La plainte d’Apple contre OpenAI continue son chemin judiciaire. La Pomme a présenté lundi 31 août de nouveaux éléments qu’elle estime particulièrement compromettants pour Chang Liu, l’un de ses anciens ingénieurs désormais chez OpenAI. Apple espère désormais convaincre le juge d’autoriser une procédure accélérée de collecte de preuves, tandis qu’OpenAI continue de rejeter catégoriquement les accusations.

Tentons de résumer l’affaire. La Pomme a attaqué en juillet OpenAI ainsi que deux de ses anciens employés, Chang Liu et Tang Tan, qu’elle accuse d’avoir détourné des secrets industriels liés notamment à la conception de matériel, aux méthodes de fabrication et à sa chaîne d’approvisionnement. OpenAI a demandé le rejet de la plainte, estimant qu’Apple n’avait pas démontré qu’un véritable secret industriel avait été volé ou utilisé illégalement. Apple répond au contraire avoir décrit suffisamment précisément les données en cause et soupçonne OpenAI d’avoir profité du recrutement de nombreux anciens salariés de Cupertino pour accélérer ses propres travaux dans le matériel grand public. Le groupe dirigé par Sam Altman aurait recruté environ 400 employés d’Apple pour son initiative hardware.
Les nouveaux éléments apportés par Apple concernent principalement Chang Liu et un MacBook appartenant à l’entreprise qu’il avait conservé après son départ. Selon Apple, l’analyse de la machine a permis de retrouver la trace d’un schéma électronique confidentiel téléchargé en mars, soit environ deux mois après que Liu eut quitté l’entreprise. Plus gênant encore, l’ingénieur aurait utilisé ce document dans le cadre de son travail chez OpenAI afin d’effectuer une simulation avec le logiciel d’ingénierie LTspice.
Liu aurait également été conscient qu’il disposait toujours d’un accès non autorisé à un espace de stockage cloud utilisé par Apple, et d’autres personnes chez OpenAI auraient elles aussi eu connaissance de cet accès. Surtout, après avoir appris qu’Apple enquêtait sur ses activités, Liu aurait envoyé à une collègue d’OpenAI des instructions visant à détruire certaines preuves, cette dernière lui ayant indiqué qu’elle s’exécuterait.
Apple relève également que Liu utilisait chez OpenAI un outil portant le même nom qu’une application d’ingénierie interne de Cupertino. L’entreprise estime que ces découvertes justifient l’examen rapide d’autres appareils détenus par son ancien salarié, notamment un Mac mini sur lequel le schéma électronique aurait été exploité.

OpenAI n’a pas tardé à répondre, avec une lecture radicalement différente des faits. L’entreprise estime qu’Apple n’a toujours pas démontré qu’un secret industriel avait effectivement été dérobé et lui reproche surtout ses propres procédures : Ies employés seraient raccompagnés immédiatement hors des locaux lorsqu’ils quittent l’entreprise, sans disposer de suffisamment de temps pour rendre leurs appareils, transférer certains fichiers ou transmettre leurs responsabilités.
Chang Liu affirme de son côté avoir consulté des fichiers après son départ uniquement pour aider d’anciens collègues qui continuaient à le solliciter. Tang Tan affirme pour sa part avoir rendu les prototypes Apple avant son départ et n’avoir conservé que des documents non confidentiels. Plus largement, OpenAI accuse Apple d’utiliser cette procédure pour freiner un futur concurrent et décourager ses salariés de rejoindre d’autres entreprises. Une audience est prévue le 1er octobre devant le juge Edward J. Davila, qui devra notamment se prononcer sur la demande d’Apple d’accélérer la collecte de preuves.













