Il y a un an à peine, Tesla donnait l’impression d’avoir définitivement perdu pied sur le Vieux Continent. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l'engagement d’Elon Musk auprès de Donald Trump n’a pas eu un impact des plus favorables sur l’image de marque du constructeur de notre côté de l’Atlantique. Ajoutez à cela une concurrence qui monte sérieusement en puissance, constructeurs asiatiques en tête, et le tableau semblait bien sombre pour la firme texane.
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Une dynamique incontestable
Pourtant, après avoir fait profil bas pendant de longs mois, Tesla semble véritablement renaître de ses cendres sur nos routes. En France, le Model Y s'est même payé le luxe de se hisser en tête des ventes le mois dernier, coiffant au poteau la très attendue Renault 5. La Model 3 n'est pas en reste, s'accrochant solidement à la quatrième place du classement national avec quelque 5 500 unités écoulées.
Et cette embellie est loin de se cantonner à l'Hexagone. À l'échelle de l'Union européenne, les compteurs s'affolent de nouveau. Les dernières données de l'Association européenne des constructeurs (ACEA) font état d'un bond spectaculaire des immatriculations du groupe, dépassant les 67 % en avril. Une performance qui confirme une tendance lourde, puisqu'elle succède à une croissance de plus de 102 % en mars et de 29 % en février.
Si ces statistiques donnent le tournis, il convient tout de même de garder la tête froide : cette progression fulgurante se mesure mécaniquement face à la pire période traversée par Tesla l’année dernière. Mais cet effet de base statistique n'explique pas tout. Le contexte s'est surtout largement retourné en faveur du constructeur, qui a notamment su jouer la carte réglementaire.
L'obtention de l'éco-score pour le Model Y Standard, actée en novembre dernier, a agi comme un puissant accélérateur de ventes. Sésame indispensable pour bénéficier du coup de pouce financier de l'État, cette certification a allégé la facture finale de plus de 3 000 euros. Avec un ticket d'entrée désormais affiché à 36 900 euros, le SUV se retrouve redoutablement bien positionné pour affronter des concurrents directs comme le Renault Scénic ou le Peugeot e-3008.
Au-delà de ces ajustements tarifaires, la conjoncture internationale pousse incontestablement dans le dos de l'industrie électrique. Les tensions géopolitiques persistantes, notamment le conflit au Moyen-Orient, ont provoqué une nouvelle flambée des prix à la pompe qui ravive naturellement l’intérêt des automobilistes pour la recharge électrique. Enfin, et ce n'est pas qu'un détail, le relatif silence médiatique d’Elon Musk doit grandement participer à ce renouveau. Très accaparé par la préparation de l’entrée en Bourse de SpaceX, le dirigeant laisse enfin les produits parler d'eux-mêmes. Une discrétion qui, manifestement, fait le plus grand bien à la marque.
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