Wordsmith : un traitement de texte novateur

Nicolas Furno |
Wordsmith [1.0 – US – 9,99 € – OS X 10.8 – Plow Software, LLC] est un nouveau traitement de texte qui s'auto-proclame de nouvelle génération. Il est vrai que ce nouveau venu ne manque pas d'arguments avec à la fois une interface épurée et surprenante et quelques fonctions que l'on n'avait pas l'habitude de voir sur ce segment.



Au premier lancement, c'est l'interface épurée et très élégante de Wordsmith que l'on remarque. En créant un document, vous avez une grande zone de texte et cinq icônes en tout et pour tout : on reste bien éloigné de Word ou d'un autre logiciel traditionnel. L'essentiel est consacré au texte et la gestion de la forme et des styles se fait via un inspecteur qui n'est pas une palette flottante comme dans Pages (15,99 €), mais un petit pop-up qui s'affiche après un double tap à deux doigts sur un trackpad.



C'est par ce biais que Wordsmith propose de mettre en italique ou en gras, mais aussi de créer une liste ou un titre. Cette première version ne permet pas encore de modifier les styles de manière précise, même si l'application fonctionne avec des thèmes qui reprennent des technologies Web pour modifier l'aspect du document. On peut en télécharger quelques-uns sur le site de l'éditeur et même créer ses propres thèmes grâce à l'outil intégré.



Wordsmith a été pensé pour un usage universitaire avant tout et cela se voit. D'une part parce que le logiciel contient une barre latérale qui affiche la structure complète du document et vous permet de modifier librement l'ordre des parties ou même d'annoter des sections. On peut annoter n'importe quelle partie du texte et retrouver les annotations dans une autre barre latérale, cette fois à droite.



Le traitement de texte propose en outre un gestionnaire de références bibliographiques extrêmement simple, bien plus simple en tout cas que les solutions de ses concurrents. Pour ajouter une référence, activez l'inspecteur de Wordsmith et choisissez le type souhaité (lien, livre, article…). Pour insérer une référence vers un livre, vous pouvez même scanner le code-barre de l'ouvrage en question. Les concepteurs du logiciel ont pensé aux cas spécifiques et vous pouvez aussi créer vos propres références pour n'importe quel élément.



Dernier volet qui fait de Wordsmith un traitement de texte original, l'analyse textuelle. L'application est capable de détecter automatiquement les noms et lieux cités dans votre document, et de les présenter dans une barre d'outils qui apparaît automatiquement. Une fois la détection effectuée, vous pouvez naviguer rapidement dans le document pour trouver les mentions de personnages et lieux, tandis que Wordsmith permet de corriger ce qui a été détecté, en cas d'erreur.



Pour faciliter la lecture, Wordsmith entend mettre en avant la densité de votre texte grâce à une barre latérale d'un nouveau genre. Celle-ci donne une indication sur la longueur des paragraphes et phrases de votre texte avec des carrés de plus en plus foncés, et de plus en plus longs. Sur cet exemple, dans le paragraphe au milieu, il y a une phrase courte puis une longue : on peut le repérer à la couleur des carrés sur le côté.



Wordsmith est un logiciel très prometteur et qui apporte plusieurs idées nouvelles assez réjouissantes. Il s'agit toutefois d'une version 1.0 à qui il manque encore des fonctions de base, comme l'insertion d'images. La mise en page se limite également à des titres et des listes, on ne peut même pas définir l'alignement des paragraphes pour le moment. Autre problème à noter, le logiciel est conçu par un anglophone et quelques fonctions ne semblent pas fonctionnelles en écrivant en français, comme la détection des personnages et lieux (on peut les ajouter manuellement). Nous avons aussi essayé, sans succès, le scan de code-barre sur un ouvrage français, sans savoir s'il s'agit d'un bug temporaire ou d'une base de données trop limitée.

Ces problèmes des débuts seront sans doute corrigés et Wordsmith mérite un essai pour tous ceux qui cherchent un traitement de texte et qui n'ont pas besoin de mise en page complexe. L'application permet d'ailleurs d'exporter en HTML et même Markdown, un point fort pour écrire sur le web. Le format par défaut est en revanche propriétaire (une archive qui contient toutes les données).



On regrette l'absence de version de démonstration, mais à 9,99 € l'essai reste raisonnable. Le guide d'utilisation de Wordsmith est très complet et il permet d'avoir une assez bonne idée des fonctions proposées par le logiciel. Attention, OS X Mountain Lion est indispensable pour l'utiliser.
avatar adoumm | 

J'ai envie de dire, y'en a qui bossent !

avatar stefhan | 

Waaah peut-être enfin LE traitement de texte simple et puissant que j'attendais.
- Attributs (gras, etc.) directement sur le texte
- Visualisation des pages à la InDesign
- Gestionnaire bibliographique

Je m'en vais le tester : à moins de 10 euros, c'est tentant !

avatar stefhan | 

"Wordsmith ne peut pas être installé sur votre iMac car Mac OS X 10.8 ou ultérieur y est requis."

Rooooh !! Pfff...

avatar Lonneki | 

Ras le bol des interfaces épurées pour logiciels épurés.

avatar MacGyver | 

beurk... on dirait un logiciel pour ipad ...

avatar mrlupin | 

@lonneki
on se passera bien de ton commentaire, si tu n'aimes pas , alors utilise word… genre usine à gaz tu seras bien servi

avatar Florian Innocente | 

@lonneki :
'Ras le bol des interfaces épurées pour logiciels épurés.'

Dommage d'arrêter si tôt cette analyse.

avatar Sephi-Chan | 

Il y a le bon épuré et le mauvais épuré. :)

Le bon épuré c'est le logiciel utile mais épuré.

Alors que le mauvais épuré, c'est le logiciel épuré qui ne sert pas à grand chose, qui est épuré parce que c'est à la mode et pour camoufler le manque de fonctionnalités (selon la sensibilité la sensibilité de chaque utilisateurs).

avatar Silverscreen | 

En même temps une interface c'est d'abord un moyen d'interagir avec ce qu'on consulte/crée : il n'y a aucune raison que l'interface prenne plus d'importance (en espace utilisé et en visibilité) que ce sur quoi on travaille, à part le manque d'imagination de certains développeurs et designers. Le ruban de Word est à peu près à l'opposé d'un système efficace de retouche de contenu textuel.

Photoshop CS6, pourtant une usine à gaz, arrive avec 2 à 3 fois le nombre de fonctions de Word à faire une interface moins "dans ta face" que Microsoft.

Le souci actuel c'est que Microsoft Office a pléthore de fonctions orientées (rédaction de longs documents) pour les pros et prosumers mais le grand public continue de le voir comme un logiciel de mise en page et le plébiscite malgré ses limites évidentes dans ce domaine. Résultat : Office a une interface merdique pour les pros et pour le grand public, trop de fonctions inutiles pour les uns ou pour les autres.

Il existe un espace évident pour des logiciels plus orientés rédaction (comme le prouve l'excellent iA writer) ou plus orientés vers un travail de mise en page amateur. Je ne comprends d'ailleurs pas qu'Adobe ne se soit pas engoufré dans cette brèche avec une version grand public d'Indesign et son excellent moteur de gestion typographique.

Apple a malheureusement la facheuse tendance à délaisser ses logiciels bureautiques avec des mises à jour très rares ou a les faire crouler sous des fonctionnalités rustines et une interface de plus en plus foutoir. Ils feraient bien d'être plus ambitieux pour leurs softs grand public et s'inspirer de ce genre d'initiatives : un peu de Wordsmith et d'iA Writer dans Pages, un peu de Sparrow dans Mail etc.

Un Pages plus ergonomique ET dispo sur PC ferait beaucoup pour l'intégration du Mac dans les PME et les foyers : l'interopérabilité a toujours été le plus gros avantage d'Office.

avatar madaniso | 

@Silverscreen Apparement certains n'ont toujours pas compris qu'on pouvait personnaliser entièrement Office selon ces besoins.

Si tout le monde l'attend sur l'Ipad, c'est pas pour rien. J'ai testé Pages et j'ai pas du tout accroché.

avatar Malcolmm | 

Et pour Mac OS 9 est-ce qu'il y a une version prévue de Wordsmith ? Non ?

avatar norman | 

@madasin o

Il n'en demeure pas moins que Word N'est pas, absolument pas doué pour la mise en page. Il n'a pas été prévu pour ça au départ et malgré toutes ses évolutions est toujours totalement inadapté.

Pourtant, un nombre incalculable d'utilisateurs, y compris pro, s'obstinent à créer de manière complexe des documents complexes alors que la simplicité est à leur porte... Page sous OSX et même Publisher sous Windows

C'est juste que les mauvaises habitudes bien enracinées rendent con et que ça, c'est une maladie grave et difficile à soigner.

avatar Seccotine | 

Je trouve que Wordsmith reprend l'esprit de structure à la LaTeX sans l'inconvéniant du langage. J'espère qu'il va bien évoluer pour avoir beaucoup de possibilités.

Dommage, (comme d'habitude) qu'il n'y a pas de version démo, problème lié au Mac App Store...

avatar Seccotine | 

[quote]via un inspecteur qui n'est pas une palette flottante comme dans Pages[/quote]
Aaah... si on pouvait virer ces palettes flottentes insupportables partout. Je ne comprend pas pourquoi Apple les utilise encore dans iWork...

avatar kripton | 

bien mais je ne vois dans aucune de ces fonctions innovantes la necessité d'avoir 10.8 pour les implanter ... tant pis.

avatar redchou | 

@kripton :
Parce que tu sais toutes les API qu'utilise l'App?
C'est beau une telle connaissance des milliers d'API Mac OS X...

avatar quark67 | 

@Seccotine :
'Aaah... si on pouvait virer ces palettes flottentes insupportables partout. Je ne comprend pas pourquoi Apple les utilise encore dans iWork...'

Au contraire, je trouve le principe des inspecteurs très pratique, très intuitif pour la mise en forme, pour les réglages de telle ou telle partie d'une création, dans iWork ou dans Final Cut Pro X par exemple...

avatar josselinrsa | 

@quark67 :
+1
Sur un écran suffisamment grand du moins, sur un MBA11" je me sentirai un peu à l'étroit... d'autant qu'en cliquant sur un des onglets de l'inspecteur + touche Alt on ouvre un nouvel inspecteur, de quoi avoir tout sous la main. Après j'avoue ça fait pas mal de fenêtres ouvertes mais bon.
D'accord aussi pour dire que Pages mériterait une petite refonte...

avatar BananaYatta | 

Excellent ! Je garde un œil sur ce logiciel. Un export au format ePub serait aussi grandement apprécié...

avatar Fumo | 

@ Seccotine :

Je préfère au contraire les palettes flotantes plutôt que ces foutus menus/sous-menus déroulants où tu mets des heures pour passer d'une flèche à l'autre, si tant est que tu ne doives pas recommencer depuis le début parce que tu as déplacé la souris trop vite.

Pour Office, les gens s'entêtent en effet à faire des choses avec pour lesquelles la suite n'a jamais été prévue. On parle de la mise en page avec Word, mais je crois que le pire est Excel en entreprise, avec lequel on essaye de faire tout et n'importe quoi pour produire des documents immondes, illisibles et extrêmement difficiles à modifier (et qui bien sûr ne contiennent pas un seul tableau ni une seule opération, juste de la "mise en page").

avatar DrFatalis | 

Dommage d'être limité à ML.

avatar Cratès | 

« Pour faciliter la lecture, Wordsmith entend mettre en avant la densité de votre texte grâce à une barre latérale d'un nouveau genre. Celle-ci donne une indication sur la longueur des paragraphes et phrases de votre texte avec des carrés de plus en plus foncés, et de plus en plus longs. Sur cet exemple, dans le paragraphe au milieu, il y a une phrase courte puis une longue : on peut le repérer à la couleur des carrés sur le côté. »

Cette fonction me semble d'une utilité pour le moins douteuse : ai-je besoin de ce système de carrés plus ou moins foncés pour visualiser aisément que telle phrase est courte et que telle autre est longue ? La longueur de la ligne ne me l'indique-t-elle pas de manière assez évidente et intuitive, lorsque le texte du moins n'est pas justifié ? Ce qui serait un plus appréciable, notamment pour un usage universitaire, ce serait plutôt d'apporter une indication de ce qui justement ne se visualise pas aisément au premier coup d'oeil (par exemple, le décompte automatique dans la marge de tous les mots répétés dans un paragraphe, afin de repérer rapidement d'éventuelles lourdeurs stylistiques).

avatar Seccotine | 

@ Fumo

Il n'y a pas que les palette flottentes et des menus déroulant... Il y a aussi des éléments graphiques attachés à une seule fenêtre principle.

avatar tbr | 

@norman :
Parler de Microsoft Publisher pour réaliser une mise en page complexe, c'est comme espérer faire de la retouche d'image Pro... avec Microsoft Paint.

Deux logiciels sont adaptés pour ce genre de travail : Indesign et XPress.

Au boulot, ceux qui veulent mettre en page font encore pire que d'utiliser Word, ils ne jurent que par PowerPoint. Un comble !
Et moi, je passe mon temps à tenter de les convaincre que les PPT ne sont fait QUE pour des présentations sur écran, pas pour de la mise en page qu'ils auraient d'ailleurs pu réaliser dans une certaine mesure avec Word.
M'enfin bon. Je perds mon temps avec eux.

Bref, Publisher, on oublie. En plus, ce "machin" ne dialogue avec aucun soft connus et professionnels. C'est une pure daube.

avatar Cratès | 

Mea culpa : je me suis totalement embrouillé les pinceaux en mélangeant longueur des phrases (ce que mesure le logiciel) et longueur des lignes. Ce qui est absurde… Malheureusement, aucun logiciel ne permet d'identifier ces erreurs-là… ;)

Je persiste néanmoins à penser qu'une longueur excessive des phrases est quelque chose qui s'identifie aisément à la relecture, ce qui n'est pas forcément le cas d'autres lourdeurs stylistiques, pour lesquelles il serait effectivement plus utile de bénéficier d'une aide.

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