OpenAI nous fait une journée digne d’un James Bond : dès ce matin, l’entreprise révélait avoir découvert un de ses employés en pleine opération d’espionnage, avec des micros dignes de la Stasi. Mais voilà un nouveau chapitre intéressant : alors qu’Apple poursuit OpenAI pour avoir prétendument récupéré des informations confidentielles grâce à d’anciens employés, le créateur de ChatGPT vient de retourner l’accusation contre Cupertino. Selon OpenAI, un ancien salarié aurait emporté plus d’une centaine de documents confidentiels concernant un appareil encore secret, avant de retourner travailler chez Apple. Et pour couronner le tout, il aurait même présenté ces informations à plusieurs hauts responsables de la Pomme.

L’affaire, rapportée par Reuters, prend place dans le cadre de la procédure judiciaire opposant les deux entreprises devant un tribunal fédéral de San José, en Californie. Dans un document déposé mardi 13 octobre, OpenAI affirme avoir découvert, grâce à une enquête informatique, qu’un ancien employé avait transféré plus de 100 fichiers hautement confidentiels vers ses comptes personnels.
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Le parcours du salarié en question est assez particulier : après avoir quitté Apple pour rejoindre OpenAI, il n’y serait resté que six mois avant de retourner chez son ancien employeur. Les fichiers auraient été transférés le 2 juin 2026, précisément le jour de son départ.
Et il ne s’agirait pas de simples documents administratifs. Selon OpenAI, les fichiers contiennent des images détaillées d’au moins un appareil encore en développement, des informations sur les fournisseurs, des données d’ingénierie et de fabrication, ainsi que des documents concernant les finitions et les traitements appliqués aux composants.
Autrement dit, une bonne partie des informations qu’un fabricant préfère généralement conserver à l’abri des regards de ses concurrents.
Le HomeView dans le viseur d’OpenAI
Mais OpenAI ne s’arrête pas à ce transfert de fichiers. L’entreprise affirme que son ancien salarié aurait également réalisé une présentation concernant ses projets matériels devant plusieurs dirigeants d’Apple, dont le vice-président chargé des opérations en Asie.
Et le calendrier semble particulièrement intéresser les avocats d’OpenAI. Cette présentation aurait eu lieu il y a plusieurs mois, alors qu’Apple vient justement de dévoiler son HomeView, son nouvel écran connecté destiné à la maison.
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OpenAI établit ainsi un rapprochement entre les deux événements, laissant entendre que certaines informations confidentielles auraient pu servir à orienter les développements matériels de Cupertino.
Il faut cependant prendre cette accusation avec les précautions d’usage. Les projets d’Apple dans la maison connectée circulent depuis plusieurs années, bien avant le passage de cet employé chez OpenAI. Rien ne permet donc, à ce stade, d’affirmer que le HomeView aurait bénéficié des informations prétendument emportées.
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Apple rejette d’ailleurs ces accusations. Interrogée par Reuters, l’entreprise affirme disposer de procédures destinées à empêcher ses nouvelles recrues d’utiliser les informations confidentielles de leurs précédents employeurs. Elle indique également n’avoir trouvé aucun élément confirmant les affirmations d’OpenAI.
Une guerre des secrets industriels qui tourne au règlement de comptes
L’ironie de la situation n’échappera à personne. Car c’est bien Apple qui avait ouvert les hostilités judiciaires plus tôt cette année, en accusant plusieurs anciens employés d’avoir emporté des secrets industriels vers la division matérielle d’OpenAI.
Parmi les personnes visées figurent Chang Liu, ancien ingénieur électronicien senior, et Tang Yew Tan, ancien vice-président chargé du design des produits iPhone et Apple Watch. OpenAI conteste ces accusations.
Apple vs OpenAI : une opération minutieusement orchestrée ?
Le juge Edward Davila vient d’ailleurs d’autoriser Apple à accéder de manière anticipée à certaines données numériques et à interroger trois anciens employés selon un calendrier accéléré. La procédure pourrait déboucher sur un procès en octobre 2027, même si OpenAI estime pouvoir être prête dès juin.
En attendant, les deux entreprises semblent bien décidées à s’accuser mutuellement d’avoir mis la main dans les dossiers confidentiels du voisin. Une situation d’autant plus savoureuse qu’elles étaient encore partenaires autour de l’intégration de ChatGPT dans les produits Apple.
Visiblement, dans la Silicon Valley, les secrets industriels circulent presque aussi facilement que les ingénieurs… après tout, autant aller jusqu’au bout et installer une ligne Full Duplex entre OpenAI et Apple, ça ira plus vite. Et attendre de voir le premier qui installe le pare-feu OpenOffice.













