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La vie privée des écoliers et des étudiants américains en danger

Mickaël Bazoge | | 15:20 |  70

Les Chromebook et plus largement les systèmes informatiques proposés dans les écoles, menacent-ils la vie privée des étudiants et des enseignants ? Sans équivoque, l’EFF (Electronic Frontier Foundation) assure que oui, dans un rapport très détaillé qui s’appuie sur une enquête de deux ans.

Sur le tiers des écoliers et étudiants américains qui utilisent des appareils fournis par leurs établissements, les ordinateurs équipés de Chrome OS en représentent la moitié environ. Plus de 30 millions d’étudiants, d’enseignants et d’administrateurs se servent de la G Suite for Education, la suite logicielle du moteur de recherche destinée au monde de l’éducation.

Selon l’EFF, les autorités scolaires américaines laissent les fournisseurs de technologies « espionner » les étudiants. La fondation pointe l’absence de transparence des écoles, qui fournissent des ordinateurs aux jeunes têtes blondes sans le consentement des parents, qui ignorent ce que leur progéniture utilisent comme applications, et les données qui sont collectées.

Les établissements ne font pas non plus l’effort de pédagogie indispensable pour épauler les étudiants et leurs parents à mieux comprendre les implications des technologies utilisées à l’école. Pire encore, ces derniers n’ont bien souvent pas la possibilité d’exercer leur droit de refus pour empêcher leur enfant d’utiliser tel matériel ou tel logiciel.

L’EFF s’alarme de certaines pratiques de services informatiques, qui n’utilisent pas le chiffrement, la rétention de données ou encore le partage de ces données. Les écoles s’appuient trop souvent sur les politiques de leurs fournisseurs afin d’assurer la protection des données des étudiants.

Parmi les problèmes relevés par l’enquête de la fondation, on trouve par exemple ces applications qui stockent automatiquement et par défaut les données des utilisateurs dans leur nuage, sans l’autorisation des étudiants ou de leur famille. Les fournisseurs de technologies collectent et stockent bien souvent plus d’informations que nécessaire : noms des étudiants, dates de naissance, historique de navigation, requêtes, localisations, liste de contacts, comportement en ligne…

L’étude détaille un exemple significatif d’une école en Californie qui a fourni un Chromebook aux écoliers (très jeunes : à partir de 7 ans) sans demander aucun consentement aux parents sur le type d’appareil utilisé et les données recueillies. C’est l’établissement qui s’est chargé de signer pour les parents, sans possibilité de se retirer du programme. L’écolière est donc tenue de posséder un compte Google, dans lequel va piocher le moteur de recherche pour recueillir des informations sur elle et s’en servir à des fins commerciales.

Le père de cette écolière explique qu’en fin de compte, « Google est une société publicitaire. Ils vendent de la publicité, ils recueillent des informations sur les gens. Et nous ne sommes pas à l’aise avec l’idée de voir notre fille être obligée, si jeune, [d’utiliser ces services], alors qu’elle ne sait pas qu’il y a mieux ». Autres pratiques, les établissements choisissent souvent des mots de passe faibles pour les comptes des étudiants, comme les dates de naissance. Ces derniers ont bien souvent l’interdiction de changer de mot de passe…

Impossible ici de résumer l’intégralité d’une enquête qui multiplie les exemples à charge, ainsi que les recommandations qui concernent surtout les établissements et les autorités scolaires américaines. L’EFF conclut que le respect de la vie privée des étudiants ne reçoit pas toute l’attention nécessaire. « Absence de transparence, absence de choix, un paysage technique qui dépasse les garde-fous légaux… », déplore la fondation. Mais il est vrai qu’il est difficile de se passer de matériels aussi abordables alors que les budgets sont toujours plus réduits.

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70 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar Powerdom 20/04/2017 - 15:26

je te donne un ordinateur et en échange tu me dis qui tu es...

avatar Lubi974 20/04/2017 - 15:27 via iGeneration pour iOS

Je sens fleurir de nouveaux programmes Apple Éducation.

avatar C1rc3@0rc 20/04/2017 - 18:34

@Lubi974

Un programme commercial ou meme une section AS dediée a l'equipement dans l'education n'est pas suffisant.
L'education a des besoins proches des grand comptes:
- logiciels d'administration de flotte
- logiciels "verticaux" adaptés au secteur et aux besoins
- SAV assuré par des entreprises specialisées ou au moins des prises en charge par une unité specifique
- vente par lots
- programme de financement et d'evolution

Et puis il faut du matériel adapté qui est compatible avec le budget du secteur.
De plus, il s'agit aussi souvent de marchés publics, avec tout un pan administratif concernant l'appel d'offre et les lois qui l'encadre.

On est tres loin de la vente au particulier du secteur grand public.

Autrement dit, Apple a quasi tout a faire vu que le peu existant a ete detruit par des annees de negligences et de dédains.



avatar iPop 20/04/2017 - 18:55 via iGeneration pour iOS

@C1rc3@0rc

En gros c'est du formatage de personnalité puisque conforme à un type d'entreprise.
Je préfère l'iPad car plus libre en créativité.

avatar warmac33 21/04/2017 - 00:22 (edité)

C'te bonne blague, faudrait déjà que sur ipad on soit libre de choisir son navigateur par defaut...

avatar oomu 23/04/2017 - 19:51

exact. je confirme. C'est aussi mon expérience du milieu de l'éducation (supérieure)

avatar fte 22/04/2017 - 14:36 via iGeneration pour iOS

@Lubi974

Avec la politique actuelle d'Apple, et le type de matériels proposés, il n'y a aucune chance qu'Apple fasse un retour remarqué sur ce marché. Tu rêves éveillé.

Non pas que je n'aimerais pas voir Apple proposer des solutions crédibles pour l'éducation, au contraire, mais l'entreprise s'est perdu dans le succès grand public d'iOS et a oublié les clients qui lui étaient (au moins partiellement) acquis. Et qui s'en vont, de plus en plus.

avatar JadEstuaire 20/04/2017 - 15:28 via iGeneration pour iOS

Il ne doit plus manquer grand chose à connaître des étudiants qui d'eux même s'inscrivent à Facebook Tweeter Instagram Pinterest et autre réseau dit social.

avatar patrick86 20/04/2017 - 15:45

"Il ne doit plus manquer grand chose à connaître des étudiants qui d'eux même s'inscrivent à Facebook Tweeter Instagram Pinterest et autre réseau dit social."

P't-être que certains font justement le choix de ne pas utiliser ces services.

Notez aussi qu'il n'est uniquement question d'étudiants ados voire adultes, mais aussi d'enfants beaucoup plus jeunes.

avatar C1rc3@0rc 20/04/2017 - 18:47

@patrick86

«P't-être que certains font justement le choix de ne pas utiliser ces services. »

J'ai plus le cas en tete, mais des étudiants d'une école de commerce avait attaqué l'adminsitration parce qu'ils avaient l'obligation de s'inscrire sur Facebook et Twitter pour leurs cursus.

C'est un tres gros probleme qui decoule du non respect des directives EU et des demandes des associations, mais a chaque fois que le secteur de l'education passe par des entreprises commerciales au lieu d'opter pour du libre et de l'open source, il y a toujours des obligations contractuelles qui "piegent" les etudiants, enseignants, ecoles, ... et les asservissent aux interets commerciaux de l'industrie.

Le succes de Google avec les Chromebook ne deroge pas a la regle. C'est legerement moins grave que ce que fait Microsoft, mais ça reste innaceptable.
Et le succes des Chromebook vient principalement de la qualité et de la pertinence de l'offre logicielle ainsi que des prix du materiel. Pour le reste, au-dela des questions que posent le systeme de Google, souvent il y a des societes privées specialisées qui s'occupent de la commercialisation voire de l'administration, se reservant les droits sur l'exploitation des données et sont en contrats opaques avec des editeurs.
Au bout du compte, il est tres difficile de savoir qui detient les , lesquelles et qui peut les exploiter.

Si MS et Cie font un lobbying intensif contre l'open source dans l'education c'est qu'il y a un vrai interet pour le secteur commercial :(

avatar debione 20/04/2017 - 16:40

Bah, si, tu viens de le démontrer toi-même, t'as pas cité Google, et Google a un besoin vital de ces données (comme ceux que tu as cités d'ailleurs)...

Après, si les parents sont assez idiots pour laisser faire leurs mioches, c'est leur problème, ici on parle d'autre chose et d'enfant très très jeunes qui n'ont strictement rien à faire sur un réseau social, ni même à être laissé 10 min sans surveillance parentale face au net, ni même d'ailleurs de posséder leurs propres boîtes mail sans le consentement express des parents...

avatar C1rc3@0rc 20/04/2017 - 18:58

@debione

Le seul moyen de proteger les enfants c'est de controler le logiciel et le reseau. Et a ce niveau cela veut dire disposer d'un Intranet qui au minimum sert de proxy filtré pour des services internet.

Idealement, il fautrait n'avoir accés qu'a un Intranet construit speciquement pour les besoins educatifs et qu'il ne soit jamais connecté a l'internet directement.
C'est tout a fait possible techniquement (l'offre libre est enorme et efficace), le cout logiciel est nul puisque c'est du libre gratuit, mais par contre cela demande une infrastructure de serveurs et d'administration qui implique des couts et des competences. Et la on tombe sur le probleme du financement ou des moyens de la competence.

A l'epoque ou Apple proposait des Xserve, il y avait une offre a un cout tres raisonable et la facilité d'administration permettait de construire des structures efficaces a bas couts. Fallait-il encore qu'Apple en fasse la promotion...
Depuis, ce sont MS et Google qui occupent la scene, et l'usage des cloud de ses societes a pris le pas sur des structures specifiques seules capables de garantir la confidentialité et la securité.

Mais la encore, on peut se dire que l'offre Linux, qui devrait etre principale, est tres deficiente et completement larguée commercialement.

avatar fte 22/04/2017 - 14:50 via iGeneration pour iOS

@C1rc3@0rc

Le seul moyen de protéger les enfants n'est certes pas le filtrage. Le filtrage réduit les risques, au mieux, et n'est jamais parfait.

Le seul vrai moyen de protéger les enfants (et les adultes), c'est l'éducation.

avatar fte 22/04/2017 - 14:47 via iGeneration pour iOS

@JadEstuaire

On pourrait dire "en effet, ils sont déjà pistés". Cependant il y a une différence entre opter pour un machin volontairement, en connaissance de cause ou non, avec possibilité des jeunes comme des parents de ne pas opter ou de quitter le service, et l'usage obligatoire des matériels et services choisis par l'école, sans opt-out possible ni consultation préalable des parents. Changer d'école comme solution ? Ouch.

L'école de mes filles a mis en place un blog, alimenté par les élèves. Il y a eu au préalable consultation des parents, demande d'autorisation, ceux qui ont refusé n'apparaissent jamais sur le blog, et possibilité de se retirer à tout moment sur simple demande. Possibilité d'y participer mais de ne pas y figurer en photo. Également, le blog n'est pas public, il y a un contrôle d'accès avec des comptes.

Bref. Le choix c'est important.

avatar Crunch Crunch 20/04/2017 - 15:39

Ha ha... Mais non !
Mot de passe = Date de naissance, et interdiction d'en changer...

C'est fort ça.

avatar byte_order 20/04/2017 - 18:13

bah cela pourrait être pire : "les enfants, vous mettez tous "éleve" comme mot de passe svp, merci"
^^

avatar debione 20/04/2017 - 19:18

surtout écrit comme tu l'as fait^^

avatar oomu 23/04/2017 - 19:54

ça simplifie la vie pour un secrétariat et enseignants/Vacataires, qui n'ont pas vocation ni toute la culture théorique de la sécurité informatique et de ce qui est possible.

La gestion des mots de passe est un vrai problème qui mange du temps. Et quand on vous dit de faire vite vite vite et de pas embaucher des ingénieurs pour gérer la politique des mots de passe, et bien vous devez simplifier à outrance la vie des gens qui vont être en première ligne : les secrétaires, les enseignants/vacataires.

avatar frankm 20/04/2017 - 17:50

C'est fini les pervers qui ouvrent leurs imperméables devant les petits écoliers. Aujourd'hui on a à faire à l'imperméable numérique.
T'es jeune et innocent, tes données personnelles on encore plus de valeur

avatar reborn 20/04/2017 - 15:48 via iGeneration pour iOS

Un bon vieux windows avec une session active directory

Une suite office

👌

avatar supermars 20/04/2017 - 16:30 via iGeneration pour iOS

@reborn

Perdu.

Dans l'EN, la suite office est gratuite moyennant la collecte des données sur les utilisateurs depuis l'an dernier.

avatar reborn 20/04/2017 - 16:33 via iGeneration pour iOS

@supermars

Je parle d'une vrai suite office, pas d'un office 365

avatar Manubzh 20/04/2017 - 17:16 (edité)

avoue ... tu n'as ni l'un ni l'autre ? XD
parce qu'à part le fait tout est sur le cloud pour les étudiants, qu'est-ce qui change ?

avatar reborn 20/04/2017 - 17:27 via iGeneration pour iOS

@Manubzh

Bah le fait que ce soit pas en cloud..

avatar oomu 23/04/2017 - 19:59

Office 365 proplus est LA VRAIE SUITE OFFICE

elle est peut être même encore plus vraie que celle qui vous aviez connu avant, au sens qu'elle englobe office en ligne (web), office natif mac et windows (qu'on télécharge et installe), les apps ipads et 1 milliards de services en lignes (team services, skype pour entreprise, onedrive, etc, voir en plus Azure et bureau distant sur demande) EN PLUS DE L'INFOGERANCE !

C'est de fait un univers de service organisé autour des outils de bureautique.

Dans le milieu de l'éducation, l'étudiant a le sentiment que c'est gratuit, il est donc, avec acharnement, demandeur d'obtenir son accès office (et fissa! y a le cours qui a commencé et le prof y veut un excel)

De plus, il ou elle n'a pas tout à fait tort: avec l'accord cadre entre le gouvernement et microsoft, les université, les collectivités locales et j'en passe ont accès à Office 365 et la quasi totalité des services gratuitement.

Mais le plus pernicieux est l'infogérance chez Microsoft. C'est le vrai enjeu.

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