Comment en 210 jours le Mac est passé du PowerPC aux processeurs Intel

Florian Innocente |

« Apple a mené à bien cette transition vers les processeurs Intel en sept mois seulement. 210 jours pour être exact », déclarait Steve Jobs le 7 août 2006. Ce jour-là, Apple annonçait ses premiers Mac Pro et Xserve basés sur des processeurs Intel, des Xeon. L'épilogue d'une migration menée à marche forcée pour effacer le PowerPC d'IBM des Macintosh. La fin — encore une fois — d'une époque chez la Pomme.

Alors qu'Apple semble décidée à se relancer dans une migration de grande ampleur pour ses ordinateurs — cette fois en troquant les puces d'Intel pour des processeurs Arm, cousins de ceux des iPhone, iPad et Apple TV — il n'est pas inutile de rappeler comment s'est déroulée sa précédente transhumance.

En route vers Intel

Le 23 mai 2005, le Wall Street Journal vend la mèche et parle d'une annonce probable de Steve Jobs le 6 juin sur l'abandon du PowerPC au profit d'Intel. Le quotidien ajoute que cela pourrait faciliter l'installation de Windows sur Mac.

Steve Jobs et Paul Otellini, le patron d'Intel

L'une des deux sources du WSJ suggère aussi qu'Apple ne cherchera pas à vendre séparemment un Mac OS X Intel pour les PC. Commentaire d'une porte-parole de la Pomme devant ces informations, elle les range « dans la catégorie des rumeurs et spéculations ».

Le 6 juin, lors de la WWDC, Jobs annonce bien le grand chambardement à venir pour la plateforme Mac. Cette fois Apple n'a pas reculé. Au début des années 1990, un projet mené avec Novell, ainsi qu'avec le soutien d'Intel, a consisté à tester le Système 7 sur une architecture x86. Mais le patron d'Apple de l'époque, Michael Spindler, préfèrera remiser ce projet "Star Trek" pour concentrer les efforts vers le passage du 68K au PowerPC.

Si l'on est client d'Apple de père en fils, c'est la troisième transition de processeur à laquelle on assistera (et l'on ne parle même pas de "l'épisode" de la bascule vers Mac OS X). Au vu de la manière dont se sont passées les précédentes (c'est-à-dire plutôt bien), on accueillerait presque cette nouvelle avec philosophie, voire un certain détachement ou pourquoi pas avec impatience.

Les promesses ratées du PowerPC

Bloomberg, qui a fait retentir les cloches pour annoncer cette transition Arm, parle d'une arrivée des premiers Mac sans processeur Intel pour 2020.

Lors de la précédente transition, Apple a procédé en deux temps : elle a d'abord vendu pour 999 $ aux éditeurs un "Developer Transition Kit" avec Xcode capable de compiler pour x86, un Mac Pro contenant un Pentium à 3,6 GHz ainsi qu'un Mac OS X Tiger en cours d'optimisation (lorsque ce Mac OS X a été dévoilé lors la WWDC, ce n'est qu'après l'avoir détaillé que Steve Jobs révéla que sa démo avait fonctionné sur un Pentium 4 installé dans un Power Mac).

Ensuite, Apple a accompagné ce mouvement par des rafales de nouvelles machines équipés des premières vagues de processeurs Intel Core Solo, Core Duo puis Xeon. La grande affaire à ce moment là était que ces processeurs contenaient plusieurs cœurs, synonymes de puissance accrue. Les communiqués de presse pour les premiers MacBook Pro et MacBook Intel n'évoquaient même pas l'autonomie de ces machines ! Il n'y en avait que pour les gains en puissance comparé au G4.

Les comparatifs de performances brutes entre les PowerBook G4 et leurs successeurs sur Core Duo : de 2 à 5 fois plus rapides

Dans sa justification pour aller vers Intel, Jobs avait néanmoins bien insisté sur le ratio performances/consommation plus avantageux : « Nous avons comme projet de vous faire des produits étonnants et nous ne savons pas comment y parvenir avec la feuille de route promise par le PowerPC ». Intel garantissait une importante réserve de puissance avec une consommation électrique bien mieux tenue. Jobs encore : « Dans les années à venir, le PowerPC devrait nous donner environ 15 unités de performance par watt mais la feuille de route d'Intel nous en offre 70 ». Dont acte : au revoir IBM, bonjour Intel.

L'urgence était de prouver que le Mac, qui un temps avait repris l'avantage sur le Pentium avec le G3, allait revenir dans la course en adoptant le même moteur que ses concurrents. Ce qui ne ferait pas du Mac un autre PC, promettait Apple dans sa pub, mais un meilleur Mac.

En ce milieu des années 2000, Apple avait retrouvé de sa superbe. Les iMac cartonnaient, les PowerBook étaient parmi les meilleurs portables du marché, Mac OS X avait remis Apple en selle face à Windows, l'iPod était un succès planétaire et financier.

Tout était presque parfait, si ce n'est que la Pomme se trouvait dans une impasse quant à sa stratégie processeur, avec un PowerPC G5, le mieux qu'IBM pouvait lui fournir, inadapté aux portables, trop gourmand pour leurs batteries.

Il arriva même un moment où les meilleurs PowerBook G4 étaient incapables de lire correctement des vidéos QuickTime H.264 en 720p, seuls les Power Mac G5, iMac G5 ou les PC du moment avaient les muscles nécessaires. Humiliant et surtout gênant alors qu'Apple devait être en train de plancher sur le MacBook Air — produit majeur s'il en est — qui sortirait deux ans plus tard.

Jamais Apple n'a pu faire la démonstration d'un PowerBook G5. Steve Jobs s'en désola le jour de l'annonce de la migration, tout comme il concéda volontiers que sa promesse d'un Power Mac atteignant la barre symbolique des 3 GHz ne s'était jamais matérialisée. Apple était dans une impasse et seule une alliance avec l'ancien adversaire pouvait éviter au Mac de verser dans une ornière.

Direction Intel, pied sur le plancher

Pour rendre cette transition plus digeste auprès des utilisateurs, Apple avait conçu Rosetta, un logiciel intégré dans le système capable de faire fonctionner des applications PowerPC sur des Mac Intel, le temps que ces logiciels soient complètement réécrits et abandonnent leur compatibilité avec le PowerPC. Entre les deux états on a connu les applications dites "Universelles", contenant du code PowerPC et du code Intel. Les nouvelles puces Core Duo d'Intel offrant un surcroît de puissance non négligeable, les applications PowerPC tournaient à vitesse raisonnable sur ces Mac de nouvelle génération.

La page décrivant Rosetta, « le logiciel le plus étonnant que vous ne verrez jamais »

Le premier semestre 2006 fut un feu d'artifice de lancements de machines. Entre l'annonce au monde de la migration à la WWDC 2005, et la présentation des premiers Mac Intel — des iMac et des MacBook Pro 15" Core Duo — le 10 janvier 2006, six mois seulement s'étaient écoulés (les portables furent disponibles en février, avec des fréquences plus élevées que celles annoncées initialement).

Fin février, ce fut le tour des Mac mini Core Solo et Core Duo. Début avril, surprise du chef, Apple sort Boot Camp : une assurance pour les utilisateurs de PC qu'ils pourront goûter à leur tout premier Mac sans abandonner Windows. Fin avril, arrive le PowerBook 17" Core Duo. 7 août, mission accomplie, la transition matérielle est achevée avec la présentation des Mac Pro et Xserve sur Xeon 64 bits.

En à peine plus d'un an, Apple aura basculé son système d'exploitation, ses applications, cinq familles de Mac et des éditeurs petits et grands vers l'architecture Intel.

Les premiers Mac Intel arrivent en janvier 2006

En 2007, arrive Mac OS X Leopard, qui maintient une compatibilité PowerPC. En 2009, c'est le tour de Snow Leopard mais l'OS exige maintenant un processeur Intel. Au moins fait-il toujours fonctionner Rosetta. En 2011, Mac OS X Lion tire un trait sur Rosetta mais aussi sur les premiers Mac Intel de 2006, les Core Duo et Core Solo. Toujours en 2011, les ultimes Mac PowerPC sont retirés de la liste des machine pouvant être réparées par les circuits de SAV agréés. Six ans après la grande annonce, le PowerPC a vécu chez Apple.

À la lueur des épisodes passés, l'hypothèse d'une nouvelle grande migration peut être envisagée avec un certain optimisme. Aucune n'est identique à la précédente, mais Apple est pour le moins rompue à l'exercice. Tous ces déménagements se sont plutôt bien passés dans l'ensemble. Il y a toujours un peu de casse, des côtés plus rugueux, mais ces affres sont limitées, temporaires. Le résultat n'a jamais été décevant, on n'a rien perdu en abandonnant les processeurs 68000, puis Mac OS 9, puis le PowerPC.

Avant de basculer officiellement vers Intel, Apple avait pris soin de compiler chacune des nouvelles versions de Mac OS X pour l'architecture x86, en plus du PowerPC, « juste au cas où », plaisanta Steve Jobs (sans dire qu'à l'origine tout cela fut grandement facilité par l'initiative d'un seul ingénieur, lire : OS X sur Intel : aux origines du projet Marklar).

Qui imagine que les mêmes précautions n'ont pas été prises depuis quelques années avec des macOS fonctionnant sur puces Ax ? Surtout qu'en concevant ses propres processeurs, Apple peut les modeler précisément à ses besoins.

Cela illustre à quel point la situation d'aujourd'hui est différente de celle d'hier. Il y a 13 ans, se jeter dans les bras d'Intel revenait à signer une sorte d'assurance-vie. Oui Apple perdrait de sa singularité. Il y aurait un peu de raffut dans les rangs, chez ceux qui n'avaient que mépris pour Intel, tout comme il y eu du mouvement et des éclats de voix lorsque Steve Jobs signa la paix avec Bill Gates en 1997. Mais la Pomme a su continuer à proposer des Mac gardant une forte personnalité (quitte à bien se tromper parfois).

Une vie sans Intel

Une décennie plus tard, Intel reste le maître des ordinateurs personnels mais ses fondations s'affaiblissent. Le fondeur a loupé le coche de l'extrême mobilité (lire : Otellini revient sur les loupés d'Intel avec l'iPhone et les mobiles).

Il est présent dans les iPhone mais seulement au travers de ses modems. Une place qu'il doit partager avec Qualcomm et dont la viabilité sur le long terme n'est même pas garantie, si d'aventure Apple se sentait prête à utiliser des composants radio conçus par ses soins. Même Microsoft essaie de détacher Windows de son ancien et plus fidèle allié, avec des premiers résultats mitigés (lire : Le premier PC Windows 10 sur ARM est un escargot).

Jusqu'au milieu des années 2000, on aurait eu peine à imaginer un monde des ordinateurs personnels sans Intel. Depuis l'avènement de l'iPhone, d'Android et de la place prise par ces "non-PC" dans notre quotidien, cette perception s'est troublée. Intel vit encore largement de ses ventes de puces pour PC, mais elles déclinent et c'est son activité dans les centres de données qui a le vent en poupe. Le fondeur se qualifie lui-même aujourd'hui d'entreprise "data-centric" plutôt que "PC-centric".

Chaque sortie d'une nouvelle génération de processeur Ax, avec systématiquement des bonds en performances, est l'occasion d'atténuer l'idée que l'on se fait de la suprématie du fondeur. Ce qu'Apple traduit par une question ingénue dans sa pub pour l'iPad Pro : « C'est quoi un ordinateur ? ».

En 2005, lorsqu'Apple s'affranchit d'IBM, le Mac pesait 45 % de son chiffre d'affaires annuel : 6,2 milliards sur un total de 13,9 milliards de dollars. Aujourd'hui, le Mac a représenté seulement 11,2 % du CA de l'année écoulée.

Ce qui ne veut pas dire que cette possible transition peut être menée la fleur au fusil, avec insouciance. Le Mac c'est tout de même un business annuel de 25,8 milliards de dollars en 2017 (21 milliards d'euros), c'est plus de la moitié de celui de Facebook (40 milliards). On voit toutefois à quel point l'enjeu est différent et la dépendance d'Apple vis-à-vis de cette activité sensiblement moindre.

Avantage supplémentaire pour la Pomme, elle peut s'appuyer sur 10 ans de pratique des processeurs Arm. Elle a construit avec iOS un gigantesque écosystème logiciel et dispose d'une armée de développeurs tiers aguerris à cette architecture.

Les conditions techniques d'une telle transformation du Mac restent à préciser mais les premiers concernés, les éditeurs, ne sauteront pas dans l'inconnu (lire : Marzipan : est-ce une bonne idée d'unifier les apps iOS et macOS ?). Avec les Mac Intel tout était à (re)faire, aujourd'hui une bonne partie du chemin est déjà faite.

Est-ce qu'à l'exemple de 2005 Apple annoncera en juin prochain son projet d'abandonner Intel ? Ou laissera-t-elle sans réponse cette question qui sera sur toutes les lèvres ? Bloomberg dans son article parle d'une première livraison de machines Arm à l'horizon 2020, on est loin du sprint couru par Apple en 2006. Pendant ce temps, soit environ 18 mois, il faudra écouler des machines dont l'architecture est condamnée.

Est-ce que les ventes de Mac PowerPC ont souffert de l'annonce de Jobs ? Pas franchement. Pendant les six mois qui ont suivi sa déclaration d'amour à Intel, Apple mena ses affaires comme si de rien n'était. Elle lança l'iBook G4, l'iMac G5 et des Power Mac G5 Dual et G5 Quad. Au dernier trimestre 2005 elle annonça avoir vendu 1,2 million de Mac (PowerPC) soit 1 % de plus qu'au trimestre précédent et 20 % de plus que sur la même période de 2004. On a vu pire désaveu pour des machines en sursis. Financièrement toujours, Bank of America Merrill Lynch estime qu'Apple pourrait commencer par économiser 500 millions de dollars vis-à-vis d'Intel en commençant par basculer la moitié de sa gamme la première année.

L'annonce de la migration vers Intel a été suivie par le lancement de plusieurs Mac G4 et G5 qui se sont bien vendus.

Pour le client final, devant pareille situation il peut y avoir deux approches lorsqu'il est en pleine réflexion d'achat. Soit de reporter à plus tard pour ne pas investir sur une architecture vouée à s'en aller. Soit de jouer au contraire la sécurité, avec une plateforme rodée, qui recevra quelques mises à jour système majeures et sera prise en charge pendant plusieurs années encore.

Ce qui amène une autre question, quelle machine recevra une puce Arm la première ? Bloomberg parle des portables. Logique si l'on considère que ce sont ceux qui auraient le plus à gagner (pour l'autonomie) et qui n'ont pas besoin de faire étalage d'une grande puissance (si l'on pense à des machines comme le MacBook et le successeur attendu du MacBook Air).

Apple pourrait faire un joli coup en lançant rapidement une grosse machine, puissante, sur une base Arm. On pense au futur Mac Pro, mais il arrivera l'année prochaine. Une approche plus raisonnable pourrait consister à installer des Arm dans les portables et rester sur Intel pour les Mac les plus puissants, jusqu'à ce que les puces d'Apple soient en mesure de rivaliser avec des Xeon ou gros Core i7/i9 (lire : Intel : Core i9 pour portables et cœurs supplémentaires pour de futurs Mac).

Autre supputation, quid du Mac mini dont l'avenir ne paraît pas complètement bouché si l'on en croit Phil Schiller ? On se prend à rêver d'un nouveau "Developer Transition Kit" qui serait l'occasion de présenter un Mac mini refait de neuf et démontrant toutes les capacités de la plateforme Arm. Apple, cette semaine, a promis le Mac Pro pour 2019 mais elle n'a pas eu un seul mot pour cette petite machine.

Quel avenir ensuite pour Windows sur Mac si Intel en est chassé ? Il y a une dizaine d'années cela a permis de provoquer des switch de clients lassés par Windows, par Vista, par les virus. Est-ce que dans les années à venir, si iOS déverse sa logitechèque sur macOS, une absence de Boot Camp serait préjudiciable pour le Mac ? Est-ce que les efforts de portage de Microsoft de Windows 10 sur Arm peuvent servir les intérêts d'Apple par ricochet ?

Enfin, une dernière interrogation, mais c'est celle qui précède toutes les autres, qu'est-ce qu'une telle transition apportera in fine ? Pour Apple on comprend que c'est la garantie de ne plus dépendre d'Intel pour l'évolution de ses ordinateurs et ses plannings de lancements. Si l'iPhone, avec lequel elle réalise l'essentiel de ses bénéfices, a pu fonctionner sans ce fondeur, pourquoi pas le Mac ?

La migration vers Intel a permis il y a dix ans de lancer une machine comme le MacBook Air, dont on connaît l'impact pour Apple et l'informatique portable. Quel serait "le MacBook Air" d'une génération de Mac sur Arm ? Les portables tels qu'on les connaît aujourd'hui sont déjà ultra-fins et légers. Leur autonomie n'est pas si mauvaise et si personne ne se plaindra de gagner quelques heures de plus, on peut espérer d'autres inovations.

Est-ce qu'Apple se contentera de porter macOS sur une architecture nouvelle ou en profitera-t-elle pour en revoir plus profondément l'interface, les interactions possibles ? Y aura-t-il matière à apporter de tout nouveaux designs matériels ?

Beaucoup de questions, des hypothèses à foison mais il ne reste plus longtemps à attendre pour avoir les premières réponses, la conférence des développeurs est dans seulement deux mois.

avatar umrk | 

C'est très bien de votre part de rappeler cette histoire, que n'ont pas vécu beaucoup de vos lecteurs actuels.... Et vous le faites très bien ....

Sur un autre sujet (mais toujours historique), je pense que vous devriez rappeler "aux jeunes générations" (qui n'étaient alors pas encore nés !) les machines "combo" (DuoDock), tentative de marier le monde (alors tout nouveau) des portables, avec les machines de bureau. Ce n'était pas une mauvaise idée (sur le papier ...(acheter une machine au lieu de deux était tentant, à l'époque où celles-ci valaient presque l'équivalent de 10 000 Euros ...)), mais cela n'a pas marché (je pense que cela ne POUVAIT pas marcher (et encore, à l'époque, pas question d'écran tactile !....)) , et cela compte pour beaucoup dans la politique d'Apple de ne plus essayer de marier des mondes différents..... (ceci pour tout ceux qui reviennent à la charge sur d'hypothétiques iPad sous OS X ...)

avatar umrk | 

Merci pour le lien !

avatar pfx | 

C’est donc plus le moment d’acheter du Mac neuf, au risque de voir ces gammes obsoletes plus rapidement que les suivantes !

avatar C1rc3@0rc | 

@pfx

«C’est donc plus le moment d’acheter du Mac neuf, au risque de voir ces gammes obsoletes plus rapidement que les suivantes !»

Clairement, c'est pas le moment d'investir dans des ordinateurs, tablettes ou smartphone.

Deja il y a le fait que tous les processeurs Intel sont pourris par les failles Meltdown et Spectre.
Ces failes sont inscrites dans le silicium et reposent sur une mauvaise conception de l'architecture profonde des x86: les x86 sains ne seront pas disponibles avant 2019.

Coté smartphone se pose aussi le probleme du batterygate.
Les dizaines de class action lancées vont obligatoirement aboutir a une reforme profonde de la conception des futurs produits mobiles pour qu'ils n'exposent plus Apple a des condamnations et des sanctions financieres...

On voit aussi de plus en plus d'indices montrant qu'Apple est en train de changer profondément sa structure de conception.
Apple communique sur la (re)creation d'un pole professionnel s'attelant a evaluer et concevoir des produits en rapports aux besoins des professionnels.

Apple veut aussi communique aussi de l'importance du marché educatif - un retour apres un long abandon ici aussi...

Cela va a l'inverse de la tendance instaurée depuis 2012, ou Ive seul decide arbitrairement des caracteristiques et natures des nouveaux produits... avec des ratages qui donnent lieu a des excuses publiques venant meme de Cook...

Apres il y a aussi la berezina logicielle avec MacOS HS 10.13 et l'epouvantable iOS 11.

Et la face a la debacle Federighi semble avoir decidé de prendre le taureau par les cornes et de changer radicalement la structure et le fonctionnement de la production logicielle...

C'est trop tard pour MacOS 10.13 et iOS 11 mais toute l'energie semble mise sur iOS 12 et MacOS 10.14, qui "gelent" les nouveautés au profit de la fiabilité et de l'efficacité.

Donc oui, il est urgent d'attendre 2019 avant d'envisager un investissement informatique...

avatar totoguile | 

Et si justement le futur macpro était ce mac de transition ?
Apple parle de lien étroit entre les usagers et les ingénieurs: pour optimiser au mieux, faire des instructions taillées pour les pros dans un cpu c’est le top

avatar huexley | 

"Et si justement le futur macpro était ce mac de transition ?"

Franchement le marché auquel s'adresse ce Mac aime *PAS VRAIMENT* voir pas du tout, essuyer les plâtre et jouer les beta testeurs.

avatar totoguile | 

On parle d'un outil pour les pros, pas d'une plateforme générique.
Un exemple concret http://www.canonrumors.com/the-history-of-canons-cine-servo-50-1000mm-lens/ : canon a développé une optique pour ce réalisateur dans son usage spécifique.
Apple fait du HW et du SW : un final cut pro optimisé par un ARM (ou/et l'inverse), idem pour logic ... dans ce cas, pour un pro, tu peux espérer des performances en rupture par rapport à l'existant et donc tu ne crains pas d'essuyer les platres, parce que le gain est bien plus important.

avatar C1rc3@0rc | 

@totoguile

Historiquement, les essuyeurs de plâtres a chaque transition, ce sont les developpeurs.

Lors de la transition Motorola 68k vers PowerPC, il y a eu 3 vagues de developpeurs qui ont "encaissés" la bascule. La premiere a ete des dev "strategiques" en contrat betonné qui ont developpés du soft sur des preversions de MacOS sur station IBM RS 6000. Les premiers Mac PowerPC n'existaient pas encore.
La seconde vague a eu droit aux premiers protypes finalisés et ont fait decouvrir les produits et l'enorme puissance des PowerPC lors de la WWDC. La 3eme vague ce sont les dev post-WWDC qui ont pu acquerir les premier Mac PPC dediés et ont travaillé sur les logiciels pour la presentation publique du Mac PPC...

Pour le passage PowerPC > Intel ça a ete assez similaire, mais plus rapide. Il ne faut pas oublier que les fondations de MacOS X etaient celles de NeXT Step qui etait multiplateforme et tournait depuis des annees sur Pentium.

On remarque d'ailleurs la tres grosse difference entre cette epoque et ce qui se passe depuis 2012.
Avant 2012 les developpeurs etaient des partenaires privilegiés d'Apple qui participaient a l'elaboration des produits. Ils avaient acces aux prototype et des preversions dediées.

Depuis 2012 ce n'est plus le cas. On l'avu avec la debacle de l'Apple watch, les developpeurs ont eu acces a la tocante uniquement lors des preventes publiques. Meme chose avec l'iPhone X...

Hormis les développeurs, les premiers acheteurs ne sont pas les gens qui ont un usage productif de leur matériel. Ceux-ci vont attendre que les matériels et logiciels soient stables, fiables et efficaces.

On l'a vu avec la transition Intel, pour les usages en production le parc PowerPC a continué de se développer et a duré alors que les machines GP etaient toutes en 2eme ou 3eme generation Intel.

Et pour rappel la transition Intel a ete faite non pas a cause de la puissance mais pour 3 criteres:
- consommation dans les portables
- désengagement de Motorola et refus d'Apple de financer un G5 "portable"
- incapacité de financer le developpement d'un processeur mobile POWER4.

Apple misait tout sur les portables et le G5 etait un POWER4 d'IBM limité pour fonctionner dans une tour de bureau.
Le POWER4 d'IBM etait en effet un processeur conçu pour station de travail haut de gamme et serveur.

Apple n'a jamais voulu/pu financer la conception d'un processeur pour desktop et a fortiori pour portable et IBM s'est limité a fournir une version bridée pour equiper les PowerMac et Xserve.

On a vu par la suite que les possibilités d'adaptation du POWER4 allaient tres loin - du moment qu'on y mettait les moyens - avec notamment le Cell a 8 core et 3,2Ghz qui equipait la Playsation 3 en... 2006 puis la Xbox 360 et d'autres consoles ainsi que des stations de travails Linux et des supercomputer (version a 4Ghz) ou encore des systemes embarqués.
https://en.wikipedia.org/wiki/Cell_(microprocessor)

avatar totoguile | 

Apple a la pro workflow team, pour justement coller au mieux à ces besoins. Pour le grand public, Apple a déjà 10 ans d'expériences des usages avec l'iPhone

avatar huexley | 

tu dois avoir la mémoire courte, je t'invite à lire la salade qu'Apple avait pondu pour la sortie du MacPro tube, chat échaudé ;-)

Pour le moment a part des jolis mots qui sortent d'un bullshit generator (disponible sur internet) je vois rien de concret actuellement. le "pro workflow team" c'est typiquement le genre de truc qui m'inquiète.

avatar C1rc3@0rc | 

@huexley

Tu as raison mais tout de meme, la reconstitution de la "pro workflow team" merite au moins le benefice du doute.

Bien sur l'iMacPro est une ineptie, mais cela demontre une volonté qui resulte d'une prise de conscience et d'une démonstration dans l'urgence que l'ingenierie d'Apple - debarassée des connerie de la direction de Ive - peut faire des choses extraordinaires dans un delai tres court.

Je vais attendre de voir ce que seront les prochains Mac Mini, Macbook Air, Macbook Pro et avec un interet tout particulier pour le Mac Pro. Soit Apple reussi a reinjecter l'ADN originel dans ces machines pour les ressusciter et les debarasser des gadgets inutiles (comme la tOuch bar) et dimension absurde (MacPro poubelle de Ive) soit le Mac est definitivement mort.

Apple a gagné un double sursit avec d'une part l'exercice de contrition publique, l'iMacPro et la reconstitution de la "pro workflow team" et d'autre part grace a Intel et ses processeurs pourris par Spectre et Meltdown.

On va donc esperer pour la Keynote de juin ou de septembre au plus tard des Macbook Air remis a niveau et des MacMini a 6 core dignes successeurs de l'increvable MacMini serveur de 2012 et enfin des Macbook Pro sans Touch Bar et avec de la connectique.

avatar totoguile | 

@C1rc3@0rc
Je pense que cela prendra une année de plus et qu'on verra une annonce ARM sur Mac en 2019.

Je pense également qu'Apple travaille justement avec les vendeurs de logiciels Pro pour cette migration. Apple a identifié quelques catégories de Pro "Ternus explique qu'Apple se concentre sur les effets visuels, l'édition vidéo, l'animation 3D et la production musicale."
Apple va bosser sur ses logiciels et sur ceux d'autres fournisseurs logiciels pour optimiser leurs produits sur ARM. A noter que toutes ces catégories ont des logiciels fonctionnant déjà sur iPad.
Je pense que si Apple veut faire une migration vers ARM, il faut frapper un grand coup, et travailler sur des cas d'usages.
La modularité sera aussi bien plus simple à gérer pour Apple si elle se fait avec ses propres composants et si elle ne dépend pas de Nvidia/AMD: je pense qu'Apple est en train de bcp travailler sur la partie graphique pour le futur.

Cette année, ce qu'il va falloir scruter de près, c'est l'évolution des Axx dans les iPhones et les performances graphiques.

avatar totoguile | 

Dernier petit détail: pourquoi Apple doit attendre 2019 pour sortir un macpro??? Pourquoi autant de temps ?

avatar fte | 

@totoguile

Parce qu’ils sont en quête mystique d’une perfection de forme, et aussi parce qu’ils sont depuis longtemps déconnectés de la réalité.

Ces délais énormes peuvent avoir deux origines : la quête mystique n’atteindra jamais la perfection recherchée, ou j’espère c’est le temps nécessaire de désintoxication pour arrêter de planer et redescendre sur terre et livrer enfin un machin qui fait le job.

avatar pocketalex | 

@totoguile

après Apple qui va arriver avec des CPU ARM capable de remplace les Xeons... on a Apple qui va arriver avec des solutions graphiques capables de remplacer AMD/nVidia

Ben on aura tout lu ici ^^

avatar fte | 

@pocketalex

Remplacer AMD, peut-être, d’autant que c’est ce qui serait à remplacer.

Remplacer Nvidia, par contre, c’est pas pour demain, encore que ça n’a pas d’importance vu qu’on a de toute manière pas d’option Nvidia crédible.

avatar Lecorbubu | 

@huexleyau

Au regards des nombreuses déconvenues vues avec le précédent Mac Pro ce serait extrêmement gonflé de le faire en effet. Après d’un autre côté ces machines ont pour vocation à rester de nombreuses années sur le bureau et si Apple loupe le coche l’année prochaine on peut penser que la transition vers ARM pour cette gamme n’arrivera pas avant quelques années.
Mais si Apple fait le choix de choisir cette machine comme figure de proue il va falloir marquer les esprits avec une offre logicielle forte impliquant nécessairement un travail en étroite collaboration avec les éditeurs maître du secteur que sont Adobe, Microsoft, Autodesk et bien d’autres.

Si cela est le cas ça peut tenir la route, et si les résultats sont concluants cela aura le mérite de rassurer tout le monde et d’éviter le discours déjà bien essoré consistant à douter de l’efficacité des puces issues du mobile portées sur Mac. Preuve en est, dès que l’on parle des benchs des iPad Pro ou derniers iPhone comparés aux performances des Mac les circonspects restent nombreux, et pas forcément à tord.

Lancer les processeurs ARM sur un Mac mini ou MacBook provoquera forcément le même type de réaction, car n’importe qui s’intéressa un peu au sujet sait que faire tourner une machine grand publique avec cette architecture n’est pas un gros problème, le vrai défi est de parvenir à porter ces composants dans la sphère pro et de tenir la distance dans des usages intensifs.

Personnellement je ne suis pas un as de l’informatique, mais lorsqu’on observe la courbe d’évolution des processeurs Apple d’une année sur l’autre on peut penser que ce challenge est à leur portée. Affaire à suivre donc.

avatar Carbonized | 

Les logiciels Pro de 3D, image et vidéo sont déjà mal optimisés pour OSX, donc s'ils doivent être réécrits entièrement pour OSX ARM avant 2019...

avatar C1rc3@0rc | 

@Carbonized

«Les logiciels Pro de 3D, image et vidéo sont déjà mal optimisés pour OSX, donc s'ils doivent être réécrits entièrement pour OSX ARM avant 2019...»

Il y a 2 choses a considerer:
- Apple a verrouiller le devellopement de telle sorte qu'il est tres difficile de passer outre les API standard.
- les soft 3D reposent massivement sur 3 technos: Nvidia, ActiveX et OpenGL (et Vulkan en train d'arriver en masse). Trois absents de l'univers Apple.

Ça veut dire que d'une part une application ecrite selon les canons d'Apple se reccompilera sans demander beaucoup de travail en natif sur ARM. Dons a priori pas de souci de transition, au plus un peu d'optimisation sur les parties critiques qui exploitent des specificités des x86...

Mais pour le 2eme point on est sur une impasse totale.
Encore le passage d'OpenGL a Vulkan pouvait laisser esperer une amelioration, mais Apple - pourtant membre de la Kronos org - ne supportant pas Vulkan, a tué tout espoir d'avoir des performances au niveau de ce qui se fait sous Windows et Linux.
Le pire etant l'absence des techno Nvidia, reference dans les secteurs graphique et du GPGPU, qui empeche de considerer MacOS comme une option possible actuelement et pour l'avenir.

avatar pocketalex | 

"Et si justement le futur macpro était ce mac de transition ?"

Donc Apple aurait dans ses cartons un CPU ARM digne de rivaliser avec les xeons 8C, 10C et 18C ?

Intéressant ...

avatar totoguile | 

Si tu imagines un processeur avec le même TDP que le XEON, je pense que tu peux en enquiller des cores ARM et/ou augmenter la fréquence et/ou ajouter des blocs d'IP spécifiques pour le traitement d'image/3D/...
Je ne sais pas si Apple a dans ses cartons des CPU pouvant rivaliser avec les xeons, mais je ne doute pas que cela puisse etre possible, voir même les dépasser en performance.
Des Serveurs linux ARM64bits, ca existe déjà depuis un bail.

avatar pocketalex | 

@totoguile

tu sais, moi, je suis comme saint thomas ... je ne crois que ce que je vois

Et de CPU ARM Apple pour laptop/desktop/station de travail, je n'ai RIEN vu

Et de CPU ARM de la puissance d'un A11 (un peu de dessous niveau perfs), et qui fait tourner un Windows, j'ai vu, vu que ça vient de sortir, et j'ai constaté : 3x moins puissant qu'un core-m de Macbook

Je te raconte pas le veau ....

Mais ça n'empêche pas les gens ici et ailleurs de nous expliquer qu'Apple va basculer d'architecture .. on a pas la queue d'un CPU capable de remplacer un core-m ou un core-i5 entrée de gamme, mais on discute d'un prochain Mac Pro sous ARM qui va remplacer les Xeons

Ben oui, évidemment...

avatar huexley | 

Vivement l'article sur la transition du 68K vers le PPC !

avatar powerjaja | 

Que de souvenirs !

« on n'a rien perdu en abandonnant les processeurs 68000, puis Mac OS 9, puis le PowerPC »

C’est très vrai mais quand même j’ai le souvenir que le passage de Mac OS 9 à Mac OS X fut tout de même un peu plus houleux.
La première version « Cheetha » était de l’ordre de l’inutilisable et Puma était bien meilleure mais restait une jolie bêta.

Le passage du PowerPC à Intel fut dans mes souvenirs bien plus impressionnant de part son « non événement » d’un point de vu utilisation. Et ce grâce à Rosetta, totalement invisible et transparent pour l’utilisateur. Une véritable prouesse d’Apple.

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