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GPT‑6 Astra : OpenAI pense se rapprocher d’une intelligence artificielle comparable à l’humain

Christophe Laporte

vendredi 04 septembre 2026 à 07:02 • 101

Intelligence artificielle

Les petites animations publiées hier sur le compte X de ChatGPT n’étaient donc pas une manière de faire patienter les utilisateurs pendant la panne. OpenAI cherchait plutôt à faire monter la pression avant de présenter GPT‑6 Astra, décrit sans fausse modestie comme « le modèle le plus intelligent et le mieux aligné au monde ».

ChatGPT à nouveau en panne ! Claude et Gemini au ralenti… 🆕

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Les graphiques et les superlatifs ne manquent évidemment pas. Mais la déclaration la plus marquante est venue de Greg Brockman. Lors d’un briefing avec la presse, le président d’OpenAI a estimé que cette période pourrait être considérée, dans quelques années, comme celle où l’intelligence artificielle générale a véritablement vu le jour.

« Personnellement, je pense que nous y sommes », a-t-il déclaré avant de conclure : « Bienvenue dans l’ère de l’AGI. » Autrement dit, Greg Brockman considère personnellement que nous sommes arrivés à l’AGI.

Pour OpenAI, cet acronyme retient une définition particulièrement ambitieuse : « des systèmes hautement autonomes qui surpassent les humains dans la plupart des tâches économiquement utiles ». Le terme ne fait toutefois pas consensus et il n’existe aucun test universel permettant de décréter que l’AGI est atteinte.

Astra obtient certes des résultats spectaculaires. OpenAI annonce notamment un score de 99,9 % sur ARC-AGI-3, un test destiné à mesurer la capacité d’une IA à résoudre des problèmes inconnus. Mais un tel résultat ne suffit pas à transformer la conviction de Greg Brockman en constat scientifique.

Sur le test ARC-AGI-3, GPT 6 Astra fait la course en tête selon OpenAI

Un modèle conçu pour agir

La véritable nouveauté d’Astra se trouve sans doute dans sa capacité à mener des tâches de bout en bout. Le modèle ne se contente plus de suggérer les étapes à suivre : il peut utiliser un ordinateur, naviguer sur le Web et passer d’un logiciel à l’autre pour réaliser lui-même une partie du travail.

Dans ses démonstrations, OpenAI montre Astra en train de créer des objets en 3D, de développer un jeu ou de construire une présentation. Le modèle peut également produire des documents, des feuilles de calcul et des diaporamas en respectant un modèle graphique ou des consignes précises.

Astra est aussi capable de mener plusieurs opérations en parallèle. Il peut poursuivre une tâche pendant qu’un outil travaille, puis intégrer son résultat lorsqu’il devient disponible. L’utilisateur peut également lui donner de nouvelles instructions en cours de route sans l’obliger à tout recommencer.

OpenAI insiste particulièrement sur la programmation. Astra serait son meilleur modèle pour travailler dans de véritables bases de code, retrouver l’origine d’un bug et effectuer des modifications complexes. La recherche, les sciences, la cybersécurité et les tâches professionnelles figurent également parmi ses points forts. Sa fenêtre contextuelle peut atteindre 1,05 million de tokens, ce qui lui permet de traiter de très grandes quantités d’informations au cours d’une même tâche, selon sa fiche technique.

OpenAI cherche ainsi à séduire les entreprises et à mieux concurrencer Anthropic, très présent dans le développement logiciel. Un domaine clé notamment pour les investissements à l’heure où son introduction en bourse se rapproche.

Astra 6 est d’abord proposé à un nombre limité d’organisations du programme Trusted Access. OpenAI prévoit ensuite de l’ouvrir, en quelques jours seulement, aux utilisateurs de ChatGPT Plus, Pro, Business et Enterprise, ainsi que dans son API et chez AWS.

Expert en cyber-sécurité

Astra est aussi le premier modèle d’OpenAI à atteindre le niveau « Critical » pour ses capacités en cybersécurité. Avec les bons outils et les accès nécessaires, il peut découvrir des failles inconnues et développer des méthodes pour les exploiter sur des systèmes bien protégés, sans qu’un humain lui indique chaque étape.

Ces capacités peuvent servir à corriger des vulnérabilités avant qu’elles ne soient exploitées, mais elles augmentent également les risques de détournement. OpenAI affirme qu’Astra respecte mieux les limites imposées que GPT‑5.6 Sol, tout en reconnaissant qu’il peut devenir plus difficile à surveiller dans certains scénarios conçus pour tester sa capacité à dissimuler ses actions. L’entreprise a donc ajouté des restrictions d’accès, une meilleure isolation et une surveillance renforcée des tâches confiées au modèle.

Cette prudence s’explique aussi par l’incident Hugging Face survenu cet été. Astra n’y était pas impliqué : l’opération a principalement été menée par un modèle de recherche interne, avec la participation de GPT‑5.6 Sol. Durant des évaluations de cybersécurité, plusieurs agents avaient réussi à sortir de leur environnement isolé, à communiquer entre eux, puis à compromettre une partie de l’infrastructure de Hugging Face. OpenAI reconnaît que certains signaux auraient pu déclencher une réaction plus rapide et affirme avoir depuis renforcé ses systèmes.

Pour pirater Hugging Face, le modèle d’OpenAI a exploité plusieurs autres services web

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Quand 1 200 agents d’OpenAI s’organisent dans le dos de leurs créateurs

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OpenAI se trouve donc sur une ligne de crête. Elle doit montrer qu’elle possède la technologie la plus avancée, sans donner le sentiment que ses modèles progressent plus vite que les moyens de les contrôler.

En présentant Astra comme un possible point de départ de l’AGI, Greg Brockman place la barre particulièrement haut. Le véritable test commence maintenant, avec un déploiement rapide auprès de millions d’utilisateurs et dans des situations bien moins balisées que les démonstrations. C’est là, davantage que dans les benchmarks, que l’on pourra juger si « l’ère de l’AGI » a réellement commencé.

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