôle de Chief Design Officer. À la place, Evans Hankey, vice president of Industrial Design, et Alan Dye, vice president of Human Interface Design, vont travailler sous l’autorité de Jeff Williams, le directeur de l’exploitation et numéro 2 d’Apple aux attributions de plus en plus larges (lire Jeff Williams, un pied dans le cambouis, un pied dans le produit).

Hankey et Dye jouent un rôle clé dans l’équipe de Ive depuis des années. Quant à Williams, il a dirigé le développement de l’Apple Watch et va désormais consacrer plus de temps à travailler avec l’équipe design dans son studio. Williams est également le responsable des initiatives de santé d’Apple.

« Après près de 30 ans et d’innombrables projets, je suis très fier du travail dans la durée que nous avons accompli pour créer une équipe, un processus et une culture du design chez Apple qui est sans égale. Aujourd’hui elle est plus forte, dynamique et talentueuse qu’elle ne l’a jamais été dans l’histoire d’Apple », commente Jony Ive.

L’équipe va prospérer sous l’excellent leadership d’Evans, Alan et Jeff, qui ont fait partie de mes plus proches collaborateurs. J’ai la plus grande confiance en mes collègues designers chez Apple, qui restent mes amis les plus proches, et j’ai hâte de travailler avec eux pendant de nombreuses années.

Dans une interview au Financial Times, le designer déclare qu’il s’agissait du bon moment pour faire ce changement, tout en insistant sur le fait que s’il ne sera plus un employé d’Apple, il continuera à participer à des projets.

LoveFrom, sa nouvelle société, sera basée, au moins au départ, en Californie. Marc Newson, grand ami de Ive qui a contribué à la conception de quelques produits Apple, rejoindra l’entreprise, tout comme d’autres personnalités créatives venant de divers horizons.

Si les contours de LoveFrom sont encore très flous, Ive indique qu’il continuera à travailler sur des projets liés aux wearables et à la santé, ainsi que sur ses « passions personnelles » — on sait qu’il aime les montres, les voitures, l'architecture

Après des études à l’Ecole Polytechnique de Newcastle, Jonathan Ive commence sa carrière chez Tangerine, une petite société de consultants en design de Londres qu’il fonde avec un camarade de classe en 1990. Deux ans plus tard, Apple engage les créatifs de Tangerine pour imaginer les lignes de sa future ligne d’ordinateurs portables : alors qu’il travaille sur une famille de meubles de salles de bain pour Ideal Standard, Ive conçoit le design des PowerBook. Son design de WC est rejeté, celui pour le PowerBook impressionne : Apple embauche Ive qui s’installe en Californie dans la foulée.

Après le départ de Bob Brunner, il prend la tête du département design industriel d’Apple, quelques mois avant le retour de Steve Jobs. Jony Ive rassemble les travaux du département design de 1995 à 1997 (couleurs, transparence, rondeurs), et en tire l’iMac, emblème de la renaissance d’Apple, avant l’effervescence iPod puis iPhone.

En 2015, Jony Ive prend du recul sur les tâches quotidiennes de l’équipe design afin d’achever l’Apple Park. Alan Dye et Richard Howarth prennent alors les commandes des affaires courantes. Le nouveau campus terminé, Ive reprend son siège deux ans plus tard.

Finalement, c’est trois semaines après la présentation du nouveau Mac Pro, et deux mois après le départ d’Angela Ahrendts, que Jony Ive tire sa révérence. D’autres membres de son équipe l’ont précédé ces derniers mois.

Tim Cook, qui sait qu’il perd un symbole, se veut le plus rassurant possible, répétant que la collaboration continuera. Le départ de Jony Ive va-t-il laisser un vide seulement dans l’organigramme de Cupertino, obligeant Jeff Williams à jouer l’homme-orchestre, ou bien un manque plus profond, au moment où Apple prépare l’ère « post iPhone » ?


avatar albert13 | 

Quid de l’équipe actuelle, est-ce qu’il emporte avec lui ds sa nouvelle structure une partie des tronches qui la compose ?

Quid de l’importance de son département design qui était un état dans l’état et qui était intouchable temps que Ive était là...

Je pense que Tim à présent va avoir plus que les mains libre car Ive avait une position de quasi intouchable.
Il était l’âme de Steve et le dernier des mohicans vu les relations fusionnelles qu’il avait eu avec son defunt mentor...

Je pense comme l’on dit certains ds leurs post, que le matos va avoir de moins en moins d’importance au profit des services... surtout qd Apple va rentrer ds la danse en concurrence avec Netflix et consorts...
Bien sûr l’iphone/ipad seront des exceptions car c’est eux avant tout qui vont être les supports des services...

Pour moi Apple est à un tournant important avec ce départ officiel.
Nous sommes et serons complètement dans l’après Steve Jobs avec un chef d’orchestre avec 100% de pouvoir (hormis le conseil d’administration) soit : Tim Cook

Conclusion :
je ne suis pas inquiet sur l’avenir d’Apple vu :
1/ le trésor de guerre à disposition
2/ ils vont continuer à appliquer les genialissimes idées de Steve cad racheter des sociétés innovantes et construire une machine avec si possible 100% de produits concus par Apple
ce qui implique de verrouiller complètement les clients au niveau matos et d’être suasi autonome...

Bon vent à Apple et ses produits que j’utilise avec bonheur depuis au moins 30 ans sans oublier le point noir principal pour moi : le pétage de plomb quelquefois au niveau des prix...
Le XS que je possède (et j’en suis content) en est la preuve. Qui a dit que quand on aime on ne compte pas ? 😜
mais ya qd même des limites à ne pas dépasser...j’espère que Tim avec la baisse des ventes des derniers iphones en a pris conscience... du moins je l’espère...

avatar debione | 

@albert13

T.Cook s’en branle coquillon des baisses des ventes hardware... Ce qui l’onteresse, et qui intéresse l’actionnariat d’Apple c’est les chiffres de l’ensemble. Si demain en rachetant trois mastodonte du divertissement ou des services et en quittant le monde du hardware, Apple double son chiffre d’affaire et ses bénéfices, ben Apple ne fera plus que du service et abandonnera sans problème les secteurs moins rentable. Les particuliers que nous sommes n’interesse Apple que dans le sens où on est rentable, si c’est en nous vendant ordi et smartphone alors on vend ordi et smartphone. Si demain c’est les services et plus le hard qui sera rentable, alors Apple ne vendra plus que du service.

avatar tamu | 

Merdum !

avatar gavroche68 | 

Certes personne est irremplaçable mais trouver quelqu'un comme lui faire pour la transition à mon avis ça ne va pas être simple. Il est aussi intéressant de voir qui vont être ses futurs clients mis à part Apple, et surtout qu'est ce qu'ils viendront chercher...

avatar Indecence | 

Ca va pas changer grand chose su'il soit là ou pas. Ce n'était déjà plus lui qui "dessinait" mais son équipe. Une fois les différentes esquisses vues, il donnait son avis et orientait son équipe si quelque chose le dérangeait.

Mais lui ou un autre, personne n'a la science infuse.

Et puis si on prend l'iPhone 6 jusqu'au 8, le design était plutôt loupé et déreangait beaucoup de monde sauf les fanboys Apple qui coute que coute achète ou achèteront n'importe quoi.

avatar Orphanis | 

Il a commis quelques pièces formidables, il a participé à la fondation de l'identité de la marque mais quelque chose ne tourne plus rond chez Apple depuis un moment : claviers des Macbook Pro, ruban LED contraignant et sans fonction nouvelle, design des deux derniers Mac Pro (2013 & le dernier en vue), évolution marginale des IMac depuis 10 ans, ralentissement du cycle d'évolution design pour les IPhone (sous l'ère Jobs, le design changeait radicalement chaque deux années), procédure de rechargement discutable pour le 1er Apple Pencil et la Magic Mouse.
Je ne sais pas si c'est dû à l'équipe d'Ive ou à politique de la nouvelle équipe dirigeante d'Apple mais le design des produits physiques qui constituait l'un des pôle d'attraction d'Apple ne semble plus être la priorité. Des constructeurs comme Microsoft proposent des innovations design et fonctionnelle plus audacieuses qu'Apple (Microsoft Studio, Microsoft Book 2...etc.)
Avec des prix qui s'envolent littéralement - et inutile de nous rappeler le prix des Macintosh dans les années 80's-90's, le contexte, le marché et les coûts de production ne sont plus les mêmes - on peut se poser des questions sur l'avenir de la marque qui semble davantage s'intéresser aux services et à l'écosystème d'IOS qu'à la clientèle qui a fait sa réputation pendant des années : les "créatifs". Ainsi, un photographe désirant une machine fiable pour travailler toute la journée et à long-terme a beaucoup de mal à trouver satisfaction au sein de l'actuel catalogue d'Apple : les ordinateurs portables ont des composants soudés, l'IMac n'est pas évolutif et son écran inadapté et le Mac Pro est hors de prix (pensés pour les vidéastes ou plutôt les studios au regard du prix). Bref, entre des produits "grand-public" à prix fort et une machine qui relève plus de la démonstration technologique que la rationalité commerciale, beaucoup de clients historiques envisagent de se tourner, progressivement, vers d'autres solutions. En sachant que beaucoup d'éditeur de logiciels - à l'instar d'Adobe - proposent des solutions multiplateformes, la migration est moins contraignante qu'il y a quelques années et cela risque de jouer de sacrés tours à Apple qui a abandonné, sans prévenir, certains softs professionnels qui étaient pourtant excellents (Aperture).

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