Antidote/ProLexis : quel est le meilleur correcteur orthographique pour Mac ?

Anthony Nelzin-Santos |

Nous aurions pu tester Antidote 10 comme nous testons tous les correcteurs orthographiques depuis bientôt deux décennies. Mais à quoi bon ? Nous finirions par écrire que le correcteur orthographique est un peu plus fiable, que le dictionnaire est un peu plus complet, que l’application est un peu plus rapide. Notre test d’Antidote 9, publié en 2015, n’est pas incroyablement différent de notre test d’Antidote Prisme, publié en 2005.

Or Antidote n’est pas le seul correcteur orthographique disponible sur Mac, et nous n’avons pas formellement testé ProLexis, pourtant utilisé par de nombreux groupes de presse et maisons d’édition, depuis une douzaine d’années. Mettons donc ces deux correcteurs orthographiques professionnels l’un face à l’autre, dans un match en dix manches. Quel est le meilleur ? La réponse dans notre duel entre Antidote 10v2, édité par les Québécois de Druide Informatique, et ProLexis 6.7, édité par les Provençaux des Éditions Diagonal.

Une note sur les choix des correcteurs. En 2007, nous avions opposé Antidote RX au Petit ProLexis 3. Cette version « grand public » du correcteur de Diagonal n’existe plus en tant que telle, mais a survécu sous la forme d’un mode d’affichage de ProLexis, et forme le socle du Robert Correcteur. Si nous nous sommes concentrés sur ProLexis, nous avons soumis Le Robert Correcteur aux mêmes tests, et nous mentionnons les différences entre les deux applications dans les lignes qui suivent.

Nous aurions pu tester Cordial 21, mais l’avenir de la version macOS n’est pas assuré. Nous n’avons pas retenu les correcteurs qui fonctionnent dans un navigateur, comme BonPatron dont la disponibilité est erratique, ou LanguageTool dont la version hors-ligne en Java est moins précise que la version en ligne. Nos quelques essais montrent toutefois que ces deux outils sont beaucoup moins fiables que les correcteurs de Druide et de Diagonal.

Manche 1 : intégration au système

Une fois le texte rédigé, comment le corriger ? C’est le point le plus important, mais aussi le plus sensible. Depuis quelques versions de macOS, et plus encore depuis macOS Mojave, le renforcement des mesures de sécurité du système compromet l’intégration des correcteurs aux éditeurs de texte. Les correcteurs ne peuvent plus s’intégrer au menu contextuel et ne peuvent plus récupérer automatiquement le texte.

Les correcteurs peuvent communiquer avec certaines applications par le biais de petites passerelles. Que l’on parle de « connecteurs » chez Druide, ou d’« adaptateurs » chez Diagonal, ces plug-ins ont une existence précaire. Proposés dans une vingtaine d’applications seulement, ils peuvent casser à la moindre mise à jour, et doivent être mis à jour régulièrement. À cet effet, Antidote est maintenant livré avec Connectix, une application entièrement dédiée à la gestion des connecteurs.

Connectix, le gestionnaire des connecteurs d’Antidote.

Certains plug-ins s’installent automatiquement (extensions pour Safari et les autres navigateurs, suites bureautiques, applications de PAO…), quand d’autres doivent être activés manuellement (bundle Mail, scripts spécifiques…). Antidote comme ProLexis déclencheront l’apparition des (in)fameuses boites de dialogue « Truc demande l’autorisation de contrôler Muche.app, et vous demanderont quelques manipulations dans le panneau de préférences Sécurité et confidentialité.

C’est le prix à payer pour une intégration passable1 dans les applications les plus importantes (liste des intégrations : avec Antidote, avec ProLexis, avec Le Robert Correcteur). Dans toutes les autres applications, dont les éditeurs de texte les plus populaires du moment, vous devrez glisser-déposer le fichier sur l’icône du correcteur, ou copier-coller le texte dans leur petite fenêtre. Des services et des menulets évitent les allers-retours, sans tout à fait éviter les frictions.

L’installation manuelle des bundles Mail.

Verdict : match nul. Antidote a perdu son meilleur argument avec macOS Mojave. Comme ses concurrents, Druide doit maintenant concevoir des connecteurs, application par application. Si l’on considère que Connectix intègre tous les connecteurs disponibles, alors que Diagonal a construit sa grille tarifaire en limitant artificiellement ses adaptateurs à telle ou telle « édition » de ProLexis, la balance penche du côté d’Antidote. Mais comme il faut aussi considérer la légère supériorité du menulet de ProLexis, la balance revient à l’équilibre.

Manche 2 : ergonomie de l’application

Après avoir passé des heures dans votre éditeur de texte, vous passerez seulement quelques minutes dans votre correcteur. Pour autant, son interface n’est pas un détail. Relire et corriger, c’est encore écrire. Un correcteur qui s’impose avec une interface trop lourde ou trop complexe, c’est un correcteur qui s’oppose au rédacteur. Un correcteur qui s’efface avec une interface claire et efficace, c’est un correcteur qui assiste le rédacteur.

Les deux correcteurs mettent le texte au centre de leur interface, c’est bien naturel… et c’est leur seul point commun. Comme le correcteur intégré au système, Antidote présente ses corrections au fil du texte, en distinguant les erreurs (en rouge) des suggestions (en orange) et des doutes (en orange pointillé). Cela explique qu’il sépare strictement la correction orthographique des corrections typographique et stylistique. S’il ne le faisait pas, le texte serait surchargé, et la correction plus difficile.

La fenêtre de correction d’Antidote.

Cette segmentation exige certes quelques clics supplémentaires, mais elle permet de se concentrer sur différents aspects de la correction à différents moments, tout en ayant une vision d’ensemble du texte. À l’inverse, ProLexis concentre toutes les corrections dans une barre latérale, sans affecter le texte. La relecture est donc un exercice de gymnastique : on saute de la barre latérale au texte, pour voir l’erreur dans le contexte, puis du texte à la barre d’outils, pour voir les suggestions de modifications.

On ne peut pas dire qu’une approche soit clairement supérieure à l’autre : Antidote fait cliquer et double-cliquer, ProLexis fait promener le regard et le curseur. Mais on peut dire que l’application de Druide suit les conventions de macOS, utilise des éléments d’interface conventionnels, et s’intègre parfaitement au système, jusqu’à prendre en charge le mode sombre. À l’inverse, ProLexis ressemble à une application Mac OS 9, utilise des éléments d’interface abandonnés depuis des années, et semble étrangère au système, jusqu’à souffrir de problèmes d’affichage des textes (un comble pour un correcteur… de texte !).

La palette du dictionnaire résume à elle seule l’interface du ProLexis. Les tiroirs et les filets ne sont plus employés depuis des années, les cases à cocher rappellent d’anciennes versions des environnements de bureau GNU/Linux, et les textes ne sont visiblement pas générés avec le moteur de macOS. Ces défauts empêchent d’utiliser ProLexis de manière tout à fait confortable, surtout lorsqu’ils vont à rebours des conventions établies. Autrement dit : alors qu’Antidote est immédiatement familier, il faut se faire à ProLexis.

ProLexis n’est pas particulièrement élégant, mais il n’est pas contreproductif. Antidote est plus fluide et plus familier, mais cela vous importera peut-être moins que le nombre d’informations affichées à l’écran. Et puis Diagonal permet de passer du « Grand ProLexis » avec une interface fouillis au « Petit ProLexis » avec une interface allégée. Reprise par le Robert Correcteur, elle est beaucoup plus proche de l’interface d’Antidote, mais reste moins « native ».

Preuve en est : la fenêtre des guides linguistiques du Robert Correcteur est un mélange baroque d’éléments natifs et d’éléments tout droits sortis d’iOS 4, surmontés d’une guirlande de boutons colorés ! Cette relative ringardise des applications de Diagonal — ProLexis 6 a fêté ses six ans en octobre dernier — se constate aussi sur le plan technologique. ProLexis comme Le Robert Correcteur sont des applications 32 bits, qui ne tourneront pas dans la prochaine version de macOS. Espérons qu’ils seront mis à jour en temps et en heure.

« Le Robert Correcteur » n’est pas optimisé pour votre Mac et doit être mis à jour. Oups.

Verdict : avantage Antidote. Vous êtes nostalgique des applications Classic ? Choisissez ProLexis. Vous préférez utiliser des applications pleinement adaptées à macOS ? Choisissez Antidote. Ce n’est pas seulement une question de gout : comme il respecte les conventions des systèmes modernes, Antidote est immédiatement familier, et parfaitement compatible avec VoiceOver et les autres fonctions d’accessibilité. Ce n’est pas le cas de ProLexis.

Manche 3 : fiabilité du correcteur orthographique

Mais venons-en au plus important : Antidote et ProLexis sont-ils fiables ? Pour le savoir, j’ai corrigé mes articles avec les deux applications pendant plusieurs semaines. À l’issue de ce test empirique, j’ai soumis les deux correcteurs à un corpus d’articles écrits par mes collègues et parsemés de fautes par mes soins. Enfin, j’ai utilisé les fichiers d’évaluation fournis par les deux éditeurs, qui contiennent tous les types de fautes possibles et imaginables.

Tous ces tests ont été menés avec des correcteurs fraichement installés, configurés avec leurs réglages par défaut, qui montrent comment les éditeurs conçoivent le bon usage du français. Seule exception : les préférences orthographiques. Antidote laisse le choix entre la graphie « traditionnelle » et la graphie « rectifiée », alors que ProLexis impose la graphie traditionnelle par défaut. Puisque les rectifications orthographiques de 1990 sont largement employées et enseignées, nous les avons favorisées.

L’interface « en équerre » de ProLexis. Les colonnes peuvent être regroupées à gauche ou à droite, voire supprimées au profit de la seule partie supérieure.

De manière générale, ni l’un ni l’autre des correcteurs ne garantissent des textes complètement dépourvus de fautes, comme ce présent article devrait le prouver. Antidote et ProLexis ratent quelques fautes, signalent des mots correctement orthographiés, ou proposent des corrections farfelues. Bref, ils se font piéger encore trop facilement. Mais ce qui est intéressant, et qui motive cette approche comparative, c’est qu’ils ne tombent pas dans les mêmes pièges.

Antidote signale les erreurs, des fautes avérées ; les alertes, de l’ordre de la suggestion ; mais aussi les « ruptures d’analyse ». Ces ruptures indiquent la présence d’un problème, mais pas la solution. La phrase « le document contenant toutes les informations que vous aurez besoin », par exemple, provoque une rupture. Un rédacteur attentif saura remplacer « que » par « dont », mais Antidote ne l’explique pas. Ce défaut est parfois une qualité : quand ProLexis se fiche qu’un mot manque ou qu’une tournure soit bancale, Antidote signale une rupture2.

Dans la barre latérale à droite de la fenêtre du correcteur d’Antidote, remarquez le nombre de ruptures.

Ces ruptures révèlent une différence d’approche majeure. Antidote préfère suggérer que proposer — mais lorsqu’il propose, il propose une seule correction, et c’est généralement la bonne. ProLexis préfère proposer que rater — et propose plusieurs corrections, la première n’étant pas toujours la bonne. C’est un choix : Antidote ne donne pas toujours la solution, mais quand il la donne, c’est la bonne ; le ProLexis fait du zèle, au risque d’induire le rédacteur en erreur.

ProLexis ne perd jamais le fil à l’intérieur d’une phrase, alors que les constructions alambiquées peuvent dérouter Antidote, qui signalera une alerte voire une rupture. Mais Antidote semble comprendre le sens général d’un paragraphe, et assure la cohérence du genre et du nombre au long de plusieurs phrases, quand ProLexis perd pied. ProLexis rate donc les erreurs de cohérence, quand Antidote « verrouille » le sujet, parfois de manière excessive.

La fenêtre de correction du Robert Correcteur, identique à celle du « mode Petit ProLexis », et proche de celle d’Antidote.

Vous l’aurez compris : ces correcteurs ont des personnalités bien trempées. Antidote comprend mieux les textes dans leur ensemble, mais peut buter sur certaines tournures ou certains mots. ProLexis étudie les phrases à la loupe, mais ne prend pas le recul nécessaire pour éviter les incohérences au long cours. Antidote multiplie les ruptures sans apporter la solution, ProLexis multiplie les suggestions sans trancher.

Avec notre corpus volontairement piégeur, le correcteur de Druide s’est révélé légèrement plus fiable que celui de Diagonal. Fautes non détectées, détectées sans suggestion de correction, détectées mais mal corrigées, faux positifs… Antidote a commis 7 % d’erreurs, contre 9 % pour ProLexis, et 11 % pour Le Robert Correcteur. Au quotidien toutefois, il est difficile de faire ressortir un écart marqué entre les deux, au-delà de leur différence d’approche très sensible.

Verdict : match nul. Difficile de départager les deux moteurs, tant leur conception de la correction est opposée. Sur notre corpus, Antidote s’est révélé plus fiable que ProLexis, mais au quotidien, l’un n’est pas clairement supérieur à l’autre. ProLexis est d’une efficacité redoutable à l’échelle de la phrase, au prix de graves erreurs de cohérence à l’échelle du paragraphe. Antidote donne l’impression de comprendre le véritable sens d’un texte, mais bute sur les constructions alambiquées et les tournures imagées. Vous préférez peut-être une approche à l’autre, mais correcteur ou pas, vous devrez toujours relire vos textes.

Manche 4 : rapidité du correcteur orthographique

Un correcteur fiable, c’est bien. Un correcteur fiable et rapide, c’est mieux. Antidote se traine… une réputation d’escargot, de moins en moins justifiée. Depuis plusieurs versions, le correcteur garde une mémoire des modifications déjà effectuées, pour accélérer les allers-retours entre la rédaction et l’édition des documents les plus longs. La toute dernière version se lance plus rapidement que jamais, mais toujours plus lentement que ProLexis.

Oh, on parle d’un quart ou d’une demi-seconde d’écart, mais à force, cela fait la différence. Antidote comme ProLexis peuvent encaisser des documents extraordinairement longs sans broncher, alors que dans Le Robert Correcteur, l’affichage des documents les plus longs est paginé. Une limitation artificielle quelque peu mesquine, puisqu’elle ne concerne pas le « mode Petit ProLexis ».

Verdict : avantage ProLexis. Antidote 10 est beaucoup plus rapide que ses prédécesseurs, mais le lancement du ProLexis est instantané. La rapidité n’est pas seulement une question d’optimisation, mais aussi une affaire de manipulation. Une nouvelle fois, les deux applications s’opposent diamétralement. Le correcteur de Diagonal est une machine à réviser séquentiellement, une faute après l’autre, sans jamais lever les mains du clavier, alors que celui de Druide permet de prendre du recul, de comprendre les fautes dans leur contexte, au prix de multiples clics.

Manche 5 : outils d’aide à la rédaction

La correction des fautes n’est qu’une étape dans la révision et la relecture d’un document. Antidote permet de revoir le texte sous certains « prismes » : répétitions, tournures, vocabulaire, lisibilité, sémantique, logique, accords, regroupements, temps… Soyons très francs, vous n’utiliserez pas ces prismes sur tous vos documents. Mais lorsque vous en aurez besoin, ils vous fourniront une aide précieuse pour mater les répétitions, éliminer les tournures passives un peu lourdes, ou encore ajuster le ton d’un passage important.

Le prisme des répétitions dans Antidote.

ProLexis propose bien quelques statistiques, mais rien de comparable. C’est un angle mort dans l’offre de Diagonal, d’autant plus surprenant que les prismes ne datent pas d’hier, et que ProLexis offre un « assistant de correction » qui révèle les mots signalés comme une erreur de manière répétée. Si ce mot existe bien, comme « Linux » dans l’exemple ci-dessous, vous pourrez l’ajouter à votre dictionnaire personnel, auquel cas ProLexis ne butera plus dessus. Mais si c’est bien une erreur de votre part, cette alerte vous donnera l’occasion de prendre conscience de votre bévue et de renforcer votre vocabulaire.

L’« assistant de correction » de ProLexis.

Verdict : avantage Antidote. ProLexis corrige l’orthographe. Antidote corrige le texte. Quatorze ans après leur apparition, les « prismes » restent uniques et précieux. Chaque prisme est comme un coup de burin qui permet de dégrossir le texte. Ce n’est pas seulement pour la beauté du geste : Antidote propose des outils très prosaïques, destinés à simplifier l’écriture technique ou… calculer les tarifs d’une pige ou d’une traduction.

Manche 6 : prise en compte des préférences orthographiques

N’en déplaise aux barbons du quai de Conti, le français est une langue vivante, et n’est pas seulement la langue des Français. Les correcteurs doivent transcrire la richesse de la langue, imposer les normes sans empêcher les variantes. Sur ce plan, le Français ProLexis est plus conservateur que le Québécois Antidote. ProLexis n’est pas complètement franchouillard : il comprend les québécismes, et peut s’adapter aux normes typographiques canadienne et suisse.

Mais Antidote prend un soin tout particulier à représenter la francophonie dans son ensemble. Il offre une palette de réglages adaptée aux différentes « régions linguistiques » : France, Belgique, Suisse, Québec/Canada, mais aussi Afrique/Antilles/Louisiane. Les normes typographiques et le dictionnaire sont ajustés automatiquement, mais on peut toujours régler la sensibilité du correcteur aux régionalismes, région par région. ProLexis, lui, pavoise ses réglages en bleu-blanc-rouge.

Une petite partie des préférences linguistiques d’Antidote. Remarquez comme on peut passer du français à l’anglais d’un clic, comme on en reparlera dans la prochaine manche.

Cette conception plutôt restrictive de la langue française se ressent aussi dans l’application des rectifications orthographiques. Alors même qu’il cite le Journal officiel du 6 décembre 1990, ProLexis ignore des pans entiers de la « réforme », dont l’invariabilité du participe passé de « laisser ». De manière révélatrice, Diagonal parle d’« orthographe usuelle », comme si les rectifications n’étaient pas entrées dans l’usage, quand Druide parle d’« orthographe traditionnelle ».

ProLexis propose d’ailleurs d’utiliser une « orthographe usuelle féminisée », au sens le plus juridique du terme, celui de la circulaire du 11 mars 1986 « relative à la féminisation des noms de métier ». Vous écrivez « une autrice », cette graphie historique encore très populaire en Suisse, ou « une auteure », cette graphie de plus en plus commune venue du Québec ? ProLexis froncera les sourcils et vous demandera d’écrire « une auteur ». Qu’il propose, passe encore, les documents officiels doivent respecter les circulaires et décrets. Mais qu’il impose ?

Les préférences orthographiques du Robert Correcteur. Comme ProLexis, il offre le choix entre une « orthographe usuelle », une « orthographe usuelle féminisée », et une « orthographe rectifiée ». Remarquez, dans ce dernier cas, la mention « préconisées mais non obligatoire », qui n’est pas fausse, mais montre bien la vision de Diagonal.

Antidote est plus flexible. Vous êtes académicien ? Il veillera à l’emploi des graphies traditionnelles, et rejettera ces fantaisies que sont les féminisations et les doublets. Vous êtes un Français moyen ? Il vous permettra de mêler les graphies traditionnelles et les graphies rectifiées, comme vous le faites depuis toujours sans forcément vous en rendre compte. Vous voulez marquer votre engagement féministe ? Il vous évitera d’oublier de féminiser les titres, vous proposera des formes épicènes plutôt que strictement masculines, et ne butera pas sur le point médian et les doublets.

Verdict : avantage Antidote. Vous devez respecter les normes françaises à la lettre ? Choisissez ProLexis, qui applique strictement les règles de l’Imprimerie nationale. Vous n’êtes pas français ? Vous voulez employer les rectifications orthographiques de 1990 ? Vous n’êtes pas membre de l’Académie française ? Choisissez Antidote, qui s’adapte à votre usage de la langue. En la matière, ProLexis impose, quand Antidote propose.

Manche 7 : intégration des langues étrangères

Les traducteurs et les rédacteurs techniques forment un gros contingent des clients des correcteurs. L’intégration des langues étrangères est donc d’une importance capitale. Alors que Le Robert Correcteur parle uniquement français, ProLexis et Antidote sont bilingues. Diagonal propose une version français/anglais de ProLexis, et un supplément bilingue de Myriade, qui intègre un dictionnaire français/anglais et un dictionnaire français/espagnol.

La correction d’un texte bilingue dans Antidote.

Chez Druide, les langues prennent la forme de modules, indépendants des fonctions d’Antidote. Conséquence : vous pouvez non seulement ajouter le module anglais au traditionnel Antidote francophone, mais même acheter une version purement anglophone d’Antidote. Les deux langues sont traitées de la même manière, les réglages disponibles pour l’un sont disponibles pour l’autre, les dictionnaires de l’une intègrent des traductions dans l’autre, les guides en anglais sont (presque) aussi complets que les guides en français.

Il est encore plus difficile de départager les correcteurs avec un texte en anglais, mais Antidote semble légèrement plus à l’aise avec la langue de Shakespeare. Cela tient sans doute à la finesse de ses réglages linguistiques, et sa capacité à passer d’une langue à l’autre non pas seulement à l’intérieur d’un même document, mais à l’intérieur d’un même paragraphe. La parité parfaite des deux langues permet tout aussi bien de se concentrer sur une langue précise que de passer de l’une à l’autre avec une grande fluidité.

La palette de ProLexis permet de changer de langue et de charte typographique à la volée.

Pour autant, ProLexis n’est pas disqualifié. D’abord parce qu’outre le français et l’anglais, il est capable de distinguer l’espagnol, l’allemand et l’italien. À défaut de pouvoir les corriger, il ne signalera pas les mots étrangers comme des erreurs, et appliquera les normes typographiques adaptées. ProLexis peut s’intégrer à Trados, le logiciel de traduction assistée par ordinateur le plus populaire, par le biais d’un adaptateur à 92 €. Le connecter Trados pour Antidote, lui, est gratuit.

Verdict : match nul. Pour autant que nous puissions en juger, les deux correcteurs sont parfaitement bilingues, même s’ils ont encore des progrès à faire en anglais. Antidote met les deux langues sur un pied d’égalité — on peut d’ailleurs acheter une licence purement anglophone. Grâce aux passerelles entre le module anglais et le module français, à la traduction systématique des mots et des cooccurrences, et aux nombreux guides, les traducteurs et rédacteurs techniques peuvent rester dans le contexte bilingue sans multiplier les manipulations. Mais ProLexis est capable d’identifier l’espagnol, l’allemand et l’italien, à défaut de pouvoir les corriger. Enfin, le correcteur de Diagonal est un choix naturel pour les utilisateurs de Trados, qui regretteront toutefois de devoir repasser à la caisse pour un adaptateur supplémentaire.

Manche 8 : richesse du dictionnaire et des guides

Les correcteurs sont traditionnellement livrés avec un dictionnaire. Celui de ProLexis est réduit à sa plus simple expression : les flexions, les conjugaisons, et c’est à peu près tout. Le Robert est évidemment fourni avec une suite de dictionnaires. Comme Antidote, il propose ainsi les définitions, les synonymes et les antonymes, les conjugaisons, les locutions, ainsi que les cooccurrences et les champs lexicaux. Le correcteur de Druide se distingue par son attention particulière à l’étymologie, avec son dictionnaire de l’historique des mots.

La fenêtre des guides linguistiques du Robert Correcteur, similaire à celle de Myriade, le dictionnaire associé à ProLexis.

Le verdict : défaite ProLexis, alors ? Non : Diagonal ne développe pas seulement ProLexis, mais aussi Myriade, une collection de six dictionnaires. Myriade peut être utilisé indépendamment de ProLexis, mais les deux sont généralement installés ensemble. Les dictionnaires de Myriade sont alors disponibles depuis les menus de ProLexis, même s’il nous a fallu réinstaller plusieurs fois les deux applications avant de réussir à faire le lien.

L’« explorateur du français » dans ProLexis, similaire aux guides d’Antidote.

Dans Le Robert Correcteur comme dans ProLexis, les dictionnaires sont séparés du correcteur. Non seulement apparaissent-ils dans une fenêtre différente, mais ils utilisent une interface et des métaphores visuelles complètement différentes, qui rappellent vaguement les premières versions d’iOS. À l’inverse, les dictionnaires sont complètement intégrés au correcteur d’Antidote, même s’ils se distinguent par leur barre latérale bleutée.

Une section de l’un des onze guides d’Antidote.

En multipliant le nombre de flexions et les fonctions plus ou moins utiles, les deux éditeurs se livrent à un combat de coqs pour savoir qui possède les meilleurs dictionnaires. Disons qu’au quotidien, les trois applications offrent des prestations assez similaires. Les seuls dictionnaires de Myriade valent plus chers que Le Robert Correcteur tout entier, mais ils possèdent quelques arguments en leur faveur, comme le dictionnaire français/espagnol et une base de données de noms propres conçue pour les besoins des journalistes.

Le dictionnaire d’Antidote, ici avec le mode sombre de macOS Mojave, prise en charge depuis la mise à jour 10v2.

Au-delà des dictionnaires intégrés, qui forment la base de l’analyse sémantique des correcteurs, les trois applications vous permettent de créer des dictionnaires personnels, qui vous permettent d’ajouter vos propres mots. Nous nous en servons pour ajouter les produits d’Apple, par exemple, afin d’éviter qu’ils soient signalés comme des erreurs et assurer leur bon accord. Diagonal propose quelques suppléments payants, comme le Myriade Atlas et le dictionnaire des locutions latines, ainsi qu’un dictionnaire médical. Le « glossaire médical » développé par MySoft pour Antidote reste toutefois la référence.

Le verdict : match nul. Avec son dictionnaire de synonymes et d’antonymes, ses cooccurrences et ses citations, et ses guides détaillés, Antidote est une mine d’or linguistique. Mais avec son dictionnaire français/espagnol et son dictionnaire de noms propres particulièrement adapté aux besoins des journalistes, Myriade est loin de faire de la figuration.

Manche 9 : application iOS et service web

Diagonal et Druide proposent des applications pour iOS… qui n’intègrent pas de correcteur. Malgré le mécanisme des extensions, la communication entre les applications, et donc l’intégration d’un correcteur, reste difficile. En attendant, les deux éditeurs doivent se contenter de dictionnaires, ce qui n’est pas déjà si mal. Le Petit Robert est le meilleur dictionnaire disponible sur iOS (mais aussi l’un des plus chers), tandis qu’Antidote est proposé dans les deux langues (avec une réduction sur l’achat des deux à la fois).

ProLexis et Antidote sont aussi disponibles dans le navigateur, mais « Antidote Web » n’a pas la même ambition que le « ProLexis WebService ». ProLexis WebService est conçu pour s’intégrer directement au système de gestion de contenus d’un journal — on le trouve notamment au Monde et chez Ouest France. Druide propose un service équivalent, WebElixir, qui semble toutefois délaissé. Ces deux outils, vous l’aurez compris, sont hors de portée du commun des mortels.

Le fonctionnement de ProLexis WebService. Image ProLexis.

Antidote Web, présenté avec Antidote 10, porte bien son nom. Ce n’est rien d’autre qu’une version web d’Antidote. Et cela fait toute la différence : on peut (enfin !) corriger un texte depuis un iPhone ou un iPad, un Chromebook, ou n’importe quelle machine sur laquelle on ne peut pas installer Antidote3. Druide parle de « bêta », et l’on peut effectivement repérer quelques bugs, mais Antidote Web est déjà extrêmement abouti. Espérons qu’il puisse être intégré à l’application iOS !

La version web du correcteur d’Antidote.

Antidote Web est le principal composant du service « Accès tout Antidote », qui comprend aussi la synchronisation des dictionnaires personnels et des favoris par l’intermédiaire du compte Druide. Soyons bien clairs : ce service est offert gratuitement aux clients d’Antidote 10 pendant un an, mais sera payant ensuite. L’éditeur, qui se dirige très clairement vers une offre sur abonnement, communiquera son tarif définitif dans le courant de l’année.

Et les guides en ligne. Druide a dupliqué l’intégralité d’Antidote dans le navigateur.

Le verdict : avantage Antidote. Le Petit Robert est le meilleur dictionnaire disponible sur iOS, mais aussi l’un des plus chers. Antidote Mobile est trois fois moins cher sans être trois fois moins capable, et disponible en français comme en anglais. Mais Antidote Web change tout : pour la première fois, un texte rédigé sur un iPhone ou un iPad peut-être corrigé sur un iPhone ou un iPad, sans repasser par le Mac. La question tarifaire reste en suspens, comme celle de l’intégration du correcteur web dans une future version d’Antidote Mobile. Mais avec ce service, Antidote pourra vous suivre partout où vous écrivez (numériquement), alors que ProLexis restera sur votre PC.

Manche 10 : prix

Comparaison n’est pas raison, a fortiori sur le plan tarifaire. ProLexis est trois fois plus cher qu’Antidote, mais après neuf manches, vous aurez compris qu’il n’est pas trois fois plus puissant. Comment expliquer la différence ? Disons que vous n’achetez pas tout à fait la même chose. Lorsque vous dépensez 159 € chez Druide, vous achetez un correcteur orthographique bilingue, des dictionnaires, des guides… et puis c’est tout.

Après avoir dépensé plus de 500 € chez Diagonal, vous n’avez payé qu’un droit d’entrée dans l’univers ProLexis. Vous devez installer un correcteur sur les dizaines de postes de votre entreprise ? Diagonal propose une version réseau. Vous voulez intégrer un correcteur au CMS de votre groupe de presse ? Le module WebService est fait pour vous. Vous êtes traducteur ? ProLexis s’intègre à Trados. Diagonal dit que ProLexis est « le correcteur des professionnels », et c’est aussi ce que vous payez.

À l’extrême inverse, Le Robert Correcteur peut sembler être une bonne affaire. Son prix officiel de 119 € n’est qu’un prix théorique, et vous le trouverez le plus souvent à 99 €. Mais c’est un correcteur strictement francophone, aux options de personnalisation très limitées, au fonctionnement volontairement bridé, et sans intégration dans les applications de PAO. C’est un produit d’appel, qui conviendra principalement aux usages éducatifs, pour aller au-delà du correcteur intégré au système.

Les trois correcteurs sont disponibles sur macOS et Windows, mais Antidote est aussi disponible sur GNU/Linux. Une licence permet d’installer Le Robert Correcteur et Antidote sur trois postes, dans le cadre d’une utilisation familiale. ProLexis et Le Robert Correcteur peuvent être achetés sous la forme d’un CD, ou en ligne, auquel cas vous devrez bien veiller à conserver l’image disque, le lien de téléchargement expirant après 15 à 30 jours. Druide propose un espace client permettant de retélécharger Antidote à l’envi.

Les tarifs pour les versions strictement francophones :

  • Le Robert Correcteur : 99 € ;
  • Antidote : 119 € ;
  • ProLexis bureautique avec Myriade : 442,80 € ;
  • ProLexis PAO avec Myriade : 532,80 €.

Les tarifs pour les versions bilingues :

  • Antidote : 159 € (achat immédiat) ou 178 € (achat séparé) ;
  • ProLexis bureautique avec Myriade : 610,80 € ;
  • ProLexis PAO avec Myriade : 706 €.

Le verdict : avantage Le Robert. Le Robert Correcteur, ancien « Petit ProLexis », est le correcteur le moins cher. C’est aussi le correcteur le plus dépouillé, qui ne peut convenir à une utilisation professionnelle, puisqu’il n’offre aucune marge de personnalisation et ne s’intègre pas aux applications de PAO. À peine plus cher, Antidote est infiniment plus puissant et plus flexible. ProLexis boxe dans une autre catégorie tarifaire : Diagonal s’adresse aux entreprises, Druide s’adresse aux particuliers et aux indépendants, mais les deux fournissent finalement des applications très proches l’une de l’autre.

Pour conclure

Après dix manches, dont quatre renvoient les deux correcteurs dos à dos, Antidote remporte ce match. Le verdict peut sembler sévère : si le ProLexis est utilisé dans les plus grandes rédactions de France, si Le Robert a collé son emblème sur le Petit ProLexis, c’est que le correcteur de Diagonal n’est pas si mauvais que ça. Mais son succès s’explique aussi par son implantation de longue date, son origine française, et surtout son offre Réseau et son serveur WebService qui s’intègre directement aux CMS. ProLexis, c’est incontestable, est le correcteur « industriel » par excellence.

Antidote n’est pas moins professionnel, mais il ne s’adresse pas aux mêmes professionnels. Vous êtes enseignant, auteur, traducteur, travailleur indépendant, ou tout simplement une personne qui veut soigner son orthographe ? Antidote est le meilleur choix. Le Robert est (un peu) moins cher, certes, mais est (beaucoup) moins fiable. Aucun correcteur ne peut encore garantir une orthographe parfaite, mais avec son interface efficace et ses réglages détaillés, ainsi que ses excellents guides et dictionnaires, Antidote est un formidable outil d’aide à la rédaction.


  1. L’intégration est parfaite dans Mail et les navigateurs, bancale partout ailleurs. ProLexis refuse parfois de recevoir le texte d’une application pourtant explicitement compatible. Antidote, lui, déclenche parfois VoiceOver. Les correcteurs font avec les moyens du bord, et ces moyens sont terriblement limités. ↩︎
  2. Le signalement des ruptures peut être désactivé dans les préférences linguistiques. ↩︎
  3. Les textes soumis à la correction sont conservés pendant 48 heures. Au-delà, les données potentiellement personnelles (noms, lieux, nombres, adresses, numéros de téléphone, adresses e-mail, URL…) sont anonymisées, et les textes originaux sont supprimés. Voir la politique de confidentialité de Druide. ↩︎

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avatar Ios_What a joke | 

La maîtrise de la langue.

avatar Fan2ElodieFrege | 

Madame doit être ravie.

avatar razerblade | 

J’ai récemment acheté Antidote pour la première fois, et je dois dire que je suis agréablement surpris par ce logiciel. Le prix est un peu élevé mais ça vaut le coup lorsqu’on a besoin de documents très bien rédigés et qu’on ne maîtrise pas la langue comme on le devrait ^^.

avatar Crunch Crunch | 

@razerblade

Idem,
J'ai acheté antidote pour la première fois il y a deux ans (un petit peu par hasard, sur conseils d'un ami), je suis extrêmement satisfait de ce logiciel. Je ne pourrais plus m'en passer !

Vive Antidote !

avatar Madalvée | 

Le service support client de Diagonal est très réactif, il répond presque immédiatement quand on a un problème, ça compte quand on est en production, je ne sais pas si Antidote est aussi performant, une manche du match aurait pu se jouer là-dessus.
Il est possible de payer moins cher ses dictionnaires myriade lors du Black Friday.

Ceci dit, je poussoir sur l'intégration à OSX qui se fait toujours au dernier moment, des composantes de l'application sont toujours en 32 bits alors qu'on approche de 10.15.

avatar Anthony Nelzin-Santos | 
@Madalvée : « une manche du match aurait pu se jouer là-dessus » : mais nous ne sommes pas des clients « normaux ». Cela étant dit, pour avoir contacté les deux à plusieurs reprises dans les dernières années, j’aurais tendance à dire que c’est bonnet blanc (l’assistance de Diagonal est réactive, mais un peu sèche) et blanc bonnet (celle de Druide est plus sympathique, mais intervient avec le décalage horaire).
avatar ludobubner | 

@Maldavée
L'équipe de Diagonal m'a certifié que le Petit Robert était compatible en 64 bits et de ne pas prêter attention à la boîte de dialogue : « Le Petit Robert n'est pas optimisé en 64 bits… » qui s'affiche une fois par mois sous Mojave.

Somme toute, le Petit Robert sera compatible avec la prochaine version de Mac OS 10.15

@ Anthony
Je partage votre avis sur toute la ligne. Merci pour cet article.

avatar raoolito | 

@ludobubner

J’ai le meme message pour Unity  ! Donc j’en conclus que c’est pas lié au code lui-même mais à autre chose.
En tous cas il ne faut pas en tenir compte en effet

avatar albert13 | 

je suis de mon côté ravi par antidote depuis X années, il m’a évité pas mal de « phautes » ? lors de l’envoi de mails à des clients, de réponses à des AO (appel d’offres) et des textes à intégrer ds des sites web
De plus qd vous devez « pondre » des textes originaux pour Mr Google (SEO) la possibilité de trouver des synonymes instantanément est pas mal du tout
c’est vrai qu’avec Mojave et la puce T2, il s’intègre moins bien ds les appli mais pas le choix c’est Mr Apple qui tient le manche et qui impose la direction ?

avatar Jeamy | 

Aimer la langue de Molière, tout simplement.
Aimer lire ...

avatar Desseaux | 

@Jeamy

J’aime la langue française, j’aime lire. Ça n’empêche pas de laisser des fautes d’inattention ( on ne prend pas toujours assez de recul lors de la rédaction d’un commentaire...) et parfois, les pièges de la langue française.... lorsque j’ai rédigé mes 400 pages de thèse, j’étais bien content de pouvoir aussi compter sur antidote ( orthographe, guides, synonyme, etc.)

avatar bunam | 

Il existe aussi des gens qui ont des handicaps (dyslexie par exemple) et qui sont maltraités par le système, j'ai entendu toute ma vie, si tu lisais tu apprendrais l'orthographe. Ça m'a choqué ! On ne dit pas à un handicapé en fauteuil, allez, fait pas chier, lève-toi et marche...

J'utilise Antidote, c'est une sacrée béquille qui devrait m'être remboursée par la sécu.

avatar phil3 | 

@bunam

"Il existe aussi des gens qui ont des handicaps (dyslexie par exemple) et qui sont maltraités par le système, j'ai entendu toute ma vie, si tu lisais tu apprendrais l'orthographe. Ça m'a choqué ! On ne dit pas à un handicapé en fauteuil, allez, fait pas chier, lève-toi et marche..."

Merci pour ce message ! Ça fait plaisir de lire ça.

avatar Bigdidou | 

@phil3

« "Il existe aussi des gens qui ont des handicaps (dyslexie par exemple) et qui sont maltraités par le système, j'ai entendu toute ma vie, si tu lisais tu apprendrais l'orthographe. »

Oui, alors ça, c’est le problème de tous les handicaps et maladies « invisibles », mais au delà de ça de la plupart des maladies psychiques.
Au point que parfois, ce qui fait la gravité de la maladie, c’est l’image sociale à laquelle elle est associée, et pas la maladie en elle même.
Il y a un chantier immense d’éducation qu’il ne semble toujours pas question d’ouvrir.

avatar marenostrum | 

ça n'empêche pas que ce qu'il dit est vrai. et eux qui rédigent le logiciel ils ont besoin d'un autre logiciel aussi pour s'aider à rattraper leurs propres fautes ? (en plus tous leurs noms sont italiens, aucun français dedans)

si t'es handicapé t'es pas pour ce job là, écrire des notes. va changer de métier. celui sur une chaise roulante pareil, il va pas faire l'athlète. etc. et tu veux aussi être remboursé pour en gagner plus qu'un autre qui fait des efforts lui.

avatar bunam | 

J'ai, comme d'autres, le droit de communiquer.
Je me suis aperçu qu'on n’est pas pris au sérieux, ou que cela entrave gravement la compréhension de ce qui est écrit, s'il y a plein de fautes...

avatar phil3 | 

@marenostrum

"si t'es handicapé t'es pas pour ce job là, écrire des notes. va changer de métier. celui sur une chaise roulante pareil, il va pas faire l'athlète. etc. et tu veux aussi être remboursé pour en gagner plus qu'un autre qui fait des efforts lui. "

La comparaison est totalement ridicule et montre le degré d'incompréhension. Il y a tellement de métiers dans lesquels on a besoin d'écrire (même si on n'est pas auteur de grands textes). Par exemple, tu es bon en math, on te prend pour un ridicule parce que tu fais une faute en rédigeant une démonstration.

avatar marenostrum | 

ces logiciels existent pour ça, aider ces gens là, qu'ils ont pas le temps ou ne veulent pas faire des efforts excessifs pour apprendre correctement la langue, ou ils sont tout simplement étrangers.
mais ça veut pas dire qu'un mathématicien ne peut pas apprendre correctement le français, en lisant, comme disait l'autre plus haut. comme il a fait pour les maths, il peut appliquer la même technique pour la langue. parce que on peut se demander comment les gens faisaient avant que de tels logiciels apparaissent ? en plus ils écrivaient beaucoup mieux que maintenant.

avatar phil3 | 

@marenostrum

Toujours l'incompréhension. Quand tu es par exemple dyslexique, tu peux lire autant que tu veux, tu peux appliquer les techniques de math, ça ne change rien.

avatar bunam | 

C'est épuisant de toujours expliquer... et de ne pas être compris ;)

avatar marenostrum | 

comme je l'ai dis plus haut, dans ce cas il faut laisser tomber l'écriture, et appliquer dans la vie un métier qui n'en demande pas de qualité en orthographe. c'est plus simple.

quand t'as 1m60 c'est plus facile faire l'haltérophilie (gonfler les muscles) que le basket. d'ailleurs là où il y a de compétition, t'es fini avec un "handicap". ils te renvoient dans d'autres directions que ta passion. pas où tu veux mais là où tu seras le plus capable, t'auras plus de chances de réussir.

avatar bunam | 

De par mon métier (développement de logiciels) je dois communiquer et je me dois de le faire le mieux possible. La communication par l’écrit n'est pas réservée aux auteurs et journalistes …

avatar phil3 | 

@marenostrum

Ce niveau de remarque est affligeant. Donc si un super ingénieur est en fauteuil roulant, il n'a qu'à changer de métier s'il y a une marche devant l'entrée de l'entreprise ?

Ce n'est pas parce que quelqu'un fait quelques fautes qu'il n'est pas très compétent dans des domaines comme par exemple les sciences. Le problème c'est que même dans ce cas il y a toujours des gens assez stupides pour faire des remarques sur les fautes plutôt que s'intéresser au fond.

C'est d'ailleurs le même problème dans l'éducation nationale. Tu es pénalisé en français, mais tu l'es de nouveau en math quand ton raisonnement est nickel mais que tu as fait des fautes en expliquant ta démarche. C'est la double peine.

avatar marenostrum | 

l'ingénieur et un fauteuil roulant y a rien de contradictoire. un des plus grands directeurs de formula 1 (automobilisme), Williams, était sur un fauteuil roulant.
la langue est par contre importante pour celui qui écrit, un journaliste, écrivain, etc. c'est un élément base. et je suis pas contre les malades ou les logiciels, je discute juste en principe.
les fautes d'orthographe passent quand t'es bon dans ton métier principal, mais ça ne passent plus quand la langue est ton métier.

avatar violonisme | 

@marenostrum

Les gens qui écrivent sont ceux qui travaillent. Ou qui cherchent à travailler. Quel que soit le domaine. Avec internet la place de l’écrit est de plus en plus importante. La place des erreurs également. Mon plombier doit-il arrêter les devis et les mails? Non, car c’est un bon artisan.

avatar phil3 | 

@violonisme

??

avatar marenostrum | 

s'il est un bon plombier et il applique des prix corrects, ses fautes ne vont pas lui couter trop de problèmes. quand il est pas bon ou quelconque ou juste une tierce personne de sa boite (qui ne répond qu'aux mails) et par ses fautes les clients s'en volent, il sera viré un jour ou il ne va plus trouver de clients.

le seul problème est que la plupart des professionnels de nos jours, sont médiocres partout (dans leur métier principal et leurs autres atouts). ils ont arrêté de progresser. pour ça qu'ils ont besoin ne pas faire trop de fautes qui se voient facilement. et l'orthographe est trop voyant.

avatar phil3 | 

@marenostrum

"les fautes d'orthographe passent quand t'es bon dans ton métier principal, mais ça ne passent plus quand la langue est ton métier. "

Non justement ça ne passe pas même quand tu es bon dans ton métier et c'est bien ça le problème et c'est ça que je dénonce. La réalité sur le terrain est tout autre.

avatar bunam | 

Moi avec personne vouloir être méchant, mais arrêtez de nourrir les trolls il faut ;)

Je vais demander un mode Yoda dans Antidote...

avatar jacquemin | 

Il y a des activités qui ne peuvent être éludées. Le langage et ses pratiques fait partie de l'intrinsèquement humain et ne peut être éludé. Ce n'est pas ainsi que fonctionne l'humanité. On ne renvoie pas les handicapés à la niche pour les intégrer. Ou alors, faudrait-il interdide de voter les imbéciles ? Refuser handisport ? Faire taire les esprits bornés ?
Non, il faut expliquer, expliquer, et provoquer chacun au meilleur de lui-même. Merci bunam

avatar reborn | 

J’ai franchement du mal avec Antidote.. si seulement Grammarly pouvait prendre en charge le français..

avatar Farnots | 

D’ailleurs, vous connaissez des équivalents sur iPad ? La version d’Antidote mobile ne contient que les dictionnaires et aucun correcteur orthographique !

avatar pim | 

@Farnots

Comme expliqué dans l’article, Antidote propose une version « web » d’Antidote 10 qui est parfaitement utilisable sur iPad. En revanche sauf erreur de ma part cette version vient avec le version macOS d’Antidote, et pas avec la version iOS ; or elle est assez inutile sur macOS mais indispensable sous iOS.

avatar drudru | 

Je suis preneur d’un avis d’un utilisateur francophone de la version anglaise d’Antidote.

avatar ludobubner | 

@Drudru
Je l'utilise pour l'anglais. Que ce soit dans Apple Mail ou dans Pages.
Il est sensible aux « verbes + prépositions », à la morphosyntaxe en général et au lexique.
Je dirais qu'il offre un travail équivalent à la langue française.

avatar Madalvée | 

Prolexis ne me corrige presque jamais rien, mais dans un logiciel de PAO il place les bons espaces et les bons caractères typographiques (enfin quand on a corrigé les règles par défaut).

avatar nicolier | 

J'ai acheté Prolexis il y a une vingtaine d'années… 5 ans d'utilisation assidue et réussie ! Puis changement de politique tarifaire de leur part, je suis passé chez Antidote avec plaisir. Des dizaines d'articles corrigés, quelques livres passés aussi à la moulinette avant envoi à l'éditeur. Mais… l'intégration devient le maillot faible. J'ai la nostalgie de l'époque ou quasiment depuis n'importe quelle application on sélectionnait un bout de texte, on lançait Antidote, on corrigeait, et les corrections étaient automatiquement intégrées dans le fichier d'origine. Depuis plusieurs années, l'intégration est de moins en moins bien réalisée, voire parfois inexistante (la solution du copier coller d'un texte pour le corriger dans Antidote et le recopier-coller dans l'application d'origine est trop lourde pour une utilisation professionnelle fréquente). Paresse d'Antidote ? ou Apple qui cloisonne trop la communication entre les différentes applications, bridant ainsi Antidote ? Je n'ai pas la réponse car trop peu technicien pour cela ! Mais au final le résultat est une vraie régression de facilité d'usage si l'on compare les fonctionnalités avec un recul d'une vingtaine d'années. Résultat : je ne remets plus à jour Antidote. Au risque de faire hurler, je n'ai pas le sentiment qu'il corrige mieux aujourd'hui qu'il y a 10 ans. La qualité de détection des fautes s'est stabilisée depuis déjà longtemps.

avatar scribe | 

Le « maillot faible », j'adore ! Surtout à propos de correcteurs…

avatar DahuLArthropode | 

@nicolier

Je suppose que tu n’as pas installé les intégrations (les connecteurs). Je corrige mes courriels et mes documents Word sans avoir besoin de copier-coller quoi que ce soit, sur Mac ou Windows.

avatar Bigdidou | 

Je ne peux plus me passer d’Antidote au point que cela me fait décaler les mises à jour système quand il existe une incompatibilité.
Après, comme c’est bien souligné dans cet excellent article qui me conforte dans mon choix, c’est plus un très puissant outil d’aide à la correction qu’un correcteur automatique.
Antidote souligne les problèmes et attire votre attention sur ce qui pourrait être un problème, ce qui exige un bon niveau de base du côté de l’utilisateur.
Bien sûr, il débrouille parfaitement tout seul en ce qui concerne les fautes de frappe, nombre, genre et accord. Enfin dans les situations pas trop complexes (comme dans celles où c’est le sens qui détermine l’accord, forcément, il est largué).

Pour la féminisation des noms de fonction,d’anis certains milieux, l’usage prédomine sur la circulaire, même dans les trucs « officiels » et c’est bien de garder le choix.

avatar anonx | 

Il manque un « fois » dans la manche 10 !

avatar Seize | 

Non, rien...

avatar alitaliano | 

Merci beaucoup pour ce test ! Utilisateur d'Antidote depuis quelques années (grâce à un test déjà lu sur MacG), et graphiste indépendant, je confirme la pertinence de la correction des fautes. Antidote est pratique également pour les corrections typographiques, telles qu'ajouter une espace insécable avant un ":" ou une espace fine avant "!" ou "?", en un clic. Il est aussi possible d'imposer des espaces insécables dans les dates (ex. : "2 mai" avec une espace insécable entre les 2 mots) ou les mesures (ex. : 10 m2), etc. Je suis très bon en orthographe, mais il me permet de corriger rapidement les fautes des textes de mes clients même s'il est de plus en plus lent au lancement. L'intégration aux logiciels est fastidieuse, mais une fois qu'on a compris qu'il était plus facile d'appeler le correcteur via la barre de menus (dans InDesign CC 2019 par exemple), ça se passe plutôt bien. Effectivement, l'indication d'une rupture indique souvent une erreur dans un texte et est assez efficace.

avatar Rom 1 | 

Utilisateur d’Antidote pour le perso et (forcé) de ProLexis pour le pro, je trouve Antidote supérieur. Rien que pour l’analyse de style et les répétitions. J’utilise souvent Antidote sur iOS pour les guides et les synonymes.

Bravo pour cette comparaison en tout cas ! ?

Par contre @Anthony, tu n’as pas dû utiliser Antidote ou ProLexis pour les espaces insécables avant les ponctuations comme le point d’exclamation ou d’interrogation. Dans ton article, ils sont collés aux mots comme en anglais, l’influence du voisin américain ?! ?

avatar Anthony Nelzin-Santos | 
@Rom1 : au contraire ! Ce papier respecte rigoureusement les normes typographiques (en principe). Mais les polices et les navigateurs, eux, ne savent pas toujours représenter les quarts de cadratin et autres subtilités. (Copie-colle un extrait de l’article dans ton éditeur favori, et tu devrais voir les bonnes espaces.)
avatar Rom 1 | 

@Anthony

Arf j’avais pas pensé à ça, mea culpa. Je consulte ton article depuis l’application et aucune espace n’est respectée. Je regarderai sur mon ordi. ?
Entre ça et le correcteur insupportable intégré à iOS, il serait temps qu’Apple ouvre la possibilité à des éditeurs tiers d’enrichir les solutions, comme pour le choix du clavier. Antidote dans iMessage, ça serait top !?

avatar bunam | 

La typographie et le web, c'est comment dire : le Far West ?

avatar occam | 

@Rom 1

"Entre ça et le correcteur insupportable intégré à iOS"

Entre ça et les correcteurs insupportables intégrés à iOS.

Je travaille dans un environnement multilingue.
Depuis le temps, j’ai fini par réaliser qu’en Europe, nous étions des masses dans cette situation. (Et encore n’avons-nous à gérer que des alphabets latins ou dérivés, ainsi que le grec et le cyrillique.)
Et chaque jour, les mêmes tracas pour passer les logiciels d’une langue à l’autre.

Dans un cadre iOS conçu en principe, d’emblée, pour la mobilité.

Apple ne semble toujours pas avoir pleinement intégré ce fait. Il ne s’agit pas uniquement de de déplacer de A à C via B, mais encore de vivre et de travailler dans un espace commun que se partagent A, B et C.

avatar pat3 | 

@occam

"Je travaille dans un environnement multilingue.
Depuis le temps, j’ai fini par réaliser qu’en Europe, nous étions des masses dans cette situation. (Et encore n’avons-nous à gérer que des alphabets latins ou dérivés, ainsi que le grec et le cyrillique.)
Et chaque jour, les mêmes tracas pour passer les logiciels d’une langue à l’autre."

Ça ne se fait pas en changeant la langue du système par défaut ?! (…) ah ben non je viens de tester, il faut redémarrer à chaque fois. Pénible en effet, si l’opération est réalisée plusieurs fois par jour.
Et ça se passe comment sous Windows ? Et sous Linux ?

avatar occam | 

@pat3

"Et ça se passe comment sous Windows ? Et sous Linux ?"

Linux (Ubuntu, au moins depuis 16.04 LTS) : on change les options du clavier dans le MATE Control Center. Ensuite, il existe une combinaison dont je ne me souviens jamais, probablement qqch du genre Crtl+Shift, pour passer d‘un clavier à l‘autre.
Les correcteurs sous Linux, n‘en parlons pas, trop douloureux.

Windows 10 : a priori, pas de problème, on peut installer autant de claviers et de correcteurs qu’on veut. Seulement, que je sache, pour changer la langue du système, il faut redémarrer.

En ce qui me concerne, tous mes OS sont en anglais. Ce qui pose problème, ce sont
1. les associations de claviers spécifiques à des langues spécifiques, donc des correcteurs spécifiques ;
2. les correcteurs sur des textes multilingues.

Sur ce dernier point, iOS (qui aurait par ailleurs beaucoup d’atouts) est particulièrement rasant : les correcteurs associés au clavier virtuel anglais-QWERTZ reconnaissent à peu près l’anglais, le français et l’allemand. Les claviers allemand-QWERTZ ou Suisse français (ou AZERTY, mais je ne l’utilise plus, après 40 ans de QWERTY/QWERTZ) semblent associés à des correcteurs monolingues. Ce qui me rend dingue. ?

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