Ouvrir le menu principal

MacGeneration

Recherche

Actualités

xAI subit un exode de ses têtes pensantes juste après l’acquisition par SpaceX

Greg Onizuka

vendredi 13 février à 21:30

Intelligence artificielle

Si beaucoup de départs ont émaillé les derniers mois de l’équipe responsable de l’intelligence artificielle chez Apple, ce n’est pas pour autant que tout est plus vert chez le voisin. Ces derniers jours, xAI a fait état d’un nombre de départs conséquents, y compris chez les cofondateurs de l’entreprise maintenant sous le giron de SpaceX, comme le rapporte TheVerge.

La présentation récente était grandiloquente, mais en coulisses les choses sont beaucoup moins roses. Image xAI.

xAI venant d’être intégrée dans les équipes de SpaceX, bien entendu, une part de ces départs vient de la restructuration nécessaire après une telle acquisition. Cependant, c’est loin d’être la seule justification à ces fuites de cerveaux, et la politique menée par Elon Musk serait un point de crispation bien plus important que ne voudrait le faire croire le patron de l’entreprise.

IA dans l’espace, protection de xAI et risques d’amende européenne : SpaceX a racheté xAI pour 250 milliards de dollars

IA dans l’espace, protection de xAI et risques d’amende européenne : SpaceX a racheté xAI pour 250 milliards de dollars

Ainsi un de ces anciens employés, parti en début d’année, indique que nombre d’entre eux ont particulièrement peu goûté la façon dont xAI a géré la crise provoquée par les créations d’images dénudées de femmes sans leur consentement, voire de mineurs. L’épisode aurait provoqué un froid palpable, et une certaine désillusion auprès des employés de l’entreprise. Selon lui, Elon Musk aurait utilisé la même méthode chez xAI que chez X, en réduisant l’équipe responsable de la sécurité et de la modération au strict minimum. Résultat : les équipes n’ont pas le temps d’intégrer plus que le strict minimum de censure, et ne posent que les bases des filtres les plus importants, comme ceux concernant la pédopornographie. Tout le reste passe à la trappe.

Autre point ayant provoqué des départs, une sensation de courir en permanence après les concurrents, sans jamais trouver ou créer une avancée majeure :

Même si nous itérions très rapidement, nous n’avons jamais réussi à atteindre un point où l’on pouvait dire : « Ah, nous avons accompli un saut qualitatif par rapport à ce qu’OpenAI, Anthropic ou d’autres entreprises avaient publié ».

Pour ne rien arranger, les équipes dirigeantes ne seraient pas sur la même longueur d’onde, et auraient bloqué nombre de projets en ne sachant pas lequel prioriser par rapport aux autres. De fait, la plupart des décisions n’arrivent à un accord qu’une fois Elon Musk présent dans le chat avec les autres responsables, retardant d’autant les avancées importantes.

Deepfakes sexuels : X promet de mieux sécuriser Grok, mais les détournements restent faciles

Deepfakes sexuels : X promet de mieux sécuriser Grok, mais les détournements restent faciles

Une autre source partie juste avant l’acquisition de xAI par SpaceX n’en dit pas moins, et blâme l’équipe dirigeante d’un manque de vision flagrant :

Essayer de faire ce que faisait OpenAI il y a un an n’est pas la manière de battre OpenAI. [...] Tout n’est qu’une course pour rattraper le retard. Il n’y a quasiment aucun pari risqué. Si quelque chose n’a jamais été fait auparavant, nous ne le ferons pas.

Sur le point de la sécurité de l’IA maison, lui aussi pointe un manque catastrophique de sécurité, et tient Elon Musk pour responsable en grande partie de ce trou béant :

Il n’y a absolument aucune mesure de sécurité au sein de l’entreprise — ni dans le modèle d’images, ni dans le chatbot. [...] Il [Musk] essaie activement de rendre le modèle plus incontrôlable, parce que, pour lui, la sécurité équivaut en quelque sorte à de la censure. 

Au final, ce deuxième témoin conclut en notant lui aussi que tout tourne autour de Musk, qui est l’alpha et l’oméga pour les dirigeants, semblant n’avoir aucune envie ou possibilité de prendre de décisions sans l’aval du grand patron : « Tu survis en te taisant et en faisant ce qu’Elon veut. ». Ambiance.

Image MacGeneration.

Résultat ? Un nombre conséquent de personnes prennent la tangente dès qu’ils le peuvent, pour fuir ce fonctionnement toxique. Et la vague est d’autant plus forte et rapide que nombre d’entre eux ont vu l’arrivée de l’acquisition, et donc du rachat de leurs actions ou conversion en actions SpaceX comme le signal parfait pour le départ. Ainsi, au moins cinq ingénieurs de premier plan ont signalé leur départ rien que cette semaine, mais plus sérieux encore, avec les départs de Tony Yuhuai, Jimmy Ba et quatre autres personnages clés, l’entreprise n’a maintenant plus que six de ses cofondateurs sur les 12 d’origine à la tête de xAI, Elon Musk inclus.

Cet exode risque de continuer d’autant plus qu’Elon Musk a annoncé vouloir délester l’entreprise d’une partie de ses salariés suite à l’acquisition par SpaceX. Quoi qu’il en soit, voilà qui ne colle pas tellement avec les ambitions démesurées affichées par Elon Musk concernant le futur de son IA.

Grâce à l’IA, Spotify fait coder ses ingénieurs sur le trajet du bureau

Stéphane Moussie

vendredi 13 février à 18:23

Intelligence artificielle

Chez Spotify, le progrès n’attend vraiment pas. Un bug à corriger ? Une nouvelle idée à implémenter ? On peut le faire sur le chemin du bureau, dans les transports en commun, avant même d’ouvrir son ordinateur. Une pratique que l’éditeur revendique volontiers, lui qui embrasse à pleine bouche l’intelligence artificielle pour développer ses applications.

Bureaux de Spotify à Stockholm. Image Spotify.

Lors de la présentation des derniers résultats financiers, le nouveau co-CEO Gustav Söderström a expliqué que l’IA permettait à l’entreprise « d’avancer beaucoup plus rapidement ». Et de donner ce cas concret :

Pour prendre un exemple, pendant son trajet matinal, un ingénieur chez Spotify peut demander à Claude de corriger un bug ou d’ajouter une nouvelle fonctionnalité à l’app iOS depuis Slack sur son téléphone. Une fois la tâche terminée, Claude envoie une nouvelle version de l'application à l'ingénieur sur Slack, lui permettant ainsi de la déployer en production avant même son arrivée au bureau.

Ce système interne a même un nom, Honk. Et Gustav Söderström ne cache pas une certaine fierté : les principaux partenaires de Spotify en IA lui auraient confirmé que son entreprise était à la pointe dans ce domaine. Interrogé plus en détail lors de la session de questions-réponses, le co-CEO a précisé le fonctionnement de l’outil :

Grâce à [Honk], vous pouvez utiliser Claude Code littéralement dans le bus ou dans le train : il suffit de demander à Claude d'ajouter une fonctionnalité ou de corriger un bug, par exemple, à la base de code iOS. Honk vous renvoie alors un code QR vous permettant de tester l'application avec cette fonctionnalité. Si elle vous convient, vous pouvez l'intégrer en production sans même descendre du bus. Cela nous fait gagner un temps précieux.

Alors que l’intelligence artificielle est en train de révolutionner le monde du développement, le dirigeant explique que Spotify se réorganise pour s’adapter à cette nouvelle ère. L’entreprise avait déjà assuré que, sans l’IA, la refonte de son application Apple TV n’aurait tout simplement pas vu le jour.

Spotify a développé sa nouvelle app Apple TV grâce à l

Spotify a développé sa nouvelle app Apple TV grâce à l'IA

Selon Gustav Söderström, le lancement du modèle Opus 4.5 de Anthropic, fin novembre, a marqué un tournant décisif en débloquant de nombreux usages. « Quand je parle à mes ingénieurs les plus expérimentés, nos meilleurs développeurs, ils me disent qu’ils n’ont pas écrit une seule ligne de code depuis décembre. Ils se contentent de générer du code et d’en superviser le développement », affirme-t-il.

Et ce ne serait que le début. Le co-CEO prévient que de profonds changements seront nécessaires pour rester compétitif et qu’il faudra se montrer agile. Une manière de préparer les esprits à une nouvelle vague de licenciements après les 1 500 suppressions d’emplois déjà effectuées fin 2023 ?

Samsung répond aux dalles OLED Tandem de LG avec les QD-OLED Penta Tandem

Pierre Dandumont

vendredi 13 février à 16:50

Matériel

Dans le monde des dalles OLED, deux grands fabricants se tiennent la corde : LG et Samsung. Si le premier vend des dalles Tandem OLED depuis un moment maintenant, le second a fini par réagir. La société vient de présenter des dalles QD-OLED Penta Tandem.

LG annonce des dalles OLED « Tandem », mais pas le même tandem que les iPad Pro

LG annonce des dalles OLED « Tandem », mais pas le même tandem que les iPad Pro

Le principe reste le même : pallier la luminosité limitée des dalles OLED et l'usure induite par une luminosité élevée en couplant deux dalles. Il est ainsi possible d'obtenir une luminosité plus élevée tout en réduisant l'usure (les deux dalles montent moins haut qu'une seule dalle).

La nouvelle dalle. Image Samsung.

Le QD vient du fait que Samsung emploie des boîtes quantiques (Quantum Dot) pour générer les couleurs de ses dalles. La technologie permet plus de couleurs et une luminosité plus élevée au départ, en utilisant les boîtes quantiques pour générer le vert et le rouge, avec une structure techniquement composée de sous-pixels bleus au départ. Le Penta, lui, ne vient pas de la structure mais bien du nombre de couches : le préfixe d'origine grec signifie cinq, et c'est le nombre de couches.

Le principe du Tandem, lui, permet d'atteindre une luminosité élevée. Samsung annonce 1 300 nits pour les moniteurs et 4 500 nits pour les téléviseurs, avec un cas assez précis : 3 % d'OPR. De façon très concrète, la valeur n'est atteinte que si 3 % des pixels sont allumés, avec par exemple un soleil brillant sur un fond sombre. Si le nombre de pixels allumés augmente, la luminosité maximale diminue, un problème qui existe aussi avec les écrans LCD, mais qui est moins prégnant et qui va dépendre de la qualité du système de refroidissement de la dalle.

Un écran 27 pouces Ultra HD

Samsung a notamment montré un moniteur de 27 pouces Ukltra HD (3 840 x 2 160), un couple assez rare dans les moniteurs OLED. Un moniteur de 31,5 pouces en Ultra HD a aussi été montré, et il montre les limites des mesures annoncées par Samsung : il est certifié DisplayHDR True Black 500, ce qui implique une luminosité maximale de 500 nits au minimum. La valeur est plus faible que les 1 300 nits annoncés pour une raison simple : la certification impose des mesures avec 10 % d'OPR.

Deux moniteurs. Image Samsung.

Les autres moniteurs annoncés sont un modèle de 34 pouces pour les joueurs en WQHD (habituellement du 3 440 x 1 440) et un modèle 49 pouces en Dual QHD, soit 5 120 x 1 440. Ni la date de sortie ni les caractéristiques exactes ne sont connus, et les prix n'ont pas été annoncés.

Pas pour Apple

Si les dalles QD-OLED Penta Tandem semblent intéressantes, elles ne sont pas encore adaptées aux moniteurs qu'Apple pourrait proposer. En effet, la résolution des dalles OLED dans le cas des moniteurs est un peu plus faible que dans le cas des modèles LCD, et le moniteur 27 pouces le montre bien : Samsung explique que la résolution de 160 ppp atteinte est un exploit. Apple, actuellement, tend à employer une résolution d'environ 218 ppp, avec une dalle 5K (5 120 x 2 880) sur un moniteur 27 pouces.

Source :

AMD montre un système avec un firmware open source, et Apple ferait bien de s'en inspirer

Pierre Dandumont

vendredi 13 février à 15:45

Matériel

Dans les ordinateurs (ou les smartphones), le firmware est généralement un logiciel fermé, ce qui pose parfois de nombreux problèmes. Que ce soit dans les vieux appareils (le BIOS des PC, la ROM des Macintosh) ou dans les plus récents — Open Firmware, UEFI ou iBoot chez Apple —, le côté fermé a de nombreuses contraintes. Mais AMD a une solution avec openSIL, et a montré une version open sourcce pour ses futurs processeurs Zen 6.

Le problème principal, en 2026, vient de la mise à jour du microcode, spécialement dans le cas des processeurs x86. Dans un système classique, le firmware est un UEFI, qui dépend généralement du fabricant de la carte mère. Il est parfois possible d'ajouter ou supprimer certains composants logiciels (par exemple pour ajouter la prise en charge du NVMe dans de vieux systèmes) mais les différentes variantes d'UEFI sont propriétaires. Et c'est un défaut : quand un fabricant de processeurs comme AMD ou Intel déploie une mise à jour de microcode pour ses processeurs, il faut que le fabricant de la carte mère l'intègre dans son UEFI et propose une mise à jour, ce qui n'est pas systématique sur les cartes mères un peu anciennes (ou chez des marques disparues).

Cette carte peut fonctionner avec un firmware open source. Image MSI.

Le microcode, en simplifiant, est un firmware pour le CPU. Il peut régler des bugs ou modifier l'implémentation de certaines fonctions. Chez AMD, le microcode est nommé AGESA et permet notamment l'initialisation du processeur. Typiquement, si AMD sort un nouveau processeur, il est préférable d'avoir une version de l'UEFI qui contient la dernière version en date de l'AGESA. Si ce n'est pas le cas, il est possible que le processeur fonctionne mal ou même pas du tout.

Un firmware open source

C'est ici que la nouveauté d'AMD est intéressante. Premièrement, la société propose une version repensée (et open source) de l'AGESA, nommée openSIL. Elle devrait permettre d'intégrer beaucoup plus facilement les modifications dans le firmware des cartes mères, ce qui est un gage d'évolutivité. Et deuxièmement, une démonstration a été faite sur une carte mère du commerce, une MSI B850-P Pro. Elle combine openSIL avec coreboot, un firmware open source qui peut remplacer dans certains cas un UEFI propriétaire.

Le logo de coreboot.

Disposer d'un firmware open source n'est pas anodin : c'est dans certains cas un gage de sécurité1 et c'est un point important pour certains chantres de l'open source, qui ne veulent absolument pas travailler avec des logiciels fermés2. Et pour l'évolutivité de nos appareils, c'est aussi un point important : de nombreux ordinateurs et smartphones sont bloqués sur des versions obsolètes et abandonnées de systèmes d'exploitation sans possibilités de passer sur des systèmes libres ou à jour car le firmware fermé ne permet pas l'installation d'un système alternatif (oui nous pensons aux iPhone).


  1. Le code peut a minima être contrôlé.  ↩︎

  2. Nos amitiés à Richard Stallman.  ↩︎

Source :

Chrome : des extensions “IA” malveillantes ont piégé plus de 260 000 utilisateurs

Félix Cattafesta

vendredi 13 février à 15:32

Logiciels

On ne le dira jamais assez, faites attention aux extensions que vous installez dans votre navigateur. Une trentaine d’extensions Chrome malveillantes a été repérée par les chercheurs en sécurité de l’entreprise LayerX. Elles ont été installées par au moins 260 000 utilisateurs en se faisant passer pour des services d’IA.

Image LayerX

LayerX a remarqué que ces 30 extensions partagent toutes la même structure interne, la même logique JavaScript, les mêmes autorisations et la même infrastructure. Elles communiquent toutes avec un domaine unique. Promettant des fonctions d’IA, elles fournissent en effet quelques fonctions en affichant une balise HTML (iframe) avec un document web pour charger le contenu à partir d’un serveur distant.

En arrière-plan, elles extraient le contenu des pages des sites web visités par l'utilisateur. Celles-ci peuvent contenir des données sensibles, notamment les pages d'authentification sur des sites. Selon LayerX, 15 d’entre elles visaient spécifiquement les données Gmail à l’aide d’un script dédié pouvant lire les mails et les extraire.

Ces extensions disposent également d'un mécanisme de reconnaissance vocale et de génération de transcriptions pouvant être déclenché à distance à l'aide d’une API. En fonction des autorisations accordées, les extensions peuvent donc même siphonner les conversations provenant de l'environnement de la victime.

Prenez garde si vous utilisez Chrome, car certaines sont encore présentes à l’heure actuelle sur la boutique d’extensions du navigateur selon BleepingComputer, qui a relayé l’information. Le site a listé celles encore présentes et donne également leurs identifiants d’extension, les noms peuvent être modifiés par les pirates :

  • AI Sidebar (gghdfkafnhfpaooiolhncejnlgglhkhe) – 70 000 utilisateurs
  • AI Assistant (nlhpidbjmmffhoogcennoiopekbiglbp) – 60 000 utilisateurs
  • ChatGPT Translate (acaeafediijmccnjlokgcdiojiljfpbe) – 30 000 utilisateurs
  • AI GPT (kblengdlefjpjkekanpoidgoghdngdgl) – 20 000 utilisateurs
  • ChatGPT (llojfncgbabajmdglnkbhmiebiinohek) – 20 000 utilisateurs
  • AI Sidebar (djhjckkfgancelbmgcamjimgphaphjdl) – 10 000 utilisateurs
  • Google Gemini (fdlagfnfaheppaigholhoojabfaapnhb) – 10 000 utilisateurs