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Claude en renfort, GPT-5.6 aux commandes : les ouvertures cachées de Siri

Christophe Laporte

lundi 14 septembre 2026 à 08:15 • 15

macOS

Les signes d’une ouverture de Siri à d’autres intelligences artificielles se multiplient. Décidément bien occupé à explorer les coulisses des nouveaux systèmes d’Apple, pdfu présente deux démonstrations complémentaires : l’une permet de solliciter Claude depuis Siri, l’autre de confier à GPT-5.6 Terra le travail normalement effectué par le modèle serveur de Siri AI. Deux niveaux d’intégration bien différents, qui donnent une idée du chemin parcouru par Apple… sans annonce correspondante pour les utilisateurs.

Claude prend la parole

Dans la première démonstration, Claude apparaît dans le menu permettant de choisir à quelle IA adresser sa demande. Selon les explications de pdfu, cette intégration repose sur l’API interne Model Delegation du framework App Intents et emprunte le même circuit que l’extension ChatGPT intégrée au système. Siri pourrait ainsi accueillir d’autres interlocuteurs sans obliger l’utilisateur à quitter son interface.

L’intérêt dépasse le choix d’une marque. Dans l’exemple présenté, Claude peut produire un fichier CSV, là où Siri AI n’y parvient pas. L’extension apporte donc ses propres capacités, tout en sachant repasser la main : lorsqu’une demande nécessite une intervention dans le système, comme la création d’un rappel, elle peut transmettre à Siri la requête initiale ou une version reformulée. C’est alors l’assistant d’Apple qui se charge de l’exécuter.

Cette répartition des rôles compte. Claude ne récupère pas automatiquement tous les accès de Siri aux données personnelles et aux applications. Il traite ce qui lui est transmis et sollicite l’assistant lorsqu’une action sur l’appareil devient nécessaire.

Apple a intégré les outils nécessaires pour que Siri AI puisse utiliser Claude ou ChatGPT

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GPT sous le capot

La seconde expérience va plus loin. Cette fois, pdfu utilise une extension pour remplacer le modèle serveur de Siri AI par GPT-5.6 Terra. Le modèle d’OpenAI reçoit les instructions de planification prévues par Apple, ainsi que les définitions des outils permettant de demander des actions au système. Il peut ensuite exploiter les résultats de ces actions, y compris lorsqu’ils contiennent des données personnelles, puis produire une réponse restituée avec l’interface et la voix de Siri, éléments interactifs compris.

Il ne s’agit donc plus simplement de transmettre une question à un assistant extérieur : le modèle tiers prend en charge la planification habituellement confiée au serveur d’Apple. D’après pdfu, Siri AI disposerait aussi d’un planificateur local, baptisé « Skimmer », aux capacités plus limitées, qui déléguerait une grande partie des tâches aux modèles distants. C’est cette partie distante que son montage remplace. L’auteur indique d’ailleurs que la fin de la vidéo montre les requêtes enregistrées sur la plateforme d’OpenAI.

Le dispositif repose sur le protocole Inference Providing et sur un point d’extension privé d’ExtensionKit, com.apple.modelmanager.inferenceprovider. Le mot « privé » est ici déterminant : ces essais exploitent des mécanismes internes et nécessitent, selon pdfu, de désactiver certaines protections de macOS. Ils démontrent une possibilité technique, pas l’existence d’une option prête à être activée dans les réglages.

La boutique sans vitrine

Avant la WWDC 2026, des informations évoquaient justement un système d’extensions grâce auquel les applications de plusieurs fournisseurs d’IA pourraient s’intégrer à Siri. Une rubrique dédiée de l’App Store aurait accompagné cette ouverture, avec l’idée d’un catalogue d’assistants à télécharger. Apple n’a pas présenté ce dispositif lors de sa conférence.

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Les expériences de pdfu suggèrent qu’une part substantielle des fondations existe. Elles ne permettent toutefois pas de mesurer le travail restant pour en faire une fonction distribuée et prise en charge officiellement. Donner accès à un modèle, encadrer les informations qu’il reçoit et garantir qu’il utilise correctement les outils de Siri sont autant de sujets qu’une démonstration ne suffit pas à régler.

Une telle ouverture pourrait aussi fournir à Apple un argument dans ses échanges avec Bruxelles, en laissant davantage de place aux services concurrents. Ce serait une piste politique, sans garantie qu’elle suffise à résoudre les désaccords.

Apple a manifestement prévu plusieurs portes d’entrée pour les IA tierces. Tout l’enjeu serait désormais de savoir à qui elle accepterait d’en remettre les clés, et avec quelle liberté d’action.

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