L’Union européenne pourrait bien écarter Huawei. Selon Bloomberg, la Commission européenne réfléchit à un moyen de contraindre les États membres à abandonner les Chinois Huawei Technologies et ZTE de leurs réseaux. L’idée serait de transformer une simple recommandation sur la sécurité du réseau 5G passée en 2020 en obligations légales.

À l’époque, l’UE avait adopté une « boîte à outils » incitant les pays membres à exclure de leurs réseaux et des équipements radio certains fournisseurs considérés comme risqués. Ce cadre, non contraignant, a produit des résultats inégaux selon les capitales. L'Espagne et la Grèce continuent d'autoriser le déploiement de fournisseurs chinois dans leurs réseaux.
En face, le Royaume-Uni et la Suède les ont bannis il y a des années. La Finlande étudie un durcissement supplémentaire, tout comme l’Allemagne. Cette dernière a décidé de retirer les composants chinois de son réseau 5G d’ici 2026 et d’aller plus loin d’ici 2029.
Transformer cette « boîte à outils » en obligation légale serait beaucoup plus persuasif. Les décisions liées aux infrastructures resteraient celles des pays membres, mais le changement ouvrirait la voie à des procédures d’infraction pour ceux dérogeant aux règles communes. « La sécurité de nos réseaux 5G est cruciale pour notre économie », a déclaré le porte-parole de la commission Thomas Regnier, sans commenter l'éventuelle interdiction.
La Chine a de son côté critiqué ce retrait d’équipements, y voyant des pertes économiques et un frein au progrès technologique. « Politiser les questions économiques et commerciales sous prétexte de sécurité entravera le progrès technologique et le développement économique », a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.











