L’IA a rebattu les cartes dans le domaine de la sécurité : les pirates l’utilisent pour trouver des failles, que les entreprises cherchent à colmater avec des LLM. Google n’est pas épargné et va bientôt changer de rythme pour s’adapter. À partir de la rentrée avec Chrome 153, l'entreprise mettra en ligne une nouvelle version de son navigateur toutes les deux semaines. Elle en publiait jusqu’à présent une toutes les quatre semaines.

Si ce changement va permettre d’apporter plus rapidement des correctifs et des fonctionnalités, l’entreprise est bien consciente que mettre à jour son navigateur n’est pas particulièrement fun. Il faut en effet redémarrer Chrome, ce que les utilisateurs ne font pas forcément régulièrement. « Le temps passé à attendre que l’utilisateur redémarre Chrome peut contribuer de manière significative au risque d’exploitation de vulnérabilités », constate l’entreprise dans un autre billet.
La solution ? Ne plus imposer de redémarrage complet ! Google planche en effet sur une « mise à jour dynamique », qui « évite, dans la plupart des cas, de devoir redémarrer complètement le navigateur ». L'idée est de remplacer « les processus en arrière-plan (tels que le Renderer et ceux chargés par GPU) par des binaires mis à jour à la volée ».

Google cherche aussi un moyen de restaurer les sessions fermées lors d’un redémarrage de manière fluide, afin d’éviter de perturber les utilisateurs. Cela pourrait passer par un enregistrement en local et un redémarrage se faisant au moment opportun, lorsque le navigateur est sûr de pouvoir restaurer les onglets sans heurts. Avec Chrome 150 sur macOS, Chrome redémarre désormais automatiquement lorsqu’une mise à jour est en attente et qu’aucune fenêtre n’est ouverte.
Ce changement de la part de Google pose la question du rythme des nouvelles versions de Safari. Apple suit pour l’instant une logique différente : le navigateur étant intégré aux systèmes d’exploitation, sa version stable est principalement mise à jour avec macOS, iOS et iPadOS, plutôt que selon un calendrier autonome comparable à celui de Chrome. Les grandes nouveautés arrivent généralement avec les nouvelles versions annuelles des systèmes, tandis que des versions intermédiaires apportent des correctifs et des ajustements. Sur Mac, certaines mises à jour de Safari restent également proposées aux deux précédentes versions de macOS.
Apple peut toutefois intervenir plus rapidement lorsqu’une faille le nécessite. L’entreprise distribue des correctifs visant Safari et son moteur WebKit au fil de ses mises à jour de sécurité, et peut désormais déployer en arrière-plan des améliorations légères concernant ces composants entre deux mises à jour classiques du système. Le tout reste cependant moins régulier et moins prévisible que ce que propose Google.
L’arrivée des IA génératives pourrait inciter Apple à revoir ses méthodes de fonctionnement. Firefox 150 a bouché pas moins de 271 failles identifiées par Mythos, le modèle d’Anthropic. Dans son billet, Google explique que les versions 149 et 150 ont corrigé plus de 1 000 failles de sécurité. Google indique que Gemini a notamment repéré une vulnérabilité permettant à un moteur de rendu déjà compromis de sortir du bac à sable pour lire des fichiers locaux. Elle était présente dans le code depuis… 13 ans.













