Fini de jouer. À l’issue d’une enquête ouverte il y a deux ans, la Commission européenne estime, à titre préliminaire, que TikTok enfreint la législation sur les services numériques (DSA). En cause : le caractère jugé addictif de la plateforme, susceptible de « nuire au bien-être physique et mental » de ses utilisateurs, en particulier les mineurs.
Si le réseau social a déjà mis en place quelques mesures de temps d’écran, celles-ci sont largement insuffisantes aux yeux de Bruxelles. Dans le collimateur de la Commission : le défilement infini, la lecture automatique des vidéos, les notifications push et un système de recommandation extrêmement personnalisé. Autrement dit, tout ce qui fait l’ADN de TikTok.

La Commission européenne appelle donc l’entreprise à revoir en profondeur son fonctionnement. Elle évoque notamment la désactivation du défilement infini, la mise en place de limites de temps réellement efficaces — y compris la nuit — ainsi qu’une refonte du système de recommandation. Officiellement, ces conclusions restent préliminaires, mais le signal est clair.
TikTok a immédiatement dénoncé une image « complètement fausse » de sa plateforme et a promis de contester ces conclusions « par tous les moyens » à sa disposition. Appliquer les remèdes préconisés par la Commission reviendrait en effet pour le réseau social à renoncer à ce qui a fait son succès. Reste que, en cas de non-conformité avérée au DSA, TikTok s’expose à une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires annuel mondial.

Ce coup de semonce intervient dans un contexte politique très actif autour de la protection des mineurs sur internet : la France vient de voter l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, tandis que l’Espagne envisage une mesure similaire à partir de 16 ans.
L’Assemblée nationale valide l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans























