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Avec le droit à la déconnexion, le travail s’arrête après les heures de bureau

Mickaël Bazoge | | 18:00 |  56

À l’heure du tout connecté, le concept d’« heures de bureau » a du plomb dans l’aile. Avec des smartphones toujours en poche, nous sommes toujours disponibles, y compris lorsqu’un client appelle ou que le patron envoie un message, soirs et week-end compris. Tout cela au détriment de la vie privée et familiale.

L’article 55 de la loi Travail est entré en vigueur au 1er janvier ; il institue un nouveau « droit à la déconnexion » pour les employés des entreprises de plus de 50 salariés. Inspiré par une pratique en cours chez Orange, ce dispositif oblige l’employeur à mettre en place des « dispositifs de régulation de l'utilisation des outils numériques, en vue d'assurer le respect des temps de repos et de congé ainsi que de la vie personnelle et familiale ».

Concrètement, un patron ne pourra pas reprocher à un salarié de ne pas avoir répondu à une sollicitation reçue sur sa messagerie en dehors des heures de travail. Les entreprises vont mener des négociations avec les représentants des salariés afin d’organiser concrètement les modalités du droit à la déconnexion.

Et si aucun accord n’est signé, l’employeur a tout de même l’obligation d’élaborer une charte définissant les conditions de ce nouveau droit. Il devra aussi mettre en place des actions de formation et de « sensibilisation à un usage raisonnable des outils numériques ».

Aucune sanction n’est cependant prévue pour l’employeur indélicat. Outre Orange, d’autres grandes entreprises n’ont pas attendu le vote de la loi El Khomri pour mettre en place des garde-fous. Les Echos évoquent ainsi le cas de Volkswagen, qui a désactivé le renvoi des courriels vers les smartphones des employés de 18h15 à 7h le lendemain. D’autres solutions techniques sont disponibles pour respecter ce droit à la déconnexion.

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56 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar Giloup92 02/01/2017 - 18:05 via iGeneration pour iOS

Le plus simple c'est d'avoir son téléphone personnel et de laisser celui de l'entreprise dans le tiroir du bureau, en partant le soir.

avatar C1rc3@0rc 02/01/2017 - 20:18 (edité)

c'est une solution, mais elle n'est pas toujours possible, il y a les smartphone a double sim et les BYOD est aussi tres repandu.

Apres il y a des professions ou il faut etre joignable en permanence aussi, et ceux qui preferent la flexiblité et une autonomie de gestion des horaires...

L'idee de la loi est donc bonne, mais l'amendement du texte est stupide. Pour qu'une loi soit respectée elle doit etre respectable, donc applicable, avec un cadre bien defini et des moyens et sanctions realistes.
Ce gouvernement, dans la ligne du precedent fait de l'esbrouffe, deconstruit le systeme legal, ridiculise la justice, «administratise» tout a outrance, et fout en l'air les principes socio-legaux!

Concretement, c'est un texte «zombie», qui a l'inverse de son intention affichée reconnait un asservissement « numerique » legal dans le cadre du travail.

Pour l'employeur c'est aussi une charge supplementaire theorique dans le cout du systeme informatique, puisque il faut rajouter un niveau de controle en plus, niveau qui impique aussi un «monitorage» a posteriori, et donc facilement devenant un systeme de surveillance numerique de plus!

Bref ce train de lois Khomri/Valls/Kazeneuve est une ineptie qui menace le citoyen encore un peu plus. Et comme dit, le modele c'est les mastodontes d'etat comme Orange/France telecom. Y a qu'a tout nationaliser, etablir un polit-bureau, faire de la planification systematiqe et etatique, et installer une Stasi et des fichages systematiques de la population... ah pour la Stasi, c'est deja en cours :(

avatar CNNN 02/01/2017 - 18:13 via iGeneration pour iOS

Je ne sais pas trop quoi en penser... si on souhaite des responsabilités il faut assumer la charge de travail, mais il ne faut pas non plus que l'employeur abuse.
Le plus compliqué sera d'expliquer cela à un client exigeant..



avatar Moumou92 02/01/2017 - 18:19 via iGeneration pour iOS

@CNNN

J'assume mes responsabilités, mais repondre tous le Week end aux emails du chefs, écourter ses vacances parce qu'il y a une urgence qui n'en est finalement pas une, je n'appelle pas ça assumer la charge de travail mais être un esclave... je fait pourtant parti de la direction de mon site, mais j'ai plus l'impression d'être un esclave de Rome...

avatar ShowMeHowToLive 02/01/2017 - 19:11 via iGeneration pour iOS

@CNNN

Il faut voir ce qu'on appelle responsabilités et à quel salaire...

avatar Un Type Vrai 02/01/2017 - 20:24

Je n'ai jamais été aussi tranquille le WE que depuis que je suis chef d'entreprise...

Comme quoi les préjugés...

avatar Moumou92 02/01/2017 - 18:17 via iGeneration pour iOS

Un coup d'épée dans l'eau sachant qu'il n'y a aucune sanction de prévue... mon chef, qui se moque totalement du droit à la déconnection, va beaucoup rigoler...

avatar Moebius13 02/01/2017 - 18:30 via iGeneration pour iOS

Je suis cadre, quand je rentre à la maison j'éteins l'ordinateur et le téléphone pro et l'entreprise peut d'effondrer et mon chef pester je m'en fous, ma vie de famille passe avant tout autre chose, et en vacances encore plus et pourtant je suis au forfait jour

avatar macfredx 02/01/2017 - 18:37 via iGeneration pour iOS

@Moebius13

Félicitations, si plus de gens agissaient comme toi (au lieu de se plaindre) les choses se passeraient peut-être différemment. Je ne suis pas cadre, juste technicien mais si le boulot m'appelle en dehors des heures, je ne réponds pas.

avatar warmac33 02/01/2017 - 23:05 (edité)

@ moebius13
Tiens c'est une bonne idée ça
Je bosse dans la santé, je ferai pareil au prochain plan blanc...
Ah ces français...

avatar bompi 03/01/2017 - 09:02

L'ennui est qu'il est difficile (pour ne pas dire impossible) de généraliser comlplètement. Un certain nombre de paramètres entrent en jeu (nature du travail, responsabilités respectives de chacun etc.) et je trouve plutôt louable de faire une loi cadre qui permet une certaine souplesse, plutôt que quelque chose de rigide venu d'en-haut, assez arbitraire (façon la première mouture de la loi sur les 35 heures, par exemple).
Par ailleurs, pour ceux qui ont des astreintes et des métiers qui requièrent une certaine disponibilité (par exemple pour la santé), il y a déjà un cadre législatif : ça fait partie des données initiales du poste.

Pour moi, le problème principal demeure la nature des relations entre les employés et les employeurs. Personnellement, je n'ai vraiment pas à me plaindre et si je regarde ma messagerie pendant le week-end et les vacances, voire mes arrêts de travail, c'est parce que je le veux bien : je n'ai pas envie de laisser mes petits camarades dans la panade si je peux les dépanner rapidement. D'un autre côté, si je n'y pense pas ou que je veux vraiment faire une pause, personne ne me le reprochera. Bref, je suis assez libre...
Il n'en a pas toujours été comme ça et dans mon second boulot ce bel équilibre était tout-à-fait impossible : en aucun cas j'aurais pu faire confiance à mon employeur, pour lequel je bossais comme un forcené.

Aussi, tout le monde n'ayant pas cette chance d'avoir des rapports assez sains avec son employeur, la loi est-elle justifiée.

avatar monsieurg33K 02/01/2017 - 18:42 via iGeneration pour iOS

Quel est le dispositif chez Orange ?

avatar deltiox 02/01/2017 - 18:43 via iGeneration pour iOS

Sans sanctions automatiques cela ne sert à rien
Mais cela va dans le bon sens

Par contre je ne comprends pas pourquoi cela ne concerne que les sociétés de plus de 50 personnes

Les autres n'auraient pas les mêmes droits ??

avatar niicoo76 02/01/2017 - 18:44 via iGeneration pour iOS

Idem je ne répond pas en dehors des heures de boulot.

avatar toketapouet 02/01/2017 - 21:03

Pareil, pas de réponse quand je ne suis pas au taf.

Y compris le midi d'ailleurs.

Simple, clair, précis, je pose les limites. Après j'ai la chance de pouvoir le faire, ce qui n'est pas le cas de tout le monde loin de là (y compris ceux qui n'ont pas "souhaité des responsabilités").

avatar Ali Ibn Bachir ... 02/01/2017 - 18:49

Certains syndicats ont promis de retourner dans la rue pour continuer à se battre contre cette fameuse loi travail.

Tout n'est peut-être pas perdu pour les employeurs, si les syndicats arrivent à faire annuler la loi, les employeurs pourront de nouveau se reconnecter avec leurs employés le soir et le weekend.

avatar ovea 02/01/2017 - 19:09 via iGeneration pour iOS

Y'a même des employeurs* qui trouve ça pratique de faire bosser pendant les congés maladie … alors, tout ce qui peut inciter à se déconnecter totalement d'un «rôle social» tout en permettant à d'autres rôles de s'épanouir est dans la logique imparable du droit à l'autonomie.

* et ce, à l'heure où on entend filtrer des mots d'ordres plutôt inquiétant, comme qu'il va falloir se remettre au boulot !?!?

avatar C1rc3@0rc 02/01/2017 - 22:38

Se remettre au boulot... oui, pour financer le renflouement des banques en faillites lors de la crise des subprimes et assurer une croissance des primes des banquiers et leurs trader.
Donc la population paye pour les erreurs et irresponsabilités de gamins jouant dans un gros bac a sable, sans aucune connexion avec la realité.

Le pire c'est que se remettre au boulot c'est bien si les gens sont en pause et qu'il y a du boulot. Quand les gens travaillent comme de betes et que la masse de boulot s'evapore aussi vite que la banquise, cela fait tres cretin comme discours.

Bientot le retour des ideologies travaillistes revolutionnaires, des syndicats nationalistes des travailleurs tout puissants et des grandes idees de lutte des classes...

avatar Un Type Vrai 03/01/2017 - 07:31

La seule vraie question pour savoir si on doit payer de notre sang ou pas :
«le PIB a t'il baissé ?»
Si non, y'a assez d'argent (ptet la répartition capital/travail est a revoir au profit du second)

avatar highboot 02/01/2017 - 19:36 via iGeneration pour iOS

Le problème numéro 1 c'est souvent le client trop exigeant et le problème numéro 2 l'entreprise qui joue le jeu de ce client. Bien qu'on se demande parfois qui a commencé.

Ensuite chacun a encore (?) le choix!

avatar kman 03/01/2017 - 07:00

1000% d'accord, quand un service commercial interne dit "le client est dans la merde, il est bloqué, il ne peut plus rien faire, il faut l'appeler tout de suite", et qu'en appelant, le client dit "je redémarre l'usine dans une semaine donc je voulais savoir si ...".
Content de l'appel.

avatar alushta 02/01/2017 - 19:51

Pauvre France....
Il me semble que cela peut quand même se régler en interne?

avatar toketapouet 02/01/2017 - 21:09

@ Alushta

👨‍💻 "Il me semble que cela peut quand même se régler en interne?"

👉 Un rêve de patron 🥂

avatar babgond 02/01/2017 - 19:55 via iGeneration pour iOS

Et pour les boîtes de moins d 50 salariés ?

avatar Un Type Vrai 02/01/2017 - 20:31

Les petites structures n'ont pas forcément besoin d'un dispositif technique pour ça.
Il est très compliqué de gérer le "middle management" (qui souvent inventent des règles d'entreprises pour ne pas remonter les problèmes au dessus*). Mais il est peu présent en dessous de 50 salariés.

* Les fois ou j'ai remonté au n+x (x > 2) en temps qu'expert externe des fonctionnements internes, les directeurs étaient rarement du côté des managers. Au contraire, il fait bien comprendre que se plier en 4 pour que tout aille bien dans son service, c'est rendre un grand service au manager au détriment de l'entreprise dans sa globalité. Les directeurs de grosses structures sont rarement pour le travail en dehors des heures de bureaux, des projets avec des délais trop serré pour fournir de la qualité etc.

Bref.

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