Microsoft veut aider les éditeurs de presse à récupérer des sous auprès de Google et de Facebook

Mickaël Bazoge |

La Commission européenne a ouvert en fin d'année dernière le débat autour de deux textes importants visant à rééquilibrer le rapport de force avec les mastodontes du numérique, le Digital Markets Act (DMA) et le Digital Services Act (DSA). Dans ses grandes lignes, le DMA ne devrait pas avoir de mal à faire consensus puisqu'il s'agit d'assurer la libre concurrence entre tous les acteurs.

Microsoft présente son moteur de recherche Bing comme étant « copyright-friendly » pour les éditeurs de presse.

Le DSA, qui entend réguler les contenus échangés sur les réseaux, sera plus complexe mais Margrethe Vestager, la vice-présidente exécutive de la Commission en charge de la concurrence, a bon espoir de trouver un accord au printemps 2022 alors que la présidence tournante de l'Union sera assurée par la France (lire : Contenus illégaux, réindustrialisation : Paris fait pression sur Bruxelles).

C'est dans ce contexte que Microsoft fait entendre sa petite musique dissonante. L'éditeur s'est en effet allié avec quatre groupes de pression européens créés par des éditeurs de presse du vieux continent, raconte le Financial Times (dont European Publishers Council, News Media Europe, ainsi que plusieurs associations d'éditeurs de magazines et de quotidiens). L'objectif : développer une solution légale pour faire payer les liens et les extraits d'articles que partagent les plateformes « ayant un pouvoir dominant sur le marché ». Autrement dit, Google et Facebook.

Ce lobby cherche à mettre en place une solution de type australienne en Europe. L'Australie a imaginé un système de négociation entre les éditeurs de presse et les plateformes, puis c'est un juge de paix qui tranche. En bout de course, c'est le régulateur qui fixe les prix, tandis qu'une clause de non-discrimination interdit aux plateformes de sélectionner le contenu : c'est tout le monde ou personne (lire : Australie : si Google part, Bing peut très bien le remplacer d'après le gouvernement).

Après avoir menacé de quitter purement et simplement l'Australie, Google a cédé en nouant des accords avec les principaux éditeurs, dont News Corp. (Rupert Murdoch). Toujours fâché, Facebook a fait en sorte que ses utilisateurs ne puissent tout simplement plus partager de liens provenant de titres de presse australiens.

En France, le chemin choisi par les autorités et les éditeurs de presse a été celui de la négociation directe avec les grandes entreprises d'internet. Google a sorti son carnet de chèques (lire : Google : plus de 62 millions d'euros pour acheter la paix avec la presse française). Au vu de son opacité, cette option française ne semble pas tenir la corde : sans système d'arbitrage, il est trop facile pour les plateformes de contourner les règles.


avatar reborn | 

Encore plus simple pour Facebook, faire payer l’utilisateur pour qu’il puisse poster ses liens. L’argent irait droit dans les poches des sites d’infos...

🙃🙃🙃

avatar YetOneOtherGit | 

Puisqu’il est ici question de Google, je pose ça là :

https://youtu.be/HbFadtOxs4k

Lê Nguyên Hoang, qui n’est pas un rigolo, pointe un enjeu peut-être un peu plus important que de savoir si EPIC peut ouvrir sa boutique sur iOS.

avatar DG33 | 

@YetOneOtherGit

😱

avatar morpheusz63 | 

@YetOneOtherGit

C'est étonnant que vous l'ingénieur des lumière 2.0 progressiste, faites la promotion de vidéo complotiste comme celle ci😎. Tout ce que je retiens de la vidéo, c'est effectivement la majorité des gens de la tech, ou le quidam s'en foute que Google devienne Skylab. Plus,d'éthique plus de raison, plus d'humanité comme d'hab en ce moment. L'amie Nguyen prend quelque raccourcis de journaliste fact checker à la facebook sinon c'est intéressant sur certains point

avatar YetOneOtherGit | 

@morpheusz63

"faites la promotion de vidéo complotiste comme celle ci"

🙄

avatar vince29 | 

C'est moins ce que Google fait que ce qu'essayait de faire Tibrit qui me fait peur.

avatar reborn | 

@YetOneOtherGit

C’est très alarmiste..

Ça me fait pas plus peur que ça pour 2 raisons.

-C’est volontairement très alarmiste
-Il y a des alternatives à Google. Le pouvoir est entre les mains des utilisateurs

avatar YetOneOtherGit | 

@reborn

"C’est très alarmiste.."

Je ne trouve pas et s’il est assez touché par un sujet qui lui est proche il est très loin d’être le seul dans la communauté de l’IA à s’inquiéter en privé ou en public de ces enjeux d’éthiques sur l’IA.

Autant je ne partage pas les délires singularistes sur l’IA, autant les enjeux des graves bias que produit la façon de nourrir sans discernement les process sont des pb lourds de conséquences.

avatar YetOneOtherGit | 

@reborn

"-C’est volontairement très alarmiste"

Nope c’est porté avec coeur mais il y a un fondement très solide à ce qui le fait réagir ainsi ce qui est très rare pour lui.

avatar YetOneOtherGit | 

@reborn

"Il y a des alternatives à Google. Le pouvoir est entre les mains des utilisateurs"

La tu te mets le doigt dans l’oeil la question n’est en rien l’existence d’alternantes mais la place forte qu’auront les services vendus par Google basé sur ces iA dans nos sociétés

avatar raoolito | 

je ne saisis pas le soucis avec FB ? Dans ce cas, on poste le lien et celui qui voudra aller plus loin que le titre et les premieres lignes ira sur le site original en cliquant dessus. La meme chose qu’apple news quoi .
Autant google je comprend, autant FB..?

avatar vince29 | 

Oh pitié stop le pipeau telling sur cette histoire.
Leur conseillère "éthique" ne l'était pas du tout. En plus d'être caractérielle

avatar vince29 | 

Tim Berners-Lee a dit que les lois australiennes menaçaient purement et simplement le web.

Déjà que les lois européennes sont stupides mais tout le monde les a pourtant applaudies quand elles ont été votées grâce à l'intense campagne de (més)information de (presque) tous les médias mainstream. Le méchant Google ça marche toujours.

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