Tesla célébrait hier la production de 10 millions de véhicules depuis sa création en 2003. Dans la foulée, le Wall Street Journal suggérait que toutes les options seraient sur la table pour fusionner le fabricant automobile avec SpaceX, y compris la vente de son usine chinoise qui est pourtant essentielle aujourd'hui. Si Elon Musk a réfuté la rumeur sur X, la qualifiant de « fake news absurde », ce ne serait pas la première fois qu’il mentirait, et surtout, un rapprochement entre SpaceX et Tesla poserait effectivement problème en Chine.
Le constructeur exclusivement électrique dispose actuellement de quatre lieux de production principaux1 : son usine historique de Fremont en Californie, la plus récente « Gigafactory » au Texas, l’unité de production située près de Berlin et enfin une usine à Shanghai, en Chine. Elle produit des Model 3 et Model Y qui sont destinées tant au marché local qu’au monde entier : les berlines entrée de gamme de Tesla vendues en Europe viennent toutes de Chine depuis 2021, par exemple. Sa capacité de production annuelle frôle le million et elle produit chaque année environ la moitié de ce que l’entreprise vend.
Dans ces conditions, s’en séparer n’aurait guère de sens pour un constructeur qui veut vendre des véhicules en grand volume et la réponse d’Elon Musk se justifie tout à fait. Néanmoins, cela fait bien longtemps que le milliardaire ne s’intéresse plus vraiment au marché de la voiture individuelle. Son intérêt se porte maintenant vers l’intelligence artificielle et les robots autonomes, qu’ils soient sur quatre roues comme le Cybercab, ou bien humanoïdes comme Optimus. Ce n’est pas un secret d’ailleurs : Tesla a sacrifié ses deux voitures historiques, les Model S et Model X, pour produire à la place des robots.
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La Gigafactory de Shanghai perd alors de son intérêt. Elle ne produit que des Model Y et Model 3 destinées à des conducteurs humains, même si leur logiciel tend vers la conduite entièrement autonome, et elle pourrait bloquer tout espoir de fusionner Tesla avec SpaceX. Même si ce n’est pas encore explicitement son objectif, Elon Musk ne nie pas que ce serait une option quand on lui pose la question. C’est logique avec sa vision, lui qui a déjà vendu xAI à SpaceX, qui veut transformer X en « super app » capable de tout faire, et qui rêve de centres de données IA dans l’espace et de robots autonomes envoyés sur Mars par ses propres fusées.
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Plus terre à terre, le gouvernement chinois ne verrait pas la fusion entre Tesla et SpaceX d’un bon œil, comme le rappelle l’article du Wall Street Journal. Le spécialiste des fusées réutilisables est aussi un sous-traitant pour l’armée américaine et l’usine de Shanghai pourrait très bien être convertie pour produire tout autre chose que des voitures. De la même manière, le gouvernement américain, qui représente plus de 20 % du chiffre d’affaires de SpaceX en 2025, ne voudrait pas travailler avec une entreprise aussi impliquée avec la Chine.
Si l’opération doit être menée à bien, il faudra forcément modifier l’organisation du constructeur et toutes les solutions seraient envisagées en interne, d’après le quotidien. Les responsables de Tesla considéreraient la création d’une entité indépendante qui continuerait de produire pour ses propres besoins, mais les options plus radicales resteraient ouvertes, comme une vente de l’usine. Cela impliquerait sans doute de sortir du marché chinois, qui est pourtant le deuxième dans le monde pour l’entreprise, après les États-Unis.
En réalité, Elon Musk chercherait déjà depuis longtemps à réduire sa dépendance à la Chine, selon nos confrères. Il aurait déjà cherché des solutions pour ne plus dépendre du pays pour les cellules LFP, moins chères et de plus en plus utilisées, ni de TSMC (potentiellement menacé par la Chine) pour les puces indispensables aux voitures modernes. L’objectif en interne serait de ne plus utiliser de pièces chinoises à l’horizon 2027, au moins pour la production destinée à l’Amérique du Nord. En parallèle, Tesla aurait été organisée de manière à séparer au maximum la branche chinoise du reste de l’entreprise, pour se protéger en cas de problème géopolitique.
Malgré ces préparatifs, Tesla dépend encore largement de la Chine en 2026. Quitter entièrement le pays aurait des conséquences significatives sur les volumes de production, un choix d’autant plus étonnant que les ventes ont repris dernièrement, notamment poussées par la récente hausse de prix sur le carburant.
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Il y en a plusieurs autres de plus petite taille aux États-Unis, comme au Nevada où l’entreprise produit des batteries et bientôt son semi-remorque, ou encore près de New York, pour les Megapacks (grosses batteries de stockage destinées aux réseaux électriques). ↩︎













