L’affaire qui a éclaté entre Apple et OpenAI fait déjà grand bruit, et ce n’est que le début. Comme à son habitude, Mark Gurman a laissé traîner ses oreilles dans les couloirs de Cupertino… et a rapporté quelques détails intéressants sur la façon dont certains employés, Chang Liu en tête, ont récupéré des données d’importance sur les serveurs d’Apple alors qu’ils ne travaillaient déjà plus pour la pomme.

« LOL, j’ai trouvé un moyen d’accéder [au serveur de stockage], fun ! ». C’est le message qu’aurait laissé Chang Liu à son ancienne collègue Alyssa Peng, alors qu’elle travaillait encore à Cupertino. Avec cet accès, Liu a pu récupérer des présentations, des designs de prototypes, des détails de production et des procédures de test. Alors que cela faisait déjà plusieurs semaines qu’il ne travaillait plus pour Apple.
Et sa collègue, qu’a-t-elle fait ? Plutôt que d’alerter sur la faille béante dans les serveurs, elle aurait pris l’opportunité inverse : pour seule réponse à son ancien collègue exploitant une faille sur les serveurs de son employeur, son message aurait été « Je suis prête ». Et, joignant le geste à la parole, elle aurait aidé à récupérer encore plus de dossiers, en les faisant transiter par son ordinateur de travail. Quelques mois après, elle a elle aussi quitté Apple pour OpenAI.
Au total, plus de 400 employés d’Apple sont partis rejoindre OpenAI. Il faut dire que l’entreprise de Sam Altman a mis toutes les chances de son côté pour les récupérer : en plus du discours amenant à créer « la prochaine génération d’appareils qui remplaceront l’iPhone », les transfuges étaient appâtés par de gros salaires et des stock-options ridiculisant les propositions d’Apple.
À la tête de ceux-ci, Tang Tan. Le personnage en lui-même était un pilier d’Apple pendant plusieurs années. Durant ses 25 ans à Cupertino, il a commencé en dirigeant l’équipe de design des ordinateurs portables d’Apple et des iPods, avant de se retrouver à la tête de l’équipe chargée de l’iPhone en 2011, puis de l’Apple Watch. Il avait gravi les échelons d’Apple à un tel niveau qu’il faisait partie, avant de partir, des plus hauts gradés de l’Apple Park, ayant même un temps croisé le fer avec John Ternus pour la place de responsable Hardware Engineering.
Une fois arrivé chez OpenAI, selon la plainte déposée par Apple, il a mis en place une méthode simple : recruter le maximum possible d’employés clés de Cupertino, et leur demander de récupérer des secrets industriels de la pomme juste avant leur départ, profitant du préavis pour transférer un maximum de données stratégiques de leurs appareils de travail vers leurs outils personnels. Toujours selon la plainte, Tang Tan serait allé jusqu’à mettre en place une « liste » indiquant la méthode la plus efficace pour chaque employé permettant d’éviter d’éveiller les soupçons de la sécurité d’Apple. Tang Tan aurait même poussé le vice jusqu’à faire apporter par certains employés durant leur entretien d’embauche des prototypes de batteries, de cartes mères, ainsi que d’autres composants.
Certains employés invités à un entretien d’embauche ont d’ailleurs trouvé cette pratique d’amener des prototypes en dehors de l’Apple Park « surprenante », pensant avec logique qu’il était interdit de les sortir de l’enceinte sécurisée.
En plus de ces fuites, Apple accuse OpenAI d’avoir sciemment « pillé » certaines de ses divisions, ciblant ses recrutements, sous l’égide de Tang Tan, pour précisément recréer son architecture de travail directement dans les bureaux de l’entreprise de Sam Altman.
Apple poursuit OpenAI et plusieurs anciens employés de Cupertino pour vol de secrets industriels
Apple indique avoir tenté dans un premier temps de régler ça à l’amiable, en contactant OpenAI sur le sujet d’un potentiel vol de données depuis février. Sans obtenir la moindre réponse en retour. Elle est donc passée à l’étape suivante, faisant appel à la justice avec des poursuites qui pourraient être parmi les plus retentissantes de ces dernières années, marquant profondément les relations entre deux entreprises qui étaient partenaires jusqu’à récemment.













