Tesla a publié un message sur X pour célébrer la dix-millionième voiture sortie de ses chaînes de production. C’est une Model Y produite à Fremont, l’usine californienne historique du constructeur spécialisé dans l’électrique, qui a été choisie pour symboliser ce jalon. C’est un chiffre impressionnant pour une entreprise qui a fêté son 23e anniversaire il y a peu de temps et qui a multiplié sa production par dix en six ans. Néanmoins, cela reste décevant quand on en juge au gros coup de frein du fabricant ces dernières années.
Si Tesla est née en 2003, son premier véhicule a été produit en 2008, voire 2012 si l’on considère que la Model S est le premier modèle conçu intégralement par l’entreprise. Il a fallu attendre le printemps 2020 pour atteindre le premier million, signe des débuts compliqués, à une époque où l’électrification était une nouveauté et une rareté sur le marché. À partir de là, la production explose pendant quelques années : environ 500 000 en 2020, quasiment un million en 2021 et 1,84 million en 2023, le pic historique. Depuis, cette dynamique exceptionnelle qui avait conduit Elon Musk à comparer son entreprise à Toyota en termes de volumes1 s’est brisée.
En 2024, puis de nouveau en 2025, Tesla a produit moins que l’année d’avant. Même si 2026 devrait retrouver la croissance, notamment grâce à un trimestre record lié à la hausse des prix sur les carburants, on ne devrait pas dépasser les chiffres de 2023. La croissance annuelle de 50 % semble bien être dans le rétroviseur du fabricant, conséquence de plusieurs choix directement liés à son patron.
Pour la première fois de son histoire, Tesla a moins produit en 2024 que l’année d’avant
Tesla confirme la baisse de ses ventes en 2025, sans perspective de rebond
La hausse des prix des carburants a propulsé Tesla vers un trimestre record
C’est Elon Musk en effet qui a choisi d’abandonner l’idée de créer une voiture plus petite, moins chère et mieux adaptée au marché européen, au profit de l’autonomie. Il a préféré à la place tout miser sur la conduite autonome, un pari dangereux et qui ne s’est pas concrétisé jusque-là. Le chef d’entreprise promet l’arrivée de la conduite entièrement autonome tous les ans depuis dix ans. Les progrès du logiciel maison ont beau être incontestables, on est encore au stade d’un assistant à la conduite et non d’un outil capable de rouler vraiment sans personne derrière le volant. Si le Robotaxi est effectivement produit au Texas, il attend toujours le logiciel indispensable à son bon fonctionnement.
La production de voitures individuelles ne semble plus intéresser Tesla
Tesla aurait mis de côté sa voiture moins chère au profit de l’hypothétique Robotaxi
En parallèle, les trois véhicules qui restent en vente trahissent de plus en plus le manque d’investissements du constructeur. Si les Model 3 et Model Y sont toujours d’excellentes propositions sur le marché actuel, c’est surtout en raison de leurs prix bas. La concurrence rattrape son retard sur le plan technique, et pas seulement en Chine. Pour ne donner qu’un seul exemple, les Tesla sont désormais des voitures qui chargent lentement sur le marché, y compris face à des modèles européens. L’époque où l’entreprise maintenait son avance technologique en innovant continuellement semble elle aussi révolue.
Quant au Cybertruck, c’est un échec commercial cinglant, avec moins de 10 000 exemplaires produits chaque trimestre. Tesla a une capacité de production annuelle qui dépasse les 2,375 millions de véhicules, d’après ses propres chiffres. Même lors d’une bonne année comme l’actuelle, c’est un demi-million supérieur aux ventes, ce qui illustre bien le problème. L’entreprise texane pourrait produire et vendre bien plus, mais ce n’est pas le cas, en grande partie à cause (d’une succession de mauvais choix) de son CEO.
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Le milliardaire a régulièrement promis 50 % de croissance annuelle, pour arriver aux alentours des 20 millions de voitures produites chaque année à l’horizon 2030, soit à peu près le double de ce qui sort tous les ans des usines du géant mondial japonais. ↩︎













