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SpaceX : une introduction en bourse record, et un objectif de colonisation de Mars pour Musk


C’est maintenant imminent, SpaceX s’apprête à entrer en bourse au Nasdaq. Le symbole de l’action est déjà trouvé, avec les lettres « SPCX » (logique). Si ces premiers pas en bourse sont sous le sceau du gigantisme, promettant d’être la plus grosse introduction en bourse de l’histoire, de nouvelles révélations montrent les dessous financiers de SpaceX, et des objectifs toujours plus hors sol pour la rémunération d’Elon Musk, comme le rapporte Bloomberg.

La valeur de SpaceX atteindra-t-elle des sommets ? Image SpaceX.

Une introduction en bourse de tous les records…

La valeur de SpaceX, géant des lanceurs, des satellites de communication, et depuis peu de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux grâce à l’absorption de xAI (qui contient déjà X) est déjà, en elle-même, énorme : selon les sources et les investisseurs, elle évoluerait entre 800 milliards pour les plus pessimistes et 1 000 à 1 750 milliards de dollars pour les autres, dont Bloomberg.

Avec une telle valeur, l’introduction prévue dans les semaines à venir monte la valeur totale des actions libérées à un total compris entre 25 milliards et 80 milliards de dollars. Si la valeur haute est atteinte, elle dépasserait donc l’introduction en bourse de géants tels que Saudi Aramco, pourtant considérée comme gigantesque. Le tarif exact de l’action au moment de son introduction devrait être connu autour du 11 juin.

…pour un colosse aux pieds d’argile

Cependant, tout n’est pas rose dans les chiffres de SpaceX : au dernier trimestre, l’entreprise a fait un chiffre d’affaires gigantesque de 4,69 milliards de dollars, mais son résultat net est directement à l’opposé, avec 4,28 milliards de dollars de pertes. Pour autant, le chiffre d’affaires de l’entreprise est en constante augmentation : de 14 milliards de dollars en 2024, il est passé à plus de 18 milliards de dollars en 2025. Mais le résultat net plonge pourtant d’année en année, passant d’un positif à 791 millions de dollars en 2024 à une perte de 4,94 milliards l’an dernier.

Les revenus de SpaceX. Graphiques Bloomberg.

Dans le détail, c’est la partie télécommunications qui tire l’entreprise vers le haut : Starlink à elle seule, avec sa base de clients installés dans le monde entier est la principale source de revenus de l’entreprise, quand la division lanceurs et plus encore l’intelligence artificielle sont un gouffre financier. Ainsi, malgré les contrats publics, les Falcon 9 et autres Starship ont fait perdre 662 millions de dollars à SpaceX sur les trois premiers mois de l’année, et xAI de son côté a perdu 6,36 milliards de dollars sur la seule année 2025.

Et les dépenses en intelligence artificielle sont loin d’être terminées : SpaceX souhaiterait, une fois son introduction en bourse effectuée, jeter son dévolu sur la start-up Cursor, ce qui pourrait lui coûter 60 milliards de dollars si l’opération va jusqu’au bout !

Cependant, tous ces chiffres négatifs ne semblent pas pour autant inquiéter les investisseurs potentiels : l’entreprise est vue comme brûlant une montagne de cash, mais celui-ci part dans la recherche. Mais la confiance a des limites, tout comme les fonds utilisables : Starship, déjà bien loin de la fenêtre annoncée pour 2025 par Elon Musk, pourrait fortement inquiéter si de nouvelles modifications devaient être effectuées, et celles-ci grèveraient le budget d’autres divisions de SpaceX. La réussite de Starship est malgré tout vitale pour l’entreprise, tant pour le HLS en partenariat avec la NASA, que pour l’envoi des prochains satellites Starlink, ou la future constellation de data-centers dans l’espace promise par Musk.

Le HLS a sérieusement du plomb dans l’aile. Image SpaceX.

Cette santé financière fragile fait lever quelques sourcils dans le monde de la finance : certains émettent des doutes sur la valeur réelle de l’entreprise, trouvant qu’un total de plus de 1 250 milliards de dollars est difficile à justifier étant donné les incertitudes, qu’elles viennent des investissements très lourds ou de la direction très capricieuse opérée par Elon Musk.

Des objectifs de rémunération complètement fous

Car avec SpaceX vient bien entendu Elon Musk, qui détient plus de 85 % des pouvoirs de vote dans l’entreprise. Même après cette introduction en bourse, la valeur des actions possédées par le milliardaire ne diluera pas énormément son pouvoir, quasi absolu.

Comme pour Tesla, où Elon Musk pourrait théoriquement se voir remettre jusqu’à 1 000 milliards de dollars en actions… à la condition que la valeur globale de l’entreprise atteigne 8 500 milliards de dollars en dix ans (!), et 20 millions de véhicules vendus par an (soit 1/5e de la production mondiale au rythme actuel), SpaceX a annoncé un plan de rémunération paraissant totalement hors sol pour son patron.

IA dans l’espace, protection de xAI et risques d’amende européenne : SpaceX a racheté xAI pour 250 milliards de dollars

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Ainsi, Elon Musk pourrait recevoir une rémunération de 60,4 millions d’actions de classe B (soit 10 voix par action) si l’entreprise réussit la mise en orbite de 100 TW de puissance de calcul pour l’intelligence artificielle, soit tout de même une consommation équivalente à la production de dizaine de milliers de réacteurs nucléaires.

Mais le clou du spectacle, reste le palier le plus haut : pour une rémunération de 200 millions d’actions, SpaceX doit non seulement atteindre les 7 500 milliards de dollars de valorisation boursière, mais l’entreprise doit aussi avoir établi une colonie humaine d’un million d’individus sur Mars. Voilà qui reste dans la droite ligne du discours grandiloquent du patron de SpaceX tenu lors du rachat de xAI par l’entreprise.

Elon Musk reste ainsi égal à lui-même : des idées folles, des objectifs délirants, quitte à faire fi des réalités. Les investisseurs suivront-ils ? La réponse dans les premières 24 heures de l’introduction en bourse de SpaceX.

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