Valéry Giscard d'Estaing, le président qui a vu naître l'informatique personnelle

Jean-Baptiste Leheup |

Valéry Giscard d'Estaing, l'ancien Président de la République entre 1974 et 1981, est décédé aujourd'hui, à l'âge de 94 ans. Il était hospitalisé au CHU de Tours depuis la mi-novembre. Nous ne reviendrons bien sûr pas sur les grandes lignes de sa biographie, d'autres s'en chargeront beaucoup mieux que nous.

Cependant, pour apprécier l'époque où « VGE » était président, il faut se rappeler qu'au moment de son élection en 1974, Apple n'avait pas encore été fondée (1976), pas plus que Microsoft (1975), et que le microprocesseur venait de fêter ses trois ans. Le TGV n'avait pas encore fait son apparition (1981), le RER A s'appelait encore Métro Régional et l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle n'avait été inauguré que deux mois plus tôt. On n'avait encore inventé ni l'ADSL (1988) ni le CD (1982), et l'ORTF n'avait pas encore laissé sa place à TF1, Antenne 2 et FR3.

Du côté de l'informatique, si l'effort français durant le septennat Giscard n'a pas laissé un souvenir impérissable, on peut cependant remarquer qu'un plan d'envergure fut décidé : le « Plan pour le développement des circuits intégrés en France », annoncé le 23 mai 1977. L'objectif de ce plan, doté d'un budget de 600 millions de francs sur cinq ans (plus de 350 millions d'euros, en tenant compte de l'inflation), était de rétablir la balance commerciale de la France, qui importait 80% de ses besoins en puces informatique à l'époque. Ce plan n'eut pas plus d'effet tangible que son prédécesseur, le « Plan Composants » de 1967, arrivé avec un train de retard sur l'évolution de la technologie.

Et François Mitterrand ?

Une nouvelle tentative vit le jour en 1982, sous le premier septennat de François Mitterrand, avec le « Plan Puces », dont l'objectif était ambitieux : *rééquilibrer une balance commerciale déficitaire de 900 millions de francs en 1982 et reconquérir une certaine indépendance technologique vis-à-vis des groupes américains à l'horizon 1986*.

Inutile de vous préciser qu'au moment de compter les points cinq ans plus tard, Thomson, Bull et Goupil avaient été laminés par la lame de fond déclenchée par Apple, IBM et Microsoft… et ceci, malgré le « Plan Informatique pour Tous », doté d'un budget de 1,8 milliard de francs et favorisant largement l'industrie française… Précisons toutefois que dans les Thomson MO5 et TO7 retenus pour équiper nos écoles, on trouvait un processeur Motorola, un paquet de puces Texas Instrument en provenance du Portugal, de Grande-Bretagne et de Malaisie, et une implémentation du BASIC de Microsoft…

Au moment de la présentation du projet de loi de finance pour l'année 1981, la commission des Affaires économiques du Sénat remarquait que malgré la hausse de leur production, les entreprises françaises de circuits intégrés (Thomson-CSF, RTC, EFCIS, MHS et Eurotechnique) ne couvraient que 1,8% des besoins du marché mondial. Car pendant le mandat Giscard, l'informatique personnelle avait pris son envol et les besoins avaient explosé. Si la France était l'un des pays les plus enthousiastes en la matière, si l'État avait lancé en 1977 le projet Minitel qui aboutira en 1982, et si quelques groupes nationaux tentaient de se faire une place au soleil sur le marché des micro-ordinateurs, l'innovation était clairement du côté des États-Unis, et la production, dans les usines asiatiques.

À l'intérieur du TO7 français, pas beaucoup de technologies hexagonales… (Image : mapetitecollection)

Le 10 avril 1981, comme pour redorer son blason, le président publiait l'une de ses dernières tribunes, en pleine campagne électorale. Rappelant qu'il avait « toujours été convaincu que la maîtrise, par l'ensemble de la société française, de son avenir scientifique et technologique revêtait la plus grande importance », il égrenait les rapports commandés, les colloques organisés, et indiquait les trois points de repères qu'il estimait alors essentiels :

  • L'informatique est appelée à apporter de profondes transformations dans notre organisation économique et sociale : ce ne doit pas être une révolution subie, mais une évolution préparée.
  • La France, grâce à son potentiel scientifique et intellectuel a une vocation naturelle à développer l'invention, la production et l'usage de l'informatique. C'est une des orientations fondamentales de l'avenir de notre économie.
  • La France doit veiller particulièrement à prévoir, et, s'il le faut, à limiter certains des impacts de l'informatique sur la vie intime et profonde de la société. Nos valeurs fondamentales de liberté et d'humanisme doivent être ici réaffirmées et respectées.

Bien sûr, le monde a changé depuis 1981, mais les réflexions de l'ancien Président continuent de résonner avec une étrange actualité. Certaines, parce que de simples prédictions, elles sont devenues une réalité quotidienne. D'autres, parce qu'elles ont été démenties par le raz-de-marée d'une révolution qu'aucun État n'avait anticipée.

  • Oui, l'informatique affecte désormais toutes les activités économiques et sociales. Oui, l'informatique, les télécommunications, les automatismes industriels et l'audiovisuel sont aujourd'hui étroitement liés. Oui, les quelques milliers d'utilisateurs d'informatique en 1981 sont devenus des millions aujourd'hui.
  • Non, nous n'avons pas assisté à « la naissance des grandes structures industrielles dont la France a besoin pour participer avec succès à la compétition mondiale ». Non, le langage français ADA n'est pas devenu « le langage informatique universel pour les vingt prochaines années ». Mais oui, on a assisté à « la création d'une capacité française pour les fusées et les satellites », avec la naissance d'Arianespace en 1980.
  • Oui, la France a très tôt donné l'exemple en termes de protection de la société face aux outils informatiques. Oui, « aucun fichier de personnes ne peut être créé en France, sans le contrôle d'une commission éminente, et sans que la décision soit prise par un responsable nommément désigné », depuis la loi Informatique et Libertés de 1978 qui donne à chacun accès aux informations collectées à son sujet.

Et alors même que le taux d'informatisation des foyers français, des administrations et même des entreprises frisait encore le 0% au moment où il s'exprimait, le Président concluait ainsi son propos :

Nous sommes confrontés à la nécessité de libérer ces nouvelles forces de croissance, pour en faire aussi de nouvelles forces d'émancipation. Ce sont les questions-clés autour desquelles tourne déjà, et devra progresser ce grand débat de l'informatisation de la société.


avatar pilipe | 

@oomu

Votre commentaire fait en tout cas bien remonté votre côté fasciste ça s’est sur.

avatar YetOneOtherGit | 

@pilipe

"votre côté fasciste "

Visiblement tu emploies des termes sans en connaître le sens 🤢

avatar YetOneOtherGit | 

@oomu

"On est donc obligé aussi d'y subir les fascistes"

Ce qui m’afflige le plus c’est de retrouver ici les dévastateurs postures de l’ère de post-vérité 😢

Les mécanismes de lecture de la complexité appliqué ici au considérations liées au monde de l’informatique sont hélas les mêmes que ceux que l’on voit pour prétendre affronter la complexité du monde que mettent en œuvre certains. 🤢

avatar Manuko | 

Merci pour la rétrospective.

Moi qui roule en voiture électrique, je vois pas mal de similitude avec 40 ans d'écart.
Le développement est aussi maladroit et il va y'avoir de la casse.

avatar Danny Wilde | 

Article très intéressant et qui fait plaisir à lire de temps à autre sur MacG.

De plus, les commentaires sont très pertinents sur une époque un peu trop vite oubliée et qui est l’origine de ce que nous vivons aujourd’hui.

avatar Zara2stra | 

ouais ben il avait 94ans... il devait être quasi liquide !
en plus j’ai lu qu’il coutait un pognon de dingue pépé.

avatar melaure | 

@Zara2stra

Il coûtait moins que l’avant dernier président qui n’a servit à rien du tout ... a peine a nous faire rire ! Et on va payer encore longtemps pour du flan ...

avatar Eyquem | 

@Zara2stra

Quel manque de respect, c’est fou ! Vous êtes qui vous ? Vous n’avez probablement même pas fait 5% de ce qu’il a pu faire dans sa vie.

avatar YetOneOtherGit | 

@Eyquem

"Vous n’avez probablement même pas fait 5% de ce qu’il a pu faire dans sa vie."

Effectivement quelques soit le jugement que l’on puisse avoir sur l’action de l’homme son parcours est remarquable :
- Engagé volontaire à 19 ans alors qu’il pouvait confortablement suivre sa taupe à Louis Legrand
- Parcours remarquable dans la 1ˋArmée de Jean de Lattre de Tassigny
- Intégration de l’X en belle position puis ENA
- Parcours ministérielle prestigieux
- Accession à la présidence alors qu’il est porté par un parti minoritaire et que la victoire de Jacques Chaban-Delmas semblait acquise
...

C’est un destin exceptionnel et dieu sait que je suis très loin d’être un thuriféraire de bien des aspects du personnage.

De son septennat reste certainement un vent de modernisation d’une France post 68 qui était encore engoncée dans des visions d’un autre temps.

avatar morpheusz63 | 

@YetOneOtherGit

C'est un peu présompteux de dire qu'il n'a pas un 5% de Vge, Est ce que tout le monde à la chance d'être bien né? D'avoir fréquenté l'élite de l'époque etc, à travers vos propos dithyrambique, je peux comprendre qu'il à marqué les gens de votre générations mais pour les gens de ma générations il est l'homme de la loi du 3 janvier 1973, les diamants de Bokassa, le traité de lisbonne etc

avatar YetOneOtherGit | 

@morpheusz63

"C'est un peu présompteux de dire qu'il n'a pas un 5% de Vge, Est ce que tout le monde à la chance d'être bien né? "

Nope, il n’y a pas beaucoup de gens « bien » nés ayant fait 5% de son parcours 😎

avatar YetOneOtherGit | 

@morpheusz63

"travers vos propos dithyrambique"

Où diable vois tu des propos dithyrambiques de ma part ?

ici : “C’est un destin exceptionnel et dieu sait que je suis très loin d’être un thuriféraire de bien des aspects du personnage.” ?

Mes propos sont fort factuels et nier le destin exceptionnel est assez difficile.

avatar morpheusz63 | 

@YetOneOtherGit

Je parlais de VGE, vos propos le concernant sont un peu excessif mais vous avez le droit de le dire et je respecte cela

avatar YetOneOtherGit | 

@morpheusz63

"Je parlais de VGE, vos propos le concernant sont un peu excessif mais vous avez le droit de le dire et je respecte cela "

j’avais bien compris, mais en quoi sont ils excessifs?

C’est des éléments factuels m’étant en avant un destin rare, rien de plus.

Absolument pas un panégyrique que j’aurais beaucoup de mal à produire étant un opposant politique à nombre de ses vues

avatar YetOneOtherGit | 

@morpheusz63

"mais pour les gens de ma générations il est l'homme de la loi du 3 janvier 1973, les diamants de Bokassa, le traité de lisbonne etc"

Le réductionnismes manichéen n’est pas une question de génération, je n’ai pas ce type de jugement réductionniste sur les politiques antérieurs à mon existence 😎

Tu peux faire une caricature de ce type d’absolument tous les personnages historiques 😉

avatar morpheusz63 | 

@YetOneOtherGit

LOL, l'emploi de grands mots pour fuire mon propos, c'est factuelle ce que je vous dis et vérifiable..😉

avatar YetOneOtherGit | 

@morpheusz63

"vérifiable..😉"

Complètement à côté de la plague ai-je dit que ce que tu avançais était faux ?

Non, je dis que c’est réductionniste et manichéen, ce qui ‘st fort différents.

Contrairement à ce que tu fantasmes je ne fais pas le panégyrique de VGE, j’illustre juste par des éléments factuels indiscutables la nature exceptionnelle de son parcours.

Je ne fais nullement ici un bilan des succès et des échecs de sa carrière politique et évidemment j’évite de sombrer dans le réductionnismes manichéen qui est le tiens et qui est fort dangereux.

L’action politique de VGE n’est absolument pas réductible aux quelques faits que tu sélectionnes et ce n’est pas prendre la défense de VGE que de pointer cela mais simplement celle d’une certaine idée de la raison.

Triste époque où l’on ne peut débattre qu’en faisant appel au pathos, au manichéisme, au réductionnismes et à la facilité de quelques raccourcis paresseux 😣☹️

avatar YetOneOtherGit | 

@morpheusz63

"de grands mots "

😳😳😳

Ne pas se contenter du vocabulaire affligeant d’un Trump c’est employer des grands mots? 🙄🙄🙄

avatar occam | 

@morpheusz63

« Est ce que tout le monde à la chance d'être bien né? »

Allez dans le Cantal, à Montboudif, y visiter la maison natale de Georges Pompidou :
http://wikimapia.org/35366855/fr/Maison-natale-de-Grorges-Pompidou

Elle est tellement modeste que le petit musée consacré à la mémoire du prédécesseur de VGE a dû s’installer dans le bâtiment d’en face, un peu plus conséquent.

On peut difficilement imaginer des origines sociales plus contrastées que celles de Pompidou et VGE. Pourtant, malgré les différences de style évidentes, que de similarités dans leurs parcours, et dans leur façon d’appréhender les problèmes. Si la seule origine sociale avait été le handicap insurmontable que vous semblez y voir, Pompidou n’aurait jamais été le chef de gouvernement le plus efficace de la Ve République, ni le président qui sut surmonter à la fois les soubresauts de l’après-‘68 et l’abîme de la succession gaullienne, tout en faisant face avec un stoïcisme à peine croyable à la tragédie de sa propre maladie.

avatar oomu | 

@Zara2stra

il était encore actif y a peu, tenant un bureau, réunions, projets, etc.

bien sur que pépé coutait cher, moi aussi je coute cher, mais faut quand même saluer qu'on l'apprécie ou non (je n'aime aucun politicien) qui est resté actif longtemps.

avatar Yves SG | 

Merci pour cet article !

avatar 421 | 

Les plans informatiques...
Mes premiers contacts avec un clavier, un écran et... une tortue...
Oui, une tortue qui dessinait sur le papier ce que nous «dessinions» ou écrivions à l’écran...
J’avais 5 ou 6 ans...

avatar Pierre H | 

Il restera surtout dans notre histoire pour son départ calamiteux. Sinon pour le côté visionnaire sur l'informatique, c'était plutôt l'inverse. C'est quand même lui qui a fait arrêter les recherches sur la transmission des paquets, recherches de Louis Pouzin qui seront largement reprises par les US pour créer... le protocole tcp/ip. A la place il a préféré les recherches qui ont donné lieu... au miniteL
Si vous manquez d'idées cadeaux pour Noel, je vous recommande le roman Comédies Françaises qui parle de ça, entre autres. Louis Pouzin étant toujours en vie...

avatar vince29 | 

FT n'aurait pas facturé autant la connexion, le destin du Minitel aurait pu être tout autre.

avatar raoulb | 

Merci Pierre de rappeler l'essentiel malheureusement : l'abandon des travaux sur le protocole TCP/IP en faveur du minitel, cela dit bien accompagné dans sa "vision" par des fleurons de l'industrie française comme Thomson...
C'est bien expliqué ici :
https://www.franceculture.fr/emissions/superfail/pourquoi-la-france-a-t-elle-invente-le-minitel-plutot-quinternet
et dans le dernier livre d Eric Reinhardt "Comédies françaises ".
Chacun se fera son opinion...

avatar YetOneOtherGit | 

@Pierre H

"Louis Pouzin étant toujours en vie..."

Un des pionniers de l’informatique française au parcours impressionnant, je constate d’ailleurs que fort peu des grands noms de l’informatique française sont connue même des passions.

La bataille commutation de paquet / transmission de paquets est une intéressante illustration de ce que j’évoquais plus haut sur le devenir du plan calcul : l’opposition entre les visions d’électroniciens (ayant déjà une longue histoire et une légitimité) et les visions d’informaticiens (Très minoritaire et émergeant)

Les ingénieurs Supelec et X/Telecom qui irriguaient l’industrie, les instances et les entreprises publiques de l’époque aux postes de responsabilités avaient, pour la plus part, beaucoup de mal à embrasser le changement de paradigme qui allait avec l’informatique.

C’étaient souvent des gens brillants mais il est difficile de sortir de sa zone de confort et de remettre en cause ses visions.

Le grand Gérard Berry regorge d’anecdotes, parfois relativement récentes, sur les grandes difficultés qu’ont rencontré les sciences informatiques pour être réellement prises au sérieux.

L’INRIA qui est un fruit du plan calcul a fait beaucoup pour faire de l’informatique autre chose qu’un sous ensemble de l’électronique dans bien des esprits de décideurs français.

Pour finir la France a quelques très grandes figures des sciences informatiques largement reconnues à l’international mais très peu médiatisée tel Yann Le Cun récipiendaire du Prix Turing pour ne citer qu’une des figures relativement récente.

avatar oomu | 

@YetOneOtherGit

"Un des pionniers de l’informatique française au parcours impressionnant, je constate d’ailleurs que fort peu des grands noms de l’informatique française sont connue même des passions. "

enfant, mon univers était saturé par les Hebdologiciels, Tilt, etc de noms d'américain ou anglais : Sinclar, Jobs, etc.

Le milieu télévisuel m'enseignait une chose: rien existait en France.

Voilà comment je fut forgé en 70s/80s et comment je pense nombre de gens ici l'ont été.

avatar YetOneOtherGit | 

@oomu

J’ai la grande chance de fréquenter encore lycéens l’INRIA de Sophia Antipolis où j’ai rencontré de véritables role models. 🙏🙏

avatar occam | 

@YetOneOtherGit

Puisque vous évoquez Louis Pouzin, il est juste de rappeler l’étude qui a façonné la conception giscardienne de l’informatisation de la société, conception qui, avec ses visions fulgurantes comme avec ses aveuglements, vise bien plus haut que les détails techniques de tel ou tel protocole de réseau.
Ce rapport, remarquable encore aujourd’hui, est co-signé par Simon Nora et Alain Minc. Il n’est pas anodin qu’ils eussent été tous les deux inspecteurs des finances...
https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/154000252.pdf

S’il fallait expliquer comment et pourquoi les initiatives successives des divers gouvernements français ont échoué, il faudrait commencer par lire les deux derniers paragraphes (page 6) de la lettre d’introduction de Simon Nora à VGE. Les interrogations qu’il y formule, les actions qu’il y recommande pour la suite, l’évaluation continue qu’il préconise sont exactement ce qui aura fait défaut à la politique informatique — ou à ce qui en tenait lieu.

L’envergure d’un patron comme d’un président se mesure aussi aux problèmes qu’il pressent, aux questions qu’il pose, aux études conceptuelles qu’il engendre. En ce sens, l’envergure de VGE fut considérable.
Comme si souvent en France, on a manqué de suivi.

Pour l’historique de l’étude, qui fut également une aventure éditoriale :
https://www.persee.fr/doc/xxs_0294-1759_1989_num_23_1_2832

avatar YetOneOtherGit | 

@occam

Effectivement les hussards de la république produisant un normalien sachant écrire.

avatar YetOneOtherGit | 

@occam

"Simon Nora "

Encore un de ces brillants serviteurs de l’état que certains méprisent tant ici.

Un homme intellectuellement remarquable qui fût un des compagnons de route de JJSS.

Merci de me rappeler le rapport Nora/Minc 🙏

avatar YetOneOtherGit | 

@occam

"L’envergure d’un patron comme d’un président se mesure aussi aux problèmes qu’il pressent, aux questions qu’il pose, aux études conceptuelles qu’il engendre. En ce sens, l’envergure de VGE fut considérable."

Très juste remarque, VGE est nombre de ceux qui le conseillèrent avait une réelle vista concernant les enjeux à venir.

Quant à l’action politique, on oublie souvent que ce fût le premier président de la Ve à vivre en situation de cohabitation : le parlement était dominé par l’UDR de Chaban-Delmas qu’il avait défait à la présidentielle, son premier ministre allait former le RPR et contribuer fortement à l’échec de sa réélection.

L’histoire juge l’action des hommes en désamorçant les passions.

avatar occam | 

@YetOneOtherGit

"on oublie souvent que ce fût le premier président de la Ve à vivre en situation de cohabitation "

Très juste, et très perspicace de le relever !

Les lignes de faille politiques n’étaient pas congruentes avec la simple délimitation gauche/droite ; elle ne le sont toujours pas. VGE l’avait bien compris, mais il était trop ancré dans une vision gaullienne des institutions pour en tirer toutes les conséquences. Son successeur le plus récent l’a également compris, et comme il n’avait plus aucune réticence à dynamiter les anciennes lignes de démarcation, il a su en tirer parti.

avatar oomu | 

@Pierre H

si tuer cyclades fut une faute

le minitel n'est PAS une faute !

avatar YetOneOtherGit | 

Beaucoup parle du Minitel, il est intéressant de savoir que les prémisse de son déploiement avaient créé une levée de boucliers de la presse écrite et un efficace lobbying de la PQR en direction des politiques.

avatar petergab64 | 

@YetOneOtherGit |
Le plan "Calcul" c'est De Gaulle, pour nous libérer du joug US afin de pouvoir développer nous-même notre industrie nucléaire...

avatar YetOneOtherGit | 

@petergab64

"Le plan "Calcul" c'est De Gaulle, pour nous libérer du joug US afin de pouvoir développer nous-même notre industrie nucléaire..."

Oui est ?

En quoi mon propos va à l’encontre de ce fait largement connu ?

Par contre c’est un peu plus riche dans ces motivations que les questions de l’industrie nucléaire civile et militaire.

Le rapport Ortoli est une mise en perspective large de la place de la 1° révolution informatique dans la croissance des entreprises et des dangers d’être dépendant des leader US dont IBM.

avatar petergab64 | 

C'est juste une précision, ce n'est pas VGE qui a initié le plan calcul.
Quant à l'indépendance de notre informatique, citons par exemple CII qui a informatisé de l'Armée de l'Air (systèmes RAID ou CRAID pour la Marine) c'était toujours aux US qu'il fallait commander les cartes.
J'informe, je ne critique pas ton intervention.
Et entre les deux, il y a eu Georges Pompidou.

avatar YetOneOtherGit | 

@petergab64

"C'est juste une précision, ce n'est pas VGE qui a initié le plan calcul. "

C’est même pour moi son fourvoyeur , cf ma contribution plus haut 😉

avatar YetOneOtherGit | 

@petergab64

"Quant à l'indépendance de notre informatique, citons par exemple CII qui a informatisé de l'Armée de l'Air (systèmes RAID ou CRAID pour la Marine) c'était toujours aux US qu'il fallait commander les cartes. "

Je ne conteste nullement l’importance de l’indépendance militaire sur ces questions, c’est même avec cet axe que Michel Debré avait convaincu le général.

J’élargis juste les motivation du plan qui reposait sur une vision assez juste des besoins d’une large part du tissu économique français de s’informatiser.

avatar pagaupa | 

Encore un qui a toutes les qualités une fois mort...
On oublie vite ses casseroles...

avatar DamienLT | 

@pagaupa

Ben écoute ça devrait te rassurer... On ne retiendra donc que du bon de tes contributions, tu vas pouvoir continuer à écrire tout et n’importe quoi et on oubliera tout, c’est plutôt cool non ?

avatar oomu | 

@DamienLT

c'est d'ailleurs la seule vérité qui me rassure pour le jour de ma mort. "on se rappellera que le bon de moi, qui est.. que j'ai jamais dérangé personne :)"

avatar DamienLT | 

@oomu

Et pourtant on sait tous que le Oomu adoooore déranger les autres (et je dis ça dans le bon sens !) 🧐

avatar stef41 | 

Enfin !! Le président qui nous a coûté le plus cher à la société !! Il était grand temps !!

avatar hugome | 

Bravo pour l’article.

Dans les commentaires, on dérive sur les échecs de l’état à créer une filière informatique.

En réalité, cet échec est partagé et c’est surtout les entreprises françaises qui n’ont pas du se développer, faute de savoir concevoir des produits adaptés à un large marché.

C’est un peu sacrilège de le dire sur MacG mais le problème est qu’on a trop de patrons ingénieurs sans compétence marketing : on part pas du besoin, mais de ce qu’on sait faire. Et ça marche plus dans un monde où ce n’est plus l’Etat qui décide ce qu’il faut déployer.

avatar YetOneOtherGit | 

@hugome

"En réalité, cet échec est partagé et c’est surtout les entreprises françaises qui n’ont pas du se développer, faute de savoir concevoir des produits adaptés à un large marché."

C’est le coeur de la contribution que j’ai posté plus haut, l’histoire du plan calcul est plus complète que le trivial « les bureaucrate font de la merde »

avatar YetOneOtherGit | 

@hugome

"C’est un peu sacrilège de le dire sur MacG mais le problème est qu’on a trop de patrons ingénieurs sans compétence marketing : on part pas du besoin, mais de ce qu’on sait faire. Et ça marche plus dans un monde où ce n’est plus l’Etat qui décide ce qu’il faut déployer."

Ce n’est pas sacrilège c’est un propos fort juste et nous avons ici quelques représentants typiques de ce mind set d’ingénieur qui ne voit que par un pragmatisme technique et sont absolument incapables d’avoir une pensée business, produit, usage, marketing.

Ils trouvent ces points trivial, méprisables, vulgaires...

Mon double parcours en grande école en France puis en MBA en Californie m’a fait prendre conscience dans mes jeunes années de ce triste constat.

La donne évolue heureusement, les grandes écoles techniques s’étant largement ouvertes à ces enjeux depuis quelques décennies.

Un produit ce n’est pas une sommes de belles technologies.

Certains ici n’arrivent pas à dépasser une vision boulon/rondelle tant leur esprit est formé au mépris de toutes considérations non techniques 😣☹️

avatar pagaupa | 

@YetOneOtherGit

« Mon double parcours en grande école en France puis en MBA en Californie »

Oui oui on sait! 🎻 🎻 🎻

Il ne manque plus que le refrain sur les merveilleux enfants du serviteur de l’état !

avatar hugome | 

@YetOneOtherGit

Le problème, c’est pas tant que l’on trouve cette opinion chez MacG où il y a beaucoup de gens qui ont des formations techniques, et, no offense, des responsabilités managériales limitées. Le problème c’est que la plupart des directions de grande boîte pensent pareil...

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