Serait-ce le début de la fin pour Copilot ? Fin avril, GitHub annonçait que son service allait changer de modèle économique à partir du premier juin. Les abonnements restent en place, mais l’usage de l’IA est désormais facturé selon la consommation, via un système de crédits calculés à partir du nombre de tokens utilisés. Ce changement a été mis en place le 1er juin et fait déjà grimper la facture de nombreux mécontents, réunis en nombre sur le subreddit dédié à Copilot.

En pratique, les abonnements payants donnent désormais accès à un quota mensuel de crédits IA, chaque crédit valant 0,01 $ d’utilisation. Selon la formule choisie, GitHub ajoute aussi des crédits bonus : l’offre Pro à 10 $/mois inclut 1 500 crédits, soit 15 $ d’usage. Celle appelée Pro+ à 39 $/mois en inclut 7 000 (soit 70 $), tandis que le Copilot Max à 100 $/mois en inclut 20 000, soit 200 $. L'utilisation de ces tokens varie selon le modèle utilisé, les plus avancés étant plus gourmands.
Sans surprise, le changement suscite de nombreux mécontentements. « Le mois dernier, j'ai utilisé environ 60 % de mon forfait sur l'ensemble du mois. Ce mois-ci, j'en ai déjà utilisé 25 % dès le premier jour », explique l'un d'entre eux dans un thread aimé plus de 1 200 fois. Beaucoup se montrent surpris du nombre de tokens demandés pour des requêtes présentées comme basiques, et de nombreux menacent d'aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs.

Comme le note Ars Technica, certains arrivent à se faire à ces nouvelles limitations. Un utilisateur explique garder une consommation maîtrisée en effectuant « des modifications très ciblées et réfléchies avec l'IA ». Un autre explique limiter la casse en créant de nouvelles conversations, évitant ainsi de renvoyer un historique complet à analyser à chaque requête.
Plusieurs affirment que les principaux cas problématiques se trouvent du côté des vibe-coders, qui multiplient les requêtes gourmandes et pas forcément efficaces. Cependant, d’autres estiment qu’ils ont le droit d’être en colère : ils ne font qu’utiliser un service que Microsoft et GitHub ont longtemps présenté comme généreux, voire difficile à épuiser, avant de resserrer nettement les vannes.
Il ne serait pas surprenant de voir les concurrents de GitHub adopter des mesures similaires : après tout, il faudra bien un jour ou l’autre rentabiliser les énormes investissements demandés par l’IA, et une entreprise ne peut pas éternellement vendre des abonnements susceptibles de lui coûter plus qu’ils ne lui rapportent. Un tel changement pourrait cependant pousser les utilisateurs à se tourner vers des modèles moins gourmands et mieux optimisés, ou à fortement revoir leur manière d’utiliser ces nouveaux outils.













