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Ni abonnement, ni mise à jour forcée, un autre modèle de vente proposé pour une application Mac

Florian Innocente | | 08:42 |  48

« Il est clair que les gens n'aiment pas le principe de l'abonnement lorsqu'il est utilisé pour les applications », écrit Drew McCormack, l'un des développeurs d'Agenda, avant de détailler le modèle économique retenu pour cette future application (lire Agenda, un nouveau carnet de notes doublé d'un calendrier sur Mac).

Agenda Cliquer pour agrandir

Pour aider les éditeurs à la recherche de rentrées d'argent récurrentes, seules aptes à financer l'évolution d'un logiciel sur le long terme, Apple pousse à l'abonnement. Pas de mises à jour payantes sur ses stores : de l'a-bo-ne-ment.

Pour Drew McCormack il semble y avoir aujourd'hui une « overdose à l'égard des abonnements […] C'est une barrière supplémentaire à l'achat qui donne le sentiment que vos dépenses mensuelles deviennent trop élevées, ou que vous allez oublier de résilier l'abonnement si vous n'en avez plus besoin ».

Le mauvais accueil fait au système de souscription adossé à la dernière mouture d'Ulysses (lire Ulysses passe à l’abonnement, c’est grave docteur ?) l'a décidé ainsi que ses deux collègues (l'un a développé Papers) à s'aventurer sur une autre route, déjà dégagée par Framer et Sketch. Mais en l'adaptant à leur sauce, avec un principe qui peut réconcilier développeurs et clients.

Dans ce schéma, à la base, le logiciel est utilisable sans payer et sans limite de temps. Mais parce qu'il faut bien vivre, quelques fonctions importantes, mais pas forcément indispensables à tous, sont fournies dans un pack payant valable un an.

Les utilisateurs de la version gratuite auront toujours la dernière version à disposition, avec ses corrections de bugs régulières et quelques ajouts fonctionnels mineurs. Tandis que les clients premium verront des fonctions plus importantes être glissées petit à petit dans leur pack.

Intérêt de cette approche, lorsque les 12 mois sont écoulés et qu'on ne poursuit pas l'expérience du payant, on garde l'usage du logiciel avec toutes les fonctions premium acquises depuis le premier jour, elles ne sont pas soudainement désactivées. Il n'y a pas de retour brutal en arrière avec un logiciel amputé de tout ce qui en faisait le sel. À l'inverse, on peut rempiler pour 12 mois avec un lot de nouvelles fonctions.

Les trois développeurs y voient le moyen de faire évoluer leur application au fil de l'eau, sans l'obligation de sortir des versions majeures tous les X mois dans le seul but de provoquer un sursaut dans les ventes.

La difficulté de l'exercice va être de trouver le bon équilibre entre les fonctions accessibles gratuitement et celles payantes. Il faut que la version gratuite reste pertinente mais soit bridée juste ce qu'il faut pour appâter quelques clients plus exigeants.

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Le premier pack Premium va être vendu 20 € pour un an (puis 26 € environ après la période de lancement). Il va inclure des fonctions comme l'intégration du calendrier dans Agenda plutôt que d'être obligé d'aller dans celui d'Apple ; l'enregistrement des recherches récurrentes ; le copier/exporter au format Markdown et la suppression du filigrane lors de l'impression d'une note ou sa sortie en PDF. En somme, rien qui n'empêche d'utiliser l'application en version gratuite, mais assez pour intéresser quelques profils d'utilisateurs.

La confrontation de ce modèle économique avec la réalité se fera le 22 janvier, date de lancement d'Agenda.

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48 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar Axel 16/01/2018 - 08:50 via iGeneration pour iOS

La solution de Sketch est pertinente je trouve... et revient à 8,50€/mois si on la considère comme un abonnement annuel.

C’est raisonnable et on peut garder le logiciel parfaitement fonctionnel si on ne souhaite pas rempiler.

Là est la différence avec Adobe... et pourquoi je suis toujours sur une CS4.

avatar C1rc3@0rc 16/01/2018 - 19:19 (edité)

@Axel

Il ne faut pas considérer les approches comme autres choses que ce qu'elles sont.

L'arnaque de l'abonnement n'arrive pas a passer malgré les efforts du marketing et la pression conjointe de l'industrie, et c'est une bonne chose.

Il est évident que l'abonnement est pertinent dans le cas d'un service ou l'on consomme selon l'usage. Il permet un lissage de la dépense et peut se voir comme une simplification par rapport a l'achat a l'acte.

Mais dans le cadre le l'achat d'un outil, l'abonnement est une escroquerie et rien d'autre.
De plus le fait de prendre en otage les données de l'utilisateur, parce que c'est bien ça le levier, et de dissimuler le coût réel derrière une ponction mensualisée est innommable( enfin si mais il faut se référer a des marchés illégaux).
La prise en otage des données n'est par ailleurs pas spécifique a l'abonnement mais a tout soft qui utilise un format non interopérable, donc non-libre.
On peut aussi rajouter que l'abonnement dans ce cadre relève du principe d'obsolescence programmée et s'oppose a l'economie de marché.

Avec l'abonnement il se pose aussi le probleme de la reconnaissance (et la connaissance) de la valeur du produit.
Développer un logiciel adapté au besoin prend du temps et des ressources. Cela est un travail et celui qui l'effectue doit être rémunéré a sa juste valeur. L'abonnement masque cette réalité derrière une dilution du tarif.

Il se pose un double probleme. L'un est culturel - la pseudo-gratuité - et l'autre est fonctionnel - la connaissance de son besoin et l'evaluation de l'outils -

Le concept de la pseudo-gratuité est certainement la pire des saletés inventées par le marketing de vente. Adossée a la publicité, qu'il sert, le principe de la pseudo-gratuité degrade la qualité du travail et les realisations. Et la, a part l'education du consommateur/client il y a pas grand chose a faire.

L'autre probleme se pose en 2 temps.
Avant de pouvoir choisir un outil, il faut connaître son besoin et helas tout dans le commerce nous pousse a acheter sans reflechir, a se baser sur la pulsion, le pseudo-instinct (programmé par le marketing...), le conseil du referent (agent de publicité), la reputation (marketing),...
La aussi c'est une question donc d'education et de discipline, ou l'on va poser un cadre et un usage et lui appliquer des contrainte de couts et de rentabilité. Une fois qu'on a les vrais criteres, le choix est possible, avant il n'y a pas de choix.

Reste le dernier probleme, celui de l’évaluation.
Contrairement a l'idee commune une version d'evaluation ne depend pas du cout du soft. Que le soft coute 500€ ou 5€, il s'agit toujours d'evaluer avant d'investir.
Il y a 2 approches, soit la version d'evaluation qui peut etre temporaire ou restreinte en usage, soit la version "light" gratuite et la version "full" payante.
Une des ritournelle habituelle des editeurs est que sur les App Store d'Apple on peut pas proposer des versions d'évaluation.
C'est totalement faux. On peut tout a fait proposer une version "light" gratuite et une version "full". L'achat in-app a aussi une certaine legitimité, permettant une certaine souplesse dans l'acces progressif a des fonctions qu'on peut estimer necessaire a l'usage.
L'important c'est d'offrir un vrai moyen d’évaluation et de proposer le produit au bon tarif.

Si le développeur fait son travail correctement et que le client se respecte et arrete de se faire manipuler par le marketing de vente, on a tout ce qu'il faut pour contenter tout le monde - les escrocs et financiers non compris évidemment.

avatar freestef 16/01/2018 - 09:00 via iGeneration pour iOS

Une application qui s’appelle Agenda et demande de payer pour avoir la fonction de créer un événement dans l’agenda... intéressant comme concept de nouveau modèle économique ! Et si on paie pour les fonctions Premium (ne devraient-elles pas être de base ?) et qu’on repasse à la caisse chaque année pour voir le logiciel évoluer, j’appelle ça acheter une application et payer ses mises à jour. Ce qu’on a toujours fait.



avatar Arpee 16/01/2018 - 09:08

Ben oui. J'ai pas trop bien compris le concept, là.
Sinon, quelle différence avec "achats in-app" ?

Ceci dit, on a TOUJOURS besoin à un moment ou un autre d'une fonctionnalité qui se trouve dans la version premium. Si ça ce n'est pas de la vente forcée...

avatar BeePotato 16/01/2018 - 09:23

@ Arpee : « Ceci dit, on a TOUJOURS besoin à un moment ou un autre d'une fonctionnalité qui se trouve dans la version premium. Si ça ce n'est pas de la vente forcée... »

Curieuse définition de la vente forcée que tu nous proposes là.

avatar Arpee 16/01/2018 - 09:39

Tu le fais exprès de ne pas comprendre ?
Si on m'oblige à débloquer une fonction dont on a de toutes façons besoin en l'achetant in-app, j'appelle cela de la vente forcée.

avatar Terragon 16/01/2018 - 10:10 via iGeneration pour iOS

@Arpee

Alors ce modèle n’est pas pour toi.



avatar BeePotato 16/01/2018 - 10:36

@ Arpee : « Tu le fais exprès de ne pas comprendre ? »

Oh non, rassure-toi, je t’ai très bien compris. Ce qui me permets de t’expliquer que ce dont tu parles n’est pas de la vente forcée.

« Si on m'oblige à débloquer une fonction dont on a de toutes façons besoin en l'achetant in-app, j'appelle cela de la vente forcée. »

Personne ne t’y oblige, c’est ça qui fait toute la différence.
Tu sais avant même de télécharger gratuitement l’application quelles sont les fonctions payantes, et donc si tu pourras te contenter de la version gratuite ou non. Les fonctions payantes ne sont pas indispensables à tout le monde (contrairement à ce que tu sembles penser), mais si l’une d’elle t’est indispensable mais que tu ne souhaites pas payer pour l’avoir, rien ne t’oblige à choisir cette application.
La vente n’est donc absolument pas forcée.

avatar Arpee 16/01/2018 - 10:47

Ancien élève des jésuites...?

avatar BeePotato 16/01/2018 - 11:15

@ Arpee : « Ancien élève des jésuites...? »

Juste quelqu’un qui parle français et qui essaye de le faire correctement. C’est un effort qui, apparemment, semble surhumain à d’autres. :-P ;-)

avatar Arpee 16/01/2018 - 15:06

Ma question n'avait rien à voir avec le français ou le parler correct...;-)

avatar marc_os 17/01/2018 - 11:30

@ Arpee
Effectivement. Ta réponse était un attaque personnelle faute de ta part d'être en capacité de trouver un argument valable à opposer à ton contradicteur, car il n'y en avait pas. Définition légale de la « vente forcée »
C'est un grand classique : J'ai tort, mais comme je veux avoir toujours raison, je clos le sujet par une baffe (virtuelle) dans la gueule.

avatar Arpee 17/01/2018 - 12:39 (edité)

Oufti, le délire paranoïaque ! Faut consulter, l'ami...

avatar nemrod 17/01/2018 - 00:29 (edité)

Il me sembles que tu joues sur les mots l'ami, à moins de ne pas comprendre le point de vue exposé.

Dommage, pour toi...

avatar BeePotato 17/01/2018 - 09:28

@ nemrod : « Il me sembles que tu joues sur les mots l'ami, à moins de ne pas comprendre le point de vue exposé. »

Je comprends parfaitement le point de vue exposé (qui est d’ailleurs faux en raison de ce « TOUJOURS » qui se glisse au milieu, avec ses capitales qui nous crient dessus).

Je corrigeais juste Arpee en lui précisant que ce dont il parle n’est pas de la vente forcée.
Ça doit être cette partie que tu appelles « jouer sur les mots », bien que ce ne soit pas le cas.

« Dommage, pour toi... »

Ça ira, je m’en remettrai. :-)

avatar nemrod 17/01/2018 - 13:16

C'est de louable de ta part de le "corriger", je suis certain qu'il doit t'en être reconnaissant mais, telle la justice rendant son jugement, tu n'expliques pas pourquoi...

avatar BeePotato 17/01/2018 - 15:22

@ nemrod : « mais, telle la justice rendant son jugement, tu n'expliques pas pourquoi... »

En effet. Désolé, c’est parce que ça me paraissait vraiment évident.
Entretemps, marc_os a posté un commentaire avec un lien rappelant ce qu’est la vente forcée, ce qui permet de vérifier que ce dont parlait Arpee ne correspond pas à ce concept.

avatar nemrod 17/01/2018 - 15:45

nous n’aurons donc pas la chance de bénéficier de tes lumières

avatar nemrod 17/01/2018 - 20:54

Toujours, nous aurions appris d'un maître...

avatar Link1993 16/01/2018 - 09:17 via iGeneration pour iOS

@freestef

On parle d'affichage du calendrier iPhone dans l'application. Pas la création ^^

avatar BeePotato 16/01/2018 - 09:22

@ freestef : « si on paie pour les fonctions Premium […] et qu’on repasse à la caisse chaque année pour voir le logiciel évoluer, j’appelle ça acheter une application et payer ses mises à jour. »

Ben oui, personne ne nie ça. Ces développeurs cherchaient juste un moyen de pouvoir faire ça via une boutique (l’App Store d’Apple) qui n’offre pas de façon simple de le faire. Et il semble qu’ils aient trouvé.

Notons que l’approche qu’ils ont retenue rappelle aussi beaucoup les sharewares d’antan, avec la majorité des fonctions utilisables gratuitement et quelques fonctions supplémentaires payantes.
C’était un très bon système et je suis content de le voir revenir.

avatar stefhan 16/01/2018 - 13:30 via iGeneration pour iOS

@BeePotato

« Notons que l’approche qu’ils ont retenue rappelle aussi beaucoup les sharewares d’antan »

C’est très exactement ce que j’ai compris et j’en suis tout aussi content !

avatar iGeek07 16/01/2018 - 09:39 via iGeneration pour iOS

Personnellement je trouve ce model super intéressant.
Ce qu'il manque dans l'article par rapport au blog d'Agenda c'est qu'une fois les 12 premiers mois terminés, si on ne paie pas, on n'a pas accès aux nouvelles fonctions apportées (ça c'est dit), mais si on attend quelques mois parce qu'on est content de l'état du logiciel qu'on a, puis qu'au bout de quelques mois ils introduisent une nouvelle fonctionnalités premium qui nous intéresse, on peut racheter un pack de 12 mois, débloquer tous les features premium (y compris ceux sortis entre temps) et celles qui sortirons dans les 12 prochains mois.

En gros c'est comme le modèle de la grosse mise à jour avec des différences intéressantes :
- C'est l'utilisateur qui décide quand il fait une mise à jour majeure (quand les fonctionnalités qui l'intéressent sortent) après les 12 premiers mois de son achat.
- Les fonctionnalités sortent en continu (mieux pour le dev et l'utilisateur)
- Les utilisateurs ont toujours la dernière version (en matière de sécurité et résolution des bugs c'est 👌🏻)

Je pense vraiment que c'est un super compromis entre l'abonnement et le paiement unique puis mises à jour majeures (modèle qui est compliqué sur les app stores).

avatar HadrienX 16/01/2018 - 09:47

Je suis comme beaucoup, anti système d'abonnements, et je n'utilise simplement pas les logiciels basés sur un système d'abonnement s'ils ne proposent pas une licence perpétuelle.
Comme @Axel, j'ai acheté les logiciels Adobe d'une version antérieure à la CC (CS6) où l'achat était encore possible, et je ne ferai pas la mise à jour vers CC.
Je trouve que le principe d'achat de licence perpétuelle avec renouvellement de licence est très bien tant pour le développeur que l'acheteur, c'est pourquoi j'ai acheté Sketch.

avatar iGeek07 16/01/2018 - 10:10 via iGeneration pour iOS

@HadrienX

C'est ça qui est intéressant de ce modèle :

C'est de la licence perpétuelle pour ceux qui veulent (tu achètes les features premium de la première année, puis ne repaie pas).
Et le jour où tu veux les fonctionnalités qui ont été ajoutées tu paie pour une mise à jour (les features ajoutés depuis ton premier achat plus ceux des 12 prochains mois). Si tu ne veux pas de mise à jour majeure (tu aura toujours les bugfix), tu ne paies pas.

Et c'est un abonnement pour ceux qui veulent : payer chaque année le pack 12 mois si tu veux recevoir toutes les nouvelles fonctionnalités premium le jour où elles sortent, et non pas plus tard sous la forme d'une "grosse mise à jour".

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