Tesla a mis à jour son configurateur en France et dans les autres pays européens pour alerter d’un changement de politique à venir. Sur le modèle américain, la « conduite automatique (supervisée) » (FSD) sur abonnement sera bientôt la seule option proposée, au-delà de l’Autopilot de base fourni ici avec les voitures. Ce changement implique deux bascules : d’une part, les achats uniques vont disparaître et seules les formules mensuelles resteront au programme. D’autre part, l’Autopilot amélioré (EAP) qui faisait jusque-là office d’offre intermédiaire ne sera plus proposé par le fabricant.
Le configurateur indique assez clairement comment la transition va se passer. Les deux options payantes, FSD comme EAP, pourront toujours être achetées pendant une dizaine de jours, jusqu’au 21 mai 2026, à condition aussi de récupérer le véhicule rapidement. Tesla est habitué aux préavis très courts, surtout quand cela peut lui permettre de déclencher quelques commandes. En l’occurrence, les nouveaux clients intéressés doivent acheter leur voiture avant le 21 mai et la récupérer avant le 30 juin 2026, c’est-à-dire la fin du trimestre en cours.
Comme ailleurs, la nouvelle politique n’est pas réservée aux véhicules vendus à partir de maintenant. Tout le parc actuel devra passer à l’abonnement pour les voitures sans EAP ni FSD et un lecteur nous a justement transmis un message l’incitant à acheter la conduite autonome (supervisée) avant le 21 mai 20261. Le message indique bien que l’option ne sera ensuite proposée que sous la forme d’une souscription, dont le prix n’est d’ailleurs pas précisé, même s’il devrait être similaire à celui des Pays-Bas, soit 99 € par mois. À titre de comparaison, l’option payante était vendue 7 500 € par Tesla, si bien que les clients seront perdants au-delà de 75 mois, c’est-à-dire plus de six ans.
Cela peut sembler avantageux, surtout à l’ère des locations longue durée, mais il faut rappeler que cet abonnement pourra être ajusté à tout moment par Tesla. Elon Musk a déjà prévenu aux États-Unis qu’il comptait augmenter le prix mensuel, une menace d’autant plus forte que ce tarif a déjà été deux fois plus élevé par le passé. L’autre changement radical mis en œuvre de l’autre côté de l’Atlantique a été de supprimer l’Autopilot de base sur les nouvelles voitures. Une telle mesure semble impensable en Europe, où tous les nouveaux véhicules doivent être vendus avec quelques fonctionnalités de sécurité de base, dont une forme de maintien dans la voie.
Tesla supprime l’Autopilot de base aux États-Unis pour mieux vendre sa conduite (pas encore) autonome
Quoi qu’il en soit, c’est surtout l’abandon de l’EAP qui va se faire sentir pour bon nombre de clients. Cette option intermédiaire, facturée 3 800 € tout de même, apporte plusieurs améliorations concrètes par rapport à l’Autopilot de base, dont la possibilité de doubler automatiquement sur les autoroutes ou encore les fonctionnalités qui permettent aux Tesla de se garer automatiquement. C’est indéniablement l’offre la plus populaire jusque-là en Europe, où le FSD n’existait pas réellement. Elle est encore plus importante sur les dernières Model 3 et Y, où l’Autopilot basique a été bridé2 pour pousser davantage l’EAP… et maintenant l’abonnement.
Cela change et c’est précisément pour cette raison que Tesla se permet de modifier sa politique en cours de route et pour tous ses clients, nouveaux comme anciens. La conduite autonome (supervisée) est une réalité aux Pays-Bas depuis quelques semaines et le constructeur compte faire tâche d’huile en la déployant dans toute l’Union européenne. Ce n’est pas encore le cas et pourtant, l’entreprise a pris de l’avance sur les validations réglementaires, comme elle le fait souvent.
La conduite entièrement autonome (supervisée) de Tesla autorisée aux Pays-Bas
À ce sujet, l’optimisme de Tesla semble mis à mal. Le constructeur espérait un déploiement rapide sur tout le continent après avoir débloqué la situation aux Pays-Bas, cela devrait être compliqué d’après Reuters. Les régulateurs de plusieurs pays européens font preuve de leur scepticisme, tout particulièrement dans le nord du continent, où la conduite autonome (supervisée) semble bien mal équipée pour gérer la neige et le climat difficile en hiver. La Finlande a notamment demandé à Tesla des preuves du bon fonctionnement du système sur route glacée, tandis que la Suède s’étonne de la capacité du système à dépasser les limites de vitesse.
Les autorités s’agacent aussi de la méthode Tesla. L’entreprise continue de promettre très publiquement l’arrivée prochaine des fonctionnalités et compte sur les propriétaires, souvent très bruyants, pour faire pression sur leurs gouvernements. Cela lui a déjà joué des tours aux Pays-Bas, même si elle a finalement obtenu le feu vert nécessaire. Est-ce qu’il en ira de même sur tout le continent ? En tout cas, le constructeur a présenté ses excuses auprès de la Norvège, un marché très important pour lui.
Tesla a voulu forcer la main des Pays-Bas pour valider sa conduite autonome en Europe, ça ne s’est pas bien passé
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Je n’ai pas encore reçu de communication de la part de Tesla pour ma Model 3 de mai 2021, peut-être parce que son matériel trop ancien n’est pas compatible avec le FSD actuel. C’est censé venir, mais en attendant, peut-être que les anciennes offres resteront disponibles pour tous ceux comme moi. ↩︎
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Il n’y a plus de régulateur actif simple, uniquement l’Autopilot qui lui ajoute le maintien dans la voie. Dès lors, tout dépassement sur autoroute revient à perdre les deux : le maintien dans la voie comme sur toutes les Tesla et le régulateur de vitesse. Une expérience très déplaisante, qui nécessite 3 800 € pour l’EAP ou désormais 99 € par mois pour le FSD, même si les S3XY Buttons peuvent remplacer ces coûteuses options. ↩︎













