Le freinage d'urgence automatique peut parfois montrer ses limites : face à un obstacle surgissant trop vite, freiner en ligne droite ne suffit pas toujours à éviter le choc. Tesla ajoute une nouvelle couche de sécurité à son logiciel de conduite assistée FSD (Full Self-Driving Supervised) pour combler cette lacune, quitte à reprendre la main sur la direction sans que le conducteur l'ait demandé.
Une intervention possible même sans FSD activé
Baptisée Automatic Collision Evasion, cette fonction arrive avec la version 14.3.9 du FSD, en cours de déploiement progressif. Contrairement au freinage automatique classique qui se contente de ralentir le véhicule en ligne droite, le système peut désormais combiner freinage, accélération et braquage pour élaborer une trajectoire d'évitement, y compris un changement de voie ou un déport sur la bande d'arrêt d'urgence. De fait, il ne s’agit plus seulement de freiner d’un coup sec face à l’obstacle, mais de mettre en place une stratégie d’évitement.
Fait notable, cette intervention ne nécessite pas que le pilote automatique soit enclenché. Le logiciel peut se déclencher dans deux cas de figure : lorsqu'une collision frontale est jugée imminente et que le freinage seul ne suffira pas à l'éviter, ou lorsque les caméras intérieures détectent une inattention marquée du conducteur, voire une désactivation accidentelle du FSD.
FSD Supervised v14.3.9 starting to roll out shortly
— Tesla AI (@Tesla_AI) September 4, 2026
This release includes a new active safety feature set: FSD Supervised can now activate on your behalf when an imminent collision is detected and Automatic Emergency Braking (AEB) may not be enough.
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Reprendre le contrôle n'a rien d'intuitif
La manière de reprendre la main pendant la manœuvre mérite d'être détaillée, car elle diffère des réflexes habituels. Appuyer sur l'accélérateur reste sans effet tant que le système agit, et la pédale de frein ne fait qu'accentuer le ralentissement sans annuler l'évitement. Seule une contre-force appliquée directement au volant permet d'interrompre la manœuvre et de reprendre la conduite.
Cette fonction s'appuie sur la même architecture logicielle que le reste du FSD v14, dont le comportement a déjà posé question par le passé, entre embardées inexpliquées vers un fossé et un problème récurrent de freinages fantômes hérité de l'Autopilot. Un freinage intempestif reste désagréable ; un braquage intempestif change complètement la nature du risque. Tesla n'a pour l'instant communiqué ni sur le taux de faux positifs attendu, ni sur la possibilité de désactiver cette intervention, deux informations qui pèseront lourd dans la confiance que les conducteurs accorderont à ce filet de sécurité automatisé.
En France, le FSD demeure indisponible. Le gouvernement avait refusé son homologation en juillet, avant d'entrouvrir la porte début septembre avec l'autorisation d'essais routiers pour deux véhicules équipés du système. Un vote européen décisif est attendu le 6 octobre à Bruxelles, où le poids de la France pourrait s'avérer déterminant.
Tesla FSD en France : deux voitures bientôt testées, mais rien n’est encore gagné













