On pourrait penser qu'une entreprise qui décide de lancer une gamme s'arrange pour sécuriser l'achat du nom de domaine correspondant avant de révéler le nom de son nouvel appareil au grand public.
Mais pas Apple.
Car si la marque vient de lancer le HomeView, son tout premier écran connecté, le site HomeView.com est actuellement en vente, et le courtier Grit Brokerage en charge de l'opération, contacté par nos soins, nous a indiqué que son propriétaire en espérait « un prix à six chiffres », en dollars évidemment.

Forcément, avec Apple dans la liste des acheteurs potentiels, difficile de ne pas faire grimper les enchères. Après tout, la marque avait bien déboursé un million de dollars pour le nom de domaine iPhone.com en 2007, 1,5 million pour iCloud.net et même autour de 5 millions de dollars pour iCloud.com en 2011.
Pour Apple, la gestion des noms de domaines a toujours été complexe. Elle possède pourtant l'un des plus anciens sites, le soixante-quatrième domaine en .com de l'histoire qu'elle a enregistré en 1987. Mais enregistrer un nouveau site, c'est donner des indications sur un produit à venir et ça, l'entreprise n'aime pas. Il y a déjà tellement d'occasions de laisser ses secrets fuiter par les temps qui courent, pas la peine d'en rajouter ! D'autant plus que la société est scrutée de près en la matière – comme elle l'est d'ailleurs pour ses dépôts de brevets. Ainsi, en 2009, on pensait bien tenir le nom du futur iPad, quand Apple avait déposé le domaine iSlate.com, mais c'était une fausse piste, tout comme l'ApplePico.com de 2011 mais contrairement au Magic Keyboard de 2015. Plus récemment, c'est Apple One qui est apparu avant sa sortie, dans le code d'Apple Music et dans plusieurs noms de domaines.

Résultat : Apple essaye le plus souvent de faire coïncider le dépôt de ses noms de domaine avec la présentation officielle de ses produits et de ses services. On s'en fait l'écho de temps à autre dans nos colonnes, comme ici en 2011 avec cinquante noms de domaines autour d'iCloud, d'iTunes match, de Mac OS X Lion ou encore iOS 5. Mais parfois, la situation reste bloquée et des noms de domaine pourtant évidents échappent encore à Apple, comme iPad.com (qui renvoie vers une erreur 404) ou HomePod.com (à vendre également), MacPro.com (un site de vente de cosmétiques), MacBook.com (un club de lecture californien, alors qu'Apple a bien déposé MacBookPro.com) et même AppleWatch.com qui renvoie vers le compte X d'un certain Arnold Kim. Il faut dire que l'enjeu n'est plus le même aujourd'hui qu'il y a quinze ou vingt ans : le référencement des moteurs de recherche ne permet plus à un site de se hisser en haut du classement des résultats sur la base de son nom de domaine et de quelques mots-clés. Et les utilisateurs ne cherchent plus à se connecter à un site directement : qui aurait l'idée de tenter AppleIntelligence.com au hasard ?
Et puis il y a les squatteurs, aussi, ceux qui achètent les noms de domaines avant qu'Apple le fasse, depuis des variantes nationales d'iTunes, jusqu'au site iPods.com lui-même1 en passant par Applecom.com et ApplePrinters.com. Et en la matière, on peut dire que certains rivalisent d'inventivité : iPhonePlus.com, iPhoneFold.com, iPhoneUltra.com, iPhoneFlip.com, MacBookDuo.com, iMacDuo.com, iMacUltra.com, il ne reste quasiment plus rien de disponible pour le service marketing d'Apple ! Qui sait, peut-être que certains d'entre eux ont été déposés par des sociétés-écrans, des faux nez qu'Apple utilise pour se réserver discrètement des noms de domaines ?
Et pour en revenir au sujet du jour, sachez que HomeView.com, ces dernières années, a hébergé une application qui promettait de « révolutionner l'accession à la propriété », après avoir abrité la bibliothèque de sermons de l'église évangélique de Montclair, dans le New Jersey.

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ce qui est d'autant plus idiot qu'Apple interdit de mettre ses marques déposées au pluriel ↩︎













