La France s’est officiellement positionnée sur la question du déploiement de la conduite entièrement automatique (supervisée), l’assistant à la conduite avancé de Tesla. C’est en réponse à une question citoyenne sur le site officiel Agora que Philippe Tabarot, ministre des Transports, a délivré l’information. C’est un refus net : le fabricant américain va devoir revoir sa copie sur plusieurs points s’il veut espérer introduire la fonctionnalité dans l’Hexagone et dans plusieurs autres pays de l’Union européenne.
Le FSD (Supervised), comme il est nommé très officiellement outre-Atlantique, a déjà été validé sur le sol européen dans plusieurs pays, en commençant par les Pays-Bas au printemps dernier. Cette première incursion sur le continent a conduit à quelques extensions supplémentaires : la Lituanie, l’Estonie, le Danemark et enfin la Belgique en juin dernier ont tous suivi. Pour autant, l’autorisation sur l’ensemble du territoire de l’Union européenne est loin d’être acquise, comme ce panneau stop lancé par la France en témoigne bien.
La conduite entièrement autonome (supervisée) de Tesla autorisée aux Pays-Bas
Philippe Tabarot prend soin de souligner que la France n’est pas opposée aux systèmes de conduite autonome, comme celui que Tesla espère proposer. Le refus répond à plusieurs problèmes bien connus du système américain, à commencer par son manque de respect du code de la route. En particulier, le FSD peut dépasser la vitesse autorisée lorsque la voiture juge que la circulation environnante en fait autant.
Cette caractéristique étonnante de l’assistant à la conduite est une conséquence de la culture américaine, qui juge les panneaux de vitesse plus comme des suggestions que des limites légales. Le ministre indique ainsi que le logiciel peut faire avancer la voiture jusqu’à 50 % plus vite qu’autorisé dans certains cas, ce qui voudrait dire rouler à 75 km/h en ville ou encore à 120 km/h sur une départementale. Si c’est interdit pour les humains, les robots ont encore moins d’excuse pour ne pas respecter les règles.
Permis de conduire : le FSD de Tesla est déjà trop « humain » pour l'avoir
Même si ce premier point assez évident est corrigé par Tesla, il restera un autre défaut à combler pour que la France accepte de valider la fonctionnalité. Les autorités ont aussi jugé pendant leur évaluation que le suivi de l’attention du conducteur n’était pas suffisant, si bien que la voiture pouvait évoluer sans supervision humaine. En théorie, la caméra intérieure, placée sous le rétroviseur, doit surveiller en permanence que le pilote regarde bien la route devant lui. En pratique, ce n’est pas toujours suffisant et ce manque d’attention peut être très dangereux, tout particulièrement sur nos routes généreusement semées de ronds-points.
Enfin, le gouvernement rappelle que le FSD n’est pas une conduite entièrement autonome, contrairement à ce que le département marketing du constructeur laisse fortement entendre. Le conducteur reste l’unique responsable en cas d’accident et cet outil reste strictement un assistant à la conduite. Dans ces conditions, la proposition de Tesla devra répondre à un niveau d’exigence plus élevé, tout comme celle de ses concurrents.
C’est le message optimiste finalement délivré par Philippe Tabarot dans sa communication. En association avec quinze autres pays européens, dont l’Allemagne, la France espère homologuer les premiers véhicules pour la conduite autonome dès 2027. Un constructeur devra passer un ensemble de tests communs pour que son système soit validé dans tous ces pays et les premières autorisations pourraient arriver dès l’année prochaine. Est-ce que Tesla participera ? Si la firme d’Elon Musk n’a pas encore eu l’occasion de s’exprimer à ce sujet, cela dépendra sûrement des exigences, notamment sur la question de la responsabilité.
D’ici là, il faudra se contenter de fonctionnalités réduites, avec un assistant à la conduite qui ne fonctionne qu’en dehors des villes. Même si le FSD n’est pas disponible en France, les nouveaux clients doivent malgré tout payer 99 € par mois s’ils veulent la suite complète d’aides, les options payées une seule fois et l’EAP intermédiaires ayant disparu du configurateur, comme partout ailleurs.
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