Dacia a dévoilé sa nouvelle Spring et ouvert sa commercialisation dans la foulée. La marque bon marché du groupe Renault revendique le nouveau prix le plus bas sur le marché des voitures entièrement électriques vendues en France, avec un prix de base à 17 900 € et surtout l’accès aux aides grâce à sa production rapatriée en Europe. De fait, on pourra l’obtenir dans le meilleur des cas à 11 720 € en incluant la prime « Coup de pouce » maximale, un record.
Le fabricant roumain, filiale de Renault depuis 1999, ne s’est pas contenté de mettre à jour l’ancienne Spring. Sortie en 2021, la voiture avait marqué les esprits avec le meilleur prix du marché sur un véhicule entièrement électrique. Pour parvenir à un tarif de base de 12 400 € en tenant compte du bonus de l’époque, Dacia avait recyclé un autre modèle de Renault, destiné aux marchés asiatiques, sud-américains ou africains. Même si elle avait été modifiée pour répondre aux exigences européennes, la voiture en gardait certaines limites, avec des compromis sur la sécurité et l’agrément de conduite.
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Pour la nouvelle génération, c’est Renault qui fournit encore le fond, sauf que c’est cette fois la nouvelle Twingo qui a servi de base. Un choix assez cohérent, tant la voiture annoncée il y a près d’un an et commercialisée depuis quelques mois a séduit les journalistes et les clients par sa bouille sympathique en mode néo-retro et par son excellent rapport qualité/prix.
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Le passage chez Dacia ne s’est pas limité à un changement de logo. De l’extérieur, l’affiliation avec la Twingo est d’ailleurs difficile à percevoir : la Spring a bénéficié d’une carrosserie largement nouvelle, ce qui reste assez rare dans ce genre de mutualisation afin d’économiser les coûts. Là où la citadine de Renault joue la carte du rétro en reprenant les rondeurs de son illustre ancêtre, la variante roumaine est bien plus anguleuse et sérieuse. Résultat, malgré des pièces communes (notamment les vitrages), on distingue aisément les deux voitures, ce qui était sûrement l’objectif dès le départ.
Les économies d’échelle sont bien plus visibles à l’intérieur, où Dacia a repris l’essentiel de l’habitacle de la Twingo. Mis à part sur quelques détails, comme la forme des aérateurs ou l’aspect de la planche supérieure, c’est un clone de ce que Renault a imaginé, y compris pour la disposition des commandes de climatisation, les boutons sur le volant ou encore les comodos au dos (dont celui qui fait office de levier de vitesse). Au centre, la dalle tactile de 10,1 pouces est réservée aux versions haut de gamme et il faudra utiliser son propre smartphone sur la variante de base. Autre réduction des coûts sur la Spring, les services de Google sont aux abonnés absents, mais il reste un GPS intégré et surtout la compatibilité avec CarPlay et Android Auto pour la navigation embarquée et le multimédia.
Dacia a aussi fait quelques compromis sur la conception interne de la voiture, en oubliant notamment la banquette coulissante à l’arrière. Pas question non plus d’avoir un siège passager qui se rabat à l’avant pour former un espace sur toute la longueur de la voiture, la Twingo gardera l’avantage de ce côté. En revanche, la nouvelle Spring a quelques idées astucieuses, comme ce système d’accessoires que l’on peut venir clipser à différents endroits de l’habitacle. Autre différence notable avec la voiture de Renault, le capot avant s’ouvre normalement et cache même un frunk, un tout petit rangement de 18 litres. Non seulement c’est vraiment petit et à peine suffisant pour un câble, c’est une option payante et facturée 150 €. Même si la marque s’est justifiée auprès de nos confrères invités pour découvrir le véhicule, cela reste un petit peu mesquin.
Côté fiche technique, pas de surprise : la Spring reprend la base de la Twingo et intègre ainsi la même batterie LFP de 27,5 kWh utiles, qui alimente un moteur placé à l’avant de 60 kW (80 ch). L’autonomie théorique annoncée est de 250 km selon la norme WLTP, soit 15 km de moins que la voiture de Renault, une différence qui s’explique par un profil aérodynamique moins favorable. Cela reste toujours plus que l’ancien modèle et ce véhicule à vocation strictement urbaine n’aura pas de charge rapide à la base, un défaut hérité de la marque au losange. Il faudra monter en gamme et ajouter 500 € pour dépasser les 6,6 kW (seulement) de charge lente, pour passer à 11 kW en AC et 50 kW en DC, sur les bornes de charge rapide.
Cette option active aussi la charge bidirectionnelle (V2L), un bon point, même s’il faudra encore acheter un adaptateur en plus. Économies obligent, Dacia n’a pas opté pour une pompe à chaleur, même en option, ni pour la conduite à une pédale, autant de technologies que l’on retrouve sur la Twingo. En termes de confort, on note quand même la présence de sièges chauffants en option, ce qui est utile en plein hiver pour limiter le chauffage et donc améliorer l’autonomie. Ces efforts se retrouvent toutefois sur la note finale. Dacia affiche un prix de base à 17 900 €, hors coup de pouce qui devrait s’établir entre 3 620 € et 6 180 € selon les revenus des ménages.
Au mieux, on devrait ainsi pouvoir acheter une Spring à 11 720 €, un budget aujourd’hui imbattable pour une voiture électrique neuve. Pour ce tarif, il faudra se contenter de la variante de base, sans option, en blanc, et même sans le câble de charge pour la maison que le fabricant propose à 300 €, même si on trouvera nettement moins cher ailleurs. Le modèle plus haut de gamme débute à 19 400 € hors bonus et il ajoute quelques éléments de confort appréciables en 2026. Au programme : écran central associé à une caméra de recul (on a tout de même un radar de recul par défaut), ouverture des portes sans contact ou encore contrôle à distance grâce à l’app fournie par le constructeur. On peut noter le frein à main électrique ou encore la climatisation (manuelle seulement) sur toutes les versions, deux progrès par rapport à l’ancienne génération.
La nouvelle Spring sera produite dans l’usine slovène du groupe, là même où la Twingo sort des chaînes de production de Renault depuis quelques mois. C’est ce qui lui permet de recevoir les primes Coup de pouce, contrairement à l’ancien modèle venu de Chine. Les commandes sont d’ores et déjà ouvertes et si le fabricant ne s’avance pas sur des dates, les premières livraisons devraient intervenir rapidement.
Mise à jour à 18h52 : d’après des informations obtenues par nos confrères, Dacia envisagerait de produire la batterie en Europe à partir de 2027. Si c’est bien le cas, la prime augmenterait encore de 2 000 € en France, de quoi abaisser le prix de la voiture autour des 10 000 € en entrée de gamme et pour les ménages les moins aisés. La Twingo devrait être également concernée par cette production européenne.













