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Après les sites pornos et les réseaux sociaux, Emmanuel Macron veut s’attaquer aux jeux vidéo [🆕 au 07/02]

Greg Onizuka

vendredi 06 février 2026 à 20:45 • 166

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Le gouvernement français a décidé de faire de cette année une grande offensive sur la protection des plus jeunes dans tous les domaines du numérique. Après les sites pornographiques, les réseaux sociaux en cours de traitement et les VPN annoncés comme prochaine cible par la ministre déléguée au numérique, Emmanuel Macron a indiqué sa prochaine cible : les jeux vidéo violents, comme annoncé lors d’une interview sur le média Brut.

L’Assemblée nationale valide l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

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Si le Président de la République attend une étude certifiant le lien entre jeux vidéo et violence, il risque d’attendre longtemps... Image Wikipedia/Kremlin.ru, CC BY 4.0.

Dans cette courte vidéo, le Président de la République répond aux inquiétudes d’une citoyenne, reprenant la croyance populaire selon laquelle les jeux vidéo rendraient violent, et indique vouloir mener une nouvelle étude concernant cette corrélation, avant de prendre les mesures nécessaires :

Il est clair qu'on a des jeux vidéo violents, qui conditionnent à la violence, qui créent une excitation, une dépendance, où on a des jeunes et des ados qui vont passer des heures et des heures, qui parfois ne vont pas dormir, donc on a des troubles du sommeil et autres. Ça, je dis aux familles : votre rôle c'est de faire attention à vos enfants et vos ados, ne les laissez pas passer autant de temps. Maintenant on va se poser la question avec des gens indépendants, des scientifiques qui vont nous dire quelle est la réalité des choses, quel impact ça a sur les enfants, et peut-être qu'il faudra interdire. Ce qui m'importe, c'est quoi ? C'est protéger nos enfants et nos ados. Quand vous passez 5-6 heures par jour à tuer des gens, à être dans cette logique-là de prédation, c'est clair qu'à un moment donné ça conditionne des jeunes. Et donc quand ils se retrouvent dehors, quand ils se retrouvent en place, quand ils ont à un moment la rage contre quelque chose, une situation, ça va les désinhiber complètement et parfois leur faire commettre le pire.

Le gros souci de cette déclaration du chef de l’État, c’est que nombre d’études ont déjà été faites sur le sujet, et viennent contredire toute relation solide entre la violence et les jeux vidéo. S’il existe bien un lien statistique, il est trop faible pour pouvoir affirmer avec certitude que les jeux vidéo rendent violent. Suite à cette interview d’Emmanuel Macron, Lévan Sardjevéladzé du Syndicat national du jeu vidéo est monté au créneau :

C'est grotesque. L'idée, c'est quoi ? C'est que le président de la République, sous couvert d'appels à la science, un appel qui est toujours salutaire, nous dit que toutes les études scientifiques qui s'accumulent depuis 20 ans et qui montrent qu'il n'y a aucune corrélation entre jeux vidéo et violence, aucune corrélation, ces études, elles ne me plaisent pas, et moi, Emmanuel Macron, je veux en commander une nouvelle. Et il demande à un comité Théodule une étude prétendument scientifique en deux mois, deux mois seulement. Cela n'a aucun sens. Encore une fois, aujourd'hui, le consensus scientifique, c'est qu'il n'y a pas de lien entre jeux vidéo et violence.

D’autant que les réglementations concernant ce secteur ne sont pas inexistantes : depuis plus de 20 ans, les étiquetages des jeux vidéo intègrent la signalétique PEGI dans l’Hexagone. Cette année, c’est même le dixième anniversaire de l’utilisation exclusive et obligatoire de celle-ci.

Les jeux vidéo sont donc classés avec des limites conseillées de 3, 7, 12, 16 et 18 ans. Call of Duty, par exemple, est classé PEGI 18 pour ses scènes de violence explicites et réalistes.

Il faut se rendre à l’évidence, la volonté affichée par le chef de l’État semble bien peu réaliste : dans un premier temps, vouloir commander une nième étude sur la relation entre violence et jeux vidéo, quand les études précédentes n’ont, au mieux, mis en évidence qu’une petite association statistique, insuffisante pour affirmer avec sérieux que « les jeux vidéo rendent violent » (y compris lorsque certaines ont été commandées par des détracteurs du secteur) ressemble à de l’acharnement. Ensuite, si interdire l’accès des réseaux sociaux aux moins de 15 ans semble déjà complexe à mettre en place (sans parler d’interdire l’accès aux sites pornographiques, tellement nombreux sur Internet que l’idée semble irréalisable), comment s’assurer qu’un jeu vidéo jugé « violent » ne sera pas mis entre les mains d’un mineur ? À part mettre une vérification faciale à chaque démarrage du logiciel, voire durant son utilisation, la tâche semble difficile à accomplir.

Les VPN, prochaine cible du gouvernement pour protéger les mineurs

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Si les premières étapes semblaient frappées au coin du bon sens, en compliquant l’accès aux sites pornographiques et aux réseaux sociaux pour les plus jeunes, il s’agirait de ne pas tomber dans l’excès à vouloir tout verrouiller, au risque sinon d’exaspérer la population pour de maigres résultats en retour...

Mise à jour du 7 février : le chef de l'État a posté un complément à son interview d'hier pour tenter de déminer le sujet, ayant bien compris aux réactions sur les différents réseaux sociaux qu'il avait touché un point agaçant toute une frange de la population (le post a plusieurs pages, ce n'est pas un « simple » meme, heureusement) :

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