7, 8, 9, X, 11… Le système 7 fête aujourd'hui ses 30 ans

Jean-Baptiste Leheup |

Alors que nous venons de vivre la discrète bascule de Mac OS X à Mac OS 11, il est temps de fêter aujourd'hui les trente ans de leur lointain ancêtre, le Système 7. Un système d'exploitation qui a accompagné le Mac du 13 mai 1991 jusqu'au 26 juillet 1997, date de la sortie de Mac OS 8.

Bon an mal an (surtout mal an, en fait), le Système 7 a accompagné quasiment toutes les évolutions d'une décennie marquée par l'agonie d'une entreprise incapable de tenir un cap. Processeur PowerPC et gamme Power Macintosh, apparition du Newton et du QuickTake, guerre fratricide contre les clones, disparition des derniers Apple II au catalogue, concurrence avec Windows 95 : le Système 7 a tout connu… jusqu'au rachat de NeXT par Apple.

Pourtant, tout avait plutôt bien commencé pour ce nouveau système. Prenant acte de l'évolution de l'informatique, Apple avait décidé de développer un système d'exploitation modernisé, moins radin des ressources de la machine et plus ouvert que son prédécesseur hérité du premier Macintosh. Des technologies jusqu'alors proposées en option avaient été intégrées en standard, comme le gestionnaire d'affichage QuickDraw 32 bits, le MultiFinder permettant d'utiliser plusieurs applications en parallèle, ou encore l'adressage mémoire 32 bits.

Le Système 7 avait aussi largement revu l'interface utilisateur, avec un Dossier Système bien rangé, des alias, un glisser-déposer généralisé, un nouveau mécanisme de publier-s'abonner qu'Apple promettait aussi indispensable que le copier-coller, les bulles d'aide, AppleScript, ou encore At Ease, qui offrait un bureau simplifié pour les utilisateurs les plus frileux. Sans oublier la gestion des polices vectorielles TrueType, inventées par Apple pour concurrencer le PostScript Type 1 d'Adobe.

Mais comme on vous a déjà raconté tout ça l'année dernière, on ne va pas radoter aujourd'hui. En revanche, nous prendrons un peu plus de temps, un peu plus tard dans la journée, pour célébrer comme il se doit les 30 ans de QuickTime, l'incontournable technologie présentée en même temps que le Système 7.


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avatar Nesus | 

Un super système pour l’époque, mais qui avec le temps était devenu un vrai enfer. Qui n’a pas connu la reconstruction de bureau ? Le système qui se figeait quand on faisait trop de choses en même temps ? L’allocation de la ram, véritable casse tête ayant un pièce spéciale en enfer.
Par contre, on avait resedit !

avatar Derw | 

@Nesus

Haaa ! ResEdit ! ❤️

Quant aux défauts du système, ils avaient un avantage : ils étaient suffisamment simples à régler (une fois qu’on avait trouvé l’info dans un SVM Mac) et flattait l’égo de celui devenu ainsi grand sorcier vaudou du Mac pour toute la famille et les amis… 😉

Aujourd’hui, faire fonctionner un Mac pendant des mois sans anicroches est à la portée du premier venu ! 😱

avatar DahuLArthropode | 

@Nesus

"on avait resedit"

Il me semble bien qu’on l’avait déjà avant et que je m’en servait sur mon tout premier Macintosh Plus.

avatar Nesus | 

@DahuLArthropode

Oui, il était disponible avant. J’ai souvenir de l’avoir eu sur système 5. Peut-être avant, mais ma mémoire n’est pas assez bonne pour le certifier et comme j’ai commencé sur système 4, ça me met le doute.

Mais comme nous parlions de système 7 ;-)

avatar DahuLArthropode | 

@Nesus

Je partage ton sentiment. Pour ceux qui ne connaissent pas: Le principe de ces ressources était que le système allait les chercher dans le document, puis dans l’application, puis dans le système; ça permettait d’augmenter ou de masquer des ressources, un peu comme on surcharge une classe dans un langage objet, voire une instance.
J’avais par exemple ajouté une police à un document Word, alors que Word n’avait aucune fonction prévue pour embarquer une police.

avatar fte | 

@Nesus

"Par contre, on avait resedit !"

Oh que de souvenirs.

ResEdit était assez génial. Mais j’avais quand-même acheté Resorcerer qui faisait des trucs en plus.

Les apps sous forme de dossier de macOS X ont tué ResEdit, et je me souviens que je n’aimais pas ce changement au départ, pas optimal ou que sais-je. J’aimais bien mes resources. Mais c’est mieux ainsi. :)

avatar Nesus | 

@fte

C’était génial et très plantogène :p
J’en ai fait afficher des bombes à jouer avec…

avatar fte | 

@Nesus

"Par contre, on avait resedit !"

Pour les nostalgiques, il est possible de se ressourcer avec RegEdit, et cultiver ce sentiment de se retrouver dans les années 80.

avatar ibins | 

Qui se souvient de cette extraordinaire possibilité de faire un drag n’drop de son système complet et tout configuré sur un autre disque ou un autre configuration et de pouvoir redémarrer dessus directement ? C’était carrément magique !

avatar MacPlusEtc | 

@ibins

C’est exact et c’était une facilité déconcertante pour gérer un parc de Mac. Il suffisait de mettre dans ce système un profil correspondant à chacun des types de Mac du parc pour créer un disque scsi de démarrage et réparation pour universel (effectivement, par simple remplacement du dossier système sur le disque interne). Un prodige de simplicité et de rapidité pour la maintenance : une affaire de quelques minutes.
D’ailleurs, il me semble injuste de décrier ce système. Le 7.1 était agréable et plutôt sans histoire, même avec un parc de plusieurs centaines de machines avec des utilisateurs très inexpérimentés.
Les ennuis, il me semble et si mes souvenirs sont fiables, sont arrivés avec le 7.5, décevant, moins simple et boursoufflé, et n’ont ensuite pas disparu.

avatar heu | 

C’était de la bombe, de façon inopinée.

avatar fte | 

@heu

"C’était de la bombe, de façon inopinée."

😂

avatar 421 | 

@fte

Merci pour ce souvenir 😂💣

avatar TheRV | 

@heu

De quel type ?

avatar 421 | 

Souvenirs de mes premiers moments sur Mac, un 14" couleur jouxtant un 17" noir et blanc, déjà un bureau étendu, son économiseur d’écran aquarium, les yeux 👀 qui suivaient les mouvements de la souris, Tristan le flipper et Prince of Persia…

avatar betha | 

lunatic fringe ;)

avatar Steve Molle | 

J’aimais le charme, la cohérence et la magie que dégageait à l’époque ce système.

avatar Mac1978 | 

De beaux souvenirs en effet. À l’époque de sa sortie, le multi-finder donnait l’impression d’avoir des années d’avance alors que l’absence de mémoire protégée faisait que le plantage d’une appli plantait tout la machine.
Si mes souvenirs sont corrects, Unix proposait déjà tout, même si X-Windows n’avait pas le look and feel sympa de système 7.1
Et c’est vrai, il y avait ResEdit…

avatar YetOneOtherGit | 

@Mac1978

"Si mes souvenirs sont corrects, Unix proposait déjà tout, même si X-Windows n’avait pas le look and feel sympa de système 7.1"

Pendant une longue période les seules machines individuel proposant un OS sérieux étaient effectivement les stations de travail basée sur l’une ou l’autre des variantes d’Unix.

Même si Apple proposait des OS moins bricolés que MS c’était quand même très loin de l’état de l’art.

avatar occam | 

@Mac1978

Pour ma part, aucune nostalgie. Zéro.
Tout au long de ces années, j'ai dû observer comment System 7 se faisait distancer par des OS méritant cette désignation, alors que les idées élémentaires mais géniales de gens comme Andy Hertzfeld ou Jef Raskin, idées qui avaient révolutionné l'interaction entre l'utilisateur et la machine, passaient lentement aux oubliettes. Le culte du gadget prenait le dessus. Le Mac devenait de plus en plus ce qu'il n'avait pas vocation à être.

Utilisant principalement le Mac comme terminal et *front-end graphique* relié à des machines plus conséquentes, le déphasage croissant entre la façade du Mac et le fond de son OS faisait peine à voir — tout comme la surestimation collective et le contentement de soi d'une trop grande partie des adeptes du Mac. (Cette dernière caractéristique se retrouve aujourd'hui, en fait.)

Le choc final eut lieu à l'été 1996, quand j'eus la chance d'essayer Windows NT 4, qui venait d'être lancé, sur des architectures PPC, DEC Alpha et MIPS (MS n'était pas encore entièrement collé/soudé à Intel).
C'est pourquoi je ne partage nullement l'avis de notre ami @YetOneOtherGit, selon qui Apple aurait proposé des « OS moins bricolés que MS ». L'interface NT4 était rude et laid, à l'inverse de System 7, mais l'OS swinguait. Ce n'était plus du bricolage (MS l'a gâché par la suite), c'était enfin du sérieux, dont le potentiel était clairement perceptible.

Je n'ai repris cœur que le jour où NeXT reprit Apple. (Oui, bien sûr, je sais, formellement, ce fut Apple à racheter NeXT ; mais sur le fond, c'était l'inverse.)
Suivirent quelques très belles années.

avatar scanmb | 

@occam

Et ben moi, j’aime bien écouter les « space cowboys » du Mac; dans les commentaires cités plus haut

avatar occam | 

@scanmb

La nostalgie genre « space cowboys » a ceci d’inconvenant que les feuillent mortes se rappellent à la masse, avant de se peller à la ramasse.

Jour après jour
Les années mortes
N’en finissent pas de mourir

avatar scanmb | 

@occam

Dommage d’être aussi négatif et âcre dans vos propos, mais c’est votre droit.
Belle journée à vous

avatar occam | 

@scanmb

Négatif ? Âcre ? Ne vous laissez pas envahir, en cette veille de neuvaine, par le sentiment de Jérôme commentant Ézéchiel, selon lequel le chiffre 9 serait symbole de souffrance et de chagrin.
En ce jour nuageux mais analeptique, all systems GO. We have lift-off!

avatar YetOneOtherGit | 

@scanmb

"Dommage d’être aussi négatif et âcre dans vos propos, mais c’est votre droit."

Il est juste réaliste avec un regard de réelle connaisseur des sciences informatiques 😉🧐

Les OS d’Apple jusqu’à OS-X avait une architecture plus que douteuse.

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