Ouvrir le menu principal

MacGeneration

Recherche

Tesla abandonne le nom Full Self-Driving en Europe : finalement, ce sera Tesla Conduite Assistée

Greg Onizuka

vendredi 09 octobre 2026 à 20:50 • 5

Mobilités

Il aura fallu quelques années et quelques discussions avec les autorités européennes pour que Tesla se décide à mettre un peu d’eau dans son vin. Le constructeur américain vient de rebaptiser son fameux « Full Self-Driving » (FSD), qui devient désormais « Tesla Assisted Driving », ou « Tesla Conduite Assistée » dans la langue de Molière. Une appellation nettement moins ambitieuse, mais qui présente l’avantage de ne plus promettre monts et merveilles aux automobilistes. Et pour les clients ayant déjà déboursé plusieurs milliers d’euros pour l’option, le changement réserve quelques surprises.

Depuis le temps que ça faisait polémique… Capture MacGeneration.

Comme le rapporte TechCrunch, Tesla a commencé à modifier la dénomination de son système de conduite autonome supervisée sur ses différents sites européens. Exit le « Full Self-Driving », qui pouvait laisser croire qu’il suffisait de s’installer confortablement derrière le volant pour laisser la voiture se débrouiller. Place à une appellation beaucoup plus terre à terre, qui décrit finalement bien mieux les capacités réelles du dispositif.

Car malgré son nom ronflant, le FSD n’a jamais transformé une Tesla en voiture véritablement autonome. Certes, le système est capable de gérer la direction, les changements de voie, les intersections et diverses manœuvres sans intervention directe du conducteur, mais ce dernier doit conserver son attention sur la route et rester prêt à reprendre les commandes à tout instant. De quoi rendre l’appellation « Full Self-Driving » quelque peu optimiste, même en ajoutant la mention « Supervised » entre parenthèses. Il faut croire que les autorités européennes n’ont pas été particulièrement sensibles à cette subtilité linguistique.

Un nom à géométrie variable

Ironiquement, le premier nom donné à la fonction (Autopilot) était finalement bien plus logique que « Conduite entièrement autonome » : dans l’aéronautique, engager un pilote automatique ne dispense pas de surveiller la machine en permanence, même si elle se débrouille pour de nombreuses manœuvres (programmées à l’avance d’ailleurs). Malheureusement pour Tesla, ce terme dans l’imaginaire public correspondait surtout à la vision de K2000 qui roule toute seule pendant que Michael Knight pique un roupillon. Raté.

L’Allemagne a fini par obtenir gain de cause

À l’origine de cette soudaine modestie, on retrouve notamment le gouvernement allemand, qui n’appréciait guère la manière dont Tesla présentait son système. Steffen Bilger, secrétaire d’État parlementaire auprès du ministre fédéral des Transports, avait ainsi fait remarquer que l’appellation « Full Self-Driving » pouvait induire les automobilistes en erreur. Difficile de lui donner tort : lorsqu’un constructeur vous vend une option baptisée « conduite entièrement autonome », on peut raisonnablement s’attendre à ce que la voiture soit capable de conduire entièrement seule.

Les discussions menées en septembre entre Tesla et les autorités allemandes auraient finalement débouché sur un compromis. Le constructeur abandonne son appellation historique au profit de « Tesla Assisted Driving », et Berlin accepte en contrepartie de soutenir ses efforts pour obtenir une homologation européenne. Une petite victoire pour les régulateurs, et un exercice de souplesse assez inhabituel pour une entreprise dont le patron préfère généralement expliquer que les réglementations constituent un obstacle insupportable au progrès.

Conduite autonome : Tesla veut vendre son système, mais personne ne signe

Conduite autonome : Tesla veut vendre son système, mais personne ne signe

Il faut dire que Tesla a tout intérêt à assouplir un peu son discours. Alors que les ventes de véhicules électriques sont devenues plus disputées, le constructeur mise énormément sur les logiciels et la conduite autonome pour assurer sa croissance future. Pouvoir commercialiser pleinement son système en Europe représenterait une manne financière non négligeable, surtout lorsqu’on connaît le prix demandé pour l’option. Dans ces conditions, sacrifier trois mots sur l’autel de l’homologation ne constitue probablement pas une concession insurmontable.

Une homologation qui se fait toujours attendre

Ce changement de nom intervient alors que Tesla poursuit son offensive auprès des autorités européennes. Plusieurs pays ont déjà ouvert la porte à des essais ou à des autorisations encadrées du système, notamment les Pays-Bas et la Lituanie, tandis que d’autres États ont engagé leurs propres démarches. Le constructeur espère désormais obtenir une reconnaissance plus large, qui lui permettrait de déployer ses fonctionnalités avancées sur une bonne partie du continent sans devoir négocier séparément avec chaque administration.

Tesla FSD : le grand test des lacets alpins

Tesla FSD : le grand test des lacets alpins

Pour autant, il ne faut pas confondre les autorisations d’essais, les validations nationales et une homologation permettant à tous les propriétaires européens d’activer le système. Cette dernière reste à obtenir, et les automobilistes français devront encore patienter avant de pouvoir profiter des fonctionnalités avancées promises par Tesla. Le changement de nom ne constitue donc pas, à lui seul, un feu vert réglementaire, même s’il pourrait contribuer à débloquer certaines discussions. Le ministre des Transports français a d’ailleurs été clair sur le sujet : tant que le système de la marque dépassera les limitations de vitesse et ne surveillera pas suffisamment l’attention du conducteur, difficile d’envisager un avis favorable de Paris.

Cette « souplesse » sur les limitations de vitesse est d’ailleurs, assez ironiquement, ce qu’a fini par accepter son homologue allemand : dans un communiqué officiel, celui-ci indique que le système pourra ponctuellement dépasser les limitations de 10 % sans que cela constitue un obstacle à son homologation européenne. C’est d’autant plus remarquable lorsqu’on connaît la rigueur de nos voisins germaniques concernant le respect des limitations de vitesse, en dehors de leurs fameuses portions d’Autobahn sans limitation générale.

Europe : Tesla ne veut surtout pas voir publiées les données de sécurité du FSD confiées à la RDW

Europe : Tesla ne veut surtout pas voir publiées les données de sécurité du FSD confiées à la RDW

Sur son site français, le constructeur a déjà remplacé les références au FSD par « Tesla Conduite Assistée », tout en prenant soin de préciser que la disponibilité des fonctionnalités reste soumise aux approbations réglementaires. Une prudence assez remarquable de la part d’une entreprise qui nous avait habitués à des annonces autrement plus enthousiastes. Pour le moment, la révolution de la conduite autonome se limite donc essentiellement à une modification des pages commerciales.

6 300 € pour devenir « Basique » ? How dare you !

Mais le changement ne s’arrête pas au site internet. Nous avons pu constater qu’il avait également été répercuté dans l’application mobile du constructeur, avec un résultat pour le moins amusant. Sur une Model 3 Long Range de 2020, dont le propriétaire avait acheté l’option « Full Self-Driving Capability », la rubrique des équipements actifs affiche désormais « Tesla Conduite Assistée Basique ». Une petite rétrogradation sémantique qui fait toujours plaisir lorsqu’on se souvient du montant de la facture.

Comment ça basique ??? Capture MacGeneration.

Car à l’époque, le 29 juin 2020 pour être précis, Tesla avait facturé cette option 6 300 € TTC. Six ans plus tard, voilà donc notre propriétaire passé de la promesse d’une conduite entièrement autonome à une assistance qualifiée de « basique », sans avoir eu l’occasion de profiter du système avancé sur les routes françaises. Heureusement, Tesla a conservé un certain sens de l’archivage : en touchant cette ligne dans l’application, il est toujours possible de retrouver la facture originale, sur laquelle figure noir sur blanc la mention « Full Self-Driving Capability ».

La conduite autonome de Tesla rate son permis en France, notamment à cause d’excès de vitesse

La conduite autonome de Tesla rate son permis en France, notamment à cause d’excès de vitesse

Attention toutefois à ne pas tirer de conclusions trop rapides. La « Conduite Assistée Basique » désigne normalement les fonctionnalités d’assistance classiques de Tesla, tandis que la nouvelle « Tesla Conduite Assistée » correspond au système avancé anciennement connu sous le nom de FSD. Rien ne permet donc d’affirmer que le constructeur a effectivement supprimé ou rétrogradé une licence déjà achetée. Il pourrait simplement s’agir d’un problème de nomenclature dans l’application, ce qui n’empêche pas l’affichage de soulever quelques interrogations.

D’autant que les propriétaires des anciennes générations de Tesla ont une autre raison de surveiller le dossier : leur matériel. Les Model 3 de 2020 disposent du calculateur Hardware 3, alors que les développements les plus récents du FSD privilégient désormais le Hardware 4. Elon Musk a lui-même reconnu que les capacités du HW3 pourraient être insuffisantes pour certaines évolutions du système, évoquant la possibilité de remplacer le matériel des véhicules concernés. Reste à savoir comment cette promesse se concrétisera, notamment en Europe, où des clients attendent depuis des années de pouvoir utiliser une option pourtant payée au prix fort.

Au bout du compte, Tesla aura donc mis plusieurs années à reconnaître, au moins dans sa communication européenne, que son système relevait davantage de l’assistance que de l’autonomie. Une cure de modestie bienvenue qui pourrait faciliter son homologation, mais qui ne règle pas la question des milliers de clients ayant acheté le FSD à une époque où la conduite entièrement autonome semblait toujours devoir arriver l’année suivante. En attendant, ils auront au moins obtenu une nouveauté sans supplément : un changement de nom.

Ajouter ce site dans Google News

Tesla abandonne le nom Full Self-Driving en Europe : finalement, ce sera Tesla Conduite Assistée

20:50

• 5


Maison connectée : les accessoires des partenaires d’Apple auraient droit à une fonction spéciale

20:12

• 0


Le Pentagone veut diffuser une exécution en direct : les plateformes accepteront-elles ?

19:30

• 0


Orange se prend pour Disneyland et propose un Fast Pass 5G+ : une journée de 5G devant les autres pour 5 €

19:04

• 37


Apple doit réapprendre à garder ses secrets

18:06

• 9


Ces petits grésillements qui accompagnent certains MacBook Pro en plein travail

17:39

• 18


Quand une cafetière connectée génère 1 To de trafic en 10 jours

16:22

• 26


Marché du PC : les livraisons de Mac chutent, mais Apple gagne des parts de marché

12:37

• 8


Safari Technology Preview adapte son zoom sous macOS, encore une trace d'un Mac tactile

12:10

• 11


iPhone 18 Pro : Apple réduirait ses commandes face à une demande décevante

11:34

• 107


Vous en avez marre de macOS ? Passez à Raspberry Pi OS sur votre Mac

11:00

• 27


Microsoft 365 : le stockage familial perd jusqu'à 4 To au total au nom de la « flexibilité »

10:45

• 37


Google lance une app gratuite de prise de notes par IA optimisée pour les Mac Apple Silicon

10:25

• 11


Apple va-t-elle renommer Siri AI pour faire plaisir à Donald Trump ?

09:13

• 118


Faut-il faire une croix sur le lancement européen du HomePad ?

08:28

• 28


Anthropic demande aux utilisateurs d’arrêter de maltraiter Claude : même les IA ont droit à un peu de respect

08:00

• 62