La France pourrait accueillir, à partir de l'été prochain, un festival international du jeu vidéo à Montpellier. Emmanuel Macron en a fait l'annonce hier lors du sommet Lumière, qui réunissait les principales organisations culturelles. Si, dans son discours, le président de la République a tenu à faire savoir qu'il portait le jeu vidéo en haute estime, concrétiser une telle ambition en moins d'un an relève de la gageure. Sur le papier, l'idée est séduisante, mais face aux réalités de l'industrie, la partie est loin d'être gagnée.
L’exception culturelle à coups de pixels
Pour le chef de l'État, le constat est clair : le jeu vidéo fait partie intégrante de notre culture et doit rejoindre l'exception culturelle française. L'ambition affichée par l'Élysée est claire : créer une institution qui pèserait autant que le festival de Cannes pour le septième art ou celui d'Angoulême pour la bande dessinée. Ce futur rendez-vous héraultais a pour ambition de s'imposer dès son origine, comme le carrefour mondial de la création, de l'innovation, des professionnels et des joueurs.
Il faut dire que le terreau national est fertile et que l'exécutif compte bien s'appuyer sur les succès mondiaux des studios hexagonaux. Avec un chiffre d'affaires atteignant les six milliards d'euros, 575 studios de développement sur le territoire et 10 000 emplois directs recensés par le Syndicat national du jeu vidéo, la filière tricolore dispose d'arguments économiques sonnants et trébuchants pour justifier une telle vitrine.
Un calendrier sans sauvegarde
Reste à savoir si cet événement parviendra à se frayer un chemin dans un agenda international déjà passablement encombré. Sur le sol français, la Paris Games Week occupe traditionnellement le terrain en fin d'année. Interrogé par BFMTV, le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL), organisateur du salon parisien, accueille la nouvelle avec une prudence toute diplomatique. Si Nicolas Vignolles, son directeur général, assure soutenir tout ce qui peut faire rayonner le secteur en France, il attend d'en savoir plus sur la contribution concrète des grands éditeurs étrangers.
La véritable confrontation n'aura toutefois pas lieu sur la scène nationale. En ciblant la période estivale, le festival de Montpellier irait se frotter directement au mastodonte européen du secteur : la Gamescom. Organisée chaque été à Cologne, la grand-messe allemande dicte le rythme de l'industrie et des annonces sur le Vieux Continent. Déloger un événement de cette envergure, ou même exister de manière pertinente dans son ombre, demandera bien plus qu'une simple déclaration d'intention.













