Le gendarme de la Bourse américain accuse GT Advanced, le fournisseur déchu de saphir synthétique

Mickaël Bazoge |

À l’époque où Apple caressait l’idée de protéger l’écran de ses iPhone avec du saphir synthétique, le constructeur a investi plus d’un demi-milliard de dollars dans GT Advanced Technologies. L’entreprise spécialisée dans la fabrication de ce revêtement quasiment impossible à rayer se proposait de fournir sa production au constructeur, pour peu que celle-ci respecte un haut niveau de qualité.

Une boule de saphir de synthèse produite par GT Advanced.

L’accord, qui remontait à l’automne 2013, consistait en un versement en quatre tranches, pour un total de 578 millions de dollars. En avril 2014, Apple suspendait le versement de la dernière tranche (139 millions), en raison de l’incapacité de GT Advanced de respecter le cahier des charges de la Pomme.

Mais voilà : durant les résultats du second trimestre de la même année, Thomas Gutierrez l’ancien CEO de GT Advanced a assuré les actionnaires que l’entreprise avait bel et bien atteint les objectifs fixés par son principal client, ce qui lui a permis de toucher, en octobre, le chèque d’Apple correspondant à la quatrième tranche des versements. Peu de temps après, et à la surprise générale, GT se plaçait sous la protection de la loi américaine sur les faillites.

L’usine de Mesa.

L’entreprise a rebondi par la suite, Apple a récupéré l’usine de Mesa (Arizona), pour la transformer en centre de données (non sans avoir essuyé un incendie quelques mois plus tard). L’écran de l’iPhone n’a jamais eu droit à un revêtement en saphir synthétique : seuls l’appareil photo au dos en profite, ainsi que l’Apple Watch en acier inoxydable.

L’histoire n’en est pas restée là, cependant. La SEC n’a pas apprécié l’entourloupe de Thomas Gutierrez. Le gendarme de la Bourse américain a enquêté sur ses propos juste avant la faillite. L’ancien dirigeant ainsi que l’entreprise sont formellement accusés d’avoir menti aux investisseurs sur leur capacité à fournir du saphir de synthèse à Apple. GT a également tenté de masquer plus de 300 millions de dollars de dettes à Apple.

Thomas Gutierrez a déjà réglé 140 000 $ d’amendes dans ce dossier, mais manifestement les choses sont loin d’être terminées.

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avatar Terragon | 

140 000$ d’amende pour 300 millions de dettes... 🤔🥳

avatar Mehuneau | 

J’ai beau relire je ne suis pas certain de comprendre. Il a menti ou pas ? Apple a payé ? Sur quelles bases ?

avatar XiliX | 

@Mehuneau

"J’ai beau relire je ne suis pas certain de comprendre. Il a menti ou pas ? Apple a payé ? Sur quelles bases ?"

Je pense qu’il a montré quelques échantillons de bonnes qualités pour obtenir les subventions d’Apple.
Le soucis est que la fabrication de ces « boules » de saphir peut être considérée comme catastrophique, car une grande majorité de ces boules sont totalement inutilisables.

Là où il peut y avoir délit d’initié est qu’il a vendu un gros volume d’actions quelques jours avant l’annonce de la faillite.

avatar pelipa91 | 

La tentation de tous ses PDG de jouer avec ce qu’ils connaissent du futur de leur boîte est tout bonnement trop importante.

Plus de notion des employés qu’il y a derrière tout ça.

Ce mec devrait (p-e ce sera le cas) aller direct en taule.

Cela m’étonne que ce genre d’affaire n’arrive pas plus souvent.

avatar malcolmZ07 | 

Il n'avait pas vendu toutes ses actions aussi avant de annoncer la faillite ?
Je me demande vraiment qui voudra faire du business avec lui dans le futur.

avatar XiliX | 

@malcolmZ07

"Il n'avait pas vendu toutes ses actions aussi avant de annoncer la faillite ?"

Si tu as tout à fait raison.

avatar ddrmysti | 

Le coup du saphir synthétique me rappelle un peu celui du liquid metal. On en a beaucoup entendu parlé à un moment où Apple a pas mal investit dans le domaine, mais au final presque rien n’en est sorti.

avatar Moonwalker | 

J’avais oublié ce truc.

https://en.wikipedia.org/wiki/Liquidmetal

Il faut l’écrire en un mot : Liquidmetal

avatar Nesus | 

@ddrmysti

Non, ce n’est pas comparable. Le liquidmetal est industriellement utilisable et l’a été (dans d’autres secteurs). C’est plus un problème de ration bénéfice/dépense qui fait qu’industriellement il n’est pas utilisé par Apple.

Là c’est juste un escroc qui a vendu du rêve à tout le monde et qui s’est royalement planté. Tout le monde sait créer ses boules de saphir synthétique avec une grosse quantité de perte. Lui a affirmé y arriver avec quasi pas de perte (et donc de la rentabilité). L’histoire a montré la vérité.

avatar Spinnozza | 

@Nesus

Cette histoire de perte par rapport à la fabrication de shapir est très intéressante. Dommage qu’elle ne soit mentionnée dans l’article que sous le terme très vague de « haut niveau de qualité ».

avatar Bruno de Malaisie | 

Quelle est la partie qui utilise ce saphir sur l’ Watch? L’écran ou le dos.
J’ai une Watch acier (donc avec un écran saphir). Est-ce ce dont l’article parle?

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