S'il y avait encore quelques doutes sur le sujet, Elon Musk et Donald Trump se sont bien rabibochés ces derniers temps. L'entrepreneur va reprendre du service, en effet, dans l'administration de Trump.
À la table de la « superintelligence » de Trump, Apple brille par son absence
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a officialisé ce mercredi la création du « Projet Meridian ». Ce nouveau groupe de travail a pour délicate mission d'esquisser les contours technologiques des conflits futurs. Pour le piloter, le Pentagone a jeté son dévolu sur un trio singulier : Elon Musk, le bouillant patron de Tesla et SpaceX, Palmer Luckey, le trublion derrière le spécialiste de l'armement Anduril, et enfin Newt Gingrich, figure historique du Parti républicain et ancien président de la Chambre des représentants.
Annoncée sur la base des Marines de Quantico en Virginie, face à un parterre de sous-officiers et d'officiers subalternes, l'initiative se donne 120 jours pour cartographier les futurs besoins capacitaires des forces armées américaines. L'enjeu est limpide : garantir la suprématie technologique de l'Oncle Sam pour les décennies à venir. Au terme de ce sprint analytique, le comité livrera un rapport public accompagné d'une annexe classifiée regroupant les éléments les plus sensibles.
Confier les clés d'une telle prospective à Elon Musk et Palmer Luckey a de quoi faire grincer quelques dents à Washington. SpaceX et Anduril décrochent déjà d'importants contrats auprès du Pentagone. Rien qu'en mai dernier, SpaceX s'est adjugé deux enveloppes massives de l'US Space Force. La première, pesant 2,29 milliards de dollars, vise à déployer un réseau satellitaire haut débit sécurisé. La seconde, signée quelques jours plus tard pour la coquette somme de 4,16 milliards de dollars, financera une constellation dédiée à la traque spatiale des menaces aériennes.
De son côté, Anduril n'est pas en reste. L'entreprise de Palmer Luckey, passée maître dans l'art des systèmes autonomes, a d'ailleurs décroché en mars 2025 un juteux contrat pouvant atteindre 642 millions de dollars sur dix ans. Son but ? Tapisser les bases du Corps des Marines de boucliers anti-drones. Difficile de ne pas voir dans ce nouveau comité consultatif une position idéale pour peser sur les futurs besoins militaires, au bénéfice potentiel d'architectures technologiques que ces mêmes acteurs maîtrisent déjà sur le bout des doigts.
La guerre à l’heure de l’IA
Le Projet Meridian ne surgit pas du néant. Il s'inscrit dans une restructuration globale de l'appareil militaire américain, qui fait une place croissante à l'automatisation du champ de bataille. En marge de la nomination de ce comité, le Pentagone a dévoilé la création, d'ici au 1er octobre 2027, d'un commandement quatre étoiles dédié à la guerre autonome, judicieusement baptisé Autonomous Warfare Command. Ce futur commandement aura la lourde tâche de généraliser le déploiement de systèmes robotiques et autonomes à travers toutes les strates de l'armée.
Le Pentagone choisit donc de confier une partie de la réflexion sur ses futurs besoins technologiques aux industriels qui pourraient ensuite lui vendre les équipements adéquats. Une boucle qui pourrait se refermer au bénéfice de ces mêmes acteurs, tant la frontière entre l'intérêt stratégique américain et le carnet de commandes de la tech semble poreuse.













