Chroniques numériques de Chine : voyage en terres numériques

Mathieu Fouquet |

La deuxième saison des Chroniques numériques de Chine se poursuit. Entre anecdotes personnelles et analyses de faits de société, Mathieu Fouquet continue son exploration des pratiques technologiques chinoises décidément bien étrangères.

Le 1er mai, fête internationale, est l’un de ces rares moments qui rapproche la France et la Chine. Dans les grandes lignes, du moins : si la télévision chinoise ne diffusera pas de sitôt des images de manifestations syndicales dans les rues de Beijing, la première semaine de mai est ici aussi une précieuse source de congés pour tous les travailleurs et les étudiants du pays.

Précieuse, car — et c’est un euphémisme — les congés chinois sont rares (la France n’est-elle pas le plus beau pays du monde, en fin de compte ?). Pire, ce sont généralement les mêmes partout et pour tout le monde. Le résultat est pour le moins prévisible : toute la population voyage au même moment, générant par là même d’impensables embouteillages humains.

Une rue touristique de Chengdu peuplée de « quelques » visiteurs durant les vacances d’octobre (à l’occasion de la fête nationale). Vous souhaitez visiter la Chine ? Vérifiez soigneusement le calendrier.

Dans leur malheur, les Chinois ont toutefois de la chance : leur pays possède en effet des infrastructures à faire pleurer de honte les États-Unis, dont le joyau est sans aucun doute un réseau de lignes ferroviaires à grande vitesse long de 25 000 km, soit environ deux tiers du réseau mondial.

Une autre illustration de l’explosion des infrastructures chinoises : le développement des lignes de métro de 1990 à 2020. Image Peter Dovak.

Ce réseau, dont les lignes les plus anciennes remontent tout juste à 2007, continue par ailleurs à se développer de manière fulgurante — il devrait à terme être long de 45 000 km. Cette situation étourdissante est aussi occasionnellement comique : il m’est arrivé plusieurs fois, alors que je revérifiais un itinéraire pourtant familier, de découvrir qu’une nouvelle ligne de train ou de métro était mystérieusement apparue comme dans la nuit.

Alors qu’il me fallait auparavant environ treize heures de « TGV » pour effectuer le trajet de Mianyang à Changzhou (des villes moyennes séparées de 1500 km à vol d’oiseau que, pour des raisons personnelles, je relie assez régulièrement), il ne m’en faut plus que dix depuis l’ouverture de la LGV Xi’an-Chengdu en décembre dernier.

C’est un peu mieux que de prendre la voiture.

Bref, se déplacer en Chine, c’est facile. Facile et numérisé : la plupart des usagers achètent désormais leurs billets de train en ligne (via l’application idoine ou des services tiers), des billets qu’ils peuvent retirer dans des distributeurs en présentant uniquement leur carte d’identité (contrairement aux étrangers — suivez mon regard — qui doivent montrer leur passeport au guichet).

Cette numérisation croissante m’a poussé à me poser une question plus large : est-il possible d’effectuer un long voyage dans l’empire du Milieu muni en tout et pour tout d’un smartphone et d’une connexion cellulaire, sans recourir à aucun autre outil ?

Le meilleur moyen de le savoir était encore d’essayer.

Ma gare de départ, à Mianyang (province du Sichuan).

9 h 45 (Mianyang, Sichuan) : Légèrement en retard, je saute à la hâte dans un taxi. Je baragouine au chauffeur que je souhaite me rendre à la gare. De temps à autre, il semble m’adresser la parole, mais je réalise qu’il discute au téléphone en conduisant. Habitué depuis longtemps aux habitudes dangere… particulières des conducteurs de taxi chinois, je préfère regarder le paysage qui défile derrière ma fenêtre. C’est un beau jour sichuanais de printemps, sans un nuage à l’horizon.

10 h (Devant la gare) : Nous voilà arrivés. Le taximètre m’indique que je dois payer 13 yuans (1,7 €) pour les six kilomètres parcourus. Fidèle à mon défi, je ne sors pas mon portefeuille (qui de toute manière ne contient que deux ou trois billets de 1 yuan) mais mon téléphone affichant WeChat. Je ne m’inquiète pas d’essuyer un refus, rarissime qu’il est de tomber sur un chauffeur de taxi n’acceptant pas WeChat Pay (contrairement à Alipay, pour des raisons qui m’échappent). Je scanne le code QR collé au tableau de bord, je saisis la somme, je valide avec Touch ID et… c’est tout. Direction la gare.

10 h 10 (Gare de Mianyang) : J’ai passé la sécurité et vérifié le quai de mon train. Il me reste un bon quart d’heure avant le départ, ce qui me laisse le temps d’acheter quelques bouteilles pour la route dans un petit supermarché. Je paye la vendeuse également avec WeChat Pay, mais je me résous d’utiliser Alipay dès que possible : mon solde WeChat n’est pas loin d’être à sec (c’est décidé, j’y lierai ma carte bancaire après ce voyage).

Il existe deux moyens de payer : scanner le code du vendeur et saisir soi-même la somme, ou se faire scanner par le vendeur. Paresseux que je suis, je préfère cette seconde option, mais tous les vendeurs ne la proposent pas.

10 h 15 : Les portillons d’accès viennent de se déverrouiller. Je fais la queue (qui décidément n’est pas très longue, je m’attendais à pire pour un jour de vacances), j’insère mon ticket et je passe les petites portes. Je peux maintenant descendre sur le quai et attendre mon train. Contrairement à la France, l’accès au quai n’est pas libre — les adieux en larmes se font donc à l’intérieur de la gare.

La gare est presque déserte.

10 h 20 : Le train arrive.

Ce train, de type G, peut atteindre une vitesse maximale de 300 km/h, ce qui le rend idéal pour les longs trajets entre les grandes villes.

10 h 25 (Dans le train) : Le train démarre. Mes voisins ronflent. Un enfant crie. Dehors, le paysage défile de plus en plus vite. Ah, les vacances.

L’intérieur de la voiture. Un panneau LED y affiche la vitesse du train, ce qui plaît énormément au ferrovipathe en moi.

12 h 45 : La Nintendo Switch est un très bon compagnon de voyage, mais il est temps de penser à manger. D’ordinaire, je préfère imiter les natifs et acheter au préalable des nouilles instantanées que je fais cuire dans le train (qui contient des distributeurs d’eau bouillante, bien entendu). Pour les besoins de cet article, cependant, je me dirige vers la voiture restaurant et j’opte pour un repas préparé dont la seule vue me fait perdre le goût de la vie [merci pour ton don de toi, ndr].

La Chine sait produire des merveilles gastronomiques dont ce plat insipide à 45 yuans (!), soit 6 €, ne fait hélas pas partie. L’employé me présente un petit carton vert WeChat contenant un code QR. Légèrement inquiet, je lui demande s’il accepte Alipay à la place. Magicien devant l’Éternel, il retourne le carton, bleu du côté verso. Je paye en essayant de ne pas rire trop fort.

Abracadabra ! (Ou Avada Kedavra, vu la nourriture.)

13 h : C’était mauvais.

14 h : Cela fait un bout de temps que nous sommes dans les tunnels. Il y a environ cent kilomètres de tunnels sous les montagnes qui séparent la province du Sichuan de celle du Shaanxi, ce qui explique que cette ligne ait mis un certain temps à ouvrir.

La 4G y est excellente.

16 h (Gare de Zhengzhou, Henan): Je dois changer de train, l’occasion parfaite pour me dégourdir les jambes et découvrir un lieu étrange.

Ou peut-être pas si étrange que cela : les gares en Chine semblent toutes être faites à partir du même moule, selon les directives identiques d’un unique architecte. Ça manque de variété… mais on ne s’y perd pas.
Essayons de compter les grues, au loin.

16 h 30 : C’est l’heure de manger. J’opte pour une chaîne de restauration rapide qui, étrangement, n’appartient pas au groupe Auchan. Ce n’est pas fameux — et toujours aussi cher, car à l’intérieur de la gare — mais peu importe : je peux payer avec Alipay, et j’ai l’estomac plein pour les quatre heures de voyage restantes.

Dicos est une chaîne de restaurants assez populaire en Chine, derrière McDonald’s et KFC. Notez le panneau à droite, qui propose aux clients de commander directement avec WeChat sans passer par la caisse.

17 h 10 : Je monte dans mon second train. Cette fois-ci, j’ai une place côté fenêtre : ce voyage est un succès.

19 h : Heureusement que les sièges sont inclinables. ?.

Ma gare d’arrivée, à Changzhou (province du Jiangsu).

20 h 45 : Changzhou, enfin. Après avoir inséré mon ticket dans le portillon et être sorti de la gare, je me rappelle qu’il me reste une dernière chose à faire : retirer mon ticket de retour. Une corvée dont il faut s’acquitter le plus tôt possible (personne n’a envie de faire la queue dans l’urgence le matin de son départ) et qui me fait regretter les e-billets français. Sur ce coup-ci, la Chine accuse un retard d’autant plus surprenant.

J’arrive à un guichet désert et je présente mon iPhone et mon passeport à un employé endormi qui, après avoir tapoté quelques chiffres sur son clavier, imprime et me tend mon ticket bleu. Un ticket physique, certes, mais qui aura été (tout comme l’aller) acheté en ligne (pour 800 yuans, soit une centaine d’euros). Il s’agit de réussir le défi jusqu’au bout.

À suivre…

21 h : Je saute dans un taxi. Le chauffeur lance une inévitable discussion ritualisée que j’ai appris à reconnaître : « depuis combien de temps habitez-vous en Chine ? » « Quelle est votre nationalité ? » « Oh, vous parlez très bien chinois ! » (Traduction : vous parlez très mal chinois). J’essaie de répondre dans un mandarin compréhensible malgré mes dix heures de train. Mes pensées, cependant, se dirigent de plus en plus vers la douche et le lit qui m’attendent au bout de ce long voyage.

Bientôt, le moment fatidique du dernier règlement de la journée arrive. « 25 yuans », me dit le conducteur (le Jiangsu est une province plus développée et donc plus onéreuse).

« Alipay ? », je lui demande.

« WeChat », me répond-t-il.

Frustration suprême : je n’ai que 24,9 yuans sur mon solde WeChat. Le chauffeur se montre compréhensif mais, après presque deux mille kilomètres parcourus, je suis quelque peu vexé que ce soit une fraction de centime qui vienne narguer mon expérience.

Je sors du taxi, j’attrape ma valise et je me jure de garder quelques pièces dans ma poche, la prochaine fois.

Les précédentes chroniques

Première saison

La première saison est aussi disponible sous la forme d'un livre numérique en vente à 4,99 € qui comprend un chapitre exclusif.

Deuxième saison


avatar Bigby_Woody | 

Je suis moi-même étudiant en Chine depuis deux mois maintenant dans le Shaanxi et je dois avouer que tous les articles sont très révélateurs de l’environnement ici.

Comme dit par l’auteur, inutile d’essayer de parler anglais la plupart du temps...

avatar San_Pellegrino | 

Le plus simple est quand même d'essayer d'arriver à pied par la Chine.

avatar cetici | 

@San_Pellegrino

Un classique ?

avatar DG33 | 

@San_Pellegrino

Et pour voyager vous avez toujours le choix dans la date ?

avatar msebastiien | 

Une nouvelle fois merci pour le partage ?. Toujours très intéressant et dépaysant en plus. Pays lointain, je découvre via ses chroniques un pays que je n’imaginais pas ainsi. On se prend à rêver en France (enfin pour ma part) d’un système à la wechat ou alipay avec paiement universel aussi facile d’accès.

avatar pat3 | 

@msebastiien

"On se prend à rêver en France (enfin pour ma part) d’un système à la wechat ou alipay avec paiement universel aussi facile d’accès."

Pas demain la veille : en France ce serait acronyme négatif à la GAFAM, accusation récurrente de dumping fiscal, manifestation devant les boutiques et relais des plaintes des employés.

La France refuse d’être un pays libéral.
Je suis d’accord avec cette idée, qui avait son pendant: la France était un pays social. Elle ne l’est presque plus, mais n’est pas non plus libérale - c’est-à-dire qu’elle intègre les mauvais côtés du libéralisme sans les bons (facilité et liberté d’entreprendre, forte employabilité, véritable concurrence…).

Pour revenir aux chroniques, je n’ose même pas imaginer ce que peut être le système de traçage derrière ces applis toutes puissantes. Essayez d’éradiquer Google de votre vie numérique, et vous allez voir à quel point c’est difficile, pour ne pas dire impossible. Alors éradiquer WeChat de sa vie numérique chinoise…

avatar Abd Salam | 

@pat3

Il faut voir aussi quelle définition de libéral est imposée.

Qui plus est, plus cette version partiale du libéralisme est rejetée ; plus il y a passage en force.

avatar 0MiguelAnge0 | 

@ Mathieu Fouquet

Il manque pourtant quelque chose dans la liste. Votre passeport!

Il est impossible pour un étranger d’acheter un billet de train sans présenter son passeport, ceux qui interdit de récupérer son sésame numérique.

Ce n’est qu’un ‘détail’ mais qui oblige à se déplacer AVANT un voyage s’il est prévu un jour de congés ou week-end. Ce qui casse un peu la souplesse...

Après, tout est payable avec Wechat ou Alipay, partout. A noter qu’Alipay accepte toutes les banques ce que qui avec Wechat n’est pas le cas (la mienne en l’occurrence au moins n’était pas dans la liste)

avatar Stéphane Moussie | 

@0MiguelAnge0

C’est précisé dans ce passage, non ? -> « des billets qu’ils peuvent retirer dans des distributeurs en présentant uniquement leur carte d’identité (contrairement aux étrangers — suivez mon regard — qui doivent montrer leur passeport au guichet) »

avatar 0MiguelAnge0 | 

@stephmouss

‘... est-il possible d’effectuer un long voyage dans l’empire du Milieu muni en tout et pour tout d’un smartphone et d’une connexion cellulaire, sans recourir à aucun autre outil ?...’

avatar Pilou63100 | 

@0MiguelAnge0

Oui, mais pas quand on est étranger. WeChat va proposer (propose déjà?) de rentrer sa carte d’identité officielle.

avatar yoyo14 | 

Je serai très intéressé de pouvoir acheter le livre papier de ces chroniques.

avatar Giloup92 | 

@yoyo14
Il y en a déjà un. Il aura probablement une suite.

avatar Armand07 | 

Nous avons fait Pékin-Shangaï en train en 2000. Hé ben, c'était pas du tout comme ça ... pas du tout ! Mais le wagon restaurant ( ...!?) était plutôt bon. Avons essayé de jeter un œil dans les wagons des autres Classes (inaccessibles, finalement); ils faisaient cuire leur repas dans les couloirs. Déjà la vue par les fenêtres donnaient à voir des bicoques à la campagne avec beaucoup de détritus. Triste souvenir.

avatar Desseaux | 

Pour un voyage si long, l’avion n’est pas une meilleure solution en Chine ?

avatar Mathieu Fouquet | 

@Desseaux
C'est vrai que l'avion est bien plus rapide pour le trajet mentionné, mais en l'occurrence, si l'on tient compte du fait qu'il faut tout d'abord se rendre à Chengdu (la grosse ville voisine de Mianyang), puis à l'aéroport, puis passer la sécurité, puis attendre... Cette solution n'est pas si mauvaise ! Et puis le train est plus confortable et plus écologique que l'avion ?

avatar marc_os | 

ET ENCORE UN ARTICLE SPONSORISÉ PRESENTÉ COMME UN ARTICLE STANDARD, QUI PLUS EST EN TÊTE DE LA UNE ET DES BRÈVES.
Si j'écris ce commentaire, c'est que je me suis encore fait avoir, pourtant je ne suis pas né de la dernière pluie.

avatar stefhan | 

@marc_os

Hein ?

avatar Link1993 | 

@stefhan

Rien, un platiste, ou autre conspirationiste du genre ^^

(A moins que ça n’ai été que du second degré ? ?)

avatar marc_os | 

je parle de ça !
Comment récupérer vos données perdues sur votre iPhone
Article que l'on ne peut pas commenter directement.

avatar Kiru | 

@marc_os

Pas compris non plus : en quoi ces chroniques sont-elles sponsorisées ??? (Ou si peut-être par les chemins de fer chinois ??)

Et oui les articles sponsorisés sont un peu gênants. Mais ils sont bien identifiés comme tels et s’ils permettent à l’aventure macg de continuer, je dis banco.

avatar Kaserskin | 

@marc_os

?

avatar ReWill_ | 

"Contrairement à la France, l'accès au quai n'est pas libre".
De moins en moins vrai. Les portiques avec vérification des titres de transport à l'entrée du quai ont été testés à Paris Montparnasse et on en trouve un peu partout maintenant (Paris Est, Rennes etc.). Même si souvent, ils sont en "passage libre" (et ne servent donc à rien)

avatar Neurotron | 

En France, il y a longtemps, il existait des tickets spéciaux pour permettre aux accompagnants d'accéder aux quais des gares. Je ne me souviens plus du prix. Paraît-il que c'était pour des questions d'assurance.
Aujourd'hui les Paris-Lille sont souvent contrôlés à l'embarquement parce qu'ils n'ont pas toujours le temps de le faire à bord.

avatar areayoko | 

Formidable article ! Merci !

avatar belcikowski | 

Je rentre de Chine, Xiamen, Zhiangping. Je plussoie complètement cet article.

avatar leinuo88 | 

La Chine est encore plus digitalisé que relaté dans cet article.
En effet les cartes d'identité chinoises peuvent échanger des info sans contact (comme la carte Navigo), et on peut acheter un billet en ligne, le lier a sa carte d'identité chinoise, puis plus besoin de retirer le billet a un distributeur (utile seulement pour avoir une trace papier et se faire rembourser son voyage par son entreprise).
Bref, on peut directement "swipper" avec sa carte d'identité à la place du ticket pour passer le portillon de la guare et ainsi acceder au train.
En tant qu'etranger vu qu'on a un passport, ca n'est techniquement pas possible, sauf si on a la "green card" chinoise qui se comporte comme une carte d'identité chinoise (J'ai entendu dire ca, mais à vérifier tout de même).
Voilà, 再见朋友们!

avatar Neurotron | 

Mathieu ne parle pas de la structure des trains, mais j'ai l'impression au vu de la photo, que c'est comme à Taiwan ou au Japon : on ne voyage que dans le sens de la marche du train. En France, la SNCF ne veut pas s'emmerder à retourner les trains en gare et ne propose pas la réservation des places dans le sens de la marche du train. Tant pis pour ceux que ça file la nausée. J'ai l'impression qu'en Asie, les gens n'acceptent pas ça.

avatar ZANTAR2054 | 

Article génialissime sur la tech Chinoise

avatar Grug | 

Merci pour ce "reportage". ?

CONNEXION UTILISATEUR