Travis Kalanick, le fondateur et patron d'Uber, démissionne

Mickaël Bazoge |

Coup de tonnerre dans le ciel déjà bien nuageux d’Uber : Travis Kalanick a décidé de quitter la société qu’il a contribué à créer en 2009. Le fondateur et PDG de la société de mise en relation entre les passagers et les VTC (véhicules de tourisme avec chauffeur) était depuis la semaine dernière en congé forcé suite à un coup de pression du conseil d’administration.

Le départ définitif est, selon le New York Times, le résultat d’une « révolte des actionnaires » : cinq des plus importants investisseurs du groupe ont exigé la démission du big boss, qui conserve toutefois un jeton de présence au sein du conseil d’administration. « J’aime Uber plus que tout au monde et en cette période difficile dans ma vie personnelle, j’ai accepté sur demande des actionnaires de laisser Uber poursuivre sa construction plutôt que de me laisser distraire dans un autre combat », écrit Kalanick.

Uber est dans la tourmente depuis plusieurs mois. Accusations de harcèlement sexuel et de discrimination au sein de l’entreprise, mise en place de logiciels secrets pour éviter les forces de l’ordre, pratiques déloyales contre la concurrence (lire : Lorsque le patron d'Uber se faisait taper sur les doigts par Tim Cook)… Selon de nombreux observateurs et ex-employés, ces pratiques procèdent d'une culture toxique impulsée par Travis Kalanick.

Ces dernières semaines, suite à une enquête interne, Uber a commencé à faire le grand ménage parmi ses cadres et dirigeants, et embauché des personnalités en vue pour redresser la barre, comme Bozoma Saint John, l’ancienne égérie du marketing mondial d’Apple Music (lire : Bozoma Saint John va quitter Apple pour Uber). Depuis hier, l’entreprise s’est aussi lancée dans une initiative « 180 jours de changements », durant laquelle Uber va procéder à des modifications profondes pour les chauffeurs — comme la mise en place d’une option dans l’app pour laisser un pourboire. Ces changements touchaient aussi la tête de la société.

avatar Abd Salam | 

@SIMOMAX1512

Pour info, les licences de taxi sont gratuites...

C'est la spéculation entre chauffeurs de taxi qui a fait explosé les prix de reventes illégales des licences.

N.B. : reventes illégales car un chauffeur de taxi est censé rendre sa licence gratuite à la préfecture quand il prend sa retraite (ou change d'activité). À charge pour la préfecture de remettre gratuitement la licence à un autre chauffeur !

Mais ça c'est ce que dit la loi...

Bref, la situation actuelle des chauffeurs de taxi est le résultat du lobbying des taxis et... du laisser-faire de l'État.

avatar Ali Ibn Bachir Le Gros | 

@Abd Salam : la revente des licenses de taxi est devenue légale il y a très longtemps.

avatar Abd Salam | 

@reborn

Les chauffeurs de taxi sont un lobby privé.

avatar Domsware | 

@YARK

Uber est international. Ainsi des personnes de passage en France ont le réflexe d'utiliser Uber.

avatar YARK | 

Si un service français existait, les clients auraient le choix, et personnellement si je savais que l'argent au final était mieux rétribué, nul doute que je prendrais autre chose qu'Uber.
Mais c'est sûr qu'en ne proposant pas de solution alternative, c'est tout bénef pour que cela dure : on voit ce que cela donne : de l'argent qui ruisselle du haut vers le... haut !!!

Encore une fois, cela ressemble à la phrase que j'éxècre le plus : "ça a toujours été comme ça, faut rien changer"
Ben si : garder l'idée du service mais changer le mode de rétribution.

avatar bompi | 

Uber a des concurrents en France.

avatar Wolf | 

@YARK c'est le mot fonctionnaire qui est un gros mots.

avatar Mantinum | 

@Wolf

C'est fonctionnaire est un gros mot, mais si tu veux louer on te demande si tu es fonctionnaire sinon on te loue pas :p ah paradoxe et hypocrisie quand tu nous tient.

Quant à l'alphabète qui critique le service public je souhaite pour lui qu'il n'ai jamais besoin de pompier, samu école "gratuite" etc ...

avatar NymphadoraTonks | 

@Mantinum

Hey.. je loue sans être fonctionnaire ... j'ai jamais entendue ça lol

avatar PiRMeZuR | 

@YARK

L'heure n'est plus aux nationalisations, l'État n'a plus aujourd'hui la légitimité pour exploiter des pans entiers de l'économie sauf lorsqu'ils existent des impératifs de sécurité (énergie) ou d'égalité (éducation). À noter que ce n'est pas en premier lieu pour des problématiques d'efficacité mais parce que les gens n'en veulent plus. Ils veulent pouvoir choisir leur taxi ou l'enseignement de leur enfant, quand bien même celui-ci serait de moins bonne qualité car soumis aux lois du marché.

Pour les taxis, l'État et la Ville de Paris ont réalisé exactement ce à quoi tu penses sans nationaliser. Ils ont assisté les compagnies de taxi pour les remettre au niveau en terme de technologie en les coordonnant et en développant plusieurs apps et des services web qui permettent de trouver et appeler un taxi aussi facilement qu'un Uber. L'initiative globale s'appelle le.taxi et l'app parisienne Paris Taxis (mais il y en a plein d'autres).

Malheureusement, elle est arrivée un peu tard et elle ne résout pas le problème du coût des prestations, qui ne peut être compétitif face au dumping social. On rappelle qu'Uber paie ses chauffeurs au lance-pierre (voir sur Internet les nombreux témoignages qui racontent comment il est difficile de toucher un SMIC, même en roulant 60h par semaine), ne paie pas les mêmes cotisations patronales car les chauffeurs sont indépendants (sur le papier) et baisse encore artificiellement ses prix en épongeant des déficits monstrueux (2,8 milliards d'euros en 2016) à coup de levée de fond.
Il s'agit littéralement d'un piège, pour les chauffeurs sous-payés et sans aucun autre espoir que le burnout ou l'endettement, comme pour les usagers, qui seront bientôt coincés par une remontée des prix lorsqu'Uber aura annihilé la concurrence traditionnelle.

Mais c'est vrai que leur app est cool et ergonomique. Elle peut l'être, au prix de tant de souffrances...

avatar NymphadoraTonks | 

Si les taxis étaient plus honnêtes et moins désagréables, avec toutes leurs petites combines à la noix.

avatar Giloup92 | 

Qu'il se rassure, c'est aussi arrivé à Steve Jobs de se faire virer de sa boîte.

avatar marc_os | 

@ Giloup92
Steve Jobs était aux antipodes de ce type.
SJ a créé de la richesse, il a participé à élaboration d'un savoir, il a révolutionné le monde de l'informatique.
Qu'a fait ce Kalanick ? Il a utilisé les moyens technologiques inventés par d'autres pour rendre sexy l'esclavage volontaire.
Si ce type n'avait pas existé, la face du monde n'en aurait pas bougé d'un iota pour autant. Par contre, si SJ n'avait pas existé... on se baladerait peut-être encore avec des trucs plein de petits claviers avec plein de petits boutons.... et Nokia aurait la capitalisation d'Apple aujourd'hui.

avatar Biking Dutch Man | 

Lorsque j'ai vu sa vidéo dans le taxi j'ai effacé l'application de mon téléphone.

avatar marc_os | 

Uber va donc commencer à offrir des CDI à ses esclaves volontaires, avec congés payés cotisations sociales santé et retraite et tout et tout ?
Uber va cesser d'avoir comme priorité absolue la maximisation des bénéfices de ses actionnaires ?
Euh... je m'emballe.

avatar Rez2a | 

J'attends le commentaire de C1rc3truc qui va nous expliquer que tout ça, c'est la faute de la campagne de diabolisation médiatique contre Uber.

avatar ijimax | 

@Rez2a

Moi aussi je l'attends.
Parce que ses remarques sont très instructives.
Après on peut ne pas être d'accord, mais c'est justement parce c'est bien argumenté.

avatar reborn | 

@ijimax

Instructive, argumenté, mais pas forcement véridique.

avatar Paquito06 | 

Il n'y a pas de concurrent à Uber en France? Basé sur le meme modele, je m'entends. Aux US, j'en connais/utilise presque une dizaine.

avatar NymphadoraTonks | 

@Paquito06

Allocab, Chauffeur Privé, SnapCar, Marcel et je dois en oublier. Bien sûr qu'ils en existent, après l'application est peut être moins ergonomique qu'Uber et les moyens moindres.

avatar Paquito06 | 

@NymphadoraTonks

Ok - La concurrence a du bon. Uber est loin d'etre le meilleur aux US, il est surtout populaire, tres democratise car il a ete le premier et est disponible dans tout le pays, mais au niveau local les concurrents sont bien souvent plus avantageux, serieux, serviables.

avatar LeSuisse | 

Personnellement, en tant qu'utilisateur occasionnel, je trouve le service très bien. Si je prends parfois Uber, ce n'est pas spécialement pour des questions de coûts, mais le système et vraiment bien fait et pratique.

Par contre, pour ce qui est des chauffeurs, c'est de notoriété publique que c'est moins facile.

J'ai toujours donné plus ou moins15% de pourboire aux chauffeurs en leur disant que c'est pour compenser la commission qu'ils doivent payer. Certains on toutefois refusé, principalement ceux qui font ça de manière accessoire "par plaisir" et pour rencontrer du monde.

avatar marc_os | 

@ LeSuisse
Ah le super concept, ces gens qui travaillent gratuitement "par plaisir" et ainsi volent le travail de ceux qui n'ont pas d'autre choix que de travailler contre rémunération pour vivre.

avatar LeSuisse | 

@marc_os

Le principe à la base de Uber était bien celui-là. D'arrondir ses fins de mois en transbahutant des personnes dans son véhicule privé contre rémunération.

C'est devenu n'importe quoi depuis que certains en ont fait leur travail principal, en louant des véhicules à vil prix à des sociétés profitant de l'aubaine et en devant travailler jour et nuit, dans des conditions de vie peu acceptables pour pouvoir avoir un salaire misérable.

avatar Abd Salam | 

@LeSuisse

Uber est n'importe quoi dés le départ... car Uber agit en patron ! mais sans assumer les coûts de fonctionnement de l'entreprise et les cotisations salariales !

Uber ne se contente pas de mettre en relation des chauffeurs indépendants avec des clients !

Uber place les chauffeurs dans une situation de subordination d'employé !

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