Cursor, l’éditeur de code entièrement pensé pour l’IA, a récemment été racheté par SpaceX pour 60 milliards de dollars. Si cela ne s'est pas traduit par un bouleversement immédiat pour les utilisateurs, il va tout de même y avoir du changement. OpenAI a récemment annoncé qu'elle comptait cesser de fournir ses modèles à Cursor, avec une coupure proposée au 12 novembre prochain.

OpenAI explique cette décision par le changement de contrôle de Cursor. L’entreprise dit ne pas avoir suffisamment confiance dans la capacité de SpaceX à respecter ses conditions d’utilisation, citant de précédents différends contractuels avec des sociétés d’Elon Musk. OpenAI précise par ailleurs que son accord avec Cursor lui permet de mettre fin au contrat dans une fenêtre limitée après un changement de propriétaire.
Difficile cependant de ne pas replacer cette décision dans le contexte de la guerre ouverte entre Sam Altman et Elon Musk. Les deux hommes se sont affrontés à plusieurs reprises ces dernières années, jusque devant les tribunaux. Musk accusait notamment Altman et OpenAI d’avoir renié la mission initiale de l’entreprise en privilégiant une structure commerciale, là où il disait avoir participé au financement d’un projet à but non lucratif. Le milliardaire sud-africain a finalement perdu cette bataille judiciaire, mais l'affaire a tout de même entaché la réputation du patron d'OpenAI.
Elon Musk perd sa bataille judiciaire contre OpenAI
Les utilisateurs de Cursor pourront toujours accéder aux modèles d'OpenAI dans certaines fonctions de l’éditeur, notamment en utilisant leur propre clé API OpenAI, l’extension Codex ou un fournisseur compatible (Amazon Bedrock, Azure). Ces solutions ne couvriront toutefois pas tous les services de Cursor, notamment certaines fonctions comme Tab, Auto ou les agents dans le cloud.
Si le retrait d’OpenAI se concrétise, il ne laissera pas non plus Cursor sans modèles de pointe. L’éditeur propose déjà des modèles provenant de plusieurs fournisseurs, tandis qu’Anthropic prévoit d’accroître la prise en charge de Claude. Cursor peut également compter sur les ressources de calcul de SpaceX : lors de l’annonce du rachat, l’entreprise expliquait que cette infrastructure devait lui permettre d’entraîner des modèles plus performants et moins coûteux à exploiter.
Les choses pourraient encore évoluer, et il reste à voir si la rupture avec OpenAI sera effectivement actée au 12 novembre. Cursor affirme être encore en discussion avec l’entreprise, ce qui laisse ouverte la possibilité d’un accord d’ici là. De son côté, Elon Musk a affirmé sur X qu’il « se fichait complètement » de ce retrait.
Mise à jour le 31 août à 11 h 12 : Cursor a cherché à relativiser l’importance de ce retrait. Son cofondateur Michael Truell a affirmé sur X que les modèles d’OpenAI ne représentent qu’environ 5 % du trafic de l’éditeur. Un chiffre contesté par Thibault Sottiaux, responsable de Codex chez OpenAI, qui estime que cette mesure doit être prise avec des pincettes. Il explique que le nombre de tokens consommés ne reflète pas nécessairement la valeur générée, les modèles moins performants pouvant avoir besoin de beaucoup plus de tokens pour effectuer une même tâche.













