À l’heure où l'industrie automobile se livre une course acharnée pour accoucher du premier véhicule réellement autonome, Ferrari prend le contre-pied absolu. N'espérez pas acheter un jour une sportive au cheval cabré capable de se conduire toute seule : Maranello s'y refuse catégoriquement.
Le pilote, seul maître à bord
C’est, du moins, la position farouchement défendue par son patron, Benedetto Vigna. Lors d'un récent entretien accordé au média australien Drive, le dirigeant a mis les choses au clair : l'avenir de la marque ne passera pas par l'autonomie. La raison est d'une simplicité désarmante : une Ferrari est conçue exclusivement pour le pilotage manuel et le plaisir brut.
« Nous ne fabriquerons pas de voitures entièrement autonomes, je le dis haut et fort, a-t-il affirmé. Nous voulons que ce soient les humains qui s'amusent, pas les puces électroniques. Nous tenons à conserver un volant, avec un homme ou une femme derrière. Autrement, pourquoi achèteriez-vous une Ferrari ? »
Il faut bien admettre qu'une berlinette italienne n'est pas vraiment l'outil idoine pour les trajets pendulaires. Mais l'histoire nous a appris à nous méfier des promesses définitives du constructeur. Souvenez-vous de février 2016 : interrogé sur la possibilité de voir un SUV au catalogue, Sergio Marchionne, alors grand patron, avait rétorqué qu'il faudrait lui passer sur le corps. Quelques années plus tard, la firme dévoilait pourtant le Purosangue, habilement marketé comme un « FUV » (pour Ferrari Utility Vehicle) afin de sauver les apparences.
Ferrari Luce, quand le cheval cabré se laisse atteindre par la fièvre du Bauhaus
Le curieux parallèle avec Tesla
Reste que sur ce point précis du plaisir de conduite, le discours de Ferrari fait étonnamment écho à celui d'Elon Musk lorsqu'il évoque le Roadster, cette Arlésienne électrique présentée il y a près d'une décennie. Le patron de Tesla tient des propos singulièrement similaires sur la philosophie de son futur modèle sportif :
« La sécurité n'est pas l'objectif principal. Si vous achetez une Ferrari, la sécurité n'est pas votre priorité absolue. Ce que je dis, c'est que si la sécurité est votre but premier, n'achetez pas le Roadster… Nous ferons en sorte de ne tuer personne avec cette voiture. Ce sera la meilleure, mais aussi la dernière des voitures conduites par des humains. La toute dernière. »
Au petit jeu des fiches techniques, la confrontation entre ces deux visions de l'automobile est particulièrement instructive. Sous le capot, les deux monstres flirtent avec des puissances démesurées : la Ferrari revendique 1 035 chevaux, quand sa rivale électrique promet de dépasser allègrement le millier. Là où l'italienne s'affiche à 640 000 $, la californienne promet de casser les prix avec un ticket d'entrée autour de 250 000 $.
Mais c'est sur le bitume que la différence se creuse. Le Roadster pulvériserait l'exercice du 0 à 100 km/h en 1,1 ou 1,9 seconde selon les versions, laissant la Ferrari sur place avec ses 2,4 secondes. L'américaine promet également de franchir la barre vertigineuse des 400 km/h en vitesse de pointe et d'offrir une autonomie frôlant les 1 000 kilomètres, quand l'italienne plafonne à environ 312 km/h avec un rayon d'action de 450 kilomètres.
🚨 Tesla Roadster vs. Ferrari Luce
— TESLARATI (@Teslarati) June 5, 2026
Price - $250,000 vs. $640,000
Horsepower - 1,000+ vs. 1,035
0-60 MPH - 1.1s OR 1.9s vs. 2.4s
Top Speed - 250+ MPH vs. 194 MPH
Range - 620 miles vs. 280 miles https://t.co/uEgswwVLeD pic.twitter.com/XcP58ZRO6Z
Sur le papier, l'avantage est net, le match tourne à la démonstration de force en faveur de Tesla. À un détail près, et non des moindres : contrairement à la Ferrari, on attend toujours de savoir quand le Roadster daignera sortir des chaînes de production. Un menu détail qui, pour l'heure, donne tout de même l'avantage du réel à l'Italie...













