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Le tout soudé, c’est fantastique !

Christophe Laporte | | 14:00 |  903

C’est une tendance de fond, qui déplait à beaucoup d’utilisateurs : Apple soude de plus en plus de composants de ses produits. Il n'était plus possible de changer la batterie de son MacBook Air, il n'est plus possible de changer la RAM du Mac mini, il ne sera bientôt plus possible de rien changer. Le MacBook montre la voie.

Processeur, RAM et SSD sont soudés sur la (petite) carte mère du MacBook.

À première vue, cette évolution pénalise l'utilisateur. Il ne lui est plus possible de donner un second souffle à sa machine, comme c’était le cas auparavant. L’utilisateur peut avoir à juste titre le sentiment d’être lésé, mais les choses sont beaucoup plus compliquées. Si Apple le fait, c’est pour son bien !

Il était une fois le PowerBook G3 Wallstreet

Les moins jeunes d’entre nous se souviennent probablement du PowerBook G3 Wallstreet. Peut-être en ont-ils encore un souvenir ému. C’était incontestablement une bonne machine à une époque où Apple était en grande difficulté.

C’était une vraie machine de geek. Il possédait deux baies, une de chaque côté, où l’on pouvait mettre ce que l’on voulait ou presque : une batterie supplémentaire, un lecteur de disquettes, un graveur CD, un lecteur DVD… Son logement PCMCIA permettait d'ajouter des ports USB, un lecteur Compact Flash, une connexion Wi-Fi, etc.

Crédits : Vectronic's Collections

Mieux encore, à l’intérieur, on pouvait changer la RAM et monter ainsi jusqu’à 512 Mo ! Même chose pour le disque dur, et impensable depuis des années, le processeur aussi. Celui-ci était en effet logé sur une carte fille, une conception qui a fait le bonheur des partenaires d’Apple. Cette machine respirait la solidité, mais c’était également un beau bébé : quasiment 3,4 kg pour un ordinateur équipé d’un écran de 12 pouces.

Avec le temps, le champ des possibles sur les ordinateurs Apple s’est considérablement réduit. La firme de Cupertino a rapidement abandonné l'approche modulaire, lui préférant une intégration toujours plus poussée. Même le Mac mini, autrefois machine de bidouilleurs armés de spatules et de tournevis, a perdu une bonne partie de son intérêt avec sa mémoire soudée. Alors, qu’est-ce qui pousse Apple à faire cela ?

On mettra de côté les intérêts mercantiles : Apple ne se base pas uniquement sur cet aspect pour prendre ce genre de décisions. Ses choix reposent avant tout sur une vision, sur une philosophie, sur son ADN…

Tout d’abord, un constat simple : les ordinateurs que nous achetons sont autrement plus complexes que ceux que nous avions il y a 20 ans. Nous allons vers des appareils toujours plus puissants, toujours plus compacts et moins gourmands en énergie. Aussi fantastique qu’était le PowerBook G3 Wallstreet, aujourd’hui, il apparait face au MacBook comme une machine mal dégrossie.

Le système sur puce de l’iPhone et de l’Apple Watch en est le parfait exemple. L’A10 comprend le processeur, le GPU et même la mémoire vive. Bref, cette puce se substitue à une bonne partie des grosses cartes mères d’antan à elle seule. Le tout dans 125mm2 pour 3,3 milliards de transistors. Ce que vit actuellement le marché de la high-tech, cette miniaturisation continue, c’est le sens de l’histoire.

À tous ceux qui disent qu’Apple n’innove plus, cette miniaturisation est le passage obligé pour voir apparaître sur le marché des appareils de rupture. Imaginez ce que l’on pourra faire le jour où l’on aura l’équivalent d’une carte mère de MacBook Pro dans le système sur puce de l’Apple Watch !

Une vision fermée de l’informatique

Apple s’est toujours présentée comme une entreprise de design. Le reste n’est que secondaire ou presque. C’est toujours le design qui a le dernier mot sur l’opérationnel ou les ingénieurs. Pour le meilleur et pour le pire…

C’est vraiment quelque chose à prendre en compte pour bien comprendre Apple, celle d’hier comme celle d’aujourd’hui. Dans ce domaine, la philosophie d’Apple est exactement la même que celle du temps de Jobs. Ce dernier n’aimait pas que l’on puisse trop bricoler ses produits. En tout cas, depuis son retour chez Apple, il a toujours eu une vision fermée des choses.

Dans les Mac, les machines qui représentent le mieux l’ADN d’Apple, ce sont sans doute l’iMac et le MacBook Pro. Les extensions des ordinateurs sont forcément externes. C’est pour cela que le Californien a toujours misé sur des technologies comme le FireWire ou le Thunderbolt. Cette philosophie est l’exact opposée de celle du PC qui a toujours été plus évolutif, sans que cela ne soit toujours un avantage pour lui.

La vision d'un poste pro chez Apple. A noter que c'est tout aussi valable pour le Mac Pro.
La vision d'un poste pro chez Apple. À noter que c'est tout aussi valable pour le Mac Pro : il ne possède plus de baies SATA, mais a suffisamment de ports Thunderbolt pour accueillir bien plus de stockage que son prédécesseur.

On peut adjoindre jusqu’à 24 appareils aux nouveaux MacBook Pro grâce à leurs quatre ports Thunderbolt 3. Mieux vaut avoir un grand bureau… Cette vision peut même s’avérer être économique pour l’utilisateur. La personne ayant acheté des équipements Thunderbolt 2 pourra continuer à les utiliser sans souci avec un MacBook Pro 2016. Il est plus facile de mettre un adaptateur à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Mais alors, qu’est-ce que le design selon Apple ? C’est très difficile à résumer en quelques lignes. L’erreur serait de résumer le design à son simple caractère esthétique. Jony Ive se plait à répéter que ses produits sont aussi beaux à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il n’y a qu’à voir les vidéos de présentation, où le designer s’emballe pour des procédés de fabrication, qui montrent des composants s’assembler naturellement.

Apple a toujours estimé que la technologie devait s’effacer au profit de l’utilisateur. Elle doit l’aider et non être une contrainte. Si Apple se bat tant sur la question de la finesse, c’est avant tout pour cela. Il est important de comprendre la philosophie d’Apple (on peut y adhérer ou non), pour comprendre ses choix techniques.

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903 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar BigMonster 29/11/2016 - 16:21

Ah, Le Locle !
Je connais, il me semble…
Il y a une église, non ? 😄

(Ceci dit, y a du fond dans ton point de vue…)

avatar debione 29/11/2016 - 19:16

Non mais lol...

Le Locle... Vous êtes au moins allé jusqu'aux Brenets pour voir le saut du doubs?

Sérieusement, t'a fait dix jours au Locle pour ton voyage de noces ???? MOUARRFFF!!!

(J'habite à la Chaux de Fonds, et si il y a bien un endroit ou je n'irais pas habiter (et encore moins faire un voyage de noces;)) c'est bien au Locle...)

avatar webHAL1 02/12/2016 - 09:40 (edité)

En retombant sur cet article et en y réfléchissant un petit peu, je me rends compte qu'un des points principaux que je trouve dérangeant est qu'il n'est pas rédigé à la première personne. Dans tout le texte, Christophe Laporte n'emploie le "je" qu'à une seule occasion (à la fin, pour dire qu'il ne changerait pas sa machine de 2014). Cela donne donc l'impression que ce qui y est expliqué et affirmé reflète l'opinion de MacG dans son ensemble, et je ne suis pas certain que ça soit le cas (typiquement lorsque je lis certains commentaires d'autres rédacteurs dans d'autres articles).

Cordialement,

HAL1



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