Le débat sur les risques de l’intelligence artificielle s’intensifie aux États-Unis. Alors que plusieurs figures de proue du secteur appellent à ralentir le développement des modèles les plus avancés, Donald Trump en a rajouté une couche. Lundi 14 septembre, le président américain a qualifié de « canular » les scénarios dans lesquels l’IA pourrait détruire l’humanité, tout en prenant Google pour cible à propos de ses investissements en Finlande.
Les investissements finlandais de Google dans le viseur
La critique porte cette fois sur les infrastructures. Le 9 septembre, Google a annoncé un investissement d’au moins 13 milliards d’euros en Finlande pour 2027 et 2028. Le programme comprend des centres de données et d’autres infrastructures numériques, destinés notamment à faire fonctionner Gemini, Search, Maps et YouTube. L’annonce de Google prolonge une présence de plus de quinze ans dans le pays.
Donald Trump demande au groupe de revoir sa décision. Dans une publication sur Truth Social, il affirme : « Google a récemment annoncé qu’ils voulaient construire une gigantesque usine en Finlande, uniquement parce qu’ils trouvent l’obtention des permis trop difficile aux États-Unis. Je ne suis pas content de cela et je veux qu’ils changent d’avis. »
Cette explication reste celle du président américain. Dans son communiqué, Google présente un renforcement de ses capacités en Finlande, sans annoncer le transfert d’un projet initialement prévu aux États-Unis.
La fin de l’humanité ? Un « canular », selon Trump
Les inquiétudes sur le développement de l’IA ont également suscité une réponse présidentielle. Samedi dernier, Dario Amodei a plaidé pour un ralentissement de l’amélioration des capacités des modèles. L’objectif : laisser davantage de temps aux travaux de sécurité et aux évaluations indépendantes.
L'improbable front commun de la Silicon Valley pour freiner l'IA
Sam Altman, chez OpenAI, et Elon Musk ont exprimé leur soutien à cette démarche. Demis Hassabis, de Google DeepMind, a lui aussi approuvé son orientation, tout en soulignant que les modalités restaient à préciser.
La réponse de Donald Trump s'est voulue lapidaire. Sur son réseau Truth Social, il a balayé ces avertissements apocalyptiques : « L’IA mettant la main sur le monde, détruisant l’humanité, et toutes les autres mauvaises choses, c’est un CANULAR », peut-on lire dans sa publication.
Holy crap POTUS just phoned in @JensenHuang live on stage at All In Summit
— Ben Pouladian ✈️ All-in Summit (@benitoz) September 14, 2026
We will not lose the ai race! And whatever Dario said this weekend won’t stop our progress
This made my morning!$NVDA pic.twitter.com/Sr4wV9kMfz
Cette conviction, Donald Trump l'a martelée en s'invitant par téléphone au sommet du podcast All-In, lundi 14 septembre. Alors que Jensen Huang, le patron de Nvidia, y participait, ce dernier a reçu un coup de fil du président américain. Ce n'était pas la première fois que Huang recevait un appel présidentiel pendant ses heures de travail, mais il a cette fois-ci pris le parti de placer son interlocuteur sur haut-parleur devant l'audience réunie pour l'occasion.
Sans filtre, la voix de Donald Trump a de nouveau qualifié de supercherie les craintes liées au développement de l'IA, assurant fermement à la foule que les robots ne prendraient pas le pouvoir. Face à cette tirade, Jensen Huang a endossé le costume de diplomate. Jouant la carte du consensus économique, le dirigeant a promis de veiller à ce que l'Amérique entière, des citoyens aux entreprises, sorte gagnante de cette course technologique, n'oubliant pas de rappeler à son interlocuteur qu'il s'adressait en direct à des milliers de personnes.
Car dans cette affaire, Donald Trump a surtout Pékin en tête. Dans un autre message publié sur Truth Social, il accuse la contestation de l'IA et des centres de données de faire le jeu de la Chine, avant de lancer : « CELUI QUI DOMINERA L’IA GAGNERA ! » Plusieurs patrons de la tech réclament un coup de frein, le président américain, lui, veut toujours accélérer.













