Microsoft raconte la création de son Surface Book

Florian Innocente |

« Réinventer le portable » plutôt qu'en faire simplement un meilleur. C'est la mission qu'avait donné Panos Panay à son équipe chez Microsoft lorsqu'elle commença à cogiter sur le projet Surface Book il y a plus de deux ans. Panay, qui supervise tous les appareils fabriqués par Microsoft, a raconté à Wired quelques épisodes de la genèse de ce produit. Le Surface Book a été présenté au début du mois à la surprise générale, car aucune rumeur n'en avait prévenu de l'arrivée.

Microsoft comparait sa Surface Book à un MacBook Pro… sur Mavericks

Au départ, l'idée était de faire un très bon portable, une catégorie dans laquelle Apple fait figure, pour Panay, de mètre étalon avec ses MacBook Air et MacBook Pro. Mais le responsable avait le sentiment chevillé au corps que cela ne suffirait pas, ce qu'il expliqua à ses collègues :

On ne fera pas évoluer cette catégorie en s'y prenant ainsi ; on ne montrera pas aux gens jusqu'où elle peut aller. Comment pourrait-on être fiers de fabriquer le meilleur des portables ? On ne réinvente rien en faisant cela.

Microsoft avait connu un échec retentissant et coûteux avec ses toutes premières Surface. Puis les modèles suivants ont commencé à doucement valider cette approche d'une tablette capable de concurrencer, non pas une autre tablette (l'iPad), mais un portable (le MacBook Air) par le branchement d'un clavier (lire Microsoft invite à changer d'Air et venir sur la Surface).

Panos Panay et Kait Schoeck, l'une des designer industriel de l'équipe Surface - crédit Wired/Ian Bates

À force de réflexions et de demandes d'utilisateurs pour un portable, c'est dans cette direction que les efforts ont été dirigés. Petit à petit, ce développement s'est réalisé autour de la métaphore d'un livre. Puis ses concepteurs ont cherché le petit plus qui distinguerait ce portable de ses congénères. C'est ce qui a donné cet écran « détachable ». Une fonction qui n'est pas nouvelle en soi mais qui ici servait de bonus et non de principal argument de vente.

Le propos pour cet appareil était alors inversé par rapport à celui de la Surface Pro. Celle-ci est une tablette pouvant devenir un portable avec son clavier optionnel, le Surface Book serait un portable pouvant devenir une tablette en détachant l'écran.

L'article décrit aussi comment les designers en sont arrivés à cette étrange charnière. Il fallait résoudre le problème de la répartition des masses où l'écran — qui est avant tout une grosse et puissante tablette — pourrait faire basculer la partie clavier plus légère. Renforcer cette partie inférieure conduirait à un portable trop lourd.

Les concepteurs du Surface Book ont alors ressorti de leurs tiroirs une précédente idée qui utilisait cette charnière arrondie qui se déroule. En se déployant elle allonge la profondeur de la base du portable et renforce sa stabilité (le Surface Book pèse en tout 1,57 kg).

Panos Panay raconte également comment il a présenté ce projet avant son annonce à la presse. Lancé il y a deux ans et demi, il a commencé à véritablement prendre forme il y a deux ans. Il y a encore 9 mois, le produit est resté connu seulement de l'équipe Surface. Jusqu'à ce qu'il soit montré à certains hauts responsables de l'entreprise à l'occasion d'une réunion interne où était passé en revue le travail de la division Surface.

Auprès de ses autres interlocuteurs — partenaires, distributeurs — le Surface Book n'était présenté que dans sa configuration de portable. Panay et son équipe ne détachaient jamais l'écran ni même ne disaient que c'était possible « Qu'importe la démo, peu importe la réunion de distributeurs où j'étais, personne ne le verrait avec l'écran détaché ». La fonction avait été même désactivée et la touche qui permet de désenclencher le clavier avait été retirée.

Un mois avant la présentation presse, à de rares exceptions près, chez Microsoft ou auprès de membres de la famille, personne n'a su que ce portable aurait aussi un écran amovible. C'est d'ailleurs ainsi que cette fonction est amenée dans la vidéo de présentation. En guise de One More Thing, après quelques secondes de silence.

Le Surface Book est en vente aujourd'hui après une période de précommandes. Le premier modèle coûte 1 500 $ avec un Core i5 "Skylake", une puce graphique Intel HD, 128 Go de SSD, 8 Go de RAM, un stylet et le clavier. Cinq autres configurations sont possibles avec des Core i7, carte graphique séparée, SSD plus gros et davantage de RAM. Le plus cher coûte 3 200 $ avec un Core i7, 16 Go de RAM, 1 To de SSD et une GeForce.

Panos Panay et le premier client d'un Surface Book à l'ouverture du grand Microsoft Store de New York
Source
avatar Macbolive | 

window commence à me mettre en appétit, vivement l'pad pro

avatar MacGyver | 

"Microsoft raconte la création de son Surface Book"

bon ben on a prix un macbook et on a copié.
Sauf qu'on a mis les connecteurs et les composants qu'il faut (pas comme les designer d'apple qui prefere un seul port) et on vends ca a un prix normal (pas comme Tim Cook qui croit que tout le monde gagne 10000USD par mois)

avatar zorg2000 | 

Ca c'est aussi valable pour la pomme, tien on prends un palm lifedrive, on copie le concept et on l'apelle Iphone....

Tiens Sony a un super clavier chiclet, ce sera celui des macs
tiens Sony a deux cartes graphiques ? faisons pareils... etc....

avatar Schwarzer Stern | 

Est-ce qu'ils parlent des litres de sueur versés à rendre le bruit du stylet plus agréable ?

avatar patrick86 | 

"Est-ce qu'ils parlent des litres de sueur versés à rendre le bruit du stylet plus agréable ?"

ça ne saurait tarder. Un peu de patience :)

avatar Lopokova Lydia | 

@Schwarzer Stern

Les litres de sueurs ils les auraient sué s'ils avaient essayer de faire autre chose qu'un produit hybride intellectuellement fort peu satisfaisant.

avatar Meursault | 

"Intellectuellement" peu satisfaisant ?
On parle d'un portable, là. D'un outil. Auquel on demande d'être efficace, ou auquel on reproche de ne pas l'être. Mais de là à dire qu'on est "intellectuellement" déçu, c'est qu'on en attend un peu trop.

avatar Lopokova Lydia | 

@Meursault

Non on parle de paradigme d'interaction homme machine, un des trucs les plus difficile à créer.

Nous avons vécu des décennies sur le paradigme WIMP dont les bases avaient été jeté au PARC dans les années 70 et qui a régné en maître jusqu'à l'arrivée, relativement récente, du multi-touche.

Juxtaposer les deux approche en un produit mixte n'est bien qu'un pis-aller intellectuellement peu satisfaisant.

Il sera très intéressant d'observer l'avenir commercial de ces approches assez bâtarde et manquant profondément de cohérence et d'élégance pour quiconque s'intéresse à ses problématiques.

Nous sommes là sur une solution de facilité à une problématique extrêmement complexe : la juxtaposition.

avatar jo2s | 

@Lopokova "Juxtaposer les deux approche en un produit mixte n'est bien qu'un pis-aller intellectuellement peu satisfaisant"

Apparemment, Apple a déposé un brevet sur ce concept "intellectuellement peu satisfaisant" : http://appft.uspto.gov/netacgi/nph-Parser?Sect1=PTO2&Sect2=HITOFF&u=%2Fnetahtml%2FPTO%2Fsearch-adv.html&r=13&p=1&f=G&l=50&d=PG01&S1=(20130404.PD.%20AND%20Apple.AS.)&OS=PD/20130404%20AND%20AN/Apple&RS=(PD/20130404%20AND%20AN/Apple

avatar patrick86 | 

@jo2s :
Apple dépose régulièrement des brevets sur des idées qu'elle étudie. Ça n'est pas pour ça qu'elle le concrétise en produits vendus au public.

avatar jo2s | 

Ai-je suggéré ceci ?

avatar Lopokova Lydia | 

@jo2s

Et ?

D'une part ce n'est qu'un brevet et d'autre part Apple n'est pas le parangon infaillible de l'élégance conceptuelle.

Cela ne change strictement rien à la situation que je décris dont le manque évident devrait frapper tout esprit un rien sensible à autre chose que le matérialisme le pus complet.

avatar jo2s | 

"Cela ne change strictement rien à la situation que je décris dont le manque évident devrait frapper tout esprit un rien sensible à autre chose que le matérialisme le pus complet."

Je salue l'esprit d'auto-critique dont tu fais preuve. C'est une qualité essentielle dans un monde en perpétuelle évolutions, où les paradigmes d'hier, ne sont parfois plus ceux d'aujourd'hui...

avatar Lopokova Lydia | 

@jo2s

Jolie tentative de retournement de la charge, mais un eu faible et mal articulée il me semble.

figure de rhétorique top banal et assez mal mise en oeuvre ici.

Pour le reste bien au contraire, c'est un réel pardigm-shift que j'appel de mes voeux et non la facilité de la juxtaposition de deux paradigmes

avatar jo2s | 

@Lopokova Lydia :

"Jolie tentative de retournement de la charge, mais un eu faible et mal articulée il me semble.

figue de rhétorique top banal et assez mal mise en oeuvre ici.

Pour le reste bien au contraire, c'est un réel pardigm-shift que j'appel de mes voeux et non la facilité de la juxtaposition de deux paradigmes"

Vous sembliez dans vos posts précédents vouloir nous montrer votre habileté à manier la langue Française, concernant l'orthographe il va cependant falloir espérer un sacré "paradigm-shift".

avatar Lopokova Lydia | 

@jo2s

Nous en reparlerons le jour où tu maitriseras aussi bien ma langue natale que je maitrise et connais la tienne ;-)

Amusant ce besoins qu'on certains de faire les malins.

avatar jo2s | 

@Lopokova Lydia

"Amusant ce besoins qu'on certains de faire les malins."

Toujours cet esprit d'auto-critique, j'adore...

avatar jo2s | 

@Lopokova Lydia
"Jolie tentative de retournement de la charge, mais un eu faible et mal articulée il me semble.

figure de rhétorique top banal et assez mal mise en oeuvre ici.

Pour le reste bien au contraire, c'est un réel pardigm-shift que j'appel de mes voeux et non la facilité de la juxtaposition de deux paradigmes"

Vous voyez, quand vous voulez... Ce n'est donc pas une histoire de langue maternelle, mais plutôt de négligence. Ne vous victimisez pas de la sorte, vous sembliez tellement au-dessus de cela dans votre autres posts... Et à ce propos, êtes-vous réellement certaines de la mienne (de langue maternelle) ?

avatar Sometime | 

@Lopokova Lydia :
Je ne sais pas. Un portable avec un écran tactile, je suis plutôt d'accord avec votre analyse: c'est assez peu satisfaisant.

Un portable qui peut faire office de tablette, on n'est plus tant dans la juxtaposition que dans le deux-en-un, qui peut s'utiliser tout a fait indépendamment. Ce n'est même pas moins satisfaisant - a mon sens - que d'utiliser une tablette pour certaines choses et un ordinateur pour d'autres.

avatar Lopokova Lydia | 

@Sometime

Tu résumes assez bien les choses c'est : un pis-aller astucieux, un truc en fait un peu roublard.

Mais je comprend sans pb que cela puisse séduire, la question intéressante sera de savoir dans quelle proportion.

Après pas de pb pour reconnaitre que cela semble être de la belle ouvrage.

En plus j'aime beaucoup ce qu'a fait MS sur le multicouche avec une approche très élégante et originale.

avatar Alias | 

Tout à fait d'accord, une bonne solution est une solution élégante.

avatar Lopokova Lydia | 

@Meursault

Sans ce type de réflexion d'intelo, tu n'aurais pas la joie de travailler avec des fenêtres, des icônes, une souris et un pointeur ... ni avec des outils multicouche ...

Si tu savais ce qu'on eu à subir comme critique les équipes du PARC avec leur vision d'intelo de l'avenir de l'informatique.

Non questionné les outils, leur forme, leur usage, la manière dont l'homme interagit avec eu n'est en rien de la masturbation intellectuelle sans objet pratique.

PS : Tu as un beau pseudo ;-)

avatar Meursault | 

"Le jour où intello est devenu une insulte, on aurait dû s'inquiéter" ;-)
Moi, je fais partie de cette fange un peu ignorante, celle de l'utilisateur pur jus. Je maintiens que la machine est un outil. L'ergonomie est la première qualité que je lui recherche. L'esthétique, peut-être aussi. De là à me demander si mon expérience utilisateur facilitée est le fruit d'une juxtaposition de paradigmes ou la résultante d'une révolution quelconque dans l'approche de l'interface, je t'avouerai que des gens bien plus intelligents que moi se poseront la question. D'ailleurs, je ne comprendrai ni la question, ni la réponse. ;-)
Le jour où la machine me décevra, je reprendrai ma Remington et les bouquins de ma biblio, parmi lesquels trône en bonne place une encyclopédie des vins plaçant le Meursault sur un piédestal, si à l'occasion t'as soif ;-)

avatar Lopokova Lydia | 

@Meursault

Ton approche de consommateur est respectable et légitime pas de pb ;-)

Ce qui n'empêche pas qu'il y a d'autre problématique plus globale sur ces questions.

Je ne mépriserais jamais un acheteur d'un tel produits pour les considérations mise en avant plus haut.

Bon là je suis plutôt sur un sympathique Condrieu ;-)

avatar Meursault | 

Essaie les vins de Loire aussi. Un bon Chinon parviendrait à me réconcilier avec des questions globales. Je me lancerais même dans le débat, juste pour voir ;-)

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