Les Apple Store français à deux pas de la grève

Anthony Nelzin-Santos |
On n'a jamais douté que les Apple Store n'étaient, au-delà de l'image que veut leur donner Apple, que des boutiques comme les autres. Les tensions, les ras-le-bol, les dysfonctionnements et les coups de gueule sont ainsi monnaie courante — mais ces derniers temps, notamment en France, la situation s'est suffisamment envenimée pour que l'on puisse parler d'un début de crise.

keynote
Extrait d'une présentation des ressources humaines d'Apple Retail France.


Un modèle à l'épreuve
Le modèle mis en place par Ron Johnson en 2001 arrive aujourd'hui à ses limites : les Apple Store sont au bord de la rupture. Dans son rapport annuel de 2001, Apple estimait que la taille idéale d'un Apple Store était de 500 m2. À l'époque, la firme de Cupertino vend à peine plus de 3 millions de Mac par an, et doit remplir ses boutiques avec des baladeurs, des appareils photo, des caméscopes et des accessoires d'autres marques. 362 Apple Store plus tard, Apple a revu pour le première fois ce chiffre, passant à 780 m2. Mais elle vend désormais près de 20 millions de Mac, 150 millions d'iPhone et 50 millions d'iPad par an.

Elle a bien ouvert quelques boutiques de plus de 1 200 m2 (Covent Garden, Opéra, Grand Central), mais à quelques exceptions près, aucun Apple Store existant n'a été agrandi. De manière générale, les clients restent satisfaits, même si les scores obtenus au système Net Promoter varient du simple au triple selon les magasins et a tendance à globalement se tasser. Pour les employés néanmoins, il est de plus en plus difficile de satisfaire le client dans de bonnes conditions : le Genius Bar, par exemple, doit aujourd'hui traiter trois fois plus de demandes par heure qu'il y a cinq ans, et est aujourd'hui un des points de friction les plus importants des Apple Store.

grand-central
L'Apple Store Grand Central.


Malgré cette pression, le modèle n'a que peu évolué. Certes, une zone dédiée à la configuration personnalisée des appareils après leur achat a permis de désengorger temporairement le Genius Bar — mais la croissance naturelle de ce service suffit à le maintenir la tête sous l'eau. Certes, l'extension des salles réservées au monde de l'entreprise permet de mieux s'adresser à cette clientèle — mais cela ne fait que renforcer les tensions entre Apple Retail et les Apple Premium Resellers. Mais les Apple Store sont aujourd'hui devenus aussi bien un espace de vente qu'un espace de formation… et un espace de passage : l'amélioration par petites touches ne suffit plus et les problèmes s'accumulent.

Des conditions salariales très communes
Beaucoup d'Européens trouvent l'accueil dans les Apple Store chaleureux, mais parfois un peu étouffant : alors que beaucoup de sociétés adaptent leur formule aux marchés locaux, le modèle des Apple Store reste très américain dans l'esprit et on demande explicitement aux vendeurs de fournir un service très proche du personal shopping dans l'idée. On pourrait croire que ce contact très serré est destiné à emporter la vente et une commission, mais Apple Retail tient plus à préserver de très hauts scores de satisfaction que d'emporter toutes les ventes. Le but est de faire revenir le client une fois qu'il aura fait le tour des boutiques pour qu'il achète à l'Apple Store, et pourquoi pas de manière régulière par la suite. L'inclusion d'un espace de formations et du service après-vente dans l'espace de vente n'est pas anodine et participe de cette volonté de familiariser le client avec la boutique, et donc de faciliter l'achat.

Pour autant, les vendeurs sont soumis à des objectifs assez drastiques : non seulement les augmentations et les (maigres) perspectives d'évolution de carrière sont directement liées aux performances, mais le nombre d'heures de travail des débutants aussi. Non seulement les niveaux de vente sont dûment rappelés lors des entretiens avec les ressources humaines, mais chaque vendeur est fortement invité à vendre en plus au moins un contrat AppleCare tous les 4 à 5 appareils vendus. Sans pour autant percevoir de commissions sur les ventes, puisqu'Apple considère que ce système favoriserait la vente de produits plus chers, et non du produit le plus adapté aux besoins du client. Non seulement la grille salariale est très similaire à celle d'autres grands noms du domaine (entre 23 et 27 000 € bruts par an pour un vendeur), mais les avantages sociaux sont maigres : les employés n'ont même pas de tickets restaurant ! Ils bénéficient certes d'une réduction d'un quart sur le prix de la plupart des produits Apple, mais ont le plus souvent de toute manière des difficultés pour se les offrir.



Ce système perdant / perdant, investissement maximal pour retour minimal, est souvent au cœur des frustrations de nombre d'employés : dans les évaluations annuelles que nous nous sommes procurées, on lit souvent que le décalage entre l'image véhiculée par les Apple Store et la réalité du travail pose un réel problème de démotivation. Certains n'hésitent pas à critiquer ouvertement le système d'attribution du temps de travail : les vendeurs n'étant jamais réellement à temps complet sauf chez les plus aguerris, certains sont obligés de prendre un second emploi. D'autres déplorent la difficulté croissante à poser des congés, ou tout simplement à bénéficier d'un réel week-end, même chez les Genius qui ont pourtant un contrat plus favorable. Alors qu'Apple Retail exige un grand niveau d'engagement de la part de ses employés, ceux-ci ont souvent du mal à mettre du cœur à l'ouvrage.

D'après plusieurs sources, de nombreux employés parisiens font le choix de partir en province pour retrouver un second souffle dans des boutiques un peu moins saturées, mais beaucoup finissent tout simplement par craquer. En moyenne, un employé reste un an et demi à deux ans chez Apple Retail avant de partir. Le taux moyen de renouvellement est de l'ordre de 30 %, ce qui reste relativement bas dans le domaine du commerce de détail (où il dépasse parfois les 100 %), mais beaucoup plus haut que chez les leaders du domaine qu'Apple prétend côtoyer (10 à 20 % en moyenne chez The Container Store par exemple).

Des dysfonctionnements quotidiens
À ces problèmes qui se posent à l'ensemble des acteurs du commerce de détail s'ajoutent des dysfonctionnements particuliers à Apple Retail, qui provoque l'exaspération des employés. Un « créatif » nous confiait ainsi, dans un petit rire nerveux : « on n'est pas super bien payés… quand on est payés ! » Le système de pointage et de transmission des heures semble en effet souffrir de problèmes chroniques qui n'ont pas été réglés depuis l'ouverture du premier Apple Store français. Apple Retail France n'étant rien d'autre qu'une coquille juridique vide dans un assemblage de sociétés imbriquées, le système de paiement est externalisé, et souffre lui aussi de graves anomalies. Il n'est ainsi pas rare que les payes arrivent en retard, ou que les heures supplémentaires aient été mal comptées. De quoi favoriser une certaine précarité et ne pas égayer l'ambiance.

Le dialogue social semble aussi être en panne chez Apple. Ainsi pendant les vacances scolaires, l'Apple Store de la rue Sainte-Catherine à Bordeaux devrait fermer ses portes une heure plus tard. Ce n'est pas une exception : toutes les boutiques environnantes feront de même. Mais alors que ces boutiques tireront le rideau à 20h00, les employés de l'Apple Store devront rester jusqu'à 21h00. Problème, ils n'ont été prévenus qu'au dernier moment de ce changement, alors que le Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail comme les syndicats auraient dû être consultés. Certains employés bordelais particulièrement échaudés nous ont confié qu'ils projetteraient de demander des explications à Apple Retail, par la voie judiciaire s'il le fallait.

skitched
Apple Store Bordeaux Sainte-Catherine. Image (c) Apple.


Les caprices de la climatisation de l'Apple Store du Caroussel du Louvre pourraient paraître plus anecdotiques s'ils n'étaient pas dangereux. Les habitués savent que cette boutique est soit beaucoup trop froide, soit beaucoup trop chaude, et on se souvient qu'un emballement de cette climatisation avait causé un début d'incendie dans l'Apple Store. Nous avons appris que plus récemment, le CHSCT avait décelé des moisissures et des particules cancérigènes à un taux élevé (quoiqu'encore sûr) dans l'air du magasin : il semble que les fortes variations de température de cette climatisation défectueuse aient favorisé les dépôts, et plusieurs employés auraient déjà dû prendre des congés maladie pour s'en remettre. Là encore, ces problèmes relèveraient du quotidien parfois malheureux d'une boutique s'ils n'étaient pas connus depuis l'ouverture du magasin.

Un début de crise
Plus encore que les conditions salariales, classiques dans le secteur, c'est l'accumulation de ces petits problèmes au quotidien et leur résolution tardive qui renforce la dégradation de l'ambiance à mesure que les Apple Store se remplissent. Le client ne le sent pas toujours, parce que ces employés, il faut leur reconnaître, conservent une certaine loyauté envers Apple et tentent de garder la barre au même niveau. Mais ce faisant, ils ne font qu'accentuer leur malaise — au point qu'aujourd'hui, et pour la première fois, on puisse ouvertement parler de crise au sein d'Apple Retail France.



D'après nos informations en effet, des employés prépareraient un rassemblement en début de semaine prochaine à proximité de l'Apple Store du Louvre pour faire savoir leur mécontentement. Nous avons passé à plusieurs employés la vidéo « Une carrière chez Apple Retail » que diffuse régulièrement Apple : la plupart n'ont pas pu cacher leur exaspération : c'est précisément l'image qui les a poussés à postuler (il y a aujourd'hui 12 fois plus de demandes que d'offres), celle que la plupart des clients perçoivent. Mais le décalage avec la réalité ne ferait que s'accentuer, un fait que les petites fêtes ou les rares cadeaux n'arrivent pas à masquer. Cette dichotomie est en train de se transformer en mouvement de protestation qui va se transformer en manifestation.

Apple Store grève
Image (c) Macity.


Voire en grève. À la manière de leurs collègues romains et pour les mêmes raisons, certains des employés des Apple Store français pourraient en effet se mettre en grève. Il ne s'agit pour le moment que d'une idée lancée à la cantonade par quelques employés, notamment chez ceux qui sont syndiqués. Mais alors que les crispations sont en train de se cristalliser, ce mouvement pourrait devenir réalité. « L'Apple Store, une carrière sans pareille », disait Apple. Dans les faits, les Apple Store sont des boutiques comme les autres, la pression de l'image d'une des sociétés les plus influentes du monde en plus.
Tags
avatar raf30 | 
Formatage, sourire forcé,.... si en plus les conditions de travail sont bof, oui il y aura une grève !!
avatar AirForceTwo | 
@Beddy Non ce ne sont pas forcément des commentaires d'enfants, mais peut-être de personnes travaillant à l'étranger. Au Québec, le marché de l'emploi est autrement plus concurrentiel, et il est beaucoup plus simple de trouver du travail (et de se faire virer) si bien qu'on est plus mobiles et qu'on peut faire marcher la concurrence. Si on n'est pas content de son salaire, on va voir ailleurs. Du coup, l'employeur a souvent peur de voir partir ses bons employés, ce qui retourne la situation: ce sont les employeurs qui doivent séduire les employés. Après on n'a pas de ticket resto: on amène sa propre bouffe ou on assume les frais. Bref, ce sont 2 mondes différents.
avatar Spykee | 
Ils devraient se taire, ils sont bien trop payés pour ce qu'ils font et pour les qualifications que cela demande.
avatar bratak67 | 
Il faudra que l'on m'explique où est la plus value d'un Apple Store par rapport à un revendeur de type Fnac, Bemac etc ????? Il n'y a pas plus d echoix car la gamme est (très) resteinte, les prix identiques (la Fnac est même moins chère avec la carte abonné) ...
avatar macbookeur75 | 
on se demande pourquoi on redige des articles pour des gens ignorants et aigris dont les propos sont des ramassis d'amalgame A vous lire, les salariés devraient tous démissionner et fermer leur gueule, quelle belle mentalité dans ce pays où le chômage atteint 10% les commentaires sont pitoyables concernant les salaires et les compétences mais est ce que vous avez lu tout l'article ou juste survolé les salaires ? Vos grands parents et arrière grands parents auraient dû fermer leur gueule histoire qu'on soit encore à 42 ou 45h de boulot par semaine et 3 semaines de congés... A quoi bon se reposer, on dit bien que le travail c'est la santé
avatar Anonyme (non vérifié) | 
Salut à tous Impossible de ne pas réagir à ces 2 pages de sornettes péniblement accumulées par le camarade Nelzin au cours de ces "6 mois d'enquète". Impossible de croire à la coïncidence quand on sait qu'ont lieu en ce moment les négociations annuelles obligatoires entre les RH d'Apple Retail France et les partenaires sociaux, concernant entre autres la question des salaires. Quelle pitoyable tentative pour mettre la pression sur la direction par l'intermédiaire de cet article, ramassis de lieux communs éclairés de façon à en faire un film d'horreur pour affoler le lecteur. Le camarade journaliste s'est il fait manipuler par la vingtaine de râleurs congénitaux qu'il a rencontré, ou bien est il complice de la supercherie? difficle à dire. En tous cas, merci de ce bel exemple de pseudo journalisme biaisé qui se pose en défenseur des opprimés, et qui n'est en fait que le véhicule d'une pensée heureusement minoritaire chez Apple
avatar ericb2 | 
@Anthony : merci pour cet article, qui a demandé du travail pour l'écrire, et du courage pour le publier. Maintenant, tout article, aussi bien écrit soit-il n'est que le reflet, l'apparence d'une réalité beaucoup plus complexe impossible à décrire complètement. Pour revenir au contenu, il est évident que vivre à Paris, c'est vraiment plus cher qu'ailleurs (j'y vais moi-même de moins en moins). Est-ce que les témoignages des employés non-parisiens concordent, ou sont plus nuancés ? D'autre part, le mot qui revient et que je retiens est "trahison". Ce que semblent reprocher le plus les employés, c'est le mensonge, la promesse non tenue. Et c'est ce qui qui fait apparemment le plus de dégats. Il semble aussi que "les maigres" perspectives d'évolution de carrière contrastent avec le modèle pseudo-divergent, plutôt en forte augmentation, ou encore de "rêve américain" associé à l'image de l'entreprise Apple. Il semble aussi que l'application directe du modèle américain en France, ne fonctionne pas, et des adaptations vont devoir être faites. C'est surtout à apple de réagir, AMHA ;-) Une des règles d'or du management, c'est "récompenser". On dirait que cette règle n'est pas appliquée correctement. En tout cas, c'est un fort ressenti des employés. Ceci est vécu comme un non-partage du butin, ou quelque chose d'approchant. Apple devrait réagir rapidement à tout cela. Non pas en externe (se répandre sur Internet n'est jamais très efficace, cf facebook), mais en interne, avant que les choses ne dégénèrent. Le profit, c'est bien, mais il deviendra légitime quand on aura intégré le facteur humain dans les calculs. Enfin, et comme quelqu'un l'a fait remarquer, quid de faire un second volet, après avoir rencontré des gens contents de travailler chez Apple ? Ou toute autre démarche qui soit l'antithèse de cette première partie? Bon courage à ceux qui bossent dans ces boutiques. Je leur souhaite que la situation évolue dans le bon sens aussi rapidement que possible.
avatar xander74 | 
Comme d'hab, la France Le changement, c'est maintenant il parait xD
avatar Kinky | 
@ Marly : Merci ! ;') @ Tweeti : Tu t'es relu, ou tu te touches quand tu écris de telles ... sornettes ? En te lisant on voit que tu ne comprends même pas les mots que tu utilises. C'est quoi tes sources et en quoi sont-elles plus fiables que la RÉALITÉ relatée par Macgé et Macbidouille ? Et les gens comme toi donnent leurs avis ... mets au moins le conditionnel, ça sera moins pathétique. Les Français ne sont pas tous aussi limités et primaires que ton avis paranoïaque à l'emporte pièce. De gauche ou de droite. Grève ou pas grève, les Apple Store ne peuvent pas continuer sur le schéma actuel (à commencer par l'arnaque avec Apple USA pour ne pas payer d'impôts en France, une honte). Et si ce ne sont pas les employés qui se prennent en charge, ce sera au final les clients qui sanctionneront Apple. L'image ... l'image si chère à Apple ...
avatar Anonyme (non vérifié) | 
@Appletech : et de la charge fixe qu'est le logement, la communication, ..? Que de généralités mensongères qui s'orientent selon chaque avis.. Revenez aux kaplas.
avatar debione | 
@macbookeur75 Inutile d'être le grand parent pour bosser 42-45 heures par semaine hein! 42-45 heures de travail par semaine c'est la MOYENNE en Suisse, le tout avec 4 semaines de vacances dont pour la plupart tu ne peux même pas choisir les dates (une semaine à Noel et trois en été et basta). Comme le dit Hyperballad pour le Québec, c'est la même en Suisse. Un patron peut te virer comme il en a envie, il a pas besoin de juste motif, il a même pas besoin de motif! Tu fais ton temps de dédite et ciao. Cela peut paraître rude, mais cela amène une chose à l'employé: la responsabilité. Tu bosses bien, t'es bien payé, tu vas à ton job juste pour encaisser ton chèque et tirer au cul, alors va voir ailleurs, et nombre de français vont travailler juste pour encaisser leurs chèques (j'en connais aussi un rayon, la moitié de ma famille est française), ils ne supporte pas que leurs patrons soient riches ou gagnent bien leurs vie! Toujours ce problème avec la réussite des autres le travailleur français! Le jour ou toi mackbookeur75 tu comprendras que ton patron profite du fait des 10% de chômage pour faire peur à ses employés, et bien tu n'auras plus peur! Le but de dire: Ferme ta gueule et démissionne, c'est justement de mettre la pression sur le patron! T'as pas compris cela? Tu n'as pas compris que si les gens ont besoin de travail, les patrons eux ont besoin de main d'oeuvre? Et que de démissionner c'est mettre le patron dans une sale position? Tu crois que cela aurait quel impact si le 50% des vendeurs chez Apple posaient leurs démissions? En tout cas bien plus d'impact que d'aller pleurer dans le gilet des syndicats, ouin ouin faites quelques chose!!! Imagines juste le manque à gagner pour un patron que de devoir reformer 50% de ses employés en 1-2mois!!! Votre patron se fout de votre gueule? Démissionnez!!! Prenez-vous en main!! Un patron qui attends que vous gueuliez pour améliorer vos conditions de travail ou votre salaire est un MAUVAIS patron!
avatar perretsy | 
Apple ne me semble ninpire ninmieux que beaucoup de boite qui font du commerce de detail de façon industrialisé. Leur faute est peut être de promettre trop. L'article présente un avis, il y en a d'autres, on peut en lire dans les reponses. Je vis aux Usa et reviens en France une fois par an pour une semaine. C'est clair que j'ai de plus en plus de mal avec ce qui est appelé "accueil" dans un commerce Francais. Ok, la main sur l'épaule, c'est trop. Mais franchement, l'absence de courtoisie minimum, les vendeurs que tu dérnages dans leur exposé palpitant du WE..... ca me débecte encore plus. La métohode US, c'est pas le paradis, c'est clair mais en tant que client, je ne suis pas près à regtretter la France (pour la bouffe, c'est autre chose). J'ai été halluciné quant j'ai lu un article sur Slate à propos d'un employé Strabuck France qui se plaignait qu'il avait pour consigne de sourir au client, selon, lui, il y a des jours ou il n'avait pas envie de sourir : change de métier ! Je pense que si les employés Apple Store font la grève, on va encore avoir droit aux gros titre du New York Times. J'ai eu un client de 70 ans un jour qui me dit : la France, j'adore, j'y suis allé 4 fois, malheureusement, 2 fois, il y avait des greves.... Pas génial comme image.
avatar debione | 
(suite) Il ne mérite pas votre travail! La force des syndicat en Suisse est vraiment minime, pour la seule rasion que les employés savent mieux se prendre en main, et quand on voit les salaires en Suisse, on peut en déduire qu'il est bien plus efficace de passer par les employé que par les syndicats! On procède par comité d'employé, un employé random va négocier auprès du patron au nom de tous, et quand un comité d'entreprise met en garde un patron sur le fait que si rien n'est fait c'est l'ensemble des employé qui va remettre sa démission en bloc, le patron tremble, et fait tout pour arranger les choses! C'est bien différent d'un syndicat ou le type va d'abord tirer la couverture pour le syndicat avant de penser à l'employé. Un patron qui laisse pourrir des situations n'est pas un bon patron, c'est une merde, moi je refuse de travailler pour des merdes!!! Si vous êtes un bon employé, votre patron fera tout pour vous garder, avant même que les problèmes ne se présentent. Et quand les problèmes se présentent, votre patron sera bien plus enclin à traiter directement avec vous et mettre à niveau vos conditions de travail, que de passer par un random syndicat ou le minimum sera fait! Jusqu'à la prochaine crise....
avatar Kinky | 
@ debione : Démissionner est un luxe que peut de gens peuvent se permettre. Beaucoup se retrouveraient à la rue. Même si d'une certaine façon tu n'as pas tort. Quant à la Suisse, c'est un cas à part en Europe, qui ne peut en aucun cas faire référence pour les autres pays. @ perretsy : C'est clair que si on aime pas sourire vaut mieux pas bosser dans la vente, même dans un bureau un type qui tire la gueule c'est lourd à supporter. Mais entre quelqu'un qui reste simplement naturel et un pantin qui te fait des "grimaces" et s'exprime comme un neuneu sur un ton mielleux parce qu'il a peur de la sanction, je préfère acheter au premier. L'attitude "ado cool" qui va si bien aux américains sonne terriblement faux quand tu veux l'appliquer de force aux frenchies.
avatar NoxDiurna | 
En tant que non-Français ayant l'intention de partir de Paris car les perspectives pro sont pas terribles ici, quelques commentaires sidèrent tout de même. Arrêtez de sous-estimer les Français. Ils travaillent bien et ils s'impliquent à leur travail. Ce n'est pas le système syndical en soi qui est en panne mais le système syndical français qui ne privilège absolument pas la concertation et qui travaille avant tout pour les intérêts des fonctions publiques et des emplois dans des grosses sociétés alors que beaucoup travaillent dans des PME ou des TPE. Et vous ceux qui votent aveuglement pour la droite, ce n'est pas parceque les patrons peuvent virer des gens que les employés bossent mieux. Et c'est pas parce que les gens bossent mieux qu'ils touchent plus d'argent. Commencez par la règle la plus basique de l'économie, celle de la demande et de l'offre. Quand il y a la croissance, les patrons ont peur de perdre leur employés donc ils paient plus. Vous me direz que le salaire est également considéré comme élément qui assure la motivation de son staff et maintenir la productivité (aka les carottes) mais cette incitation ne s'inscrit pas forcément en forme de salaire régulière mais en forme de bonus (donc pas contractuel). Encore une fois, je ne pense pas qu'Apple sous-paie ses vendeurs car c'est effectivement le tarif pratiqué. Mais je plaints ceux et celles qui travaillent dans cette condition car ce salaire ne représente pas le niveau financier exigé pour assurer une vie décente en IDF. En outre, j'ai vu que les staffs de Louvre n'ont pas une minute pour eux, notamment dans les rayons Genius et qu'ils passent la journée en train de courir et debout pour satisfaire des clients exigeants, voire enragés. Je ne crois pas qu'Apple payera plus ses salariés car ils sont remplaçables, notamment avec le contexte actuel des choses. Mais ceci étant, j'espère que ces employés pourront trouver une issue positive.
avatar debione | 
@Kinky Ce n'est pas spécifique à la Suisse, il se passe la même chose en Allemagne et dans les pays nordique, maintenant si tu penses que la France est un pays très spécifique en Europe, c'est la mentalité qui est très "spéciale" en France. Justement, quand tu dis c'est un luxe qu'ils ne peuvent pas se permettre, c'est exactement cela dont je parle! Les employés ont peur, les patrons ont gagné et gagneront encore tant que cette mentalité "j'ai les chocottes" perdurera! Juste pour info, je vis seul avec un enfant à charge et je gagne à peine le smic français tout en vivant en Suisse... Je suis dans une situation on ne peut plus précaire financièrement, cela ne m'a pas empêché il y a 3 ans d'envoyer bouler mon patron qui me prenait pour un con... Certes j'ai du taffer sur du chantier pendant un certain temps et c'était pas très rigolo, mais c'est vraiment une mentalité! Ne pas avoir peur face à son patron, il a autant besoin de vous que vous de lui! Soyez performant, faites votre travail au mieux, et immédiatement vous aurez du retour... Le problème est de mettre dans la même phrase performant pour le patron (donc il gagnera encore plus) et mentalité française au travail pour certain (tous ne sont pas tire au cul, mais j'en ai croisé tellement pour qui le travail consiste à en foutre le moins possible et de se plaindre après des conditions de travail!!!)
avatar daito | 
"et du courage pour le publier." Il ne faut quand même pas exagéré. Cela devient ridicule. "et quand on voit les salaires en Suisse, on peut en déduire qu'il est bien plus efficace de passer par les employé que par les syndicats!" Euhh la raison principale qui explique les salaires plus élevés en Suisse, c'est le coût de la vie extrêmement élevé dans ce pays.
avatar tipoli | 
Mon dieu, arrêter je vais chialer... En pleine crise, ils ont un job stable dans une boite qui va bien!
avatar Appletech | 
@ pierreburgi ton intervention est stupide et démagogique ! Il serait stupide de croire qu'avec le salaire de vendeur dans un Apple Store on puisse toujours se loger de façon décente à Paris et faire face à tout les frais de routine. Soi on vit chez ses parents, soi on est en collocation, soi on est un des rares chanceux a avoir un studio ou deux pièces pour moins de 1000 euros, pour ne pas citer ceux qui peuvent être proprietaire ! C'est notoire que les emplois "Apple Store" ne sont pas des emplois à vie, sinon allez chercher du coté de l'État. Si on fait deux ans dans un Apple Store, entre le stress, la routine et la pression, on est un miraculé, ensuite on passe a autre chose. Vouloir planifier un bail ou un achat d'appartement en tant qu'employé d'un Apple Store tiens d'une légèreté inexcusable : après, l'espoir fait vivre ! Tout ça est facilement vérifiable et on est loin des "généralités mensongères" de "pierreburgi", qu'on croirait un porte parole du patronat !
avatar Anthony Nelzin-Santos | 
[b]@kikou67 : mais dans la vingtaine, absolument tous ont commencé par me lister les bons points. Sauf que tu remarques que parmi les plus anciens, il y a toujours une grande lassitude, que tu n'as pas forcément chez les plus jeunes. Un article, ça a toujours un objectif, et l'objectif ici c'est de montrer les conditions de cette lassitude, et aussi d'expliquer que l'image véhiculée et perçue n'est pas la réalité des faits. Maintenant je l'ai dit un peu plus haut, avec le matériel que j'ai je peux faire 2 ou 3 articles de plus — mais soyons très clair, je ne vois pas comment je pourrais faire un article disant « les Apple Store c'est génial, venez y bosser c'est le meilleur distributeur du monde » : ce serait mentir. @ericb2 : bien sûr, et c'est tout le problème. C'est aussi sans doute pourquoi je devrais multiplier les articles sur la question, le seul moyen d'essayer de s'approcher au maximum de la complexité de la situation. Et comme je disais, l'antithèse est impossible : comme dans tout boulot, tu peux évidemment être très content, mais le résumé de la situation, c'est des conditions très normales pour le secteur et donc pas super épanouissantes. Faire un article avec que des gens franchement embauchés très contents et quelques anciens avec un sourire jusqu'aux oreilles, ce serait justement déformer la réalité, ne montrer qu'une partie des faits, ou un moment des faits, et non dépeindre la globalité de cette situation. Cet article c'est justement ça, essayer de décrire en 2 000 mots, c'est peu, la globalité de la situation : c'est un job dans la distribution, c'est pas super sympa, et ça l'est encore moins parce qu'Apple ne fait pas les choses comme elle pourrait les faire et surtout comme elles les promet. J'espère sur ce point être clair. [/b]
avatar rikki finefleur | 
Twetie, Etre parmi une des plus grosses capitalisations boursières, et les plus rentables, et rechigner a payer un ticket resto , ca me fait juste marrer de voir d'apple comment Apple considère son "petit" personnel.. Meme une petite pme n'oserait pas, quand elle respecte ces employés. De la boucherie malléable a souhait, sous fond de précarité,si vous trouvez cela très bien cher Twetie, bien a vous.. Pour ma part je ne vois pas de différence avec des employés mac do, burger ou starbuck.. On applique les mêmes recettes, le tout dans un univers d'anonymat forcé, car l'homme et sa diversité n'a pas sa place ici.
avatar Kinky | 
@ debione : Il faut connaitre la législation française. Si dans certains pays anglo-saxons tu peux bouger facilement d'une entreprise à l'autre (en Angleterre tu changes facilement), ce n'est pas valable pour la France ou les conditions d'embauche sont très différentes. Et ce système, ce sont les français qui l'ont choisi. Quant à la Suisse, un pays sans chômage qui profite de son statut à part, c'est inaplicable pour le reste de l'Europe, en particulier les pays latins qui ont entre 10% et 25% de taux de chômage. Et c'est quelqu'un qui a déjà claqué la porte d'une agence avec un poste cadre en CDI qui te le dit. Ce que je considère comme un luxe que peut de gens peuvent se permettre. @ tipoli : Moi ça serait de bosser dans un Apple store ou chez Mc Donald qui me foutrait le bourdon.
avatar Almux | 
Pas cool chez Apple. Je vais foutre loin mon Mac et passer sur PC! Là, au moins, il y a Windows (Ballmer) et de bons PCs, des produits fabriqués par une industrie respectueuse de tous ses employés. D'ailleurs, les vendeurs de PCs sont certainement beaucoup mieux payés que ceux de chez Apple! :( @Kinki Pas de chômage en Suisse? Tu rigole! "Trop ou trop peu gâte tous les jeux", dit-on. Avec la richesse des uns, vient la misère des autres! En Suisse, il y a du chômage... et au prix des apparts, les chômeurs sont à un cheveu de la clochardisation. C'est une des réalités suisses, mais, il est vrai: peu connue!
avatar Kinky | 
En Suisse, le taux de chômage est de 3%. C'est ce qu'on appelle le plein emploi. Un taux de chômage de 0% n'étant pas possible sauf en dictature.
avatar Anonyme (non vérifié) | 
@hyperballad Oui j'ai mis tout le monde dans le même sac, sous le coup de l'énervement. "plus simple de trouver du travail (et de se faire virer) si bien qu'on est plus mobiles", sauf qu'en France y a le chomage et c'est pas 10% mais 25% pour les jeunes de -25ans, qui est justement le profil des employés en boutique. Donc la conccurence n'existe pas car il y a plus de demande que d'offre. Dire à son patron, (en prenant des raccourcis) tu m'augmente, je veux des tickets restos... ou je pars; le mec va te dire beh j'attends avec impatience ta lettre, j'ai une pile de CV pour te remplacer... Le systeme au Quebec, ou aux States est malsain (c'est un avis personnel), t'es pas content tu vas voir ailleurs, le patron te vire car tu as fait un pet de travers, pas de contrat de travail règlementé, paye ta précarité, tu ne sais pas ce que tu va faire dans 4 mois. Il n'y a aucun amour de la boite, de fierté d'appartenir à un groupe, ce que l'on retrouve à la SNCF ou autres grandes boites privées. Tout est basé sur gagner plus toujours plus, et pas gagner juste pour une vie professionnelle saine et gratifiante. Aussi va faire un credit pour une maison sans CDI, ou n'ayant passé pas plus d'un an dans une boite, donc oui "ce sont 2 mondes différents", et ce n'ai pas la peine de le critiquer avec autant de violence et de clichés (je ne parle pas de toi). "Après on n'a pas de ticket resto: on amène sa propre bouffe ou on assume les frais.", pareil pour moi, mais je vois que dans d'autres entreprises ils l'ont alors pourquoi pas moi? Pourquoi je devrai quitter mon boulot que j'aime si il n'y avait pas tout ces traquas quotidiens, au lieu de voir avec le patron (et dans ce cas les syndicats, le CHCT, et la direction) et de régler le problème. Je suis profondément enérvé d'entendre dire : "vas voir ailleur si t'es pas content". C'est à force d'avoir ce comportement que la condition des salariés se dégrade, car le patron il s'en fou, lui 2 jours plus tard il a quelqu'un d'autre.

Pages

CONNEXION UTILISATEUR