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Anna’s Archive commence à publier des millions de titres siphonnés sur Spotify

Félix Cattafesta

jeudi 12 février à 10:58

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En décembre dernier, Spotify recevait un bien mauvais cadeau de Noël : le groupe de pirates Anna’s Archive annonçait avoir siphonné 300 To de données comprenant pas moins de 256 millions d’entrées. Les malandrins affirmaient chercher à créer la première « archive de préservation » musicale, et expliquaient que le paquet serait mis en ligne au compte-gouttes. Le site spécialisé TorrentFreak rapporte que c’est désormais chose faite avec la mise en ligne de dizaines de nouveaux torrents contenant environ 2,8 millions de pistes pour un total d'environ 6 To de données audio.

Image Spotify

Anna’s Archive était jusqu’à présent connu comme une bibliothèque pirate centrée sur les livres. Ses gérants ont décidé de changer de registre en s’attaquant à l’audio et ont massivement copié des fichiers allant de 2007 jusqu’à juillet 2025. Ils expliquaient alors vouloir publier les différents types de fichiers par vagues, en commençant par les métadonnées et promettant les pistes pour plus tard.

La base de données de Spotify aspirée par des pirates, 300 To de musique dans la nature

La base de données de Spotify aspirée par des pirates, 300 To de musique dans la nature

Les pirates ont commencé à diffuser ces fichiers sans faire d’annonce officielle. Cette nouvelle fournée ajoutée le 8 février comporte 47 torrents musicaux. On y trouve à chaque fois 60 000 fichiers (à l'exception d'un lot plus petit) portant le total à environ 2,8 millions de pistes. Anna's Archive avait précédemment déclaré en avoir archivé environ 86 millions pour un total d’environ 300 To, laissant présager d'autres ajouts à venir.

Les dossiers partagés contiennent bien des fichiers musicaux, allant de quelques centaines de kilo-octets à plusieurs Mo. Anna’s Archive avait fait part de sa volonté de proposer une archive « brute » visant la préservation et ne permettant pas de télécharger des pistes individuellement. Les noms de fichiers font référence à ce qui ressemble à des identifiants de pistes semblant correspondre au format de cache interne de Spotify.

Évidemment, une telle action a suscité l’ire de Spotify et des ayants droit. Un juge a signé une injonction préliminaire le mois dernier interdisant explicitement à Anna's Archive d'héberger, de créer des liens ou de distribuer les œuvres protégées par le droit d'auteur. Si les pirates ont donné l’impression de coopérer dans un premier temps en supprimant quelques mentions de leur site, ils sont visiblement revenus à leur plan initial. Les maisons de disques vont sans doute faire leur possible pour limiter la diffusion des fichiers, mais il sera bien difficile de faire rentrer le génie dans sa lampe une fois l’intégralité des fichiers en ligne.

Exode fiscal : pourquoi la Silicon Valley regarde vers Miami

Christophe Laporte

jeudi 12 février à 09:19

Ailleurs

Ce n’est un secret pour personne : la Floride a la cote. Mais si les plages de Miami attirent depuis longtemps les retraités et les touristes, elles sont devenues le nouveau point de chute d'une migration d'un tout autre genre : celle des ultra-riches de la Silicon Valley. Et contrairement aux apparences, ce n'est pas tant le climat politique ou la proximité avec Mar-a-Lago qui motive ce mouvement, mais bien une équation comptable implacable face aux velléités fiscales de Sacramento.

Mark Zuckerberg s’installe au « Bunker »

Dernier mouvement d’ampleur en date : celui de Mark Zuckerberg. Selon le Wall Street Journal, le patron de Meta vient de poser ses valises à Indian Creek, cette île ultra-sécurisée de Miami que l’on surnomme désormais le « bunker des milliardaires ».

Image :  Zoshua Colah - Unsplah

L’opération immobilière, estimée entre 150 et 200 millions de dollars, concerne une villa de 8 000 m² fraîchement sortie de terre. Le couple Zuckerberg-Chan devrait y emménager d'ici avril. Le patron de Meta y retrouvera un voisinage bien connu de la côte Ouest, à commencer par Jeff Bezos, déjà résident depuis 2024.

L’invasion des géants de Mountain View

Mais l'exode est plus profond. Les fondateurs de Google ne sont pas en reste : Larry Page a déjà investi près de 190 millions de dollars dans plusieurs propriétés du quartier de Coconut Grove, tandis que Sergey Brin prospecterait activement du côté de Miami Beach pour un ticket d'entrée à 50 millions. Peter Thiel, habitué de la région, a lui aussi consolidé ses actifs locaux. En quelques mois, le centre de gravité de la tech semble avoir glissé des bords de la Baie de San Francisco vers la baie de Biscayne.

Mark Zuckerberg. Crédits : Anthony Quintano (CC BY 2.0)

Le spectre de la taxe à 5 %

Au cœur de cette migration soudaine : la « 2026 Billionaire Tax Act ». Ce projet de loi californien propose d'instaurer une taxe exceptionnelle de 5 % sur la fortune nette des milliardaires. Si la Floride affiche un insolent 0 % d'impôt sur le revenu, la Californie cherche à renflouer ses caisses après les coupes budgétaires fédérales.

Le timing n'est pas anodin : pour être soumis au vote en novembre prochain, le texte doit encore recueillir 875 000 signatures. Mais le simple fait que la mesure puisse être rétroactive au 1er janvier 2026 a provoqué une accélération des départs en fin d'année dernière.

La France est moins riche que la Californie

La France est moins riche que la Californie

Un pari risqué pour la Californie

Le Bureau de l’analyste législatif de l'État a pourtant tiré la sonnette d’alarme. Si la taxe pourrait rapporter des dizaines de milliards à court terme, la perte des autres recettes fiscales liées au départ de ces contribuables hors normes pourrait s'avérer catastrophique. La Californie abrite encore 255 milliardaires, mais la menace d'une fuite des capitaux est prise très au sérieux par le gouverneur Gavin Newsom, qui s'oppose fermement au projet porté par les syndicats de la santé.

Jensen Huang, cofondateur et CEO de Nvidia, en 2023. Image Taiwan Presidential Office (CC BY).

Tout le monde ne fuit pas pour autant. Jensen Huang, l'emblématique patron de Nvidia dont la fortune flirte avec les 165 milliards de dollars, a déjà fait savoir qu'il ne bougerait pas : « Je n'y ai même pas pensé une seule fois », a-t-il tranché, rappelant son attachement viscéral à la Silicon Valley, quelles que soient les futures contraintes fiscales.

Les OS 26.3 corrigent une vulnérabilité bas niveau exploitée pour des attaques très sophistiquées

Nicolas Furno

jeudi 12 février à 08:45

macOS

Comme à chaque mise à jour, la version 26.3 finalisée hier soir corrige de multiples bugs et des failles de sécurité. La majorité du temps, ces vulnérabilités sont repérées par des chercheurs en sécurité et corrigées avant toute exploitation connue. Ce n’est pas le cas cette fois : la faille dénichée par le groupe spécialisé de Google était utilisée dans des attaques très sophistiquées. Si son exploitation restait suffisamment complexe pour ne pas la retrouver dans le premier malware venu, mieux vaut malgré tout installer les mises à jour dès que vous le pouvez.

Image MacGeneration.

Comme toutes les failles de sécurité, celle-ci porte un numéro, en l’occurrence CVE-2026-20700. La description de son impact donnée par Apple est toutefois bien plus parlante :

Un attaquant disposant de capacités d’écriture en mémoire pouvait être en mesure d’exécuter du code arbitraire. Apple a connaissance d’une information indiquant que cette vulnérabilité a pu être exploitée dans le cadre d’une attaque extrêmement sophistiquée visant des personnes spécifiquement ciblées sur des versions d’iOS antérieures à iOS 26.

Deux éléments clés ressortent de ce petit paragraphe fourni par l’entreprise de Tim Cook. D’une part, l’attaque semble difficile à mettre en œuvre et c’est pour cette raison qu’elle paraît n’avoir été utilisée que lors d’attaques ciblées et non pas contre le grand public. On parle ici le plus souvent d’opposants ou de journalistes visés directement et non d’un dispositif malveillant largement distribué. À défaut de détails précis sur l’attaque, Apple indique qu’elle concerne dyld, pour dynamic linker.

Cette brique bas niveau charge en mémoire toutes les bibliothèques dynamiques indispensables au bon fonctionnement d’une app, comme les frameworks du système ou d’autres briques logicielles. Au passage, ce n’est pas la première fois que son nom ressort en lien avec une faille de sécurité, c’était aussi le cas avec une vulnérabilité corrigée par OS X 10.10.5, en août 2015.

Faille dyld : Apple livrera un correctif avec OS X 10.10.5

Faille dyld : Apple livrera un correctif avec OS X 10.10.5

D’autre part, la faille ne se limite pas à iOS 26, puisque les exploitations connues concernent des versions antérieures. D’ailleurs, le correctif est également fourni pour iOS et iPadOS 18.7.5, en plus de tous les OS 26.3. Tous les iPhone depuis le 11, les iPad depuis 2018 et les Mac compatibles avec Tahoe pouvaient être attaqués par ce biais.

Deux autres failles de sécurité en lien avec celle-ci sont par ailleurs référencées, toutes deux liées à un navigateur web et comblées depuis le mois de décembre 2025. CVE-2025-43529 a été corrigée avec les OS 26.2 et elle concernait Safari tandis que CVE-2025-14174 touchait Chrome et a été gérée par Google. Tout porte à croire que la porte d’entrée était le navigateur web, un vecteur courant d’attaques. C’est logique quand on pense que c’est une app universelle, très facile à cibler (un site web suffit) et suffisamment complexe pour cacher de multiples failles potentielles.

Apple : quand faire un Keynote coûte plus cher que de coder une application

Christophe Laporte

jeudi 12 février à 07:30

Intelligence artificielle

Chez Apple, on a le sens du luxe, mais aussi celui du rationnement. Alors que l’intelligence générative commence à s’inviter dans nos flux de travail, Cupertino vient de poser les barbelés. Pour utiliser le nouveau Creator Studio, il va falloir apprendre à compter : la Pomme a discrètement fixé des limites d'utilisation qui fleurent bon l'époque des forfaits data de 50 Mo.

Le forfait « Petit Joueur »

D'après une fiche support, Apple a fixé des limites claires (ou presque) pour les fonctionnalités liées à l'intelligence artificielle dans le Creator Studio. Au menu des réjouissances mensuelles : 50 images, 50 présentations de 8 à 10 diapositives, et la génération de notes pour 700 slides. Au-delà ? Tout dépendra de « la complexité des requêtes » et de « la disponibilité des serveurs ». En clair : si tout le monde veut détourer son chat en même temps, il faudra repasser le mois prochain.

iWork Creator Studio : les fonctions liées à OpenAI sont rationnées et curieusement conditionnées 🆕

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Apple Creator Studio : des images premium protégées par un contrat… et par macOS

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Sur le papier, 50 présentations, cela semble généreux pour qui n'est pas consultant chez McKinsey. Mais dans certains cas, le retour à la réalité pourrait être brutale, surtout pour un service payant.

L’art de la surconsommation sélective

Le développeur Steven Troughton-Smith a fait le calcul, et l'addition est salée. En utilisant Codex (l'outil d'OpenAI) pour coder une application entière, il n'a consommé que 7 % de son quota hebdomadaire. En revanche, une simple présentation générée dans Keynote a englouti 47 % de son crédit mensuel Apple Creator Studio.

« Quelque chose cloche ici, d'un ordre de grandeur ou deux. Créer une application complète coûte bien moins cher que de générer un jeu de diapositives foireux. »

À croire que chez Apple, la moindre diapositive est traitée comme un calcul de physique quantique, une manière de transformer une fonction basique en une ressource rare et précieuse. Ou alors, Apple joue les intermédiaires frileux : en bridant l’usage d’un service qu’elle sous-traite à prix d'or à Sam Altman, elle évite que la facture de gaz de l'IA ne devienne plus lourde que ses marges.

iOS 18, macOS 15 et macOS 14 reçoivent des mises à jour de sécurité

Greg Onizuka

mercredi 11 février à 23:00

macOS

En plus des mises à jour pour les « OS 26 », Apple publie ce soir des correctifs pour quelques anciens systèmes, comme à son habitude.

Le bon vieux Sonoma a droit à sa mise à jour de sécurité. Image Apple.

Ainsi, iOS et iPadOS passent en 18.7.5, et deux anciennes générations de macOS ont droit à des mises à jour de sécurité. macOS Sequoia passe en 15.7.4, et macOS Sonoma en 14.8.4.