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AAPL

Tous les articles de MacGeneration sur Apple.

AAPL au plus haut des cieux

| 23/07/2014 | 23:30 |  

L'habitude commande une baisse de l'action AAPL après la révélation de résultats financiers, qu'ils soient excellents ou faiblards. On s'attendait à ce que ce soit le cas une fois de plus aujourd'hui, après un troisième trimestre fiscal qui a montré une certaine faiblesse de l'iPad (mais toujours une bonne tenue de l'iPhone et du Mac) — et surtout des revenus qui ont légèrement raté la cible du consensus de Wall Street (les profits ont été plus élevés, en revanche). Or, il n'en est rien.

Mieux encore : la cotation d'AAPL à New York affiche un plus haut sur 52 semaines. L'action d'Apple a clotûré la séance à 97,19$ en gagnant 2,61% (2,47$). AAPL avait même fait mieux ce mercredi puisqu'elle avait atteint 97,88$, avant de descendre un peu. Le précédent record avait été de 96,45$ le 14 juillet. La capitalisation boursière du constructeur est de 586 milliards de dollars, bien au delà d'Exxon Mobile (447 milliards) et Google (402 milliards).

L'action ne devrait d'ailleurs pas souffler : RBC a en effet haussé la valeur attendue, qui passe de 100 à 110$. L'analyste Amit Daryanani estime qu'au vu de l'automne très chargé qui attend Apple, l'action est sous-évaluée.

R&D : autant d'investissements pour l'iWatch que pour l'iPhone

| 23/07/2014 | 19:05 |  

Apple investit massivement dans la recherche et le développement, un poste de dépenses stratégique pour le constructeur (c'est évidemment le cas pour toutes les entreprises versées dans la technologie). Cela a été encore plus vrai au deuxième trimestre de cette année : les dépenses de R&D de la Pomme se sont montées à 1,6 milliard de dollars sur la période, soit 36% de mieux qu'en 2013. Au premier trimestre 2014, Apple avait injecté 1,18 milliard. C'est encore plus impressionnant pour les trois derniers trimestres fiscaux de la société, durant lesquels les investissements ont été de 4,36 milliards, soit 32% de plus que durant la même période de 2013.

Sur les trois derniers mois, Apple a même accéléré les dépenses de R&D (425 millions de dollars de plus qu'au premier trimestre, qui lui même était 303 millions plus élevé que le quatrième trimestre 2013). Le 1,6 milliard de dollars englouti au deuxième trimestre représente 4% des revenus encaissés, qui ont été de 37,4 milliards (lire : Résultats T3 2014 : le Mac à la fête, l'iPhone comme prévu, l'iPad en berne). Walt Piecyk, analyste pour BTIG, donne un ordre d'échelle plus intéressant encore : il s'agit du ratio le plus élevé depuis 2006… lorsqu'Apple mettait les bouchées doubles pour finaliser le développement de l'iPhone de première génération.

Le Financial Times explique que la conception du premier périphérique ultra-portable d'Apple est en grande partie la raison de cet investissement massif. Les sources du quotidien, par ailleurs très bien renseigné (il a été le premier à dévoiler l'acquisition de Beats), expliquent également que l'objet pourrait bien ne pas s'appeler iWatch, ni même iTime, un nom apparu dans un brevet récent (lire : « iTime » : un brevet à l'heure de l'iWatch).

La marge brute dégagée par Apple au dernier trimestre pourrait être un indicateur des choses à venir. De 36,9% au second trimestre l'an dernier, elle a été de 39,4% pour les trois derniers mois, grâce à des produits plus rentables comme l'iPhone 5c, vendus moins chers mais aux composants largement amortis (lire : Le succès tardif de l’iPhone 5c se confirme). Généralement, cette baisse de la marge depuis quelques trimestres accompagne une hausse des dépenses de R&D, ce qui a bel et bien été le cas. L'augmentation de la marge, plus en phase avec les niveaux habituels d'Apple, pourrait donc signifier la fin du cycle de développement de la (ou des) future(s) nouveauté(s).

Néanmoins, Luca Maestri a prévenu : pour le trimestre actuel (le quatrième fiscal), la marge devrait une fois encore baisser. Le directeur financier de l'entreprise a ainsi annoncé une fourchette comprise entre 37 et 38%. « Quand vous réfléchissez à notre cycle habituel de produits », a t-il expliqué durant la conférence audio, « vous comprenez que ce n'est pas exactement la même chose que l'an dernier ». Autrement dit, Apple ne compte pas se contenter du lancement d'un iPhone, d'autres produits sont dans les tiroirs de Tim Cook, qui ne cesse d'ailleurs de rappeler que le mythique « pipeline » est plein à craquer. Les investissements en R&D devraient donc se poursuivre.

Apple retire le firmware défectueux pour les MacBook Air mi-2011

| 23/07/2014 | 14:50 |  

Apple a retiré du téléchargement la mise à jour firmware distribuée il y a 48h pour d'anciens MacBook Air. La page d'information est toujours en ligne mais le lien de téléchargement ne fonctionne plus. Une admission du caractère problématique de cette révision destinée aux modèles de la mi-2011.

En voulant corriger un dysfonctionnement avec la sortie de veille qui pouvait prendre plus de temps que nécessaire, Apple a introduit un bug. Chez certains utilisateur, cela plonge la machine dans le coma après application de la mise à jour.

Un autre bug devait être corrigé, pour empêcher que les ventilateurs ne se mettent en route à toute vitesse, là-encore en sortie de veille.

Apple : une class action américaine sur les conditions de travail

| 23/07/2014 | 11:10 |  

Le juge Ronald S. Prager de la cour supérieure de Californie a validé hier une class action à l'encontre d'Apple déposée en 2011 par quatre de ses employés. Ce recours collectif, qui pourrait rassembler jusqu'à 20 000 employés, dénonce de présumées violations du code du travail.

Photo Mario Sánchez Prada CC BY-SA

D'après les plaignants, Apple n'a pas respecté les temps de pause et de déjeuner. La loi californienne oblige l'employeur à accorder notamment 30 minutes pour prendre un repas durant les cinq premières heures de travail et 10 minutes de pause toutes les quatre heures. Les irrégularités, observées dans la branche Retail mais aussi au siège à Cupertino, auraient eu lieu entre décembre 2007 et août 2012. À cette date, Apple a adopté une nouvelle politique conforme à la loi.

L'entreprise se défend toutefois d'avoir violé le code du travail avant la mise en place de ce nouveau règlement. « Une class action est le seul moyen pour statuer équitablement et efficacement de ces plaintes », a estimé le juge.

D'après des experts, l'affaire pourrait coûter plusieurs dizaines de millions de dollars à Apple. Environ 20 000 employés sont concernés par ces manquements.

Keynote de la WWDC : 20 millions de spectateurs

| 22/07/2014 | 23:28 |  

Lors de la traditionnelle conférence téléphonique d’annonce des résultats financiers, Tim Cook a dévoilé que « vingt millions de personnes » avaient « regardé le keynote de la WWDC » en streaming. Un chiffre impressionnant à l’échelle des événements du monde informatique lorsque l’on sait qu’un épisode du très populaire MasterChef attire moins de 6 millions de téléspectateurs américains, ou que le keynote de la Google I/O a été vu à peine plus d’un million de fois.

Résultats T3 2014 : le Mac à la fête, l'iPhone comme prévu, l'iPad en berne

| 22/07/2014 | 22:40 |  

À la fois loin des fêtes et tout proche de la rentrée et de ses nouveautés, le troisième trimestre de l’année fiscale d’Apple n’est jamais le plus passionnant. Ce qui ne veut pas dire qu’il est tout à fait inintéressant : le Mac s’est mieux comporté et l’iPad beaucoup moins bien que prévu.

Image (cc) Franco Folini.
Image (cc) Franco Folini.

Chiffre d’affaires et bénéfice

Apple a réalisé un chiffre d’affaires de 37,4 milliards de dollars au troisième trimestre (+5,97 %). C’est un peu moins que les 38,01 milliards de dollars attendus par les analystes, et, une fois n’est pas coutume, dans la fourchette de 36 à 38 milliards de dollars annoncé par Luca Maestri, le nouveau directeur financier d’Apple.

Dans le même temps, la firme de Cupertino a engrangé 7,7 milliards de dollars de bénéfice, dépassant cette fois très légèrement les attentes de Wall Street (+11,59 %). Il faut dire que grâce à des produits moins chers mais plus rentables, la marge brute atteint 39,4 %, alors qu’elle était descendue à 36,9 % l’an dernier.

Ventes d’iPhone

Un peu plus de 35,2 millions d’iPhone ont trouvé preneur au troisième trimestre, un chiffre en progression de 13 % en droite ligne des estimations des analystes. L’iPhone avait déjà repris des couleurs au deuxième trimestre (+16,8 %) et poursuit sur sa lancée, notamment grâce aux excellentes performances de l’iPhone 5c.

Luca Maestri concède toutefois observer « un décalage des achats » : les clients attendent déjà les nouveaux iPhone. Tim Cook note cependant que les ventes d’iPhone ont progressé de 55 % dans les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), et de 48 % en Chine où l’iPhone 5s s’impose comme le modèle le plus vendu. Les ventes à l’international ont d’ailleurs représenté 59 % de l’activité d’Apple ce trimestre — un chiffre plus bas que le reste de l’année, mais plus haut que d’habitude à cette époque.

Ventes d’iPad

Les ventes d’iPad continuent quant à elles à s’enfoncer. Après avoir chuté de plus de 16 % au deuxième trimestre, elles ont une nouvelle fois diminué de 9 %. Apple a vendu moins de 13,3 millions de tablettes au troisième trimestre, alors que Wall Street tablait sur près de 14,5 millions d’unités vendues.

L’attente des nouveaux iPhone dont un éventuel modèle 5,5 pouces touche-t-il aussi l’iPad ? Le cycle de renouvellement favorise-t-il de fortes variations de la croissance des ventes ? L’intérêt du public se détourne-t-il ? Cette fois, les dirigeants d’Apple ne répondent pas, ou à côté : « je me fiche des chiffres de vente de l’iPad », dit Tim Cook, « seule l’utilisation m’importe. » Mais les ventes l’intéressent quand même, lui qui est prompt à noter que « l’accord avec IBM fera office de catalyseur pour la croissance future de l’iPad. »

Ventes de Mac

Les ventes de Mac se comportent mieux que prévu : personne ne les voyait dépasser les 4 millions, elles ont pourtant atteint 4,413 millions d’unités (+18 %). Apple a peut-être fêté ce chiffre en avance en offrant ce matin au MacBook Air sa première pub depuis longtemps. Il semble que l’opération Back to School ait été particulièrement efficace cette année, puisque pour comparaison, le marché du PC s’est une énième fois replié de 2 % ce trimestre.

Autres chiffres de ventes

Apple a par ailleurs vendu 2,93 millions d’iPod — Wall Street n’avait pas vu venir ce tout petit rebond, mais les niveaux de vente sont tout de même de 36 % inférieurs à ceux de l’an dernier. iTunes et les services pèsent désormais près de 4,5 milliards de dollars (+12 %), et les accessoires ajoutent 1,33 milliard de dollars dans les caisses d’Apple (+12 %) — aucune autre activité de la société n’a connu une telle croissance cette année.

Autres données financières

Le conseil d’administration d’Apple a voté en faveur du versement d’un dividende de 0,47 $ par action — un montant divisé par sept par rapport au dernier trimestre, puisque le nombre d’actions a été multiplié par sept à la faveur d’un récent split. Ce dividende sera versé le 14 août prochain à tous les actionnaires de référence au 11 août.

À l’issue de cette opération, Apple aura « rendu » 74 milliards de dollars à ses actionnaires. Il lui faudra encore un an et demi pour parvenir au montant de 130 milliards de dollars qu’elle s’était fixée. Le cours de l’action se replie légèrement à l’issue de ces annonces, mais il n’en demeure pas moins à seulement quelques dollars de son plus-haut historique.

Pour le T4 2014

Luca Maestri estime qu’Apple réalisera un chiffre d’affaires de 37 à 40 milliards de dollars au quatrième trimestre — qui a commencé ce mois-ci. Un chiffre assez bas, qui correspondrait au pire à la première baisse annuelle du CA d’Apple depuis plus de dix ans, au mieux à une progression de 6,7 %. La marge brute annoncée, entre 37 et 38 %, est par ailleurs assez faible pour un quatrième trimestre.

Voila qui semble indiquer que les nouveautés tant attendues ne sortiront qu’à la toute fin du trimestre, voire au début du prochain.

Le 11e grand Apple Store de Chine ouvre ce week-end

| 21/07/2014 | 08:23 |  

C'est ce 26 juillet qu'ouvrira un nouveau et grand Apple Store en Chine, à Chongqing dans la partie Est. Ce sera le 11e Apple Store pour la Chine, le 14e si l'on compte Hong-Kong. Depuis une semaine la future façade est habillée aux couleurs d'Apple. Une précédente photo de chantier permet aussi d'apprécier la hauteur de l'édifice.

@ifostore

Il est situé à Paradise Walk, un haut lieu de shopping et de loisirs. Des annonces sont parues à la fin juin pour de futures boutiques. En avril dernier, lors de la présentation des derniers résultats d'Apple, Tim Cook a déclaré vouloir tripler le nombre d'Apple Store dans le pays durant les deux prochaines années.

Une vue à l'époque du chantier de cette boutique - via iFoAppleStore

Communication d'Apple : Jay Carney toujours dans la course

| 20/07/2014 | 17:18 |  

Ira, ira pas ? L'ancien porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, pourrait finalement bien remplacer Katie Coton qui, après 18 ans passés à Cupertino dans ce rôle ingrat, a pris sa retraite au printemps dernier. La rumeur, provenant du site Re/code connu pour son sérieux, avait été pourtant balayée du revers de la main par le célèbre bloggueur Jim Dalrymple, qui précisait quelques heures après la diffusion de l'indiscrétion que Carney n'avait jamais rencontré Tim Cook (lire : Un ancien de la Maison-Blanche évoqué pour diriger la communication d'Apple).

Crédit Susan Walsh/AP

Pourtant, Bloomberg en remet une couche : oui, Jay Carney envisagerait bel et bien d'aller poser ses bagages à Cupertino. D'après le site, qui s'appuie sur le témoignage d'un des amis de l'ancienne huile de Washington, Apple (sans plus de précision) a discuté du sujet avec Carney, mais ce dernier n'a pas encore pris de décision. « Je parle à beaucoup de personnes sur une variété d'opportunités potentielles », explique-t-il au site.

Se pourrait-il qu'il ait bien évoqué le poste avec Apple, sans en parler directement avec Tim Cook ? Car c'est bien sur le fait que les deux se soient parlé qui a motivé le « nope » de Dalrymple, pas nécessairement du job en lui-même… bien qu'on imagine mal que le CEO d'Apple n'ait pas son mot à dire dans une embauche aussi stratégique.

Apple + IBM : une nouvelle aventure pour un vieux couple

| 18/07/2014 | 22:00 |  

Avec l'initiative MobileFirst for iOS développée en partenariat avec IBM, Apple pousse ses solutions mobiles dans le grand bain de l'entreprise. Au détriment du Mac ? Cela reste à voir, mais il est désormais plus clair que jamais l'avenir du constructeur de Cupertino dans le monde de l'entreprise passe par l'iPhone et l'iPad.

Et pour cause : Tim Cook ne cesse de le marteler, et c’est une fois de plus le cas dans le communiqué de presse annonçant le partenariat, « l’iPhone et l’iPad sont les meilleurs appareils mobiles au monde, et ils ont transformé les méthodes de travail dans 98 % des entreprises du Fortune 500 et dans 92 % des entreprises du Global 500, qui utilisent des appareils iOS au quotidien dans le cadre de leur activité », rappelle-t-il.

Le phénomène du BYODbring your own device ») a joué un rôle central dans l’implantation des solutions mobiles de la Pomme dans le secteur habituellement verrouillé de l’entreprise par des DSI généralement acquis à la cause de Microsoft ou de Linux. En autorisant leurs employés à utiliser leurs appareils mobiles personnels (iPhone et iPad et autres plateformes), les entreprises ont dû adapter leurs outils logiciels à la nouvelle donne.

Or, il est de notoriété qu’Apple a quelque difficulté à se montrer souple et flexible, y compris envers de fortunés grands comptes dont certains ont eu du mal à digérer la mort de l’Xserve en 2011. Tim Cook lui-même, dans une interview pour CNBC, admet que « la réalité est que la pénétration [des solutions mobiles d'Apple] dans les entreprises (…) est toujours lente. Si nous pouvons procurer aux entreprises le genre de transformation que nous avons apportée aux consommateurs grand public, je pense qu'il y a ici une grande opportunité ».

La philosophie du « One size fits for all », qui évite à Apple de multiplier les modèles d’iPhone ou d’iPad pour accommoder telle ou telle clientèle, ne fonctionne pas dans le monde de l’entreprise, où chaque société a ses besoins propres. Le constructeur, tout entier tourné vers ses produits grand public et « prosumer », n’a pas l’assise ni l’expertise pour répondre à la demande multiforme des entreprises. IBM était, à cet égard, le partenaire idéal pour adapter la plateforme iOS aux besoins de ce secteur.

Tim Cook et Ginni Rometty, CEO d'IBM.

MobileFirst, preums sur les services mobiles aux entreprises

MobileFirst est un programme créé il y a un an par IBM et destiné à répondre à la demande grandissante des entreprises en matière de mobilité. Si le partenaire d’Apple va continuer à proposer des solutions pour d’autres systèmes d’exploitation (Android, notamment), le volet « for iOS » est un ajout significatif à cette initiative, puisqu’il consiste à développer des applications iOS « prêtes pour l’entreprise ».

Concevoir des logiciels spécifiques est une chose, il faut ensuite pouvoir les déployer et en gérer la maintenance. Sur son site Business, Apple propose bien d’utiliser des outils « MDM » (Mobile Device Management) de tierce partie afin de simplifier la gestion de flottes de terminaux iOS, et a mis en place un programme d’achat d’apps en volume, mais ces solutions restent limitées dans leur portée pour les grandes entreprises.

IBM va mettre à disposition d’Apple sa force de frappe sur le terrain : 100 000 consultants dans tous les secteurs et 5 000 experts mobiles qui pourront répondre aux demandes spécifiques des divers domaines d’activité faisant déjà affaire avec IBM — et l'on parle ici des très grandes entreprises comme des PME, qui n'ont pas toutes les moyens d'avoir un DSI; celles-ci vont se voir offrir des solutions adaptées utilisant des terminaux probablement très populaires parmi leurs employés.

Les deux partenaires sont d’ores et déjà en plein développement d’une centaine de solutions (des applications) pour les secteurs de la distribution, de la santé, de la finance, du tourisme et du transport, entre autres. Ces applications, dont les premières devraient être montrées à l’automne avant un lancement en 2015, sont conçues pour fonctionner sur les infrastructures d’IBM et embarquent les solutions d’analyse de données, de flux de travail et de stockage de données dans le nuage du géant des services, le tout combiné à la simplicité de l’expérience utilisateur et de gestion des terminaux sur iOS. C'est du moins ce qui est promu dans le texte de cet accord.

Ce partenariat est « exclusif », ne cesse de marteler le communiqué de presse. Une porte-parole d’IBM le confirme une fois de plus à Macworld : « Ce que nous disons, c’est que les [applications et services] se destinent spécifiquement à l’iPhone et l’iPad ».

Outre le volet purement technique de ce partenariat, se joue également une carte plus psychologique. L’image de marque très forte d’IBM dans le milieu de l’entreprise va rassurer des DSI réputés pour leur frilosité : « Si IBM arrive et dit "Nous allons nous assurer que le matériel d'Apple fonctionne bien avec les autres outils que vous utilisez", cela fera en sorte d'apaiser les gens du département informatique », explique l'analyste Roger Kay.

De fait, IBM obtient un accès privilégié aux API bas niveau d'iOS, par exemple Localiser mon iPhone ou l'accès à distance. Cette souplesse inédite va permettre à Big Blue de répondre aux besoins particuliers de ses clients, gagnant ainsi un sérieux avantage sur la concurrence. Quant à Apple, elle laisse à un partenaire sérieux et fiable le soin de gérer une clientèle avec laquelle le constructeur n'est pas forcément très à l'aise quand il est question de services. Sans compter qu'IBM va pouvoir vendre iPhone et iPad en grands volumes…

IBM, quand l’histoire repasse les plats

L’histoire — ou plutôt devrait-on dire les histoires — entre Apple et IBM est riche, souvent fructueuse, parfois épidermique. À ses débuts, Big Blue était l’ennemi juré de Steve Jobs; après tout, derrière le Big Brother du spot 1984 se cachait IBM… En 1988, le fondateur d’Apple parti créer NeXT après son éviction de la Pomme, ravale son chapeau et noue un partenariat avec IBM afin d’adapter le système d’exploitation de NeXT sur des machines de l’ancien ennemi. En 1992, IBM participe à la conception d’OpenDoc, un framework dont l’idée vint à Apple qui souhaitait alors ardemment concurrencer Microsoft sur le terrain des applications. OpenDoc devait révolutionner la manière dont nous utilisons des logiciels, grâce à un système flexible et très innovant de modules. En 1997, le retour de Steve Jobs aux commandes d’Apple signa l’arrêt de mort de ce projet.

En 1982, Apple accueillait le premier PC d'IBM avec un gentil message de bienvenue.

Au début des années 90, le projet Taligent, un co-développement d’Apple et d’IBM, devait réinventer le système d’exploitation. Mais en 1995, Apple, préférant se tourner vers Copland, avait perdu tout intérêt dans cet OS laissé aux seuls soins de son partenaire, qui l’abandonna finalement en 1998. Nouvelle crise en 2005, après l’annonce durant la WWDC de l’abandon de l’architecture PowerPC de Motorola et d’IBM : les Mac vont désormais carburer aux processeurs Intel, alors que deux ans plus tôt la puissance du G5 devait laisser loin derrière le fondeur de Santa Clara et ses Pentium… Mais le bouillonnant G5 n'arrivait pas à se glisser dans les portables, une lacune devenue de plus en plus problématique pour Apple au vu de l'essor de cette catégorie de PC. L'alliance AIM (IBM, Motorola et Apple) à l'origine du développement du PowerPC avait vécu.

En décembre 1983, Steve Jobs montrait tout son respect pour IBM. Plus tard, à son retour aux commandes, Apple, IBM (et Motorola) resteront plusieurs années durant partenaires jusqu'à la fin de l'aventure PowerPC et au basculement vers Intel.

Mais à chaque fois qu’Apple s’est tournée vers IBM, et malgré l’animosité initiale de Steve Jobs, Big Blue a toujours répondu présent. Depuis sa création en 1911, la Computing Tabulating Recording Company, devenue International Business Machines en 1924, a su s’adapter. IBM n’est plus, et depuis longtemps, ce géant arrogant vilipendé par le fondateur d’Apple. Le constructeur informatique s'est mué en société de services et de conseil aux entreprises, avec un grand succès.

En 1964, le système IBM 360 prenait un peu de place.

La bascule s’est opérée en 1993 sous le magistère de Louis V. Gerstner. À l'époque, devant les mauvais résultats du groupe, le marché réclamait un éclatement de l'entreprise en plusieurs petites entités chargées de développer et de commercialiser les nombreuses gammes de produits du constructeur. Gerstner a préféré conserver l'intégrité de la société, en la réorientant vers le service et en proposant des solutions mieux intégrées. Les services et le conseil comptent désormais pour la moitié des revenus du groupe.

En plus de ses activités de conseil, IBM est également un repaire d'ingénieurs logiciels, qui permettent à l'entreprise de proposer à ses clients des solutions d'infrastructure complètes. De la branche Software d'IBM, le grand public connait Lotus Notes, devenues IBM Notes depuis la version 9, un logiciel de messagerie et de travail collaboratif. Les plus anciens ont peut-être encore en mémoire le système d'exploitation OS/2 qui intégrait OpenDoc, développé avec Apple. Les activités de la société vont bien au-delà de ces vitrines : les logiciels IBM se retrouvent surtout comme intermédiaires (middleware) entre un OS et un logiciel.

C'est cette expertise unique en matière logicielle et de conseils qu'Apple est venue chercher. Mais le constructeur de Cupertino n'est pas le seul : IBM a également noué par le passé des partenariats avec BlackBerry et Palm afin de rapprocher leurs plateformes avec le monde de l'entreprise… sans obtenir les fruits attendus par les deux fabricants mobiles. Apple réussira-t-elle à faire mieux ? Il semble en tout cas que les deux partenaires se soient donnés les moyens de faire la différence.

La concurrence retient son souffle

  • Chez BlackBerry

Ce partenariat d'envergure entre Apple et IBM risque bien d'être le dernier clou qui reste à planter dans le cercueil de BlackBerry. Le constructeur canadien, qui s'est restructuré autour de son marché originel des entreprises en espérant sortir la tête de l'eau, n'avait pas vraiment besoin de voir débarquer deux concurrents aussi sérieux sur son dernier pré carré. La Bourse ne s'y est d'ailleurs pas trompée : au lendemain de l'annonce de l'accord, l'action BlackBerry flanchait de 10%.

Trois jours avant le communiqué de presse conjoint d'Apple et d'IBM, c'est un BlackBerry prémonitoire (et un rien péremptoire) qui lançait sur son blog une attaque en règle contre iOS 8 en entreprise, expliquant que la sécurité, la productivité et la gestion de flotte étaient de son côté. « BlackBerry restera l'appareil de prédilection de tous ceux qui font le choix de la sécurité et de la productivité », concluait le constructeur.

« BlackBerry restera l'appareil de prédilection pour ceux qui font le choix de la sécurité et de la productivité. Notre héritage est présent dans nos terminaux sécurisés d'entreprise, et avec BlackBerry 10 nous proposons le meilleur appareil pour la sécurité, la productivité, la communication et la collaboration pour les entreprises partout dans le monde ». Un des « faits » de BlackBerry.

Il est difficile d'accuser en creux qu'iOS n'est pas sécurisé : bac à sable pour les applications, chiffrement des courriels iCloud, Touch ID, canaux chiffrés SSL/TLS pour les apps, wi-fi WPA2, support de S/MIME pour les courriels… alors que seuls les utilisateurs de BES (BlackBerry Enterprise Server) sous BlackBerry 10 (la dernière version de l'OS mais pas encore la plus répandue du fabricant) - y ont accès ! De plus, la plateforme d'Apple a prouvé au-delà de tout doute sa productivité grâce à un écosystème applicatif particulièrement riche et qui va croissant — difficile d'en dire autant de BlackBerry.

  • Chez Microsoft

Alors que le marché de l'entreprise est relativement neuf pour les solutions iOS d'Apple, la situation de Microsoft est différente. Comme sur le marché grand public, l'éditeur est au milieu du gué et il cherche à se renouveler après une domination pratiquement sans partage. Le PDG de Microsoft, Satya Nadella, est un spécialiste de l'informatique dans le nuage, un profil idéal pour réinventer les services destinés aux entreprises.

En attendant de mettre la main sur la martingale, l'entreprise va d'abord devoir entamer une mutation : par rapport à Microsoft, Apple n'a qu'une poignée de produits sur lesquels la société peut porter toute son attention. La Pomme va laisser à IBM le soin de concevoir les services et logiciels destinés aux entreprises; elle aura ainsi tout loisir de continuer d'affiner des produits déjà bien installés et qui rapportent énormément d'argent.

Pas de dispersion, peu d'investissement de ressources dans l'activité Entreprise : cette situation permet à Apple de continuer à se concentrer sur ce qu'elle sait faire de mieux. Satya Nadella, dans son mémo parfois confus aux troupes de Microsoft, en appelait lui à un changement de culture afin de cerner plus rapidement les besoins des clients et d'y répondre.

MobileFirst for iOS a été modelé selon le principe de simplicité et de lisibilité qui caractérise le plus souvent les produits et services d'Apple. De son côté, l'offre de Microsoft est complexe, tandis que la transition impulsée par Nadella (« cloud first, mobile first ») ne va pas se faire sans bousculer certaines habitudes un peu trop bien établies.

On en veut par exemple pour preuve le passage à une seule plateforme pour les applications (qui deviendront universelles) : à terme, les entreprises pourront développer leurs logiciels métier au travers d'un seul environnement pour tous les systèmes d'exploitation de Microsoft. Avec iOS, pas besoin de réinventer la roue : le développement d'apps est maîtrisé, et rappelons qu'IBM aura un accès privilégié aux fondations du système. En face, la transition s'annonce longue et potentiellement consommatrice de ressources. En temps de crise, les entreprises ne voudront sans doute pas s'investir dans une aventure dont l'issue reste encore incertaine, Windows 8 n'étant pas le carton attendu.

Microsoft peut cependant compter sur un atout stratégique : sa position inégalée en entreprise, fruit d'une implantation de plusieurs décennies. Malgré les difficultés conjoncturelles et structurelles auxquelles veut s'attaquer Nadella, Redmond a encore beaucoup de cartes en main — surtout, les entreprises continuent de faire confiance aux solutions de l'éditeur. Si on y ajoute l'inertie inhérente aux grands comptes (les contrats et les habitudes évoluent lentement), Microsoft ne sera pas du jour au lendemain en danger sur ce créneau.

  • Pour Android

Au contraire du marché grand public où Android domine de la tête et des épaules, les entreprises ont réservé un bien meilleur accueil à iOS. L'alliance d'Apple avec IBM va d'ailleurs, encore renforcer cette position dominante de la plateforme mobile dans le domaine de la mobilité. Malgré sa toute puissance et des poches profondes, il manque à Google une vraie expertise dans le service et le conseil aux entreprises, qui reste un domaine d'activité éloigné du cœur de cible du moteur de recherche (dont la vocation première reste de vendre du « temps de cerveau disponible »).

De fait, l'annonce-surprise de ce partenariat d'envergure pourrait bien pousser quelques grands acteurs du monde Android à se regrouper. Actuellement, chacun pousse ses pions dans son coin, à l'instar de Samsung qui a commencé à développer une sérieuse offre de services destinée à combler les principaux besoins des entreprises. En vitrine, le constructeur a ainsi mis en avant Knox, un logiciel permettant de séparer les activités professionnelles et privées de l'utilisateur sur un même terminal. Google a annoncé fin juin que ce système serait intégré à même Android. Le constructeur propose aussi un ensemble d'outils pour le déploiement d'appareils, la sécurisation, ainsi qu'un SDK pour concevoir des applications métier.

Mais Google, tout comme Samsung, souffre encore d'un certain manque de crédibilité dans le monde assez conservateur de l'entreprise, et l'éparpillement des activités des deux principaux animateurs d'Android n'est sans doute pas propice à un climat de confiance. En revanche, question sérieux, HP se pose là : le constructeur, qui propose aussi des services aux entreprises, mise beaucoup sur Android pour rebondir. On peut imaginer, à l'instar de Larry Dignan de ZDNet, que ces trois-là vont finir un jour ou l'autre par former une alliance, et qu'ils pourront être rejoints par Accenture, un autre concurrent d'IBM. Ces sociétés seront-elles capables d'offrir une offre unifiée et lisible aux entreprises, tout en apportant la souplesse dont IBM sait faire preuve ?

Il restera également à cette alliance hétérogène un autre obstacle de taille : convaincre les entreprises d'abandonner tout ou partie de leur flotte (et de leur investissement) dans iOS pour passer sous Android. Avec le duo IBM et Apple désormais aux commandes, cette perspective semble clairement s'éloigner.

Et le Mac dans tout ça ?

Apple et l'entreprise, c'est une longue litanie de rendez-vous manqués. Le constructeur a pourtant prospéré à ses débuts avec l'aide de cette clientèle (les entreprises étaient après tout les seules clientes suffisamment fortunées pour s'offrir les ordinateurs de l'époque). Rapidement cependant, Apple a laissé sa place à un certain IBM, très présent dans le secteur, dont les PC fonctionnant sous DOS et Windows ont commencé à inonder les bureaux, jusqu'à éclipser complètement les vénérables Apple II et déclinaisons de Mac.

Le Xserve RAID.

Apple a cependant su maintenir quelques poches de « résistance », comme dans les studios de PAO et par extension les entreprises de presse, le secteur de l'éducation, et quelques autres niches. L'un des principaux écueils d'Apple pour les entreprises est l'absence de lisibilité de la politique du constructeur : le secret, qui fonctionne parfaitement pour le grand public, est un repoussoir pour des clients qui ont besoin de connaître et maîtriser le calendrier de mises à jour de logiciels et de matériels, ne serait-ce que pour des questions de budget et de formation des personnels. Or, la Pomme n'en fait généralement qu'à sa tête. L'effet de surprise est garanti, mais question prédictibilité, on a vu mieux…

Au final, avec cet accord, Apple vendra-t-elle plus d'iPhone et d'iPad aux entreprises ? Sans doute pas tellement plus qu'aujourd'hui; après tout, 490 des 500 plus grandes sociétés américaines utilisent déjà, d'une manière ou d'une autre, des terminaux iOS (lire : L’accord Apple-IBM n’augmentera pas les ventes… mais est-ce seulement son objectif ?). Mais le cheval de Troie que représentent l'iPhone et l'iPad, massivement utilisés dans les entreprises par leurs employés, est-il à même de donner au Mac un regain d'intérêt ?

La dernière tentative un peu sérieuse d'Apple vers le monde de l'entreprise s'est achevée en janvier 2011, avec l'extinction de la gamme Xserve. Apple avait pourtant poussé les feux sous cette famille d'ordinateurs bien spécifiques, avec par exemple un modèle RAID. Le prix de ces serveurs et le support limité de la part d'Apple ont finalement eu raison de cette famille unique chez le constructeur. Apple persiste néanmoins à commercialiser un Mac mini Server. À moins que les entreprises, satisfaites des solutions d'IBM pour les appareils mobiles d'Apple, et désireuses de boucler la boucle d'un écosystème stable et homogène, commencent à s'intéresser sérieusement aux Mac. Des Mac qui, rappelons-le, gagneront avec OS X Yosemite et iOS 8 un bouquet de services, Continuity, rapprochant de manière transparente l'ordinateur et son compagnon mobile.

Le grand gagnant de cet accord sera-t-il dès lors… le Mac ? Le fameux effet halo, qui a permis à Apple de vendre ses ordinateurs aux possesseurs de l'alors très populaire iPod, va-t-il remettre le couvert entre iOS en entreprises et le Mac ? La réponse viendra dans quelques années, mais si tel était le cas, le renversement de tendance serait alors total, complet et magistral.

Bill Campbell : le « coach » d'Apple prend sa retraite

| 18/07/2014 | 08:05 |  

C'est dans son propre bar, le Old Pro à Palo Alto, que Bill Campbell reçoit les plus importants CEO de la Silicon Valley. Autour d'une bière et d'un panier d'ailes de poulet, le « coach » prodigue ses conseils aux capitaines d'industrie qui veulent bien lui demander son avis sur tel ou tel mouvement dans leurs entreprises. À un moment ou un autre, Steve Jobs a certainement fait partie de ces invités bien spéciaux : les deux hommes étaient de grands amis.

À 74 ans, l'ancien CEO d'Intuit a toujours bon pied bon œil. S'il continue de siéger comme président au conseil d'administration de cette société spécialisée dans le développement de logiciels de calcul d'impôts (une véritable industrie en Amérique du Nord), en revanche il a décidé de laisser son siège au board d'Apple. Celui-ci sera occupé par Susan Wagner, co-fondatrice de la société de gestion d'actifs BlackRock (lire : Avec Susan Wagner, Tim Cook féminise le conseil d'administration d'Apple).

À cette occasion Bill Campbell s'est remémoré quelques épisodes de sa relation fructueuse avec Apple et Steve Jobs pour Fortune. Campbell est un vieux routier de l'industrie des technologies. « Je ne sais pas coder en HTML, c'est sûr. Mais je coache [les patrons] sur la manière d'améliorer leurs entreprises ». L'homme a donné des coups de main à de nombreuses sociétés et personnalités de la Silicon Valley : Eric Schmidt, Evan Williams (Twitter), Jeff Bezos (Amazon)… Mais avec Steve Jobs, la relation était particulière.

Un compagnonnage de 30 ans

Les deux hommes, qui habitaient à Palo Alto, étaient voisins. Le fondateur d'Apple avait pour habitude, le week-end, de marcher jusqu'à la maison de Campbell, de frapper à sa porte, puis de s'asseoir près de sa piscine. En 1997, alors que Jobs venait tout juste de rempiler chez une Apple au bord du gouffre, « il est venu un jour, et nous nous sommes assis sur un banc près de la piscine », se rappelle-t-il. Soudain, Steve Jobs lui a dit : « Je voudrais que tu rejoignes le conseil d'administration d'Apple ». « La seule fois où j'ai eu une telle montée d'adrénaline a été quand on m'a demandé d'être administrateur de l'université Colombia. J'ai dit, sans hésitation, "bien sûr" ».

Bill Campbell est resté 17 ans comme membre du conseil d'administration d'Apple, une durée seulement égalée par Mike Markkula et… Steve Jobs. Mais la carrière du coach chez Apple débute bien avant. C'est par le biais de John Sculley, alors PDG de l'entreprise, qu'il devient vice-président du marketing en 1983. Il a ensuite pris la tête de la division Claris, qu'il a voulu à un moment introduire en Bourse, mais Apple a exercé son droit au rachat — cette entité est devenue par la suite FileMaker. C'est d'ailleurs durant ses jeunes années à Cupertino qu'il acquiert et développe son expertise en matière de conseil et de soutien; il a ainsi suggéré à Jeff Bezos de poursuivre sa carrière en tant que CEO d'Amazon, alors que le fondateur de l'entreprise de distribution voulait se contenter de la place de président du board.

Bill Campbell et Art Levinson.

En 1997 et durant plusieurs années, au conseil d'administration d'Apple, les relations étaient moins formelles qu'aujourd'hui, se rappelle-t-il. D'ailleurs, il n'y avait pas de président : lui et Art Levinson, l'ancien patron de Genentech, étaient considérés comme des « co-directeurs ». Steve Jobs occupa le poste de président d'Apple avant sa mort; c'est Art Levinson qui a repris ce rôle.

Pendant ces 17 années passées au conseil d'Apple, et même avant, il a vu Steve Jobs « émerger en tant que CEO en temps réel ».

J'avais une connexion avec lui. Je l'ai vu quand il était directeur général de la division Mac, quand il est parti et quand il a démarré NeXT. J'ai vu Steve passer du statut d'entrepreneur créatif à celui du gars qui doit faire tourner le business.

Cette relation privilégiée entre les deux hommes a permis à Campbell de saisir le mode de fonctionnement de Steve Jobs, sa manière de penser, son caractère parfois difficile. Lorsque Jobs était le boss d'Apple, les observateurs évoquaient « l'homme de Steve » quand ils parlaient de Campbell.

Mais malgré les bonnes relations qu'il pouvait entretenir avec le fondateur d'Apple, il y a eu tout au long de ces années de collaboration des moments plus tendus que d'autres, notamment lorsqu'il conseillait Eric Schmidt, l'alors CEO de Google (il en est depuis président) et alors membre aussi du conseil d'administration d'Apple. « Steve disait, "Si tu les aides, alors tu me feras du mal". Il me hurlait dessus. Je lui répondais « Arrête donc, je ne vais pas faire de l'HTML, je leur explique simplement comment mieux gérer leur entreprise. »

Tim Cool

Bill Campbell a également eu l'occasion unique de travailler avec Tim Cook. « Apple est une institution maintenant. Tim a fait un travail incroyable pour bâtir et renforcer l'organisation. Il y a de nouvelles personnes très brillantes qui sont désormais en charge. Vous êtes en train de voir l'entreprise grandir ». Des mots qu'il n'aurait pas pu avoir lorsqu'il est entré au conseil de la société en 1997… Il dresse le portrait de celui qui a pris les rênes il y a trois ans : « Tim est un gars calme et sérieux. Il étudie et réfléchit les choses, il prend sa décision, puis il passe à autre chose », explique-t-il.

Pour saluer le bonhomme, Cook a d'ailleurs proposé de faire une contribution en l'honneur de Campbell, quelque part où ce dernier a ses racines, en Pennsylvanie. Une proposition faite le matin de l'annonce de son départ. « C'est sa manière de faire, pour me dire au revoir, il fera quelque chose de chaleureux, une contribution à ma ville, à ma ville natale ».

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