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Surveillance, armes autonomes : OpenAI signe avec le Pentagone et promet des garde-fous

Félix Cattafesta

mardi 03 mars à 11:13

Intelligence artificielle

Le week-end a été mouvementé du côté d’OpenAI. Sam Altman a annoncé avoir conclu un accord avec le ministère de la Défense américaine seulement quelques jours après que le Pentagone ait cessé sa collaboration avec Anthropic. L’entreprise avait tracé quelques lignes rouges à ne pas dépasser et s’est retrouvée bannie par l’administration Trump. La nouvelle a forcément déplu à de nombreux clients de ChatGPT, ayant annoncé vouloir abandonner le service pour passer sur Claude.

Image Village Global

Anthropic a pendant longtemps été dans les bonnes grâces du gouvernement américain et était d’ailleurs une des rares IA utilisées par le Pentagone sur des documents classifiés. Les choses ont pris une autre tournure vendredi dernier : l’entreprise a refusé de céder à un ultimatum de l’administration Trump exigeant un accès sans restriction au LLM. Anthropic refuse catégoriquement que son système soit utilisé pour la surveillance de masse de citoyens US, la création d’armes autonomes ou la prise directe de décision létale.

Anthropic, réticent à ouvrir les vannes au Pentagone, sommée de sortir des administrations US 🆕x2

Anthropic, réticent à ouvrir les vannes au Pentagone, sommée de sortir des administrations US 🆕x2

Face à ce refus, le contrat entre Anthropic et l’administration Trump a donc été rompu… laissant le champ libre à OpenAI. Sam Altman a rapidement annoncé avoir signé un accord avec le Pentagone, ce qui pose question : la startup serait-elle moins regardante sur les valeurs éthiques ? Le patron a tenu à clarifier la situation sur X. Il annonce avoir refusé toute utilisation à des fins de surveillance des personnes et des ressortissants américains. Cet accord implique la responsabilité humaine dans l'usage de la force, y compris pour les systèmes d'armes autonomes.

Autrement dit, Sam Altman avance les mêmes lignes rouges qu’Anthropic. « Le département [de la Guerre] a également affirmé que nos services ne seraient pas utilisés par les agences de renseignement du département de la Guerre (par exemple, la NSA). Tout service fourni à ces agences nécessiterait une modification ultérieure de notre contrat », ajoute Altman.

Ces arguments n’ont pas empêché l’émergence d’un large mouvement de boycott baptisé QuitGPT, qui a pris racine au début du mois. Sur les réseaux, de nombreux internautes se sont montrés mécontents du fait que le président d’OpenAI Greg Brockman ait fait un don de 25 millions de dollars à un comité d’action politique américain pro-MAGA. Le partenariat d’OpenAI avec le Pentagone a remis de l’huile sur le feu.

Sous Linux, la commande sudo remplace les     par des *** et ça énerve certains barbus

Pierre Dandumont

mardi 03 mars à 11:05

Ailleurs

Depuis des décennies, la commande sudo (aussi disponibles sous macOS) a un comportement atypique, qui a tendance à désorienter les néophytes. Cette commande sert à exécuter une commande avec des privilèges et demande le mot de passe de l'utilisateur, mais n'affiche aucun retour visuel. Quand vous tapez un mot de passe avec sudo, vous obtenez ceci :     (c'est-à-dire rien).

Pas de retour visuel.

Dans la dernière version de la distribution GNU/Linux Ubuntu, l'application sudo a été remplacée par une version moderne, écrite en Rust (un langage de programmation qui amène une gestion de la mémoire plus rigoureuse), sudo-rs. Et cette version change le comportement par défaut : elle affiche des **** quand vous tapez votre mot de passe.

Un tollé chez les utilisateurs

Le changement, assez récent, a amené un rapport de bug un peu énervé, d'un utilisateur que nous pourrions appeler affectueusement un barbu. Les utilisateurs historiques de GNU/Linux sont souvent vus comme des clichés (imaginez Richard Stallman) et le rapport en question manque clairement de subtilité, entre les MAJUSCULES1 et les insultes dans les exemples. La personne se plaint d'un changement après des dizaines d'années, en arguant que c'est une question de sécurité.

Un message tout en finesse.

Il a été indiqué que le « bug » n'allait pas être fixé, avec quelques arguments. Premièrement, l'absence de retour visuel est un problème pour un néophyte… mais aussi pour un utilisateur avancé. Qui n'a jamais pressé la touche d'effacement plusieurs fois en pensant peut-être avoir fait une erreur dans le mot de passe ?

Deuxièmement, l'argument mis en avant qu'une personne pourrait voir la longueur du mot de passe est globalement risible. Le même mot de passe est affiché avec des étoiles sur l'écran de login, il est simple de déterminer la longueur avec le bruit de la frappe et une personne qui serait capable de voir les étoiles qui indiquent la longueur de votre mot de passe pourrait probablement aussi voir ce que vous tapez.

Richard Stallman se demande ce qu'il a créé. Image Anders Brenna, CC BY 3.0.

Troisièmement, même en matière de sécurité, la longueur du mot de passe a globalement peu d'impact. Dans une recherche par force brute simple (c'est-à-dire tester toutes les possibilités séquentiellement), connaître la longueur du mot de passe ne réduit que de 4 % le nombre de possibilités s'il est composé d'une des vingt-six lettres de l'alphabet. En effet, vous ne pouvez exclure que les mots de passe plus courts, et les possibilités sont bien moins nombreuses.

Il est possible de cacher (ou afficher) les étoiles

Pour rappel, si le comportement par défaut (sous macOS et dans de nombreuses distributions) est de ne pas afficher des étoiles, il est possible de le modifier. Il suffit d'ajouter la ligne Defaults pwfeedback pour afficher des *** ou de mettre Defaults !pwfeedback pour ne rien afficher. La modification s'effectue avec la commande sudo visudo dans le terminal.

Sous macOS, par ailleurs, il y a beaucoup plus simple si vous avez un Mac avec Touch ID : il est possible d'employer la biométrie à la place du mot de passe. C'était une modification ponctuelle pendant de longues années, mais depuis macOS Sonoma, la modification est permamente.

macOS Sonoma permet enfin de toujours valider la commande sudo avec Touch ID

macOS Sonoma permet enfin de toujours valider la commande sudo avec Touch ID


  1. Sur Internet, personne ne vous entendra crier.  ↩︎

Livre 50 ans Apple : après les 1 000 précommandes, cap sur l’objectif 65 020 € avec un lot collector

Christophe Laporte

mardi 03 mars à 08:55

MacGeneration

C’est le calme avant la tempête… Les jours qui viennent risquent d’être chargés avec les différentes annonces Apple. Alors, si ce n’est pas déjà fait, pensez à précommander votre exemplaire de notre livre : L’aventure Apple : 50 ans de souvenirs.

En fin de semaine, nous avons franchi un nouveau cap symbolique : celui des 1 000 exemplaires précommandés. Nous sommes impatients que ce livre vous parvienne afin d’avoir vos réactions. J’espère qu’il vous plaira autant qu’il nous plaît. Mille mercis pour votre soutien !

Si tout se passe bien, nous devrions recevoir les premiers exemplaires pendant la seconde quinzaine de mars. Il ne restera plus alors qu’à organiser les expéditions.

Objectif 6502

Le prochain objectif, plus très loin, est fixé à 65 020 €. Alors pourquoi 65 020 ? En référence au processeur 6502 que l’on retrouvait au cœur de l’Apple I et de l’Apple II. Il est toujours fascinant d’évoquer les caractéristiques techniques des puces d’antan. Pensez donc : cette puce 8 bits était cadencée à 1 MHz et pouvait adresser 8 Ko de mémoire vive. Nos complaintes sur l’évolution du prix de la RAM ou le retour d’un Mac avec 8 Go de mémoire paraissent soudainement un brin dérisoires. Lors de la journée de MacGeneration, le 18 avril, nous prévoyons de faire une démo d’un Apple I. Le souci, c’est que si nous avions voulu faire l’acquisition d’un original, il aurait fallu trouver quelques centaines de milliers de dollars. Ce n’est sans doute pas très raisonnable.

Une carte mère restaurée et signée par Steve Wozniak a été vendue 485 000 $ en 2022

À la place, nous allons faire l’acquisition d’une carte mère qui est une réplique fidèle de l’Apple-1. Le prix est nettement plus raisonnable.

La réplique de la carte mère

Si nous franchissons la barre des 65 020 €, nous offrirons à l’un des participants cette réplique pour qu’il puisse se replonger dans le passé à ses heures perdues. Franz Achatz, à qui l’on doit ce petit bijou, a reçu de Steve Wozniak l'autorisation écrite personnelle d'utiliser le code ROM original de l'Apple I. Cela fait de l'A-ONE non seulement une réplique matérielle, mais également un véritable héritier fonctionnel de l'Apple I.

Alors, pour participer à ce petit concours, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

👉 Je précommande mon exemplaire du livre de MacGeneration sur les 50 ans d’Apple

iOS 26.4 : une troisième bêta orpheline de macOS Tahoe

Christophe Laporte

mardi 03 mars à 07:19

macOS

Hier soir, Apple a déployé la troisième bêta de son cycle 26.4 pour l’ensemble de ses systèmes d’exploitation. Une salve presque complète, à une exception notable : macOS Tahoe manque cruellement à l’appel.

iOS, iPadOS, watchOS : une troisième bêta pour les OS 26.4

iOS, iPadOS, watchOS : une troisième bêta pour les OS 26.4

Le mystère de la bêta manquante

À l’heure où nous écrivons ces lignes, les serveurs d’Apple boudent toujours le Mac. Pourquoi ce retard ? Le scénario le plus probable reste celui d’un bug de dernière minute, suffisamment sérieux pour bloquer le déploiement.

Toutefois, une autre hypothèse circule : celle d’une absence volontaire pour protéger les annonces matérielles attendues aujourd’hui ou demain. Apple cherche peut-être à éviter que des lignes de code indiscrètes viennent gâcher la surprise.

macOS 26.4 : la limite de recharge de la batterie arrive enfin sur Mac

macOS 26.4 : la limite de recharge de la batterie arrive enfin sur Mac

La mise à jour macOS 26.4 apporte une nouveauté attendue pour la gestion de l'énergie : l'arrivée de la limite de charge native pour les MacBook. Cette fonction, jusqu’ici réservée aux iPhone et iPad, permet de plafonner manuellement la recharge (entre 80 % et 100 % par paliers de 5 %) afin de limiter l'usure de la batterie sur le long terme, un réglage désormais également pilotable via l'application Raccourcis pour plus d'automatisation. Outre ce gain de longévité, cette version marque le retour de l'affichage compact des onglets dans Safari, introduit une mise en garde sur la fin prochaine du support de Rosetta 2 pour les puces Intel, et propose diverses améliorations dans Apple Music et Podcasts ainsi qu'une nouvelle série d'emojis.

Siri : rendez-vous en mai ?

Sans surprise, le « nouveau Siri » boosté à l'Apple Intelligence brille toujours par son absence. Il devient de plus en plus probable qu'il faudra prendre son mal en patience jusqu'au cycle 26.5, qui devrait sortir en mai.

Apple envisagerait de faire tourner le nouveau Siri sur les serveurs de Google

Félix Cattafesta

lundi 02 mars à 21:12

AAPL

Apple s’apprête à muscler Siri avec Gemini, mais l’IA a un coût immédiat : il faut des serveurs avec beaucoup de puissance. Selon The Information, Apple aurait demandé à la firme de Mountain View d’étudier l’installation de serveurs dédiés dans ses data centers afin de faire tourner une future version de Siri basée sur Gemini. Une option hybride qui donnerait de l’air à l’infrastructure de Cupertino, tout en renforçant mécaniquement sa dépendance à Google.

Image Apple/MacGeneration.

Apple reste moins bien armée que les autres géants de la Silicon Valley sur la partie cloud. The Information explique qu’Apple n’a jamais eu le réflexe d’investir massivement et durablement dans des data centers. Cette approche colle à sa culture centrée sur le matériel et ses marges, là où le cloud a souvent été vu comme une dépense lourde plutôt que comme un atout. L’entreprise a préféré louer de la puissance et perdu quelques experts du domaine au fil des ans.

Les choses ont changé, et à l’heure de l’IA, Apple a besoin de puissance dans le cloud. L’entreprise a une carte à jouer avec son Private Cloud Compute, présenté comme une extension sécurisée de l‘iPhone et du Mac pour les requêtes les plus lourdes. Sa capacité serait loin d’être pleinement exploitée en interne : seules 10 % des ressources seraient utilisées pour le moment, et du matériel serait même resté dans sa boîte en attendant d‘être réellement déployé.

Private Cloud Compute : comment Apple veut faire rimer « intelligence » et « confidentialité »

Private Cloud Compute : comment Apple veut faire rimer « intelligence » et « confidentialité »

Mais alors, pourquoi ne pas miser là-dessus au lieu de solliciter Google ? Apple craindrait d’être prise au dépourvu avec une infrastructure trop petite. De plus, le Private Cloud Compute a ses défauts. La mise à jour prendrait plus de temps qu’ailleurs, et les puces actuellement utilisées ont été conçues pour les appareils grand public. Elles ne sont pas optimisées pour les flux de travail d'IA, et ne sont donc pas du tout pensées pour exécuter des modèles volumineux comme Gemini.

Un serveur Apple dédié à l’IA en cours d’assemblage. Image Apple.

La Pomme aurait réalisé un peu tard qu’elle allait avoir besoin de serveurs pour adopter l’IA, si bien que son infrastructure dédiée « commençait à se détériorer » quand elle a tiré la sonnette d’alarme. En interne, cette tension se traduirait par une organisation fragmentée avec des équipes qui construisent leurs propres briques et des tentatives de mutualisation compliquées. Elle n’a donc eu d’autre choix que de se tourner de plus en plus vers des fournisseurs tiers comme Amazon.

Face à des besoins de plus en plus lourds, Apple aurait donc multiplié les options. Elle se serait appuyée sur AWS pour certains besoins liés à l‘IA, tout en gardant Google dans le viseur pour son rapport coût/capacité et la maturité de son infrastructure.

Entre Apple et Nvidia, une vieille relation houleuse

Entre Apple et Nvidia, une vieille relation houleuse

C’est un gros changement, car Apple a banni Google Cloud pour ses besoins de calculs d’IA pendant des années pour des raisons de confidentialité. Les choses ont changé en 2023, Google ayant apporté des modifications à ses systèmes de sécurité qui ont répondu aux préoccupations de la Pomme. Apple a alors commencé à adopter l'infrastructure cloud de Google pour l'intelligence artificielle et s‘appuie déjà sur Google Cloud pour certains usages, notamment du stockage en ligne et l‘entraînement de modèles internes.

Selon les personnes interrogées, l’opération respecterait les standards de confidentialité d’Apple. L’entreprise profiterait de la puissance de Gemini pour muscler Siri, tout en cherchant à imposer ses exigences. Une manœuvre délicate pour son image, elle qui axe une grande partie de son marketing sur la vie privée. Le nouveau Siri est attendu pour cette année, et les premiers éléments devraient arriver sur iOS 26.5 selon Bloomberg.