Nvidia va devenir actionnaire de Doctolib. L'annonce a été faite mardi 13 octobre par son patron Jensen Huang, de passage à Paris. Le montant de l'opération n'a pas été dévoilé, mais l'on sait que Nvidia prendra une participation minoritaire dans l'entreprise française. L'objectif est notamment d'accélérer le développement de ses outils d'intelligence artificielle, aussi bien pour les professionnels de santé que pour les patients.

Pour Doctolib, cet investissement doit permettre de recruter davantage de spécialistes en IA et d'accélérer le développement de ses propres modèles. L'entreprise utilise déjà les technologies de Nvidia depuis plus d'un an et pourra désormais bénéficier de l'expertise de ses ingénieurs pour entraîner ses modèles en Europe. Elle entend privilégier des modèles ouverts, qu'elle pourra adapter à ses besoins plutôt que de dépendre exclusivement des solutions propriétaires d'OpenAI ou d'Anthropic. L’objectif affiché est de conserver la maîtrise de ses outils et de limiter sa dépendance aux géants américains de l’IA. Une indépendance qui reste toutefois relative, puisque Doctolib dépend des technologies de Nvidia, désormais également présent à son capital.
Pourquoi Doctolib a-t-elle besoin d'IA ? La plateforme dispose déjà de plusieurs assistants destinés aux professionnels de santé, tandis que son outil de consultation s'appuie sur un modèle de reconnaissance vocale développé en interne. D'autres assistants prennent en charge des tâches administratives, comme la facturation, le secrétariat ou la gestion documentaire. Pour les patients, un assistant personnel doit progressivement enrichir l'application afin de répondre aux questions de santé et d'accompagner les utilisateurs dans leur parcours de soins.
L'arrivée d'un géant américain au capital d'une entreprise qui manipule des données médicales sensibles soulève naturellement la question de leur hébergement et de leur confidentialité. Doctolib assure que les données de santé et ses modèles d'IA sont hébergés dans l'Union européenne et au Royaume-Uni, sous son contrôle. L'entreprise précise également qu'aucun partenaire ou investisseur n'a accès aux données de santé. Nvidia n'obtiendra pas non plus de siège au conseil d'administration, a indiqué le patron de Doctolib à l'AFP.
Ce rapprochement s'inscrit dans une offensive plus large de Nvidia dans l'écosystème français de l'IA. Le fabricant de GPU a également annoncé des investissements dans trois autres entreprises : Pigment, spécialisée dans la planification financière, Genesis AI, qui travaille sur la robotique, et Entalpic, qui utilise l'IA dans la recherche en chimie. Le groupe multiplie les opérations de ce type, comme l'illustre le rachat de Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars. Jensen Huang affirme que Nvidia a investi au moins 8 milliards de dollars en Europe sur les douze derniers mois et prévoit 2 milliards supplémentaires, notamment pour développer des infrastructures dédiées à l'IA.
Hugging Face tombe dans les bras de Nvidia pour 12,9 milliards de dollars













