Search (gratuit) est un nouveau navigateur web basé sur WebKit, le moteur de rendu qu’Apple utilise dans Safari. Cela le distingue déjà de la majorité des options dans le secteur, la plupart des autres navigateurs reposant sur Chromium, la base technique conçue par Google. L’autre différence est peut-être encore plus originale toutefois : au lieu de miser sur un déluge d’idées nouvelles, ce nouvel entrant fait le pari de la légèreté et de la rapidité. L’interface est très simple et s’il ne faut pas s’attendre à retrouver autant de fonctionnalités qu’ailleurs, c’est une approche rarement croisée de nos jours.
Le développeur met en avant quelques chiffres : son app ne pèse que 6 Mo, elle s’ouvre en 320 ms et ne demande que 51 Mo de mémoire vive à l’ouverture. Cette faible taille sur le stockage du Mac s’explique surtout par le fait que le moteur de rendu web est fourni par macOS, quand Chrome et les autres doivent intégrer le leur, mais la différence est spectaculaire : 1,4 Go pour l’app de Google, par exemple. Même Safari, qui bénéficie d’un avantage technique similaire, pèse six fois plus lourd. D’après ces statistiques toujours, Search se lance deux fois plus rapidement que Safari tout en consommant quatre fois moins de RAM et même treize fois moins que Chrome au lancement.
À défaut d’avoir confirmé chacune de ces mesures, je peux témoigner que l’app se lance très rapidement et qu’elle semble effectivement légère après quelques minutes d’essais. Il faudra confirmer tout cela sur la durée, notamment après des sessions intensives, mais c’est prometteur. La contrepartie est évidente à l’usage : le régime minceur impose de faire avec une interface minimaliste. On a des onglets à peine distincts en haut de la fenêtre, ou alors sur le côté, reprenant une mode relancée par Arc. Pour économiser quelques mégaoctets de mémoire vive, on peut même choisir de ne pas afficher les icônes des sites et se contenter de la première lettre de chaque page web.
Petite idée originale (enfin, reprise d’Arc serait plus juste…), il n’y a pas de barre d’URL à proprement parler dans Search. À la place, on a un bloc avec un champ unique qui s’affiche au centre de la page quand on crée un nouvel onglet, ou quand on utilise le raccourci standard ⌘L. Comme dans tous les navigateurs, ce champ permet de lancer une recherche dans le moteur de son choix, ou bien d’ouvrir une URL. En cliquant sur l’onglet actif, on affiche son URL à la place du nom de la page et on peut utiliser cet espace pour changer de site ou d’effectuer une nouvelle recherche.
Cette simplicité visuelle ne veut pas dire qu’il n’y a pas de nombreuses fonctionnalités à utiliser. Search reprend le concept d’espaces pour séparer ses sessions web, il y a un mode lecteur qui retire tout sauf le texte de la page en cours, on peut activer automatiquement le mode image dans l’image pour les vidéos et un bloqueur de publicités est intégré d’office. Côté extensions, c’est cette fois Chrome qui fournit, puisque ce nouveau venu peut installer des éléments depuis la boutique d’extensions web de Google. Pas de synchronisation des données en revanche, l’app est pensée pour un usage strictement local et elle n’envoie aucune information d’utilisation.
Si le principe d’un navigateur léger vous intéresse, Search est gratuit et son code est même open source. Un Mac Apple Silicon et macOS 14 au minimum sont nécessaires, même si les extensions Chrome ne seront gérées qu’à partir de macOS 15.4. Son interface n’est pas traduite en français.
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