Les palettes entières de Mac mini et de Mac Studio écoulées auprès des spécialistes de l’IA donnent des idées à Apple. D’après The Information, la Pomme travaille sur un projet de serveurs maison destinés aux entreprises.

Deux formats seraient à l’étude. Le plus petit regrouperait deux futures puces M8 Ultra, tandis qu’un modèle plus imposant en embarquerait quatre. Les puces Ultra constituent aujourd’hui le sommet de la gamme Apple Silicon : elles associent deux puces Max pour former un ensemble beaucoup plus puissant. La dernière en date, la M5 Ultra, équipera le nouveau Mac Studio disponible à partir de la semaine prochaine.
Pour faire travailler plusieurs puces Ultra ensemble, Apple envisagerait d’utiliser NVLink Fusion, un ensemble de technologies de Nvidia comprenant notamment des commutateurs, des chiplets et des logiciels destinés à accélérer les échanges entre puces dans les centres de données.
Ces serveurs professionnels ne seraient pas commercialisés avant 2029, si le projet arrive bien jusqu’au bout. Il bénéficie néanmoins d’un soutien de poids, puisque John Ternus aurait encouragé son développement il y a un an environ, lorsqu’il dirigeait encore l’ingénierie matérielle. Il y verrait une occasion d’étendre les puces maison à un marché en pleine effervescence.
Des images volées d'un « Xserve 2026 » à base de puces Apple M5
Apple conçoit déjà ses propres serveurs pour le Private Cloud Compute, son infrastructure chargée d’exécuter dans le cloud les traitements d’IA trop lourds pour les iPhone et les Mac. Mais selon The Information, la technologie de connexion développée en interne pour ces machines est encore trop lente et trop coûteuse pour être déployée à grande échelle. Plusieurs partenaires auraient demandé à pouvoir accéder à ces serveurs, sans succès jusqu’ici.
Ce nouveau projet permettrait à Apple de répondre à une demande qu’elle n’avait pas anticipée. Depuis un an, les Mac mini et Mac Studio rencontrent un énorme succès auprès des développeurs et entreprises travaillant dans l’IA, au point de provoquer des pénuries.
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Le matériel ne suffira pas
Apple a déjà fait une incursion dans le monde des serveurs qui n’a pas laissé un souvenir impérissable. Entre 2002 et 2011, elle commercialisait les Xserve, d’abord équipés de processeurs IBM, puis Intel. La gamme n’a jamais vraiment trouvé son public, notamment parce qu’Apple n’a jamais fait du marché professionnel une priorité stratégique.
C’est toujours l’un des principaux obstacles au projet actuel. Même si l’efficacité de ses puces est aujourd’hui reconnue dans le monde de l’IA, cela ne suffit pas à bâtir une offre de serveurs compétitive. Apple ne dispose pas d’une organisation comparable à celles de Nvidia ou d’autres spécialistes des centres de données : pas de grande équipe d’ingénieurs dédiée aux besoins des entreprises, ni de véritable structure de relations développeurs spécialisée dans ce secteur.
Il faudrait donc renforcer fortement les équipes, mais aussi les outils logiciels. Nvidia ne vend pas seulement des puces, une grande partie de son avance repose sur CUDA, son environnement logiciel devenu incontournable pour les développeurs. Apple dispose bien de MLX, un framework conçu pour exécuter efficacement des modèles sur ses puces, mais son équipe reste petite. Son responsable, Awni Hannun, a d’ailleurs quitté Cupertino récemment pour rejoindre Anthropic.
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Et puis le marché avance à toute vitesse. OpenAI prévoit de déployer sa propre puce, Jalapeno, dès cette année, tandis que Nvidia continue d’adapter rapidement son offre. Si Apple veut vraiment revenir sur le marché des serveurs, elle n’aura donc pas seulement besoin de bonnes puces, il faudra aussi construire tout l’écosystème qui va avec.
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