Stellantis annonce le lancement du projet « E-Car », une petite voiture électrique qui se veut « révolutionnaire et abordable », rien que ça. Derrière un communiqué de presse plein d’envolées lyriques1, l’objectif est bien de baisser encore les prix. Si le groupe automobile se garde bien d’annoncer des tarifs, on évoque un ticket d’entrée autour des 15 000 €, avant de prendre en compte d’éventuelles aides. Ce serait indéniablement une nouvelle étape importante vers la démocratisation de la voiture électrique en Europe, même s’il faudra patienter pour savoir à quoi ressembleront ces véhicules moins chers. En effet, Stellantis ne prévoit aucune commercialisation avant 2028 au mieux.
Un prix de vente fixé à 15 000 € sur l’entrée de gamme, cela reviendrait à réduire d’environ 5 000 € le montant nécessaire pour acheter une voiture électrique chez Stellantis. Actuellement, il faut compter autour de 20 000 € pour une ë-C3 en finition You et avec la petite batterie LFP de 30 kWh, de quoi afficher une autonomie théorique modeste d’environ 200 km selon la norme WLTP. En ajoutant aides maximales et promotions, Citroën revendique un prix de base à 12 990 €, un tarif sous condition donc.
Avec son ë-C3 à moins de 20 000 €, Citroën espère populariser la voiture électrique
L’E-Car vise le segment encore inférieur, celui des petites citadines sur lequel Renault vient d’entrer en force avec la Twingo néo-rétro. La marque française n’a toutefois pas réussi à baisser autant ses prix, puisque la voiture débute elle aussi juste sous la barre des 20 000 € en entrée de gamme. Plus petit, plus léger et bénéficiant de meilleures technologies, le véhicule affiche une meilleure autonomie avec ses 264 km WLTP, mais quoi qu’il en soit, la firme au losange n’a pas réussi à descendre aussi bas que le souhaite Stellantis. Là encore, seules les aides permettent de baisser la facture finale.
Renault dévoile sa nouvelle Twingo, électrique et néo-retro, promise à moins de 20 000 €
Renault affiche les tarifs de sa nouvelle Twingo, techniquement sous la barre des 15 000 €
Pour vendre des voitures électriques à un montant inférieur avant même de parler d’aides à l’achat, Stellantis compte sur d’autres concessions supplémentaires. Pas sur le lieu de fabrication, puisque ces modèles sont prévus pour être « fièrement » produits en Italie, dans l’usine de Pomigliano, un site historique d’Alfa Romeo situé près de Naples. En revanche, le groupe compte sans doute sur une nouvelle législation européenne, inspirée par les « Kei Car » japonaises. L’idée serait d’alléger les exigences réglementaires pour produire des voitures plus compactes et moins chères, mais les contours exacts restent encore très flous.
Quelles réductions sur la sécurité ? Quel format pour ces véhicules d’une nouvelle catégorie ? Il nous manque bon nombre de réponses. En tout cas, l’entreprise franco-italo-américaine n’a eu de cesse de signaler que l’absence d’offres sur ce segment était directement la conséquence de la réglementation européenne, très exigeante en matière de sécurité. Néanmoins, proposer des véhicules moins sûrs aux clients qui ne peuvent pas s’offrir une voiture neuve est un calcul assez étrange, surtout quand le marché de l’occasion existe et se développe de plus en plus.
Toujours est-il que Stellantis proposera plusieurs modèles dans la catégorie sous ses différentes marques. Citroën devrait être parmi les premiers sur le segment, son patron l’avait déjà confirmé auprès de nos confrères d’Autocar. Dans cette interview, Xavier Chardon avait évoqué le souvenir de la mythique 2CV. Sans forcément aller sur le terrain de la nostalgie comme Renault, le constructeur français pourrait relancer un modèle similaire à la petite C1, aujourd’hui disparue du catalogue.
Si tout se déroule comme prévu, Stellantis prévoit de commencer la production à partir de 2028. Les ventes de ces « E-Cars » débuteront par la suite.
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Si vous vous posiez la question, « le « E » de E-Car signifie Européen, Emotionnel, Electrique et Ecologique ». ↩︎













