Les ventes d’appareils photo divisées par huit en dix ans

Anthony Nelzin-Santos |

Les membres de la CIPA avaient entamé les années 2010 sur les chapeaux de roue, en vendant 121,5 millions d’appareils photo. Ils abordent les années 2020 dans un dérapage incontrôlé, en annonçant avoir vendu seulement 15,2 millions d’appareils l’an passé. Du record historique au plus bas historique, les ventes1 d’appareils photo ont été divisées par huit en dix ans.

Qu’il est loin, le temps où les principaux fabricants vendaient plus de 120 millions d’appareils chaque année, et se partageaient plus de 18 milliards d’euros de chiffre d’affaires ! L’an passé, les ventes ont péniblement dépassé les 15 millions d’exemplaires. À l’échelle de la décennie, le marché a été divisé par trois, et ne dépasse plus les cinq milliards d’euros.

Livraisons d’appareils photo, en millions d’unités.

La principale cause est toute trouvée : les compacts ont quasiment disparu. Leurs ventes ont été divisées par deux entre 2011 et 2013, par trois entre 2013 et 2016, et une nouvelle fois par deux entre 2016 et 2019. Alors qu’ils ont représenté jusqu’à 95 % des ventes d’appareils photo, ils représentent moins de la moitié des achats désormais.

Même si elles sont passées sous la barre des 10 millions d’exemplaires, les ventes des appareils à objectifs interchangeables n’ont pas connu la même chute vertigineuse. Les ventes de boitier reflex ont été divisées par quatre en cinq ans, mais les ventes de boitiers mirrorless se maintiennent autour des 4 millions d’unités. À ce rythme, dès cette année, les ventes de boitier mirrorless pourraient dépasser celle des reflex.

Un symbole qui résume bien l’évolution du marché. Si les ventes ne cessent de baisser, le prix moyen ne cesse d’augmenter. De la même manière que la courbe des ventes de smartphones sont le parfait miroir de celle des ventes de compacts, la courbe des ventes est le parfait miroir de celle du prix moyen. Les fabricants vendent moins, mais vendent plus cher.

Alors qu’il était tombé à 75 € en 2011, le prix moyen d’un compact est remonté à 162 €. Le succès des « compacts experts », comme le Sony RX100 ou le Canon Powershot G7 X, ne se dément pas. Le prix moyen des appareils à objectif interchangeables a augmenté de 40 % en dix ans, pour atteindre 450 € en 2019.

Canon et Nikon ont enfin répondu à la gamme Sony Alpha, et proposent leurs propres boitiers mirrorless professionnels. Même les boitiers moyen format perdent leur miroir avec la gamme Fujilm GFX. Preuve de la vitalité de ce segment, les ventes d’objectifs restent largement supérieures aux ventes de boitiers, et se maintiennent à 14,5 millions d’unités.

Prix moyen d’un appareil photo, en yens.

La CIPA ne fait aucun mystère : elle ne s’attend pas à un retournement de situation, et prédit que les ventes d’appareils ne dépasseront pas 12 millions d’exemplaires en 2020, deux fois moins qu’en 2017. L’association de fabricants veut toutefois croire que « précisément parce que nous vivons à une époque où tout le monde peut prendre des photos avec son smartphone, il n’est pas déraisonnable d’envisager une augmentation du nombre de gens qui voudraient acheter un appareil […] pour prendre des photos qu’ils n’auraient jamais pu prendre avec un smartphone. »

Ce serait ignorer l’incroyable amélioration de la qualité des photos issues des smartphones, dont les capteurs sont souvent fabriqués par… des membres de la CIPA ! Non content d’être l’un des acteurs les plus dynamiques du marché des appareils photo, Sony est l’un des principaux fournisseurs de capteurs et de processeurs de traitement pour le marché des smartphones. Les fabricants qui souffrent le plus sont aussi ceux qui maitrisent le moins de technologies.


  1. Les livraisons, techniquement, mais les chiffres de production et le taux de rotation des stocks des principaux distributeurs permet de confondre les deux chiffres sans danger.  ↩


avatar jb18v | 

D’un autre côté tu achètes pas un appareil aussi souvent qu’on change de smartphone..

avatar donatello | 

J'ai fait comme tout le monde dans les années 2000 - 2010 : monter en gamme dans la photo numérique. Compact, compact pro, reflex, gros reflex, plein d'objectifs super...

Et puis, et puis... l'iPhone est devenu de plus en plus capable (pour moi le tournant a été l'iPhone 5).
Et surtout, ces opérations qui nous paraissaient anodines autrefois sont devenues incroyablement fastidieuses :
Prendre une photo; sortir la carte mémoire; la placer dans un lecteur de carte; importer les photos dans Lightroom; les traiter pendant des heures pour modifier le quart de pouillème de luminosité qui fera de notre photo un chef d'oeuvre; et enfin les publier sur Facebook en 600x300 pixels et récolter trois likes dont un de sa belle-mère...

avatar BenjaminBraxton | 

@donatello

Excellent 😂

avatar iftwst | 

@donatello

Bien vu !

avatar noooty | 

@donatello

J’adore ta présentation de la photo aujourd’hui
🤣

avatar SebKyz | 

@donatello

On ne fait pas des photos pour les autres mais pour sois. Les faire développer par ex

avatar donatello | 

Oui, oui j'ai dit ça au début : "Non mais moi chuis un artiste, j'vais faire développer sur plaque aluminium en 4x3m..."

Mais quand la photothèque atteint les 75,000 clichés, on n'a plus de pognon pour faire développer et de toute manière on n'a plus de mur pour les accrocher...

avatar SebKyz | 

@donatello

Si les 75000 photos méritent d’être développées..

avatar donatello | 

Certes non...

avatar fousfous | 

@donatello

Maintenant on affiche sur la télé, ça prend moins de place sur le mur!

avatar pocketalex | 

@SebKyz

"On ne fait pas des photos pour les autres mais pour sois. Les faire développer par ex"

Il n'a jamais été aussi facile de faire développer des photos qu'avec les smartphones. et ce sans se déplacer dans le labo du coin, il existe 1000 et un services qui font ça en ligne en quelques clics et on est livré quelques jours après, et la qualité est tout à fait honnête, surtout avec les smartphones récents qui shootent tous en 20mpx, et de toutes façons plus personne n'imprime en 10x15cm comme avant, les gens préfèrent le format "polaroïd" et quand bien même la qualité n'est pas comparable à un tirage film sur du 10x15, le prix est bien inférieur, et de toute façons ça va finir dans un tiroir, une boite à chaussure, épinglé sur le mur ou à la poubelle

Non vraiment les compact n'ont rien pour eux, si ce n'est qu'ils coutent cher pour une complexité d'utilisation et de partage des contenus d'un autre âge

avatar SebKyz | 

@pocketalex

Je vais faire de la pub alors > FreePrints sur les stores.

J’imprime les photos transférées sur mon iPhone, prises avec un Fuji x100s 🙂

avatar oomu | 

d'un autre coté, si on a pas la passion du cliché, du "moment parfait", d'attendre la lumière, de récupérer en haute définition son cliché, pour le travailler, pour voir "le détail magique", et enfin le partager, mais surtout l'avoir fait parce qu'on avait pas d'autre "choix" de que le faire (la Motivation Artistique ?), ou d'en avoir fait son métier; si on a pas tout ça, pourquoi diantre s'emmerder avec un appareil à objectif interchangeable, trépied, macro, énorme format de capteur, etc.

?

Donc peut être qu'à une époque vous faisiez tous ces efforts pour partager sur un facebook en tout pourri (!) mais peut être que cela signifiait que vous n'étiez pas très intéressé par la photo, l'acte, lui même.

-
on prend 670 005 clichés, pour pouvoir, à tête reposée, repérer le plus intéressant, ou celui où le l’alpaga est en pleine méditation sur les conséquences de la masse d'une particule élémentaire...

ça a aussi son charme et du sens.

On peut aussi en profiter pour faire du HDR, ou corriger des aberrations ou détails navrant (un déchet stupidement en plein sous l'alpaga) grâce à plein de clichés et des outils de corrections d'images sophistiqués.

avatar donatello | 

si on a pas tout ça, pourquoi diantre s'emmerder avec un appareil à objectif interchangeable

Probablement, dans mon cas, parce qu'on est un geek technoïde faible d'esprit prêt à répondre au chant de toutes les sirènes marketing.

Plus sérieusement, j'ai eu cette sorte de passion que vous décrivez, cet amour du pixel, du moment, du détail, etc. Mais comme toutes les amours, celui-ci s'émousse sur l'impitoyable meule du temps.

Au bout d'un moment, devant une belle image potentielle, on réalise qu'on l'a déjà faite 36 fois. Que ce même coucher de soleil sur cette plage ou sur ces montagnes est déjà présent sous toutes ses formes non seulement dans votre photothèque, mais aussi dans celles de tous vos amis et les amis de vos amis.

On réalise surtout que les photos qu'on aime revoir 10 ans après ne sont pas celles sur lesquelles on a le plus bossées, mais celles qui, techniquement moyennes, nous font retrouver le sourire d'un enfant ou le souvenir d'un ami oublié.

Et ces photos-là, celles qui nous touchent vraiment dix ans après, on ne les fait pas avec un D850+70-200/2.8 avec worflow DxO + Lightroom et NAS.
On les fait, et surtout on les retrouve, sur un pauvre iPhone 5.

avatar oomu | 

"Probablement, dans mon cas, parce qu'on est un geek technoïde faible d'esprit prêt à répondre au chant de toutes les sirènes marketing. "

le geek est faible face à la culture marchande :)

mais plutôt que de s'en lamenter, faut en faire une force: ouverture d'esprit, curiosité, polyvalence, initié à plusieurs approches et métiers c'est une première étape avant de spécialiser sérieusement.

en gros: la geekerie n'est jamais totalement vaine, elle peut être recyclée. ce n'est pas du temps perdu.

"Plus sérieusement, j'ai eu cette sorte de passion que vous décrivez, cet amour du pixel, du moment, du détail, etc. Mais comme toutes les amours, celui-ci s'émousse sur l'impitoyable meule du temps. "

peut être parce que ce n'est pas votre "vocation". J'ai quelques amis et connaissances qui m'ont répondu essentiellement "je devais faire ça ou RIEN !". Un ami écrivain (qui plusieurs décennies après continue d'en vivre) m'avait expliqué qu'il lui _fallait_ écrire. Il ne pourrait pas se passer d'écrire, donc autant en faire son métier (dur, très dur, un sacrifice presque constant).

"Au bout d'un moment, devant une belle image potentielle, on réalise qu'on l'a déjà faite 36 fois. Que ce même coucher de soleil sur cette plage ou sur ces montagnes est déjà présent sous toutes ses formes non seulement dans votre photothèque, mais aussi dans celles de tous vos amis et les amis de vos amis."

A mon sens, si on cherche à être "différent" des 7 milliards d'autres humains (et pire : toutes les générations précédentes), c'est vite s'écrabouiller contre l'immensité du Temps et la petitesse que l'on est.

Non, la passion dans un art ou une technique doit être une bataille contre soi: faire mieux, faire plus rapide, faire différemment, expérimenter, rater tout mais avoir du fun et des rencontres avec tout ça.

Perso, je fais que de la médiocrité maintes fois rabâchées depuis 40 ans, mais qu'est ce que je m'amuse :)

"On réalise surtout que les photos qu'on aime revoir 10 ans après ne sont pas celles sur lesquelles on a le plus bossées, mais celles qui, techniquement moyennes, nous font retrouver le sourire d'un enfant ou le souvenir d'un ami oublié. "

c'est peut être une très bonne chose. Cela dit, je crois que c'est le lot de tous les artisans : quand un travail le plus simple est celui qui plaît le plus à un public.

Un grand classique en Bd :)

"mon chef d'oeuvre au fusain sur la vie d'une concubine de napoléon retraçant l'évolution de la société dans une époque de bouleversement allégorie de la paternité que j'ai tenu sur 4 ans de travail entre contrat alimentaire, a été boudé par le public et les libraires , par contre le public a acheté en MASSE mon album de Schtroumpf en couleur numérique que Dupuis m'avait gentiment demandé et je suis invité à Angoulème pour en parler... rAAAAh"

et d'un autre coté, y a les Beksiński, qui inlassablement depuis leur appartement font oeuvre sur oeuvre sur oeuvre en totale improvisation et recherche pour soi-même, incapable de donner une explication (ou refusant d'en trouver une) et qui meurt pour rien, d'un rien, un jour, presque oublié de tous.

C'était soit l'art, soit l'alcool :)

avatar mimot15 | 

@Donatello :
Oui plutôt bien vu mais je dirais plutôt : "Et ces photos-là, celles qui nous touchent vraiment dix ans après, on ne les fait pas FORCÉMENT avec un D850+70-200/2.8, un 5DMkIV ou SONY XYZ...". ce n'est pas l'appareil photo qui décide mais ce qu'on a mis de nous dans la prise de vue. Alors smartphone, compact, reflex avec ou sans miroir.. ce n'est pas important pour l'émotion créée. Les grands photographes qui ont faits de véritables oeuvres d'art n'ont pas eu nos outils, tous types d'appareils confondus, dont nous disposons aujourd'hui et pourtant leurs photos s'affichent toujours en haut dans les expos.
Reste alors la question : "notre attitude un caprice des temps modernes.." ? Question subsidiaire que tout le monde devrait se poser : "est ce que j'AIME vraiment la photographie car j'ai quelque chose à exprimer ou n'est ce pas simplement pour moi une "photocopie du moment" ? Il y a eu comme ça des modes pour la photo à certaines époques, qui se sont vite estompées au vu du matos à trimbaler, sa complexité, le stockage des photos prises, sur papier au début, etc etc.. La plupart des équipements ont vite fini par atterrir dans un placard et ce sont les appareils portables du moment qui ont servi alors à faire les photos souvenirs. Comme quoi rien de bien nouveau en fait ici, sinon que le numérique est passé par là avec les smartphones qui répondent aux besoins à la très grande majorité des utilisateurs..

avatar ValeRoss46 | 

@donatello

Je crois que tout est dit 👌🏼😅

avatar fskynet67 | 

@donatello

😂👍🏻

avatar Saint-Jey | 

En fait, je suis assez d'accord avec vous, tout en étant en même temps en désaccord.
Le meilleur appareil photo est celui qu'on a sous la main.
Pour ma part, j'avais un d3100 avec lequel j'ai pris près de 20000 photos. Mais force est de constater que ces dernières années, j'utilisais presqu'uniquement mon iPhone. La raison ? Le manque de temps. Je shootais en raw et je devais donc retoucher toutes les photos. Les jpg, je ne les conservais même pas.
A côté de ça, je fais de l'astrophoto et donc j'ai besoin d'un reflex. Mon D3100 ayant rendu l'âme, j'ai décidé de monter en gamme (D7500) mais aussi et surtout de changer ma façon de faire. Donc mon process actuel, c'est de shooter en raw + jpeg, de balancer les jpeg en automatique sur mon iPhone 11 pour les synchroniser avec iCloud, et de mettre les raw dans Lightroom sans forcément repasser dessus. L'idée étant que si je veux faire un album photo, un rendu particulier, j'ai le raw à disposition. Si par contre, je veux partager rapidement un cliché (Insta, ...) il est sur mon téléphone. Car comme la majorité des gens, la plupart (99,9%) des photos que je fais ne méritent pas d'être exposées. J'ai ainsi le meilleur des 2 mondes et franchement, je me sens beaucoup plus libre et j'ai vraiment repris goût à la photo.
Quant à la vidéo, rien ne vaut pour moi mon iPhone 11.
My 2 cents

avatar Furious Angel | 

C'est assez normal. Tout le monde a un appareil photo dans sa poche, et même un appareil assez bon pour beaucoup de monde. Les compacts ne permettent pas de faire de meilleures photos et ils ne permettent pas un partage, des retouches, etc.

Seul le marché des reflex et hybrides a du sens, mais il est réservé aux professionnels et aux passionnés de photos. Même si je pense que le smartphone peut susciter des vocations qui mènent ensuite à utiliser un reflex ou un hybride, ça reste une minorité. Les appareils photos classiques n'évoluent pas assez vite, notamment sur la puissance de calcul ou le partage. Il faudrait inclure un OS Android.

avatar armandgz123 | 

@Furious Angel

Exactement, j’ai un 6s Plus qui s’occupe désormais de prendre toute nos photos, vidéo de famille. Et elles sont bien plus réussie qu’avec notre ancien compact

avatar pocketalex | 

"Même si je pense que le smartphone peut susciter des vocations qui mènent ensuite à utiliser un reflex ou un hybride, ça reste une minorité. "

C'était déjà le cas avant, rien de nouveau

L'immense majorité des gens qui utilisaient un jetable avant l'arrivée des smartphones ne se sont pas rués vers un reflex, que je sache 😂

De tout temps, enfin depuis que la photo existe, il y a toujours eu des utilisateurs qui font du jetable, et, en minorité, des passionnés qui s'équipent et qui ont des velléités un peu plus artistiques.

L'arrivée des smartphones n'a RIEN changé, les smartphones ont simplement remplacé les compacts qui avaient eux-même remplacé les jetables, that all.

avatar Furious Angel | 

@pocketalex

Parce qu’avant tout le monde avait un jetable sur soi ?? C’est n’importe quoi. Et un jetable restait limité en nombre de prise de vue, et il y avait le coût de l’appareil + du développement.

Le smartphone, l’a en permanence sur soi et le nombre de photos est quasiment illimité. C’est une révolution dans le rapport à la photographie. Les compacts et les jetables étaient utilisés (tres) ponctuellement, pour des événements. Le smartphone est utilisé en permanence.

avatar melaure | 

@Furious Angel

Un PAP, un Prêt A Photographier !!!

Je suis passé par Kodak ... il y a longtemps ! :D

avatar fousfous | 

Le problème des appareils photo actuels c'est qu'il n'y a quasiment pas de traitement de l'image fait sur le boîtier, ce qui fait que les photos prise sur iPhone semblent beaucoup plus attrayante avec de meilleurs couleurs (et je sais on a plus de détail sur l'APN).
C'est sur ce point que les fabricants devraient se concentrer je pense, quand on voit les résultats avec un petit capteur avec un gros capteur on devrait obtenir vraiment mieux et pas juste un peu mieux.

avatar Furious Angel | 

@fousfous

Et en plus on a des fonctionnalités en moins (impossible de publier sur Instagram, partage sur un ordi ou un téléphone, tres chiant avec une carte SD ou un wifi foireux, pas de possibilité de retouche)... Les puces des smartphones et les interfaces sont largement mieux faites.

avatar fousfous | 

@Furious Angel

Avec le mien pas de problème de partage sur le téléphone, ça fonctionne plutôt bien. Et niveau retouche j'en fait pas de toute façon, je veux avoir un résultat naturel.
Il manque aussi le GPS sur la plupart des appareils.

avatar Furious Angel | 

@fousfous

La compression des appareils photos n’est pas « naturelle ». Il faut parfois retoucher pour retrouver ce naturel. Et le raw n’a pas de balance des blancs par exemple

avatar fousfous | 

@Furious Angel

C'est toujours plus naturel que de retoucher quelques jours après la photo sans avoir de souvenirs clair des couleurs!
Parce que sinon rendre les photos fluos c'est très facile quand on pousse les curseurs.

avatar pocketalex | 

@fousfous

"Le problème des appareils photo actuels c'est qu'il n'y a quasiment pas de traitement de l'image fait sur le boîtier, ce qui fait que les photos prise sur iPhone semblent beaucoup plus attrayante avec de meilleurs couleurs (et je sais on a plus de détail sur l'APN)."

Oh tu sais, si demain Canon ou Ninon ou autre sort un compact qui permet des trucs super : des retouches et la possibilité de poster direct sur Instagram ou Facebook ou par email à ta famille ... il s'en vendra pas plus que les compacts actuels

Tu peux améliorer autant que tu veux les compacts, ça reste un truc à se trimballer en plus, qui fait la même chose que le smartphone que tu possèdes déjà : des photos.

Laisse tomber, c'est mort. Et c'est pas grave.

Ce d'autant plus que ces compacts, ça reste des produits qui de toutes façons font de mauvaise photos, pour des belles photos faut du matos un minimum sérieux (lyrique, reflex), des produits qui vont être importés depuis l'autre bout du monde, et destinés à terminer au fond d'un tiroir, puis d'une poubelle, avec leur batterie polluante, bien sur

Quel intérêt de plaider pour leur survie, si ce n'est inonder les étals d'appareils dont tout le monde se fout et dont tout le monde est déjà équipé (via leur smartphone) ?

avatar debione | 

il n’est pas déraisonnable d’envisager une augmentation du nombre de gens qui voudraient acheter un appareil […] pour prendre des photos qu’ils n’auraient jamais pu prendre avec un smartphone. »
Ce serait ignorer l’incroyable amélioration de la qualité des photos issues des smartphones, dont les capteurs sont souvent fabriqués par… des membres de la CIPA !

Ça fait combien de temps que vous n’avez pas utilisé un reflex? Parce que oui les smartphone ont fait de bon progrès, mais le pauvre 550d que je possède ou on est loin des dernier reflex, point de vue piqué et profondeur de champs, les smartphones font fischerprice a comparer...

avatar The Joker WSS | 

Tout à fait d'accord, un 550D, 10 ans après sa sortie met une raclée à l'iPhone 11 Pro (photo de jour/de nuit, portrait...etc.). Sinon pour les années à venir, y a le 6D Mark II qui t'apporte le GPS, le wifi, l'écran orientable, capteur plein format et un peu d’étanchéité pour mettre une raclée aux 10 prochains iPhone (selfie, accéléré...etc.).

avatar fousfous | 

@The Joker WSS

Par contre en vidéo ça vaut rien du tout, et tu vois pas non plus ce que tu prends réellement en photo comme t'as pas de retour du capteur.
Et en plage dynamique je doute qu'il tienne la comparaison face à un iPhone récent aussi, je vois bien mon iPhone 7 Plus qui se débrouille mieux à ce niveau qu'un Xt3 qui est quand même bien plus récent.

avatar The Joker WSS | 

@fousfous

La vidéo, c’est un autre sujet.
Y a la synchro vers ton iPhone donc ce qui est valable en post-traitement pour les photos iPhone, sera valable pour celles du reflex.

avatar fousfous | 

@The Joker WSS

Eux non, le post traitement il est valable que pour les photos prise avec l'iPhone. Ou alors explique moi comment tu fais parce que ça m'intéresse vraiment!

avatar The Joker WSS | 

Avec Canon Camera Connect tu peux télécharger tes photos sur iPhone et faire du post-traitement, si tu parles des fonctions réservées aux iPhone X et modèle ultérieur "éclairage de portrait, contrôle de la profondeur...etc." j'avoue que c'est réservé aux iPhone mais c'est inspiré du monde de la photographie pro.
Et pour le HDR les appareils reflex utilisent la fonction bracketing et montent très bien en gamme dynamique

avatar fousfous | 

@The Joker WSS

C'est bien ce que je dis, tu fais juste importer la photo et la retoucher comme si tu faisais ça sur un ordinateur. Mais tu utilises les algorithmes d'Apple qui sont vraiment pas mal.
Le problème du bracketing c'est qu'il faut aussi faire l'assemblage sur ordinateur après et les résultats ne sont pas aussi bon que le HDR de l'iPhone.

avatar pagaupa | 

@The Joker WSS

+1
Ne fais pas de la photo qui veut! Ou devrais-je dire n’importe quel possesseur d’iphone!

avatar macfredx | 

@debione

+1

Et je me vois mal faire des photos en meeting aérien avec mon iPhone...

avatar pagaupa | 

La photo n’est plus ce qu’elle était...
Quel dommage!

avatar Furious Angel | 

@pagaupa

Au contraire je trouve fantastique qu’elle se démocratise

avatar pagaupa | 

@Furious Angel

Au point de se réduire à des selfies...

avatar Ramlec | 

@pagaupa

Et alors ? Où est le problème ? Cela atteint votre intégrité physique ?

Les « petites » gens font des photos souvenirs d’eux-mêmes et de leurs amis en des lieux qu’ils jugent important.
Les photographes professionnels et les passionnés n’ont pas disparus : je continue de voir de beaux clichés dans des expos.

C’est comme pour la musique, il faut accepter le fait que tout le monde ne pense pas - et n’est pas - comme vous.

avatar oomu | 

elle était quoi ?

à part le charme perdu de faire la chimie et choisir sa pellicule tel un acheteur d'épices rares, y a quoi de triste dans la photo "moderne" ?

vous avez accès à des boitiers extraordinaires, aussi la flexibilité des mobiles, des outils logiciels formidables, la créativité folle dingue qu'offre les approches par IA,, etc.

L'univers est à votre portée, vous n'êtes pas obligé de tout prendre et de vous brûler à coups de mauvais goût.

avatar YSO | 

@oomu

« à part le charme perdu de faire la chimie et choisir sa pellicule tel un acheteur d'épices rares, y a quoi de triste dans la photo "moderne" ? »
Le fait d’avoir parfois l’impression que les boitiers numériques ont (du fait des propriétés de leur capteur) le ressenti d’avoir un couplage boîtier + pellicule typée pour un certain domaine de photos.

La créativité en plus ?
Paradoxalement quand tu viens de l’argentique tu aimes shooter et pas passer des heures sur un logiciel (aussi parfait soit-il) pour de l’éditing et de la derawtisation. C’est le tireur qui s’est presque « transformé ».
Je dirais qu’on a la capacité de changer de sensibilité d’une vue à l’autre sans devoir changer de boîtier ou de rembobiner la pellicule non finie depuis l’arrivée du numérique.

Pour la créativité pure : oui, cela facilite le travail’ même si j’ai l’impression que trop de possibilités bride la créativité... ...comme dans la musique où tu as l’impression que les Beatles (avec leur mellotron, exemple : « strawsberry filées... ») ou les Pink Floyd allaient plus loin que les groupes de maintenant avec ce que pemettent les logiciels de MAO (ça va loin sans doute mais ça ne semble pas recherché et mélodieux comme les 2 groupes cités).

avatar occam | 

Je suggère à tous ceux que la question intéresse sérieusement de lire cet article de Thom Hogan, où il reprend et étale un mantra qu’il répète en public depuis 2007/2008 et en privé depuis plus de vingt ans :
« programmable, modular, communicating cameras »
http://www.dslrbodies.com/newsviews/nikon-2016-news/september-2016-nikon-news/communicating-programmable.html

Pour les tl;dr, la conclusion :
« …each significant new surge in still camera sales has been because a big user problem has been solved: exposure meters, autofocus, and digital. Those were all big leaps forward that solved a problem that those that were interested couldn’t easily master. Smartphones just solved an even bigger problem: workflow to share an image. It will take something bigger than that to grow the camera industry rapidly again. Maybe to grow it at all. »

Corollaire : l’informatique nécessaire pour ce faire se trouve dans un smartphone.
Sony en fabrique, mais n’a pas encore sauté le pas de l’intégration.
Nikon et Canon n’en fabriquent pas, et montrent depuis des lustres la plus grande répugnance à intégrer des technologies « Not Invented Here ». Tout ce qu’ils feront désormais sera trop peu, trop tard.

Et puis il y a la question d’échelle : ce que peuvent faire Apple, Samsung, Huawei, Xisomi, Oppo à des dizaines de millions d’exemplaires, Nikon ou Canon ne sauraient le rentabiliser sur quelques dizaines de milliers de boîtiers.
Seul Sony, parmi les fabricants traditionnels, semble miser sur le computational imaging. Mais bien tardivement, et sans avoir encore mis le paquet.

avatar oomu | 

il serait difficile pour des entreprises qui ne sont pas des éditeurs de logiciels/spécialisés en informatique de muter et de maîtriser cela.

Apple fait du logiciel depuis toujours et c'est même par bien des aspects une compétence fondamentale de son activité. "celui qui est sérieux en logiciel, doit créer son propre matériel".

A l'inverse, pour Canon ou Nikon, l'électronique et le logiciel pour l'animer ne sont qu'un détail, une nécessité, pour fabriquer un appareil photo, ou un scanner ou autre.

Le "logiciel" (l'interface graphique, les protocoles, etc) sont typiquement confiées à des prestataires, rachetés et vainement intégrés ou ignorés parce qu'il est difficile pour ces entreprises d'investir dans des compétences qui ne font pas partie de leur métier, d'être face aux brevets en pagaille et d'avoir un contre-poids à proposer pour les négocier à moins cher.

Et surtout, faire du "logiciel", Apple en fait depuis 40 ans, Google s'est créé pour en faire (et maintenant ça fait + de 20 ans), c'est intrinsèque à leur métier, à qui elles embauchent depuis toujours.

C'est une avance considérable pour un Canon à rattraper et c'est pas anodin.

alors, on prend un android, et on bidouille avec ce que le marché propose déjà , mais du coup:
1: on mange dans la main de google
2: on ne se différencie pas plus que n'importe qui qui se fournit chez sony et du google.
3: on ne maîtrise pas l'arrivée des technologies

avatar occam | 

@oomu

"Apple fait du logiciel depuis toujours et c'est même par bien des aspects une compétence fondamentale de son activité. "celui qui est sérieux en logiciel, doit créer son propre matériel".

A l'inverse, pour Canon ou Nikon, l'électronique et le logiciel pour l'animer ne sont qu'un détail, une nécessité, pour fabriquer un appareil photo, ou un scanner ou autre."

Bien dit.

Et une des raisons qui font que dans ce genre de discussion, je cite souvent Thom Hogan : il a été l’un des créateurs de la Quickcam, pour Apple, et en a tiré les leçons.

Ce qu’il anticipait au sujet des smartphones en 2013 déjà :
http://www.sansmirror.com/newsviews/2013-newsviews/february-2013/the-dpreview-interviews.html

« Well, when we designed the Quickcam one of the key phrases in my marketing requirements document was "the fewest number of parts to get the image sensor data into the [at the time] Mac." The computer had plenty of computing power to do the pixel level stuff. We just had to get those pixels over there. As it turned out, the answer was 28, which was why the Quickcam was able to be sold at US$80 when it appeared.

The same thing is possible with smartphones, too, as I've described previously on bythom.com: take a larger image sensor (say 1/2.3"), add a lens, and now what's the minimum number of parts you need to have the smartphone do all the heavy lifting? Not many. A connector to the dock connector, some basic sensor support circuitry, the communications circuitry, and that's it. Add a case that swivels in the dock and then THE REST IS SOFTWARE. So when Nakayama-san says "smartphones can't offer the image quality of a compact camera" he's wrong, at least in the future tense. In the past, his statement would be true. But there's almost no barrier to stop the smartphone makers from moving forward and taking that little "protection" away from the camera companies. »

(Mes majuscules.)

THE REST IS SOFTWARE.

Toute une industrie qui se meurt de ne pas vouloir le comprendre.

avatar Cric | 

Mon Fuji S5 Pro a encore de beaux jours devant lui.
J’adore Fuji : ils ont un super suivi de leurs appareils !
Par exemple Capture One Express prend en charge gratuitement les RAW de mon vieux boîtier sur Mac avec un rendu bien meilleur que Photo...

avatar fousfous | 

@Cric

J'ai l'impression que le suivi de Fuji c'est du passé, il suffit de voir que les nouveautés des appareils avec exactement le même hardware n'est pas transmis sur les appareils plus anciens.

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