La FTC accuse Apple et d'autres constructeurs de restreindre les possibilités de réparation de leurs appareils

Mickaël Bazoge |

Après s'être intéressé de près aux pratiques de l'App Store, les autorités américaines pourraient trouver un autre angle d'attaque contre Apple : le droit à la réparation.

La FTC, la commission fédérale en charge du commerce, a produit un rapport sur le sujet qui n'est pas tendre avec le constructeur de Cupertino. Il est vrai que ce dernier exerce un lobbying agressif envers les États américains qui cherchent à faciliter la vie des utilisateurs voulant réparer eux-mêmes leurs appareils, ou en remplacer des composants.

Beaucoup de produits de grande consommation sont de plus en plus difficiles à réparer, déplore la FTC : « Les réparations demandent aujourd'hui des outils spécialisés, des composants difficiles à obtenir, et l'accès à des logiciels de diagnostic propriétaire. Le choix des consommateurs est limité quand ils ont besoin de faire réparer leurs produits ».

De plus, le fardeau financier des réparations de certains appareils, comme les smartphones, est plus lourd pour les communautés de couleur : ces dernières sont souvent moins bien loties financièrement, toutes n'ont pas nécessairement accès à une connexion internet à la maison alors qu'elles sont souvent plus dépendantes de leurs smartphones. À cela s'ajoute la problématique de la pandémie : les appareils sont beaucoup plus sollicités.

La FTC relève que même lorsque la garantie des produits n'exige pas explicitement une réparation réalisée par leurs constructeurs, beaucoup d'entre eux s'arrangent pour restreindre les possibilités de réparations indépendantes : la conception des appareils complique la réparation et la rend moins sécuritaire, les pièces nécessaires ne sont pas disponibles, il y a des verrous logiciels, la réparation annule la garantie…

Les constructeurs répliquent que ces restrictions ont été mises en place pour protéger leur propriété intellectuelle, et éviter les accidents. Apple sort régulièrement l'argument de la sécurité de l'utilisateur, non sans raison : même une opération relativement banale comme le remplacement d'une batterie demande de l'expertise (lire : 🔥 Chaud chaud le remplacement de batterie de l'iPhone 🔥 et Après la Suisse, l'Espagne : nouvelle évacuation d'Apple Store après l'incendie d'une batterie).

Apple apparait à plusieurs reprises dans le document, par exemple via iFixit, principal avocat du droit à la réparation, qui a expliqué à la FTC que les tactiques mises en place par le constructeur entravent les réparateurs indépendants et les consommateurs qui veulent effectuer des réparations basiques. Remplacer l'écran d'un iPhone par une dalle provenant d'un smartphone identique empêchera des fonctions comme True Tone de marcher correctement. Ces composants ne peuvent être réparés que par Apple ou son réseau agréé.

Le rapport de la FTC a été transmis au Congrès américain. La Commission estime ces restrictions « injustes » et demande que des mesures législatives soient prises pour rééquilibrer le rapport entre les consommateurs et les constructeurs. Apple cherche à faire bonne figure via son programme destiné aux réparateurs indépendants, récemment étendu au monde entier.

Néanmoins, Apple et les constructeurs n'ont pas fini de faire pression sur les législateurs. Dans le cadre du Pacte vert dévoilé en mars 2020, l'Union européenne veut en effet mettre en place un droit à la réparation pour les produits électroniques.


avatar byte_order | 

> Les constructeurs répliquent que ces restrictions ont été mises en place pour
> protéger leur propriété intellectuelle

Mais oui, comme si le concurrent qui voulait fouiner pour voir un peu comment c'est foutu la conception d'un iPhone, devoir le faire réparer forcément chez Apple s'il tombe en panne, cela ve disuader de fouiner...

Des iphones auscultés par des concurrents, doit y'en avoir chez chaque fabricant de smartphone.
Tout comme il y'a sûrement des smartphones concurrents qui sont auscultés chez Apple.
Et c'est pareil pour tout plein de produits. C'est hyper classique.

> Apple et les constructeurs n'ont pas fini de faire pression sur les législateurs.

Rien que pour des considérations écologiques, il est plus que tant que la pression change de camp.

avatar Steekus | 

@byte_order

👏👏👏

avatar Krysten2001 | 

@byte_order

Je serais curieux de voir le nombre de personne faisant cela. C’est plus pour faire de la com et créer un faux problème.

avatar YAZombie | 

@Krysten2001: si on se contente de parler des smartphones, de toute façon comme l'indique l'article les freins sont tellement grands et nombreux qu'il faut s'accrocher, et ça risque d'être peu rentable. Mais ça ne concerne pas que les smartphones. Aux US le mouvement pour le droit à la réparation a commencé à prendre de l'ampleur à cause des obstacles mis à la réparation des… tracteurs! Plutôt qu'immédiatement tomber dans des sottises franchement populistes, peut-être que s'informer un peu plus loin que le bout de son nez?

avatar byte_order | 

@YAZombie

Tout à fait.

Autant je comprends que l'intégration très compacte de certains produits, dont les smartphones, rend mécaniquement plus difficile leur réparation facile, autant les arguments des anti-réparabilité se servent de plus en plus de ce point pour justifier la pratique généralisé à l'anti-réparabilité à tous les produits, tous les secteurs.

Quand c'est difficile à réparer pour des raisons réellement techniques du au type de produit lui même, c'est techniquement difficile à réparer, donc couteux à réparer, et donc éventuellement pas rentable pour le consommateur.

Mais quand c'est difficile à réparer par pure volonté de la rendre artificiellement difficile, là, leurs arguments ne tient pas.

avatar byte_order | 

@Krysten2001

J'ai réparé mon aspirateur Dyson, un truc a plus de 400 euros soit disant garantie 10 ans mais dont le moteur a claqué sans raison particulière au bout de 3 ans. Impossible de trouver le moyen de le faire faire réparé par Dyson, qui ne vend plus ce modèle et renvoit à son catalogue pour faire le choix de son remplaçant.

Quelques jours de recherche sur le web plus tard, j'ai identifié la référence du moteur que Dyson utilisait comme fourniture à l'époque. 70 euros de moteur de rechange plus tard, l'aspirateur était réparé. C'était y'a 6 ans. Contre 70 euros, la durée de vie de l'appareil est 3x supérieure à ce que le SAV de Dyson aurait permis.

Ma première TV LCD Sony âgée de 8 ans vient de claquer. Pareil, rien en terme de SAV côté Sony ni côté réparateurs agréés par Sony. Ici encore, merci Internet, on découvre que la panne la plus fréquente à cet âge est côté alimentation, des capas qui meurent, un truc a quelques euros qu'il suffit de remplacer. Démontage, un fer à soudé, et elle remarche.

Un laptop Asus VivoBook acheté y'a 7 ans. Le ventilo a claqué. Pareil, rien côté SAV du constructeur. Internet, 10,99€ de pièce de rechange, 1h de démontage remontage, le pc du fiston continue sa vie.

L'alimentation de mon NAS QNAP lâche après 10 ans (on voit de suite la différence entre les constructeurs qui visent le grand public et ceux qui ont surtout des entreprises comme clients). SAV dispo, mais comme je trouve la pièce de rechange pour 3x moins cher, commande, démontage, remontage.

Perceuse visseuse Ryobi. Charbons morts au bout de 9 ans de travaux divers et variés.
Cout de réparation en SAV supérieur au prix de rachat d'un nouveau modèle qui n'apportera rien de plus, et dont les batteries ne sont pus compatibles avec mes autres outils Ryobi. Internet, pièce de rechanges 15€. Et c'est reparti pour des années d'usage.

Et je ne parle pas des 2-3 composants (alim, ventilo, connecteurs en façade ou à l'arrière) de mes PC desktops qui ont claqués et que j'ai pu remplacer sans devoir racheter un nouvel appareil, c'est une facilité de base des PC desktops ça...

Ah, certes, ni Dyson ni Sony ni Asus ni QNAP ni Ryobi n'ont gagné de l'argent, pire, c'est un manque à gagné pour eux. Mais, d'une part, mon avis sur ces marques ne s'est pas dégradé (à part Dyson, particulièrement hautain dans leur réponse) puisque je continue à pouvoir utiliser les produits que je leur ait acheté, et d'autres parts l'impact écologique est indéniablement plus faible ainsi. Tout en étant nettement plus économique pour moi. Bonus, je connais mieux comment sont foutu ces appareils, mes enfants aussi, un appareil n'est plus un truc lisse et magique uniquement défini par l'usage qu'il permet pour eux. Financièrement, j'aurais les moyens de simplement racheter, pourtant. Mais je préfère consacrer l'argent économisé ainsi à faire d'autres trucs plus sympa avec mes enfants que juste "consommer". Et je ne me sens pas passif vis à vis du "petit" problème écologique.

Pour finir : toutes les tablettes Android (Asus, Samsung) achetées y'a quelques 5-6 ans à mes enfants ont claqués dans les 2 années suivantes, à cause du connecteur microUSB essentiellement. Aucun réparateur intéressé (par assez rentable pour eux, car couts supérieurs à l'achat d'un nouveau modèle), je cherche un peu pour le faire moi même : tout est collé, les soudures du port sont inaccessibles sans devoir décoller l'écran, gros risque de casse de l'écran.
Résultat, j'ai jamais racheté de tablettes.

Je vis en province, les ateliers de réparation coopératifs explosent ici.
Tout le monde ne vit pas au coeur d'une cité accro à la surconsommation de biens conçus pour être non durables par pure raison mercantile.

avatar YetOneOtherGit | 

@byte_order

Ton retour d’expérience personnel est intéressant et rejoins mes pratiques de bidouilleur.

Reste la question fondamentale: quelle proportion de machines verrait son cycle de vie prolongé avec une meilleure “reparabilité”

Et en corollaire: quelle proportion de l’ensemble des parcs de machines bénéficierait de cela.

Je reste très dubitatif sur la réalité du pb qui serait à adresser en terme d’impact réel.

C’est vraiment chiant de n’avoir aucun chiffre sérieux.

avatar YetOneOtherGit | 

@byte_order

"Aucun réparateur intéressé"

Là tu pointes un enjeu, hors DIY cela concerne qu’elle proportion des machines rencontrant des pb ?

avatar byte_order | 

@YetOneOtherGit

Une cause est souvent que l'accès au réseau de pièce de rechange du constructeur et à son agréement est de plus en plus couteux, *quand* c'est même possible.
Le réparateur ne peut donc proposer ses services que sur les produits où il arrivera à le faire sans y laisser sa marge.

Concernant la proportion, comment répondre, les constructeurs eux même refusent de répondre en toute transparence.
Tout ce que je sais, moi, c'est que l'atelier de réparation coopératif que je fréquente est saturé depuis 1 an, et ce suite à un article dans le journal régional. On cherche un second local pour en ouvrir un autre...

avatar YetOneOtherGit | 

@byte_order

"toutes les tablettes Android (Asus, Samsung)"

Là est ton erreur 😈😂😉😉😉😉

avatar byte_order | 

@YetOneOtherGit
Oui. Mais c'est un risque que connait tout consommateur de faire une erreur sur la qualité réelle de ce qu'il achète.

Ce n'est pas pour autant un argument pour artificiellement rendre non réparable de plus en plus de produit, tout type de produit.

avatar YetOneOtherGit | 

@byte_order

"Oui. Mais c'est un risque que connait tout consommateur de faire une erreur sur la qualité réelle de ce qu'il achète."

J’ai toujours du mal à trouver comment te faire passer ce qui n’est pas du premier degré 😉

avatar byte_order | 

@YetOneOtherGit
Le clin d'oeil ne m'a pas échappé.
Je profitais juste de ma réponse pour souligner que le débat doit dépasser le stade de la défense de la crémerie qu'on préfère, l'ampleur des impacts de la non-réparabilité volontaire des produits conçus étant telle que cela concerne *toutes* les crémeries.

avatar YetOneOtherGit | 

@byte_order

"stade de la défense de la crémerie qu'on préfère"

Vraiment pas mon objectif, je m’interroge sincèrement sur la réalité de la taille du pb potentiellement adressé.

La crémerie que je préfère c’est une ultra-niche :

https://www.raptorcs.com/

🤗

avatar Krysten2001 | 

@byte_order

Quelle est la proportion de personnes faisant cela ?
Est-ce que les gens vont vraiment s’amuser à faire cela après 5-6 ans ?

Dommage qu’on n’ait pas de chiffre officiel. Dans mon entourage et je dis bien dans le mien, on ne s’amuse pas à chercher pendant des jours pour des pièces.

avatar byte_order | 

@Krysten2001
> Quelle est la proportion de personnes faisant cela ?

Plus qu'il y a 50 ans, en tout cas.
A l'époque, les gens utilisaient les services d'un réparateur spécialisé.
Car y'en avait beaucoup, à l'époque.

> Est-ce que les gens vont vraiment s’amuser à faire cela après 5-6 ans ?

La prochaine fois que mon aspirateur claque, je chercherais à nouveau la cause et si les pièces de rechange sont dispo, oui.

La seule chose qui peut faire changer cela, c'est qu'entre temps j'ai été convaincu de racheter un autre aspirateur, neuf.
Comme je n'observe pour l'instant rien de nouveau sur ce marché qui pourrait me convaincre que la nouvelle offre apporte vraiment quelque chose en plus par rapport à ce que j'ai déjà...

avatar YetOneOtherGit | 

@byte_order

"Plus qu'il y a 50 ans, en tout cas.
A l'époque, les gens utilisaient les services d'un réparateur spécialisé.
Car y'en avait beaucoup, à l'époque."

Loin d’être certain que cela revienne, les évolution technique rendent bien des diagnostiques et des réparations bien plus onéreuses et complexe que dans ce passé (Passage des composants discrets aux composants intégrés, passage aux CMS, passage au numérique, réduction drastique du nombre de composants…)

Ce qui reste réparable à faible coût (Connecteur, ventilateur, pièce d’usure…) présente peu de possibilités de business florissant pour les réparateur.

J’ai dans ma famille vécu la fin de la rentabilité du métier de réparateur/installateur indépendant de TV, Antennes, Hifi, Électroménager … je doute fort que les conditions d’un tel business revienne sachant en plus que souvent l’économie reposait aussi sur une activité de vente qui elle n’a aucune possibilité de revenir.

avatar byte_order | 

@YetOneOtherGit

J'ai dit plus haut (ou bas, je sais plus) que pour les produits dont les contraintes de non-réparabilité viennent pour des raisons réellement techniques, c'était parfaitement compréhensible, que le sujet c'est quand les contraintes sont artificielles.

Au dela, y'a le sujet de l'addiction des gens à des objets tellement intégrés qu'ils ne peuvent effectivement qu'être très peu réparable. Pour ce type de produits, la durée de vie et le recyclage doit être observé de près afin d'éviter d'avoir un marché de plus en plus conséquents de produits jetables à duré de vie limitée, surtout si cette limite est artificiellement installée.

Et enfin, ce n'est pas parce que certains produits sont devenus tellement complexes et intégrés que leur réparabilité est moins importante désormais que leur recyclage effectif qu'il faut pour autant valider que *tous* les autres produits soient de moins en moins réparables pour des raisons purement artificielles au seul bénéfice du constructeur.

avatar YetOneOtherGit | 

@byte_order

Là nous nous rejoignons et au final il me semble que le matériel informatique est loin d’être celui où il y a le plus de gain à escompter dans l’avenir.

avatar YAZombie | 

@byte_order: désolé, rien à voir mais je crains que tu ne reviennes plus sur l'article https://www.macg.co/aapl/2021/05/apple-vs-epic-apple-ne-veut-pas-du-modele-android-121235 où je t'ai mis une question (5e page de coms), si tu as le temps et peux me répondre je t'en serai reconnaissant 🙏

avatar byte_order | 

@YAZombie

J'ai répondu.

avatar pacolapo | 

T'a déjà eu dans les mains des appareils Apple réparés par des tiers ? C'est flippant comment le travail est bâclé dans beaucoup de cas et après, le pauvre utilisateur avec son produit défectueux, va pleurer chez Apple.

Tu parles écologie, mais tu crois vraiment qu'un petit réparateur comme les stands " Save " dans les galeries commerciales recyclent proprement les composants usagées ?

Je parle surtout pour une batterie, qui c'est bien connu, contient que des bonnes choses pour la nature.

Apple veut bien des réparateurs indépendants, mais demande un minimum de chose pour un agrément, faut que ce soit quelque chose de sérieux.

avatar byte_order | 

@pacolapo

Votre réaction ne portant aucune sur les points de mon commentaire auquel vous répondez, je ne sais quoi vous répondre.

Je répèterais donc que le sujet ne concerne pas, loin de là, que le seul segment de produits dans lequel Apple est présente, que quand la réparation n'est pas possible pour des raisons réellement techniques le réseau de recyclage doit être présent obligatoirement, mais que quand la réparation n'est pas possible pour des raisons uniquement artificielles, le régulateur doit faire son boulot pour protéger de manière équilibrée les intérêts des consommateurs, pas uniquement ceux des constructeurs.

avatar CorbeilleNews | 

Ecologie / respect de l’environnement / profits ont beaucoup de mal à aller ensemble

A qui profite les profits avec la bénédiction des acheteurs qui surcautionnent (ceux qui changent de matériel car ils en ont les moyens tous les moins de 5 ans, 10 ans pour les voitures...)

A qui revient de payer les conséquences écologiques ??? Ceux qui ne veulent ou peuvent pas changer

Et après les plus fortunés se plaindront de payer trop d’impôts

Les moins fortunés et moins consommateurs se plaignent-ils de payer aussi pour le bilan catastrophique écologique hérité des autres ?

Fortunes et disparités salariales MONDIALES vont de pair avec pollution

avatar Steekus | 

@CorbeilleNews

« Fortunes et disparités salariales MONDIALES vont de pair avec pollution »

D’accord à 1000%!
👏👏👏

avatar Sindanárië | 

C’est un complot !
Je le savais !
Salauds !
Le supplice de l’airtag s’impose sur les dirigeants de ces entreprises !
🍿

avatar CorbeilleNews | 

@Sindanárië

Le complot de la bêtise, on voit ou pas selon que cela arrange ou dérange là ou cela nous mène ...

Mieux vaut en rire que d’en pleurer, le second au moins on sait qu’on le fera quand il sera trop tard 🤧

avatar IsaPain | 

@CorbeilleNews

Le sarcasme ( de Sindanárië entre autres…) pour tenter de désamorcer une bombe qui va nous péter à la tronche d’ici peu, c’est pas la meilleure des solutions.

Bravo CorbeilleNews pour ce petit moment de vérité qui dérange certains ici présents … 🙈🙉🙊

avatar Paul Position | 

Le problème ne se cantonne pas uniquement dans le domaine de compétence d'Apple.
En effet dans le milieu automobile, les constructeurs protègent également leur propriété intellectuelle, mais peu à peu les digues cèdent. Les pièces de rechange existent déjà depuis longtemps sur le marché de seconde monte, certaines sont même strictement identiques aux pièces d'origine — et pour cause le fabricant qui les vend en rechange, les fabrique également pour le constructeur !
Il reste un dernier bastion sur lequel s'arcboutent les marques auto françaises (chaque pays, a, sur ce point, des législations différentes) : les pièces de carrosserie qui, dessinées par les constructeurs ne pouvaient être vendues sur le marché de la rechange, en arguant de la propriété intellectuelle. Seules, donc, les marques peuvent fournir ces pièces et elles profitent grassement de ce monopole ! Mais, à l'initiative des acteurs du marché de la rechange, les choses sont en train de bouger et le législateur se penche sur ce état de fait.
Apple, pourrait également être contrainte à lâcher du lest sur ce point, et ainsi permettre des réparations moins onéreuse pour le consommateur, en fournissant des pièces d'origine ou en étant obligé de laisser ses fournisseurs les vendre pour le marché indépendant de la réparation.

avatar Adodane | 

Ils ont que ça à faire ces politiques européens …

avatar byte_order | 

@Adodane
Si c'est du second degré, bravo.
Sinon, cherchez FTC sur Google...

avatar YetOneOtherGit | 

@Adodane

"Ils ont que ça à faire ces politiques européens …"

Essayes encore 😂😂😂😂

avatar AppleDomoAdepte | 

« Les constructeurs répliquent que ces restrictions ont été mises en place pour … éviter les accidents. »

Vrai, les normes permettant de vérifier qu’un équipement n’est pas dangereux pour un utilisateur font le distinguo entre l’utilisateur lambda et la personne formée pour intervenir.

Les vis spéciales sont là par exemple pour éviter que M et Mme tout le monde ouvrent un produit et ne mettent les doigts là où il faut pas.

avatar byte_order | 

Genre... dans un business juteux ?

avatar Inconnue 67 | 

@byte_order

Bonne réponse ! 🤑👍

avatar Silverscreen | 

Je suis partagé : j’ai plusieurs fois réparé du matos Apple avec des pièces achetées sur le web, m’évitant de coûteuses réparations sur des produits anciens.
A l’inverse, les techniciens du SAV Apple voient un nombre incalculable de clients se pointer en Apple Store avec des iPhones comportant des pièces contrefaites ou changées par de petits réparateurs et qui ont des composants d’origine définitivement endommagés par l’intervention. Pourtant ça reste à Apple de changer gratuitement ces appareils encore sous garantie…

Et la facilité à changer soi-même les pièces d’un appareil électronique n’est pas forcément un gage d’écologie (on se rappelle des batteries amovibles supplémentaires des ordis et téls portables des années 90). Vaut-il mieux un appareils durable ou réparable (avec ce que ça comporte de fragilité vs du tout soudé/intégré) ?
Sans parler du risque inhérent aux batteries Li-Ion

Le mieux serait d’imposer à Apple de fournir en pièces d’origine les réparateurs qui le désirent avec un cahier des charges contraignant (mais moins qu’actuellement) et les sites de réparation plus « amateur », uniquement pour des appareils qui ont quelques années et ne seront de toutes façons plus couverts par une garantie. À l’exclusion des batteries (dangereuses, toxiques, à recycler)

avatar bibi81 | 

Vaut-il mieux un appareils durable ou réparable

Un produit réparable est durable, pourquoi les opposer ?

Et la facilité à changer soi-même les pièces d’un appareil électronique n’est pas forcément un gage d’écologie (on se rappelle des batteries amovibles supplémentaires des ordis et téls portables des années 90)

Oui très pratique, 2 minutes pour changer la batterie et une seconde vie offerte (ou plus) à l'appareil.
J'ai changé la batterie de mon laptop, smartphone, téléphone DECT au lieu de racheter du neuf. Et quand c'est prévu c'est très simple.
Si aujourd'hui c'est dangereux de changer une batterie c'est parce que cela a été fait pour.

avatar occam | 

@bibi81

> « Un produit réparable est durable, pourquoi les opposer ? »

> « Si aujourd'hui c'est dangereux de changer une batterie c'est parce que cela a été fait pour. »

👍

avatar House M.D. | 

@bibi81

« Un produit réparable est durable, pourquoi les opposer ? »

Raisonnement erroné : un appareil réparable n’est pas à considérer comme systématiquement durable. On peut faire un appareil facilement réparable, s’il tombe en panne tous les 2 jours, croyez-moi qu’il ne faudra pas longtemps avant qu’il parte à la case poubelle (jaune de préférence, mais c’est encore une fois pas systématique…).

« Oui très pratique, 2 minutes pour changer la batterie et une seconde vie offerte (ou plus) à l'appareil. »

Ce qu’entend notre précédent commentateur, c’est le fait que certes les batteries étaient facilement remplaçables, mais que malheureusement les anciennes une fois usées ne finissaient pas systématiquement au recyclage, avec beaucoup d’utilisateurs les mettant à la poubelle standard, ce qui est une hérésie écologique (et économique, mais passons). Alors qu’avec un passage obligatoire par la case SAV pour changer une batterie, les professionnels réalisant cette opération ont pour obligation de les envoyer dans un réseau de traitement spécialisé pour ce type de déchet.

avatar occam | 

@House M.D.

"On peut faire un appareil facilement réparable, s’il tombe en panne tous les 2 jours, croyez-moi qu’il ne faudra pas longtemps avant qu’il parte à la case poubelle"

Raisonnement contredit par l’expérience empirique :

• un appareil qui tombe en panne tous les 2 jours disparaît très vite du marché ;
• un fabricant de tels appareils disparaît lui aussi très vite du marché (sauf à étrangler ce marché par d’autres moyens) ;
• un appareil conçu pour être réparable est généralement conçu pour une certaine durée de vie : toute l’infrastructure du SAV et la gestion des pièces de rechange serait onéreuse si les pannes étaient fréquentes, surtout en période de garantie.

La pratique montre que les appareils conçus pour être réparables bénéficient d’un soin de conception et de fabrication supérieur à ceux qui ne le sont pas.

avatar House M.D. | 

@occam

Ce qui n’empêche tout de même que réparable n’est pas systématiquement durable. On n’a pas parlé de performances de ventes, dans l’équation.

D’ailleurs, un appareil réparable mais pas durable? Un avion de chasse. Les pièces sont changées extrêmement fréquemment, il n’est donc pas durable. Mais très fortement réparable.

avatar occam | 

@House M.D.

> "un appareil réparable mais pas durable? Un avion de chasse. "

Merci de cet exemple qui mine le fondement de vos propos ; je n’en espérais pas tant.

1. Les avions, a fortiori les appareils de chasse soumis à une usure extrême (accélérations/décélérations et régimes moteur extrêmement élevés, charge thermique, etc.) sont assujettis à une contrainte impérative : la sécurité du fonctionnement, en toutes conditions.

2. Pour cette raison essentielle, aucun composant ne doit en principe atteindre en vol sa limite de défaillance. En termes statistiques, la limite des défaillances tolérables ne recouvre qu’une très courte traine à gauche de la courbe de distribution.

3. Néanmoins, nombre de composants remplacés sont inspectés, réparés ou/et reconditionnés, testés et certifiés pour une nouvelle durée d’utilisation déterminée, sujette à un nouveau cycle d’inspections.

À l’aune des impératifs de sécurité continue du fonctionnement, de l’usure par rapport à la durée d’utilisation et des marges opératives de sécurité obligées, les avions militaires modernes sont d’une réparabilité — et d’une modularité — exemplaire, qui leur confère une durée effective de service inimaginée lors de leur vol inaugural.

Donc, la durabilité. Dans leur contexte opératif.
À moins que vous n’entendiez comparer un F-16 et l’Elevador de Santa Justa, en service depuis 1902, électrifié depuis 1907.

avatar House M.D. | 

@occam

Moui, on voit que vous n’avez jamais été dans l’AA, et donc n’avez jamais été confronté aux réalités du terrain… vos belles théories elles s’écroulent rapidement une fois confronté aux caprices de ces bestioles…

avatar Silverscreen | 

@House M.D.

Merci. C’était bien le sens de mes propos

avatar bibi81 | 

On peut faire un appareil facilement réparable, s’il tombe en panne tous les 2 jours, croyez-moi qu’il ne faudra pas longtemps avant qu’il parte à la case poubelle

Alors c'est que la réparation est mauvaise.

Ce qu’entend notre précédent commentateur, c’est le fait que certes les batteries étaient facilement remplaçables, mais que malheureusement les anciennes une fois usées ne finissaient pas systématiquement au recyclage, avec beaucoup d’utilisateurs les mettant à la poubelle standard, ce qui est une hérésie écologique

C'est vrai, du coup maintenant c'est tout le smartphone qui part à la poubelle.

Alors qu’avec un passage obligatoire par la case SAV pour changer une batterie, les professionnels réalisant cette opération ont pour obligation de les envoyer dans un réseau de traitement spécialisé pour ce type de déchet.

Oui ils ont l'obligation (comme nous avons l'obligation de ne pas jeter les piles/batteries usagées dans la poubelle)... As-tu déjà entendu parler des décharges sauvages ?
Bref il a ceux qui font bien et ceux qui font mal aussi dans le milieu professionnel.

avatar House M.D. | 

@bibi81

« C'est vrai, du coup maintenant c'est tout le smartphone qui part à la poubelle. »

Peut-être pour un petit Android à 200€, mais vu le tarif d’un iPhone, c’est pas très fréquent de le jeter directement, ou alors faut me donner l’adresse des inconscients !

« Oui ils ont l'obligation (comme nous avons l'obligation de ne pas jeter les piles/batteries usagées dans la poubelle)... As-tu déjà entendu parler des décharges sauvages ? »

Dans le bâtiment, oui. Dans l’informatique, c’est quand même beaucoup moins fréquent !

avatar CorbeilleNews | 

@bibi81

👍🏻👍🏻👍🏻

avatar House M.D. | 

@Silverscreen

« A l’inverse, les techniciens du SAV Apple voient un nombre incalculable de clients se pointer en Apple Store avec des iPhones comportant des pièces contrefaites ou changées par de petits réparateurs et qui ont des composants d’origine définitivement endommagés par l’intervention. Pourtant ça reste à Apple de changer gratuitement ces appareils encore sous garantie… »

Pour le coup non, les techniciens Apple sont formés à reconnaître une bidouille salement faite sur les appareils, et à part gentillesse du manager, ça ne passe pas… en tout cas dans les 5 ans où j’étais Genius il était hors de question de prendre en garantie un appareil ouvert comme un malpropre ;)

avatar Silverscreen | 

@House M.D.

Depuis un peu moins de deux gens, ça a changé. Apple prend en charge les appareils qui contiennent certaines pièces contrefaites, à condition que ce soit sans risque pour le technicien

avatar House M.D. | 

@Silverscreen

Ah… assouplissement j’imagine dû au mécontentement d’une clientèle ne comprenant pas que son appareil n’est plus garanti du fait d’une pièce non d’origine… regrettable, parce que ça n’éduque pas le client aux bonnes pratiques, mais logique d’un point de vue commercial…

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